LA MORT DE GERMAINE AHIDJO...QUELLE REFLEXION?
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FRANCE :: LA MORT DE GERMAINE AHIDJO...QUELLE REFLEXION?

« Avant de partir, elle a embrassé tous les camerounais au front, et à la joue. »            

La nouvelle ne fait pas d’échos, mais elle reste triste. Madame Germaine Ahidjo, l’ex-première dame du Cameroun est morte à Dakar où elle résidait depuis 38 ans.

Elle avait ce dernier temps une frêle santé. 38 ans à Dakar, l’âge de beaucoup de camerounais qui ignorent tout sur cette grande dame. Peut-être seulement lorsqu’ils prennent le taxi pour le carrefour « avenue Germaine. » Tout compte fait, Germaine Ahidjo demeure pour le Cameroun, le symbole de ces femmes qui font preuve de courage dans l’infortune.

Elle reste une femme au caractère affirmé ayant eu un solide sens de l’honneur et de la dignité. Dommage !  Elle nous est et restera irremplaçable. Je me prosterne en tant qu’écrivain devant sa mémoire et rend hommage à une  digne femme qui a rendu service à son pays en des circonstances. Le silence de sa mort est suffocant. Avant de partir, elle a embrassé tous les camerounais au front et à la joue. Toute sa vie, elle est restée à l’écoute du Cameroun. Elle était proche de sa famille et de ses ami(e)s d’antan, mais éloignée de la politique active.

Germaine Ahidjo a refusé toutes les possibilités de retour sans cérémonies officielles à l’égard de son mari qui fut président du Cameroun. Sa présence nous faisait tenir, la voilà partie, laissant notre réflexion à la fragilité des choses de la vie. C’était quelqu’une d’assez particulière. Une femme extrêmement ouverte, très appréciée des Camerounais à Dakar qu’elle recevait très souvent à l’occasion du 20 mai. Les camerounais l’aimaient aussi, d’un amour discret mais profond. Elle n’a jamais imposé aucune idée à ceux-ci.

C’est une grande perte pour notre pays. C’est une mémoire oubliée.  Il fallait avoir beaucoup de courage pour vivre ce qu’elle a vécu après la mort de son mari. Elle part avec cette satisfaction d’avoir aimé son mari jusqu’à la mort.  Son mari qui n’avait pour grand amour que le Cameroun. Son esprit nous manque toujours. J’ai l’impression que nous vivons dans un monde avec des yeux bandés. Il faut à l’Afrique un processus de renouvellement de son savoir. Il faut doter les hommes d’une petite intelligence pour qu’ils contemplent l’horizon avec clairvoyance.  La durée de notre vie ne dépend pas de nous, mais de son intensité dans tout ce que nous melons dans ce ressort.

Il faut qu’on arrête d’avoir peur. On a l’habitude d’abandonner tout pour plus tard et on laisse le café se refroidir. Nous croyons être intelligents en Afrique. Et le Cameroun reste l’un des meilleurs dans cette croyance. On n’arrive pas à poser les vrais problèmes alors que nous avons les yeux ouverts. Trop tard, son esprit est parti, sans qu’on ne le saisisse, alors qu’on aurait bénéficié des conseils d’une marraine qui connaissait son pays et le monde.  On aurait profité d’une intelligence de plus qui manque à notre registre.

On se demandera toujours de quelle matière nous sommes constitués. Il nous faut enlever le collier de la malédiction que nous portons à notre cou ; il faudra cesser de blesser les âmes des êtres. Souvent nous blessons sans savoir comment nous avons fait pour blesser. Et des blessures qui mènent l’autre au cimetière. On voit le feu partout, des marécages enfumés.

Il nous faudra absolument la paix dans ce pays. C’est tout ce que nous possédons comme héritage. Ces arbres, ces forêts, ces monts, ces pluies de juin, ces rivières, ces fleuves, ces océans, et ces gaillards qui se lèvent courageusement tous les matins pour des destinations inconnues.

Camerounais tenez-bon ! 

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