Augusta Epanya  : « Encourager la paix dans le NoSo c’est perpétuer la mémoire du Cardinal Tumi »
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CAMEROUN :: Augusta Epanya : « Encourager la paix dans le NoSo c’est perpétuer la mémoire du Cardinal Tumi » :: CAMEROON

Militante de l’Upc Manidem, elle analyse l’implication de la diaspora dans le mouvement Stand up for Cameroon, qui encourage une mobilisation déterminée mais non violente pour le retour de la paix dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du triangle nation. 

Que représente pour vous le mouvement « vendredi noir-black Friday » au Cameroun ? 
Participer à ce mouvement citoyenc’est prolonger le combat dans lequel des compatriotesqui veulent rompre avec le système néocolonial en place depuis 1960 qui se perpétue avec Paul Biya depuis pratiquement 40ans, sont engagés.Mon parti, l’Upc-Manidem (dont la légalité est contestée par le régime de Yaoundé) est investi dans cette plate-forme de lutte qui réunit plusieurs organisations politiques et de la société civile (CPP, un Monde à venir etc…). Il me parait tout à fait nécessaire, incontournable, de relayer les luttes qui se mènent sur le territoire national dans la diaspora et d’apporter notre contribution à ce combat.

Cela se fait sous de multiples formes, notamment sur le plan de la communication, relayer, populariser les mots d’ordre : lutte contre le délaissement, l’abandon, la dérive de l’Etat dans tous les domaines, délestages incessants, coupures d’eau permanentes, violations systématiques des libertés publiques et droits humains et déclenchement de la guerre au Nord-Ouest, Sud-Ouest en réprimant les justes revendications des populations depuis 2016, dérives régulières de l’Etat dans la lutte contre Boko Haram en refusant d’apporter des solutions à l’extrême paupérisation de nos soeurs et frères du Nord et de l’Extrême nord. 

Le mouvement s’étend, la crise perdure dans le NoSo. Comment l’expliquez-vous?
Les revendications sont justes et correspondent à ce que vivent nos compatriotes dont lagrande majorité souhaite l’arrêt de cette guerre fratricide qui a déjà causé tellement demalheurs et de désolation. L’Etat et ses représentants n’ont apporté aucune réponse politique en dehors de la réponse militaire avec toutes les dérives auxquelles nous avons pu assister (Ngarbuh, Kumba etc…) souvent en toute impunité. Le grand dialogue, qui n’était qu’une mascarade, (pâle copie de celui de Macron en France, le mimétisme étant leur seconde nature…) n’a pas réuni les principaux protagonistes qui pour beaucoup d’entre eux croupissent dans les prisons insalubres, en attente de « procès » ou après des parodies de procès.

Le mouvement initié par Stand Up, devient progressivement un mouvement d’opinion, il grossit, il enfle et doit devenir incontournable. De plus en plus de compatriotes, au pays comme dans la diaspora participent au vendredi en noir, des frères africains dans la diaspora comme sur le continent se solidarisent et se mettent en noir. Des progressistes occidentaux se mettent en noir en solidarité et pour les français, afin de dénoncer le soutien de l’Etat français au régime de Biya. Ce mouvement doit devenir un vaste mouvement populaire qui doit imposer la Paix au NoSo, de véritables solutions socio-économiques au nord et extrême nord etc… 

Le Cardinal Christian Tumi, un des fervents défenseurs de la paix au Cameroun particulièrement dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, est décédé le samedi 3 avril à Douala. Peut-on entrevoir la paix sans cette autorité morale ? 
La disparition du Cardinal Tumi est, en effet, une grande perte pour notre pays, pour notre peuple, pour tousles militants qui oeuvrent pour un Kamerun au service du bien commun, du plus grand nombre à commencer par les plus démunis. C’est une grande figure, qui a fait honneur à la communauté religieuse, dont beaucoup devrait s’inspirer, en vivant modestement, en faisant preuve de générosité et surtout de beaucoup de courage face aux « puissants » et à leurs menaces. Il était, à sa manière, dans la lignée de Jean Marc Ela qui avait dû s’exiler au Canada en 1995,à 60ans,face aux exactions, persécutions du pouvoir. Il a bien sûr, beaucoup oeuvré pour le dialogue au NoSo, le retour à la paix, malheureusement il ne verra pas le fruit de son travail.

Le meilleur moyen de perpétuer sa mémoire, son combat, est de le poursuivre jusqu’à l’avènement de cette paix au NoSo, la reconstruction de ces belles régions, la construction d’une véritable unité nationale dans le cadre de laquelle chacunpourra apporter sa pierre. Pour cela,il nous faut impérativement engagé la transition politiquepour jeter les bases de ce Cameroun/Cameroon/Kamerun nouveau pour lequel nous nous battons dans le cadre de Stand Up. Nous appelons les compatriotes sur le territoire national comme dans la diaspora à nous rejoindre massivement dans ce combat et à rejoindre Stand Up.

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