Kadji Defosso : Le contrôle d’une société au coeur de la discorde
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La fratrie est divisée autour de la gestion de la société « SCI-Chimede ». Une faction conteste le choix porté sur Nicole Doudou Kadji Defosso comme gérante statutaire au cours d’une assemblée générale de cette entité, à laquelle la structure « UCB SA », pourtant actionnaire, a été exclue. 

Il est des Kadji, comme des Fotso, des Sohaing ou encore des Soppo. La richesse est leur dénominateur commun. L’argent les a révélés au monde entier, et en a fait des familles parmi les plus influentes du Cameroun. Mais c’est également cet argent qui est le nerf de la guerre et objet de division dans ces dynasties. Les Kadji n’échappent pas au syndrome de la guerre successorale. A peu près un an après la disparition de leur père, le 23 août 2018, les enfants ont enfourché le cheval de la division et ont pris le chemin des tribunaux où ils se battent pour le contrôle d’une partie du patrimoine familiale. 

La pomme de discorde ?

La gestion querellée d’une structure familiale dénommée Société Civile Immobilière (SCI-Chimede). Celle-ci est contrôlée par une des filles Kadji, Nicole Doudou Kadji Defosso, désignée gérante statutaire au cours d’une assemblée générale de la société le 26 juin 2019, avec la complicité de deux autres, Josette Kadji et Gilbert Kadji. Elle accédait ainsi à un fauteuil qu’a occupé son géniteur jusqu’à sa mort. Mais elle est vivement contestée par un autre front qui s’est constitué au sein de la famille, et est composé de Pierre Kadji, Odette Kadji et Jean-Patrice Kadji Djeugoue. Ceux-ci ont assigné en justice les premiers, qu’ils accusent de « suppression et fabrication des preuves, tromperie envers les associés, faux en écritures privées ou de commerce, extorsion d’un acte, d’une signature, d’un blanc-seing », rapportait le journal Kalara dans son édition du 5 mai 2020. 

Depuis début avril 2020, ces trois derniers répondent en effet devant le Tribunal de première instance (TPI) de Douala-Bonanjo des griefs qui leur sont reprochés. Les plaignants reprochent aux prévenus d’avoir « expressément et à dessein » omis d’associer l’Union camerounaise des Brasseries (UCB) à la rencontre du 26 juin 2019, pourtant celle-ci est également actionnaire de la SCI Chimede. Un acte à travers lequel ils ont consacré la SCI en entreprise familiale, et pourtant elle ne l’est pas d’après eux. « La succession Kadji n’a pas encore de représentants légaux » précisent les plaignants dans leur citation directe, qui croient savoir que « les prévenus, en signant pour le compte de la succession Kadji Defosso, savaient pertinemment qu’ils n’avaient pas qualités, car les 33.602 actions que détient la succession Kadji Defosso ne leur appartiennent pas ». 

La deuxième faction reproche donc à la première d’avoir désigné de manière frauduleuse un successeur à Kadji père. Et cette affaire ne serait pas la seule devant les tribunaux car il y en existerait une autre qui met également à mal la cohésion familiale. Celle-là, si elle n’est pas encore vraiment connue, a été enrôlée au Tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri. A terme, ces procédures judiciaires à répétition tendent à fragiliser le patrimoine familial et ne sont pas sans conséquences sur l’économie locale. 

Le groupe Kadji comprend, outre la SCI Chimede, UCB et la Kadji Sports Academy (Ksa), Polyplast, une usine de production de matières plastiques (bassines, seaux, casiers, etc.) ; la Société des Céréales du Cameroun (SCC), une minoterie basée dans la zone portuaire de Douala ; une compagnie d'assurance dénommée Assurances Générales du Cameroun (AGC). Et dans l'immobilier, le Kadji Square et les immeubles Cauris, Hibiscus et Baobab. 

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