Le cas Mendo Ze sans passion et surtout sans émotion
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Un homme public décède : on a l’obligation de n'en dire que du bien sur sa carrière. Un homme public est malade : on ne doit surtout pas en parler en dressant un bilan sans complaisance de sa vie sur terre.

A ce rythme, on ne devra plus parler des vieux, et pourquoi pas des moins jeunes sous des prétextes divers.

Le cas Mendo Ze est très symbolique de la période que nous vivons. 

Si on est un homme de droit, on doit se rappeler à quoi sert une sanction pénale. Elle devrait servir à obliger un individu à réparer le tort qu’il a causé à la société. Dans le cas qui nous intéresse, que gagne cette société à voir un homme désormais incapable de faire du mal à une mouche embastillé, alors même qu'il n'a pas été définitivement condamné par la justice ? 

Si on est humaniste : les images de ce vieil homme la peau collé sur les os sont inacceptables. Pour moins que cela, le nombre d’opposants à ce régime grandit tous les jours car avec le cas Mendo Ze, c’est une partie de ce que la créature du chef de l’Etat Jacques Fame Ndongo qualifie de « vivier granitique » de Paul Biya qui se fissure dangereusement.

Sur l’évacuation sanitaire 

Fort de ce constat, il apparaît clair que la libération, même sous conditions, du professeur Gervais Mendo Ze ne pose pas un gros problème. On ne va pas répéter les cas Booto A Ngon, Gerôme Mendouga qu’on a envoyé, sciemment, au casse-pipe.

En revanche, que l’Etat utilise l’argent du contribuable pour une évacuation sanitaire à l’étranger serait un énorme scandale. On me rétorquera qu’Yves Michel Fotso a bénéficié, en son temps, d’une telle faveur sans que cela n’émeuve grand monde : là aussi, il s’agit d’un énorme scandale et je m’étonne que les acteurs politiques, les membres de la société civile n’en parlent pas assez.

Il y a quelque chose de particulièrement indécent que de vouloir qu’un contribuable, qu’on dit avoir été abusé par un citoyen, paye des sommes folles pour aller faire soigner son probable bourreau alors que lui-même est incapable de soigner le moindre palu dans nos mouroirs que l’argent prétendument détourné aurait pu servir à aménager

D’autant plus que des activistes ont vite fait de montrer un prisonnier « anglophone » malade, menotté sur son lit d’hôpital, pendant que le professeur Mendo Ze reçoit ses proches dans un confort relatif.

Les malades de cancer se meurent

Ceux qui militent pour l’évacuation du professeur Mendo Ze sont des personnes inconséquentes et surtout irresponsables. Elles gagneraient à se battre pour qu’il sorte de prison et qu’elles envisagent, par d’autres moyens que ceux appartenant à la communauté, comment sauver cet homme dont on aimerait encore écouter de nouvelles chansons.

Parce qu’il y a quelques jours, on ne les a pas entendu quand des citoyens, malades de cancer, ont manifesté leur colère parce qu’ayant payé des sommes exorbitantes pour leurs soins, le principal hôpital de Douala n’était pas en mesure de les soigner à cause…d’une panne de matériel poussant ces malades vers une mort certaine.

C’est d’autant plus révoltant que la technologie utilisée dans ces hôpitaux dits de référence est largement dépassée et causent des effets secondaires terribles aux malades qui payent pourtant une fortune.

Par chance, dans les mêmes conditions, j’ai été traité par un centre hospitalier tenu par un « anglophone » ; centre qui est le seul de la sous-région à avoir une machine fonctionnant selon les standards internationaux. Hélas, faute des moyens, le pauvre tire le diable par la queue alors que son activité devrait être reconnue d’utilité publique.

Dans ces conditions, l’Etat gagnerait à utiliser l’argent nécessaire pour une éventuelle évacuation de Gervais Mendo Ze pour renforcer le plateau technique de nos hôpitaux, notamment dans la lutte contre les divers cancers.
La leçon à en tirer

On voit de plus en plus de personnalités qui dépensent des sommes folles pour soutenir un régime insoutenable se précipiter pour mourir à l'étranger.

Peut-être que si elles avaient investit dans la santé, certaines seraient encore vivantes car, parfois, cela se joue à quelques minutes.

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