DÉPLACÉS INTERNES DU NOSO : Yaoundé sous la menace terroriste
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Parmi les très nombreux réfugiés de la zone anglophone installés dans la capitale et d’autres grandes villes, il y aurait des combattants dits « Ambazoniens » camouflés.

On soupçonnait ce scénario d'une cinquième colonne de terroristes tentant d’exporter ses sanglants méfaits en zone francophone, traqués qu’ils sont sans relâche dans le NOSO par les forces de défense et de sécurité. Désormais, il s'agit d'une forte probabilité. En effet, à l’occasion de la réunion semestrielle de sécurité et de maintien de l’ordre tenue à Akonolinga, le 29 avril 2021, le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Béa a fait à ce propos une déclaration sans équivoque : « Nous avons des informations selon lesquelles, certains combattants sont en train de fuir le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Mais au lieu d’entrer dans les centres de désarmement, ils viennent plutôt dans les villes pour vivre comme des citoyens normaux ». On ne peut être plus clair, puisque venant de la bouche administrative la plus autorisée dans le Centre.

Pour bien comprendre la portée de cette information, un décryptage s'impose. Ce que cela signifie : il y aurait des ex-combattants non repentis, venus dans le sillage des déplacés, éventuellement avec armes et bagages puisqu’ils ne sont pas passés par les CDR, les centres de désarmement et de réhabilitation-, pour continuer leur « travail » ici. Ce que cela ne dit pas : qu’ils sont déjà opérationnels. Même si on a parlé, il y a quelques mois, d’une bombe artisanale exposée au rond-point Damas, et d’une autre à Douala qui a plutôt sauté à la figure de ceux qui l’avaient amorcée. Il faut d’ailleurs croire que le terrorisme « Ambazonien » peut difficilement prospérer hors-sol, c’est-à-dire ailleurs que là où il est né.

Ce que ce n’est pas : un appel à la panique. Il s’agit d’une recommandation de la vigilance. Ce que cela pourrait avoir comme conséquence : une certaine méfiance envers tous les anglophones, alors que jusqu’à présent, leurs compatriotes d’ici les ont accueillis généralement sans arrière-pensées. Ce serait un amalgame regrettable, puisque la majorité d’entre eux essayent simplement de s’adapter et de survivre tant bien que mal dans leur nouvel environnement. Ce que cela a de rassurant : question sécurité, il n’y a pas lieu de céder à la psychose. Le gouverneur du Centre a été droit dans ses bottes l’autre jour à Akonolinga : « Nous sommes en train de suivre ce cas », qui peut s’interpréter comme : « les forces de défense et de sécurité veillent au grain ».

En tout cas, si cette « menace » potentielle est effectivement maîtrisée, alors la crise au NOSO pourrait, en fin de compte, avoir une conséquence heureuse non prévue : faire de l’intégration nationale, une réalité et non plus simple slogan politicien. Grâce à ce vivre-ensemble entre francophones et anglophones, aujourd’hui réellement effectif, quoique contraint. Un bénéfice collatéral du cauchemar « Ambazonien », pour ainsi dire.

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