Trois jours pour passer un test Covid-19 à Douala
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Avec la priorité accordée aux tests Pcr pour les voyageurs, les autres usagers peinent à effectuer des tests Tdr dans les points de dépistage. 

Déjà une semaine que Tatiana K. ressent des douleurs au niveau de la poitrine et des articulations. Elle a de violents maux de tête et se sent un peu faible. Elle craint d’avoir été infectée au Covid-19. Pour en avoir le coeur net, la jeune dame de 29 ans s’est levée de bonne heure samedi 10 avril 2021 pour se rendre dans un des centres de dépistage de la ville. Elle jette son dévolu sur le district de Santé de Deido. A son arrivée vers 7h30, les portes sont encore fermées. Une longue file d’usagers se dresse le long du mur du centre. D’autres personnes ont pris place de l’autre côté de la route, où elles ont trouvé abri. Les rayons de soleil commencent à se faire brulants. 

Déjà 8h15 et toujours rien. Une petite tension est déjà perceptible dans les rangs. Un des patients tente d’ouvrir le portail de force. Un médecin s’emmène et essaie de calmer les uns et les autres. «(…) Lorsque nous allons commencer, la priorité sera accordée à ceux qui voyagent. C’est-à-dire ceux qui se sont enregistrés en ligne et qui ont un numéro de matricule», lance -t-il. 

Tatiana est déboussolée. Elle décide de se rendre au district de santé de Bonassama à Bonabéri de l’autre côté du pont du Wouri. Ici, quelques trente usagers sont déjà en place. Ils attendent sous la tente. D’autres arrivent progressivement. vingt minutes plus tard, une infirmière se dirige vers l’un des murs du district de santé pour y afficher un message indiquant que le site du district de Bonassama n’est pas de garde les 10 et 11 avril. Epuisée, Tatiana K. retourne à son domicile au quartier Bépanda. Lundi 12 avril 2021, la jeune dame se rend à nouveau au district de santé de Bonassama. Il y a bien plus de monde cette fois-ci. Mais les agents de prélèvement sont formels. On commence d’abord par les voyageurs. « Y a -t-il encore des voyageurs ? », se rassure à haute voix l’un des agents, perché à l’étage. Les autres usagers attendent en bas, sous la tente et dans la grande cour. 

Les kits sont finis

Il est bientôt 12h. Déjà deux heures que la liste n’a pas été lue pour appeler de nouveaux candidats à monter se faire dépister. 14h sonne. Toujours rien. Trente minutes plus tard, c’est un usager désemparé qui apporte la mauvaise nouvelle auprès des siens. « Ils disent qu’il n’y a plus de kits pour les prélèvements. Qu’il faut repasser demain», indique -t-il. Il n’est pas pris au sérieux. Deux autres usagers rapportent le même message quelques minutes après. Les usagers sont en colère. «Vous pouvez au moins communiquer sur la situation au lieu de nous laisser bronzer au soleil sans rien nous dire », fustige un homme, visiblement très remonté. Les quelques cinquante usagers déjà mobilisés ici regagnent leur domicile, le visage serré. 

Tatiana aussi. Il y a dans la file des jeunes, des femmes enceintes, des enseignants, mais aussi des personnes du troisième âge. Le rendez-vous est pris pour le mardi 13 avril. Même scénario. La priorité revient encore aux voyageurs. Et à 10h, un autre message tombe : « Il n’ y a plus de tests Tdr. On est allé en chercher à la délégation de la Santé. On ne sait pas à quelle heure ils reviendront ». La tension monte d’un cran. Pour calmer les uns et les autres, un des agents de prélèvement demande d’être patients. Une autre dame, visiblement du corps médical, se rapproche pour s’enquérir de la situation.

«Combien sont-ils ? J’ai des tests Tdr. Vous pouvez y aller », indique -t-elle à sa collègue. «Madame, les bulletins sont finis. On avait imprimé 500 exemplaires. Il n’y en a plus », lui répond -t-elle. Les agents de prélèvement s’engagent tout de même à enregistrer les usagers, en attendant l’arrivée des kits pour les Tests de diagnostic rapide (Tdr) qui tardent à venir. Un coup de fil est passé à l’agent dépêché à la délégation régionale de la Santé pour le ravitaillement. Il rassure que le service a commencé de ce côté-là. Mais une heure après, il n’est toujours pas là avec les précieux sésames. Les tests débutent finalement avec la première vague de dix personnes autour de 11h40. Mais le rythme laisse à désirer. Il faut compter près de quatre minute pour la réception d’un seul usager. 

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