Lettre ouverte à un compatriote que je respecte, SM. Célestin Bedzigui
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CAMEROUN :: Lettre ouverte à un compatriote que je respecte, SM. Célestin Bedzigui :: CAMEROON

IL N’Y AURA JAMAIS DE NATION PERDUE, MAIS IL Y AURA TOUJOURS

DES CITOYENNES ET DES CITOYENS VAINCUS ET PERDUS A JAMAIS. ET DE LA MEME MANIERE, L’HISTOIRE RECENTE NOUS ENSEIGNE, DE L’AFGHANISTAN AU MALI EN PASSANT PAR L’IRAK ET LA SYRIE, QUE LA SOLUTION MILITAIRE INTEGRALE, N’A JAMAIS VAINCU LES COLERES DES PEUPLES. EGALEMENT, DES INDIVIDUS COMPLETEMENT ACQUIS A DES CAUSES DE FRACTURE RADICALES OU DENRAISONNABLES, MUS PAR LA JALOUSIE, LA HAINE, LES FRSUTRATIONS PERSONNELLES ET LA VENGEANCE, N’ONT JAMAIS VAINCU LES NATIONS, ILS ONT AU CONTRAIRE ETE VAINCUS ET SE SONT PERDUS.

Cher Compatriote, cher Ami et très cher frère,

Après de nouvelles exactions dont nous avons été tous témoins, de la part des bandes dites « séparatistes » qui sévissent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et qui ont assassiné froidement trois dignitaires traditionnels, Vous avez, dans un élan de révolte certes compréhensible et légitime, recommandé la solution militaire de haute intensité, comme préalable à tout éventuel dialogue, négociation, réconciliation ou apaisement.

Nombreux sont nos compatriotes, qui à la vue de ces images, au regard des traumatismes engendrés par des scènes d’attaques des écoles, des assassinats des élèves, de la gardienne de prison et mère de famille Ayafor et autres, laissent échapper la même position.

Mais comme vous le savez, d’autres images, celles-là résultant des feux de l’action de nos forces de défense et de sécurité, font l’objet de récriminations sévères et de sanctions, heureusement, de la part des plus hautes autorités de notre pays.

Cher compatriote, très cher Ami,

Si des compatriotes peuvent se targuer de vous connaître un tout petit peu, je suis sans aucun doute de ceux-là. C’est pourquoi, je m’autorise de vous interpeller à propos de cette sortie, pour demander de revenir à plus de raison, et surtout à plus de maîtrise.

En effet, vibrer à la guerre totale, souhaiter le règne des armes, prôner la vengeance intégrale, ne fera que nous enfoncer d’avantage et renvoyer à trop loin, les chances d’une fin de cette crise inutile, de cette cabale de quelques illuminés qui profitent d’une cause noble et de revendications acceptables, pour détruire notre pays, salir son image, diviser les gens. Non, nous ne choisirons jamais cette voie de façon définitive, nous laisserons encore et toujours la porte ouverte, sans pour autant montrer de la faiblesse, ou avaliser des crimes ignobles et des actes de criminels qui sont éloignés, de la demande de juste répartition des richesses nationales, de la réforme institutionnelle et des attentes de bonne gouvernance.

Je suis chaque jour, comme vous, choqué et écœuré par cette guerre qui nous est imposée, par ces tueries, par la mort lâche, de jeunes soldats, des jeunes qui sont parfois les seuls soutiens de leurs familles, mais jamais et à grand jamais, je ne recommanderai une solution militaire intégrale. Ne nous laissons pas entraîner dans cette voie, mais jurons à ceux et pour ceux qui aspirent à diviser, à compartimenter, à incendier et à détruire le Cameroun, que nous pouvons demeurer unis et trouver des voies, des bases et des normes institutionnelles consensuelles, pour sortir de la crise.

Restons fermement pour le dialogue, et jamais ne réagissons outrancièrement, face à des dérives. Les engins artisanaux explosifs déposés dans les villes, participent de cette stratégie ignoble, pour faire peur, faire plier le pays, allumer plus de haines et généraliser l’instinct de vengeance guerrière. Ne succombons pas à tout cela. Restons débout et gardons le Cameroun débout. Les enjeux sont trop importants pour perdre la tête devant quelques fous et agitateurs.

Majesté, très cher compatriote,

Nous voudrons dire le contraire, prêcher la guerre et la haine, par tous les moyens, comme nos certains de nos compatriotes d’une diaspora qui s’excitent vertement, à sens et à contre sens, mais nous serons toujours obligés, de reconnaître une vérité simple : Paul Biya a mis plus de trois décennies à la tête du pays, mais il n’y est pas arrivé par les armes, ni par le sang, ni par la haine, ni par la combine tribale. Laissons au destin insondable, le soin de tracer une transition dans une même et égale douceur, piété, tranquillité et paisibilité. A trop semer la haine, appeler à la vengeance, crier pour son départ immédiat, nous faisons plutôt preuve de manque de sagesse, et conjuguons les lendemains négativement.

Donc, ni la guerre, ni la haine, ni la vengeance, mais la croyance au dialogue, car la réalité du régime actuel, repose intimement sur la tolérance et la quête de rassemblement, sinon notre pays aurait été fracturé, détruit et mis en miettes depuis longtemps. La sagesse chez les bantous, renseigne à suffire, sur le fait que chaque patriarche, rendu à un certain âge, à un

certain niveau d’expériences de sa vie, marche avec sa succession dans sa tête, se couche et se réveille avec mille pensées sur les lendemains d’après lui, sur ce que feront et vivront ses sujets après lui. J’ai la ferme conviction, que Paul Biya prépare et mieux que nous ne le pensons, ces lendemains-là, marchant, se couchant et se réveillant avec la vision d’un Cameroun réconcilié et paisible. Allons-nous ou devrions-nous, pour cela, lui faire la guerre, lui imposer le sang et des solutions militaires, alors qu’il a depuis très longtemps, administré la preuve d’un homme d’Etat plutôt tolérant, patient, attentif, réaliste et conciliant ? Ma propre réponse c’est non, et je souhaite vivement, qu’elle soit aussi la vôtre.

Le Cameroun n’a ni besoin de sang, ni de solution militaire outrancière, pour construire les passerelles définitives du dialogue, de la réconciliation et de la paix.

Merci de me comprendre, d’accepter que je vous parle sur ce ton fraternel, sincère et franc

Je le fais, parce que le Cameroun nous tient tous à cœur, et que, très exactement comme ce même Paul Biya clame depuis toujours : LE CAMEROUN EST A CONSTRUIRE ET NON A DETRUIRE. Et de là, son interroge interpellative et lancinante : QUEL CAMEROUN VOULONS-NOUS POUR NOS ENFANTS ?

Une solution militaire intégrale nous aidera-t-elle dans ce sens, ou nous en éloignera ? Elle en éloignera plutôt.

A très bientôt, Majesté, cher Compatriote, mon frère et très cher Ami./.

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