Le masque boudé à Yaoundé
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Cet équipement de protection contre le coronavirus se vend pourtant à prix de rien.

Des masques chirurgicaux à portée de main, mais pas portés. Ces équipements de protection recommandés pour se prémunir du coronavirus ne font plus courir les Camerounais, bien qu’ils se vendent à prix de rien. Il y en a pourtant pour toutes les tailles. « Le masque bleu coûte 100 Fcfa et les autres de couleurs (noir, blanc, rose etc.) coûtent 200 Fcfa et plus », confie Hamad, vendeur ambulant à la Poste centrale. Ces cache-nez coûtaient pourtant jusqu’à 2000 Fcfa l’unité, il y a un an. 

Sur les raisons de la baisse, un commerçant de masques au Carrefour Mvog-Mbi pense que « les fabricants se sont rendus compte que les acheteurs ne s’y intéressaient plus vraiment. D’aucuns préféraient laver leurs masques pour les réutiliser après. C’est pourquoi ils ont baissé les prix. De plus, avant la demande était forte, ce qui faisait monter les enchères ». L’autre raison, à en croire son collègue, c’est la démythification ou le déni par certains de la pandémie. « Le prix des masques a baissé parce que les gens croient que le coronavirus n’existe plus », révèle le vendeur. Ce dernier n’en arbore d’ailleurs pas. Selon lui, le prix de gros est passé de 15000 Fcfa pour un paquet de 50 masques à 2500 Fcfa pour ceux de couleur bleue et à 3000 Fcfa pour d’autres couleurs. 

Des masques de protection, on en trouve dans tous les coins de rue. La multitude des couleurs disponibles attire quelques-uns qui les portent plus par effet de mode que pour se protéger contre le COVID-19. « J’aime bien l’innovation, fabriquer les masques de couleur. Cela nous permet de nous relooker à petit prix. Personnellement j’aime le masque noir parce qu’il passe partout », nous dit fièrement une cliente. 

Le port du masque reste pourtant obligatoire dans les lieux publics au Cameroun. Cette mesure est davantage rappelée par les autorités sanitaires au moment où le pays fait face à une deuxième vague de la pandémie. Une deuxième vague relativement plus intense que la première. « Le Cameroun ne vit pas en dehors du monde qui a vu une deuxième vague fulgurante dans de nombreux pays qui d’ailleurs sont en grande difficulté, y compris des pays africains. Il est donc normal que nous aussi subissions une deuxième vague et ce en dépit du dispositif de surveillance mis en place au niveau des aéroports. Le nombre de cas reportés et surtout de décès est en augmentation exponentielle après une véritable accalmie. On peut donc parler d’une deuxième vague dont on ne voit pas encore le bout et dont la suite dépendra surtout de nos populations », indique le Pr Yap Boum II, épidémiologiste.

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