LA JUSTICE CONGOLAISE CONDAMNE À MORT LES ASSASSINS D'UN MÉDECIN CAMEROUNAIS TRAVAILLANT POUR L'OMS
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Seize personnes, dont un médecin, ont été condamnées à mort en leur absence pour l'assassinat en 2019 d'un médecin camerounais engagé dans la lutte contre l'épidémie d'Ébola dans l'Est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris mardi de sources judiciaires.

L'épidémiologiste camerounais Richard Valery Mouzoko Kiboung, employé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), avait été tué par balles le 19 avril 2019 lors d'une réunion de travail dans un hôpital à Butembo (Nord-Kivu), l'un des épicentres de l'épidémie qui a tué plus de 2.200 personnes entre août 2018 et juin 2020.

Poursuivis pour terrorisme et association des malfaiteurs, "seize fugitifs", dont le Dr Jean-Paul Mundama, ont été "condamnés à la peine capitale", d'après le verdict de la justice militaire du Nord-Kivu rendu lundi.

La peine de mort n'est plus appliquée en RDC depuis un moratoire décrété en 2003.

Le Dr Mouzoko aurait été victime d'un plan monté par des médecins locaux pour "faire peur et faire fuir" leurs collègues étrangers, d'après un avocat-chercheur qui a suivi l'affaire, Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira joint par l'AFP.

C'est ce qu'avait indiqué une enquête du site web d'informations "Les Jours" en décembre 2020. Les médecins locaux "gagnaient une prime de 20 dollars par jour, alors que les expatriés touchaient plus de 20.000 dollars par mois", selon l'avocat général Jean-Baptiste Kumbu cité dans l'enquête.

"Tous les postes de commandement étaient entre les mains de médecins non-locaux", ajoute-t-il.

"Faire fuir les étrangers"

Jaloux, le docteur Mundama et d'autres médecins se sont réunis en décembre 2018-janvier 2019. Ils ont alors envisagé de confier l'exécution de leur plan à des hommes de main.

"Mundama aurait remis 700 dollars" à un intermédiaire, ancien milicien, "pour couvrir les +frais+ des combattants et leur aurait promis 20.000 dollars s'ils réussissaient à faire fuir les étrangers", avancent les Jours, sur la foi du témoignage de suspects placés en détention provisoire à Butembo.

À cette date, "le Dr "Mundama était en Egypte", selon l'avocat Muhindo Kanzira qui s'est dit "surpris" par le verdict.

L'OMS s'était dit "scandalisée par cette attaque". "Les professionnels de santé et les équipements sanitaires ne doivent jamais être des cibles", avait déclaré son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L'OMS avait été mise en cause pour avoir "militarisé" la riposte en faisant appel à des escortes armées.

Sur les huit prévenus ayant comparu lors de ce procès qui a duré une semaine, deux miliciens ont été condamnés à cinq ans de prison par cette cour qui juge en premier et dernier ressort.

Un autre prévenu, le Dr Gilbert Kasereka Kasisivahwa, a été condamné pour association des malfaiteurs à trois ans de prison. Le Dr Kasereka est cité par les Jours comme l'un des cinq médecins qui ont tenu des réunions fin 2018-début 2019.

La dixième d'épidémie d'Ébola en RDC est la deuxième la plus grave de l'histoire d'Ébola en RDC depuis son apparition en 1976, après celle qui a touché l'Afrique de l'Ouest en 2013-2014.

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