Jean Simon Ongola Omgba : La loi électorale est par essence perfectible
CAMEROUN :: POLITIQUE

CAMEROUN :: Jean Simon Ongola Omgba : La loi électorale est par essence perfectible :: CAMEROON

L’ex-député Rdpc annonce la création d’un collectif citoyen afin de recueillir les propositions dans la perspective d’un éventuel amendement du Code électoral.

Est-il opportun pour Elecam, de mener des consultations en vue de modifier la loi électorale ?
Elecam n’est pas le Parlement, qui, seul, peut voter cette modification. Je crois savoir que le document qui a circulé sur les réseaux sociaux est interne et ne concerne que les services d’Elecam. Cependant, la démarche en interne entamée par cet organisme en charge de « l’organisation, la gestion et la supervision du processus électoral et référendaire » tel que stipulé par l’article 3 de la loi électorale, vise à la fois à améliorer le déroulement des élections futures et à répondre à certaines revendications plus ou moins légitimes d’une partie de l’opposition.

Toutes les autres considérations sont de la manipulation politicienne au stade actuel et relèvent d’une démarche incantatoire à laquelle il est difficile de souscrire. En tout état de cause, la loi électorale n’est pas figée et est par essence perfectible. En novembre 2020, les graves contestations du vote par correspondance aux élections présidentielles américaines, ont remis en cause le processus et le résultat de l’élection du président Biden. Les événements violents au Capitole ont montré à l’humanité entière la fragilité de la démocratie dans ce grand pays, qu’Alexis de Tocqueville décrivait déjà dans son célèbre ouvrage « Démocratie en Amérique » comme le modèle à suivre. Plus près de nous, des voix s’élèvent en France pour remettre en cause toute perspective de vote par correspondance aux élections régionales de juin 2021, en cette période de pandémie de COVID-19, ce vote un facteur de sécurité sanitaire et de praticité pour les électeurs. La loi doit s’adapter au contexte socio-politique de chaque pays. 

Il y en a dans l’opposition qui sont convaincus que l’initiative d’Elecam est un ballon d’essai du gouvernement qui pourrait faire un passage en force en déposant un projet d’amendement du Code électoral au Parlement en mars, afin de contourner la réforme du système électoral tant réclamée !
Je ne suis pas un spécialiste des prédictions en politique. Nous sommes là essentiellement dans des supputations. Je vous rappelle à toutes fins utiles et inutiles, qu’Elecam a théoriquement jusqu’à 2025 sans organiser une élection majeure. Je pense donc que c’est le temps de la réflexion. Elecam ne peut pas passer à côté de la grande diversité d’approches qu’il y a autour de cette affaire, et en tenir compte est quelque chose d’important. Ça ne se comprend pas que la suspicion va du côté du gouvernement, alors que le Président est celui qui a dit plusieurs fois : « Nous devons adhérer tous à l’évidence selon laquelle la démocratie revêt, par sa haute valeur morale et éthique, une incontestable supériorité sur les autres formes de gouvernement. En clair, il est question que les élections se passent dans les meilleures conditions possibles. Et si Elecam a pris le taureau par les cornes, je pense qu’elle ne doit pas rester trop longtemps dans l’arène.

Tous les autres acteurs, les partis politiques, la société civile, les universitaires, etc., doivent pouvoir apporter des propositions qui peuvent être utiles. Les collectifs citoyens qui, eux, sont sur le terrain doivent également avoir leur mot à dire. C’est pourquoi j’annonce que, dans les prochains jours, je mettrai en place un collectif citoyen avec une plateforme qui permettra aux citoyens puissent y déposer leurs propositions. C’est ces propositions partagées qui feront en sorte que le Cameroun puisse se doter d’une loi qui réponde aux aspirations de tous les citoyens. Il s’agit du Cameroun et non du patrimoine d’un parti politique. Personne n’a le monopole des propositions ; nous devons tous le faire et être plus pragmatiques. 

Le débat est aussi, dans l’opposition et la société civile, au renforcement de l’indépendance financière et administrative d’Elecam…
J’attendais que ceux qui font cette demande exigent purement et simplement qu’Elecam soit tout simplement supprimée parce que, à l’époque les mêmes avaient dit qu’un tel organisme était essentiellement tropical. En France c’est le ministère de l’Intérieur qui organise les élections, dans d’autres pays occidentaux également. La commission électorale, ça n’existe que dans les pays africains. La liberté et l’indépendance d’Elecam, si je suis d’avis qu’elles doivent être renforcées, ne passent pas uniquement par des dispositions financières. Elles passent aussi par la sécurisation du mandat de ses membres. 

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo