ENRICHISSEMENT DES RESPONSABLES PUBLICS : La leçon d’Angela Merkel
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Comment font certains hauts responsables de notre administration pour afficher une opulence si… manifeste ? La comparaison avec la frugalité reconnue de Mme Angela Merkel, l’ex-chancelière allemande, est très instructive. Et fatale pour nos milliardaires administratifs. 

Après 18 ans de pouvoir, la « Dame du monde », comme on l’appelait, vient de laisser la place à quelqu’un d’autre. Sans aucun regret, diton. Elle aura été un modèle de leadership et d’humanisme. Mais, ce n’est pas pour ces qualités, par ailleurs très remarquables, qu'elle est intéressante ici: c’est parce que, de notoriété publique, elle ne s'est pas enrichie d’un seul sou pendant tout le temps qu’elle aura passé au pouvoir. Pas de duplex bollywoodien avec piscine et flopée de serviteurs, pas de parc automobile rutilant de grosses cylindrées- pas même de voiture personnelle, en fait-, aucun yacht ou avion privé, etc. Bref, un train de vie de madame tout-le-monde. Si Frau Merkel avait été camerounaise, on aurait dit d’elle qu’elle était « dans une secte » ou quelque chose de ce genre, pour avoir omis de devenir riche et de le faire savoir. 

Un contraste très net, et en leur totale défaveur, avec certains de nos ministres, pour ne prendre que cette catégorie de « grands types »: beaucoup chez nous sont riches comme Cresus, et mènent une vie de nabab. À tel point qu’à chaque remaniement ministériel, si certains recalés sont amers, alors qu’on prétend que plusieurs ont fait les pires manigances imaginables pour être nommés, ce n’est pas du regret que leurs immenses compétences vont manquer à la République. C’est parce qu’ils savent, enragés, que leurs concurrents promus seront bientôt des richards, au lieu que ce soit eux, c’est tout! 

Mangeoire

Car chez beaucoup, c’est d’argent qu’il s’agit dans ce désir effréné de « portefeuille »: être ministre dans ce pays rime dans l’esprit commun avec « entrer dans la vraie mangeoire ». Il est même possible que, dès la lecture de l’acte de nomination, les ripailles gargantuesques organisées par les « heureux élus », comme on dit- alors que ça n’a rien à voir avec un suffrage-d’abord ici à Yaoundé et ensuite dans leurs villages respectifs, signifient cela et rien d’autre : la célébration d’une aisance financière annoncée. Mais la vraie question est : comment font certains d’entre eux pour devenir après coup ces pachas boursoufflés par le gombo ? Car, ces hauts commis de l’État sont déjà supposés être à l’abri du besoin, par leur statut ! 

La preuve ? Voici les revenus officiels d'un ministre, courageusement dévoilés par le seul membre du gouvernement à avoir osé, et c’est vraiment tout à son honneur, déclarer un jour ce qu’il gagnait par mois. Jean de Dieu Momo, le ministre délégué à la Justice, pour ne pas le nommer: « Mon salaire mensuel est de 900 000 FCFA. Vous imaginez qu’un ministre ne peut pas vivre avec ça ! [Mais] Il y a une caisse de souveraineté de 10 000 000 tous les 3 mois, dédiée aux imprévus ». C’est avouer donc qu’ils disposent de revenus déjà très confortables, qui donnent même le tournis à tout Camerounais lambda. Alors d’où vient le (gros) reste ?

On peut certes en appeler au fameux alinéa habituel des textes de nomination, que tout le monde connaît par coeur: « l’intéressé aura droit aux avantages de toute nature prévus par la réglementation en vigueur ». Mais, il est constant que dans le cas d’espèce, le décret qui désigne les membres du gouvernement ne croit pas devoir les rabaisser en précisant cette trivialité alimentaire. Et même si cela était sous-entendu, chez les ministres, on ne parle pas ici de petite monnaie, mais d’une richesse vraiment insolente, brutale et ostentatoire que presque toujours, on a l’envieux loisir de constater chez ces « djimtetés ». 

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