Boissons alcoolisées : La contrefaçon prospère
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Ces liqueurs contrefaites sont vendues à la sauvette dans les rues de Yaoundé.

Illicite mais florissant, la commercialisation des whiskys contrefaits n’a épargné aucun espace de commerce. Au marché Acacia, dans l’arrondissement de Yaoundé VI, le business de ces produits contrefaits présente plutôt un visage discret. Dans ce marché, aucun vendeur ambulant de ces ‘‘eaux de vie’’ n’est visible. « Ils sont rares mais ils vendent de temps en temps », renseigne un vendeur à la sauvette. Dans certaines boutiques ou alimentations, des rayons pour whisky sont fournis et achalandés. Selon un responsable du marché qui a requis l’anonymat, « l’une des boutiques du coin serait là où s’abreuvent de nombreux individus consacrés à ce genre de service d’un autre genre ».

Un autre commerçant pointe du doigt une échoppe reconnue comme le lieu de provenance de ces produits douteux. « La commercialisation de ces boissons prospère le plus souvent en période de fêtes et particulièrement pendant le mois de décembre. L’appétit venant en mangeant, même certains clients se plaisent bien dans ces usages devenus la mode », confie ce dernier. « La vente des liqueurs a beaucoup de contraintes, surtout pour nous. Quand un client entre dans votre boutique et qu’il voit les prix, il dit : non. Dans telle autre boutique, je prends à tel prix », déplore Jonas Dongmo, commerçant de liqueurs. 

Mais, Valery Dzomessi, propriétaire d’une alimentation jette l’anathème sur les commerçants ambulants, en précisant qu’il est difficile d’avoir un point fixe et de prospérer dans la vente des faux whiskys. « Ceux qui vendent ces produits contrefaits sont les ambulants. Et même dans les boîtes de nuit, quand vous consommez le premier whisky qui est de bonne qualité, le reste est frelaté et vous consommez sans vous en rendre compte ». Et pourtant, ce dernier est accusé par un marchand ambulant comme étant l’un de ces fournisseurs. 

Prix cassés

Ces produits impropres à la consommation se vendent à vil prix. « Ils varient généralement entre 1.500 Fcfa et 2.000Fcfa », dixit un de ces détaillants de liquide alcoolisé. Ces prix-là changent aussi quelques fois en fonction de la marque inscrite sur la bouteille. Par exemple, pour un whisky de marque Chivas 12 ans, qui, normalement se vend entre 14.000Fcfa et 15.000 Fcfa, il coûte chez les contrebandiers 7.000Fcfa et 8.000Fcfa. Ce qui induit naturellement un gain important pour ces derniers et une perte énorme pour les commerçants agréés. Pour Valery Dzomessi et Jonas Dongmo, « la vente de bonnes liqueurs ne rapporte pas grand-chose en termes de bénéfices. La vente de ces produits rapporte un bénéfice varié entre 1.000 Fcfa, 1.500 Fcfa ou au maximum 2.000 Fcfa, alors que les vendeurs des faux whiskys se taillent la part du lion ». 

Les deux commerçants sont unanimes du fait que la commercialisation de ces whiskys contrefaits nourrit bien son homme. Et parfois même doublement. Au lieu-dit « Mvog-Atangana Mballa », dans certaines boutiques, le whisky y est vendu en palette. Six bouteilles sont empaquetées dans un emballage plastique transparent. Le liquide à l’intérieur est de couleur marronne. Pour l’un des tenanciers, « c’est l’une des dernières trouvailles qui semble plaire aux consommateurs, car ledit produit est très prisé, peut-être à cause du prix accessible », témoigne sous cape un commerçant. À raison de 2.000 Fcfa l’unité, les six bouteilles se ramassent à 14.000 Fcfa et 10.000 Fcfa. 

Ainsi, « au 1er trimestre de 2020, plus de 3 000 bouteilles de whisky ont été saisies, ainsi que 536 bouteilles de champagne et de bière. En 2019, 365 bouteilles de whisky et vins liquoreux vides, mais estampillés et destinés au conditionnement des alcools frelatés par la douane camerounaise », informe Serges Aimée Bikoï, journaliste et sociologue du développement.

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