Pr Yap Boum « Il n’y a pas du coronavirus dans le coca »
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CAMEROUN :: Pr Yap Boum « Il n’y a pas du coronavirus dans le coca » :: CAMEROON

Le professeur vacataire à l’université de Yaoundé I et par ailleurs chef d’Epicentre à Médecins sans frontières, déconstruit la polémique autour du coronavirus qui exis- terait dans le coca-cola et se prononce également sur les cas de coronavirus détectés dans l’équipe de la Rdc dans le cadre du Chan 2021. 

Une vidéo virale sur la toile laisse croire que le coca-cola contient le coronavirus. Qu’en dites-vous ? 

Les fabricants de ces tests ont décrit une procédure sur comment utiliser leurs tests. Et cette procédure recommande qu’on prenne des échantillons au niveau du nez ou de la bouche, c’est ce qu’on appelle soap, qu’on mette sur le test, et ensuite, ils ont un tampon qu’ils mettent au niveau du test, pour permettre à la réaction d’avoir lieu. Et c’est là où on va pouvoir voir qui sont les positifs et les négatifs. Maintenant ils exigent que seul ce tampon soit utilisé. Quand maintenant on va prendre autre chose dont le coca qui a une acidité importante, lorsqu’il est mis sur le test, à cause de son acidité il va réagir avec la membrane du test rapide et on va voir apparaître les bandes. Donc ce n’est pas parce qu’il y a du coronavirus dans le coca mais c’est parce que la composition du coca en terme d’acidité va engendrer une baisse du Ph et on va voir l’apparition des bandes sur la membrane parce que c’est une réaction chimique. Est-ce à dire qu’en imbibant du coca-cola sur n’importe quel test Covid, la réaction sera la même ? Effectivement ! Cela a été démontré. La première a été faite en France, la deuxième a été faite au Cameroun et plusieurs internautes sont en train de le faire et effec- tivement il y a l’apparition de ces bandes parce que la composition du coca en France et ici est la même à priori et la réaction chimique est la même. Est-ce que n’importe quel liquide acide qu’on applique à un test va réagir positivement ? A priori oui. Parce que ça va entraîner la baisse du Ph. Je dis à priori oui parce qu’en tant que chercheur, je ne peux pas conclure tant que je ne l’ai pas expérimenté. 

Quel peut être l’intérêt d’une telle expérimentation ? 

Personnellement je pense qu’il n’y a pas d’intérêt. Je pense qu’on doit pouvoir faire confiance à nos autorités, à nos laboratoires, sur la qualité des tests et des résultats qui sont remis à nos patients. Ce n’est vraiment pas le moment de rentrer dans des polémiques qui, à mon avis, ne nous font pas avancer surtout au moment où nous sommes dans cette deuxième vague, avec ces différentes variantes, avec le Chan. Je pense qu’il faut qu’on reste concentrer sur le respect des mesures barrières. 

Parlant de la fiabilité des tests, il se susurre dans les rangs de l’équipe de la Rdc que les multiples cas de coronavirus qui y ont été détectés ne sont pas vrais et que c’est une manœuvre des dirigeants camerounais pour déstabiliser la formation congolaise contre qui les lions A’ vont jouer ce samedi dans le cadre du Chan 2021. Qu’en dites-vous ? 

C’est vrai que ça tombe mal parce qu’on joue les quarts de finale contre la Rdc donc effectivement on peut se lancer dans tout genre d’élucubrations. Mais la réalité est toute simple. Nous avons parmi les meilleurs labora- toires en Afrique. Le Centre pasteur du Cameroun, pour plusieurs maladies pathologiques, sert de laboratoire de référence nationale et au niveau de la sous-région. Donc la qualité de ce qui est fait à mon avis n’est pas question- nable sur la performance. Maintenant il faut dire qu’il y a deux types de test : il y a les tests antigéniques et Pcr. Donc la Caf et les stratégies que nous avons mises en place recommandent 72 heures avant les matchs, que soient testées toutes les équipes par test Pcr qui sont les plus fiables. Donc ceux qui sont positifs, sont véritable- ment positifs.Maintenant, si on a un nombre important de positifs dans une équipe, on peut aisément se poser la question du respect des mesures barrières à l’intérieur d’un groupe sachant effectivement qu’ils s’entrainent ensemble, ils vivent ensemble. Forcément s’il y en a un ou deux qui est positif, la possibilité de contamination vers les autres est beaucoup plus importante. Donc c’est plutôt de ce côté qu’il faut voir. Donc de renforcer le res- pect des mesures barrières.

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