Cavaye renonce aux «États généraux du Rdpc» dans le Grand-Nord
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Les «États généraux du Rdpc dans le Grand-Nord», version Cavaye Yéguié Djibril ne se tiendront plus comme annoncés. Si l’on s’en tient à une correspondance du président de l’Assemblée nationale datée du 23 avril 2021 et adressée aux trois chefs de délégations permanentes régionales de l’Adamaoua (El Hadj Abbo Ousmanou), du Nord (Aboubakary Abdoulaye) et de l’Extrême Nord (Cavaye Yeguié Djibril), ce grand raout politique était prévu pour réunir militants et responsables du parti au pouvoir des trois régions septentrionales du 15 au 31 mai 2021. Sous la direction éclairée, bien évidemment, de Cavaye Yéguié Djibril. «Vous devriez convoquer sans délais les chefs de délégations départementales permanentes dans vos régions respectives à l’effet d’impliquer les forces vives pour qu’elles prennent part à ces rencontres dont l’ambition unique est la recherche des voies et moyens pour sortir nos régions de la paupérisation actuelle», instruisait alors l’homme fort de Mada à Abbo Ousmanou et à sa Majesté Aboubakary Abdoulaye.

Aussitôt la publicité de la fameuse correspondante faite, qu’elle a reçu un accueil glacial chez les militants du parti au pouvoir. Des voix se sont élevées en guise de protestations, en mettant en avant un ensemble de griefs. Entre autres que Cavaye Yéguié, chef de délégation permanente régionale de l’Extrême-Nord, avait outrepassé ses pouvoirs en donnant des instructions à deux de ses pairs, quand certains ne demandaient tout simplement pas qu’il soit traduit devant le conseil de discipline du Rdpc pour avoir usurpé des fonctions dévolues au secrétaire général du comité central du Rdpc. Dans les entourages de Abbo Ousmanou et de sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, ce fut la grande stupéfaction. En effet, en septembre 2020, aux émissaires du président de l’Assemblée nationale, ils avaient marqué leur hostilité à l’initiative.

Balayant ces arguments d’un revers de la main, le président de l’Assemblée nationale a maintenu son cap. Est-ce au regard des conclusions de ladite mission dépêchée sur le terrain ? «La léthargie ou la faible efficacité des structures d’encadrement à savoir les délégations permanentes régionales et départementales, les organes de base du parti, les chefferies traditionnelles ; la profondeur des frustrations et des revendications des populations liées à l’étendue des demandes sociales non satisfaites et exploitées et instrumentalisées par des mouvements contestataires non violents tel que le «Mouvement 10 millions des Nordistes», «Communauté du Grand-Nord» et autres qui pourraient amener les populations à se soulever contre le régime en place ; la non maîtrise des arguments convaincants capables de retourner la situation et les conflits et les querelles qui gangrènent les milieux des élites politiques et qui peuvent bloquer toute idée de remobilisation pour notre avenir», telles sont les conclusions contenues dans un document signé le 04 novembre 2020 du ministre Yaouba Abdoulaye qui assure le secrétariat technique de ce projet politique.

Aujourd’hui, face à la levée de boucliers de ses camarades et craignant sans doute un échec cuisant, le président de l’Assemblée nationale a effectué un virage à 180 degrés. A des interlocuteurs qui lui ont rendu visite la semaine dernière, aussi bien à Mada qu’à Maroua, il a affirmé «ne pas se souvenir avoir signé un tel document» et que par conséquent, «il n’y aura rien». L’entourage du président de l’Assemblée nationale, sans le nommer directement, pointe un doigt accusateur sur le ministre Yaouba Abdoulaye, accusé d’avoir «forcé la main» de Cavaye Yeguié dans cette affaire.

«Le ministre Yaouba Abdoulaye et d’autres proches collaborateurs de Cavaye Yeguié sont à la manoeuvre, mais c’était sans compter sur les errements du président de l’Assemblée nationale. Un jour il dit oui, un autre il dit non. Ses décisions changent en fonction de son interlocuteur et parfois même j’ai l’impression que sa signature lui est extorquée. Vous avez vu la qualité de ce document ? Il est tout simplement honteux. Et puis, tout ceci à quel moment ? Quand les populations n’ont ni eau ni énergie ?», indique un haut cadre originaire de l’Extrême-Nord. Exit donc la «Conférence de Haut Niveau».

Reste à en savoir qui paiera le prix des errements politiques du président de l’Assemblée nationale. En tout cas, ce nouvel épisode témoigne de l’effritement du parti au pouvoir dans cette partie du pays qui lui a toujours servi de matelas politique.

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