Affaire CNI, Passeport: Réaction de Jean Genestar Priso suite à la conférence de presse de la DGSN
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CAMEROUN :: Affaire CNI, Passeport: Réaction de Jean Genestar Priso suite à la conférence de presse de la DGSN :: CAMEROON

Je reste très préoccupé en rapport avec la conférence de presse donnée par la DGSN (Délégation générale de la sureté nationale) sur la CNI et le PASSPORT. Et nous pouvons affirmer ici que l’Identification des citoyens au CAMEROUN est programmée pour échouer. Et elle ne pourra pas réussir telle que conçue et pratiquée par l’administration actuelle.

Je vais essayer dans une approche moins complexe d’expliquer pourquoi !

Nous savons tous que pour une demande de la CNI, il faut produire un acte de naissance et que celui-ci a parfois besoin d’un acte de mariage ou d’un acte de décès pour être bien renseigné ou mis à jour. Notre système d’état civil est l’un des plus incomplets, vétustes, inorganisés, archaïques et surtout des plus douteux, c’est-à-dire peu fiables. Les différents scandales sur les âges de nos concitoyens sont constatés au quotidien et le fait que de nombreux Camerounais soient sans acte de naissance dans nos villes, campagnes et même à l’étranger est une réalité.

Lorsque la DGSN, a constaté que : « l’ancien système de production des CNI présentait de nombreuses failles, la principale étant la possibilité d’établir plusieurs cartes pour une même personne, ce qui ouvrait la porte aux personnes qui pouvaient avoir plusieurs identités pour commettre des crimes, toucher les salaires des autres ou naître de nouveau ».

Qu’a-t-elle fait ???

La DGSN nous dit : « Il a donc été urgent d’installer un nouveau système qui peut mieux protéger la nationalité camerounaise ce deuxième système vient résoudre ce principal problème, car actuellement au Cameroun, plus de trois (03) millions de personnes sont en situation de double voir triple identité. Ce qu’il faut noter est qu’en pareille circonstance seule la première identité est la véritable, mais, ceci pose un grand problème aux détenteurs de double identité qui ont déjà passé une vie avec la seconde identité, ils travaillent avec, ont des diplômes avec et de multiples autres avantages avec cette identité-là, les gens restent donc attachés à leurs nouvelles identités et refusent totalement même de parler de l’ancienne qui est reconnue par le système »

De qui se moque-t-on ?

Qui a fait installer l’ancien système ? Et qui fait installer le nouveau système ?

La DGSN a été commise pour résoudre le problème de la carte nationale d’identité sous l’impulsion du gouvernement camerounais. Alors si à ce jour, elle n’a pas pu satisfaire les demandes de CNI des citoyens camerounais, à qui incombe la faute ?

J’ai l’obligation morale et professionnelle de donner mon avis à mes compatriotes pour les raisons qui m’emmènent à être pessimiste et à ne pas croire aux bonnes intentions de nos dirigeants pour la résolution pérenne de cette problématique cruciale. Car l’avenir de notre pays en dépend.

Il est important de savoir que, tant que la NATION CAMEROUNAISE existera les Camerounais auront nécessairement besoin d’une CNI. Et que la résolution de ce problème se trouve dans la mise en place d’un système informatisé et intégré pérenne. C’est-à-dire un système qui tiendra compte de la nationalité et de l’identité.

L’Informatisation du système intégré et le choix des opérateurs sont incontournables ; l’informatisation du système :

Un établissement public administratif chargé d’assurer la supervision, le contrôle, la régulation, et l’évaluation du système national d’état civil a été créé par la loi no2011 /011 du 06 mai 2011.

Cet établissement est chargé de mettre en place un système d’état civil intégré, complet, dynamique, complet et fiable. Afin que le premier pas pour exister soit celui d’être enregistré dès la naissance dans l’état civil du Cameroun.

Cet établissement qui se nomme BUNEC (Bureau national d’état civil) http://bunec.cm/missions/ n’a jamais correctement fonctionné et les fonctionnaires sont payés à ne rien faire depuis des années.

Par patriotisme, notre entreprise en 2016 a rencontré la direction générale et les cadres de cet établissement à Yaoundé pour leur présenter et entretenir sur ce qui se fait le mieux pour la sécurisation des documents sensibles en général et ceux de l’état civil en particulier.

Notre équipe a noté une volonté réelle de ces cadres pour l’accomplissement de leur mission, mais ils nous ont fait savoir qu’aucun budget ne leur a été alloué à ce jour pour moderniser les centres d’état civil du Cameroun.

Nous constatons donc que notre système d’état civil ne sera pas informatisé demain et que la DGSN fait du dilatoire. Car elle sait très bien, plus que quiconque que sans des actes civils fiables pour chaque citoyen, tout Camerounais pourrait disposer d’autant d’actes que d’identités (Voir CNI).

Vivement et rapidement que le BUNEC soit remis en selle pour accomplir sa mission.

Le Choix de l’Opérateur.

Il y a trois opérateurs connus sous les tropiques d’Afrique francophone et qui sont des fossoyeurs de notre identité. Car ils n’ont réussi nulle part à mettre en place un système d’identification fiable dans la durée. Mais je ne citerai que deux d’entre elles qui sont concernées par notre calvaire et dont les Camerounais pourraient être en droit de leur porter plainte. Il s’agit de THALLES et de GEMALTO.

Il s’agit ici de deux entreprises privées qui à notre connaissance chacune à son tour a négocié un marché de gré à gré avec certains dirigeants du Cameroun, car à notre connaissance il n’a existé aucun cahier de charges et encore moins un appel d’offre ou appel à manifestation d’intérêt pour un projet aussi déterminant de notre pays. Peut-on imaginer le gouvernement français, américain, helvétique, chinois, japonais, russe … en train de confier la gestion de leur

identité, qui se veut souveraine à une entreprise étrangère ? C’est-à-dire à des mercenaires. Ces entreprises ont connu des déboires et de très mauvaises prestations dans d’autres pays africains pour ne citer que le cas du Gabon, avec des affaires pendantes en justice. Et c’est à elles que nous continuons de confier notre âme et faire confiance.

Pour terminer, la DGSN nous dit : « Actuellement notre pays compte 280 postes d’identification et 50 postes mobiles pour une production de 10 mille cartes par jour et bientôt nous serons à la capacité de 15 mille cartes. Pour les cartes non retirées, nous avons 245 mille cartes en souffrances dans les commissariats ».

Et nous savons que notre pays compte 10 régions pour environ 24 millions d’habitants. Comment sont repartis les 280 postes d’identification et les 50 postes mobiles, quelles sont leurs fonctions, et leurs critères de répartitions ? Surtout lorsqu’on sait qu’il y a des régions plus peuplées que d’autres ?

Les 245 milles cartes non retirées sont en souffrance dans les commissariats de quelles régions ? Surtout lorsqu’on sait que le système d’identification mis en place par GEMALTO n’a pas une couverture nationale. Car GEMALTO lui-même nous avait annoncé une seule machine qui produirait 600 cartes/ Heure.

Faisons le calcul pour 12 heures de travail par jour.

Par jour : 600 X 12 =7200 cartes

Par an : 7200 X 360= 2592000 cartes.

Donc, il faudra plus de 9 (neuf) ans pour doter les 24 millions de Camerounais de la nouvelle carte.

Admettons que la DGSN aurait acquis une seconde machine pour passer à 15 milles cartes par jour. En faisant le calcul :

Par an : 15000 X 360 = 5.400.000 cartes

Donc il faudra plus de 4(quatre) ans pour doter les 24 millions de Camerounais de la nouvelle carte. Sans compter les nouvelles demandes, car la population se renouvelle sans cesse.

Enfin la DGSN reconnait : « Qu’il y a encore quelques soucis techniques et des lenteurs dans les livraisons du matériel ce qui peut ralentir le processus de production. Il est donc déconseillé de ne sombrer dans aucune forme de récupération politique et les responsables la DGSN nous appellent à plus de vigilance et de se doter d’un sens du discernement pour ne pas se laisser entrainer dans des histoires inutiles. Par ailleurs la DGSN recommande à tous les citoyens de dénoncer les actes de corruption et d’arnaques donc ils pourront être victimes. Au sujet des passeports, l’annonce a été rassurante, le nouveau passeport plus sécurisé sortira dorénavant dans les 48 heures ».

Notre conclusion:

Les soucis de lenteur dans la délivrance des CNI et même des passeports émaneraient de la rupture de stock des intrants et souvent de la maintenance des équipements selon certaines sources.

C’est pour cette raison que nous recommandions l’IMPRIMERIE NATIONALE DU CAMEROUN pour la production des supports pré imprimés INDISPENSABLES pour la personnalisation et la délivrance des CNI et des PASSEPORTS.

Ce système sera moins couteux, avec des économies d’échelle considérable et surtout très efficace dans la fourniture et la disponibilité des cartes. Également pour la bonne maîtrise de ces corps de métiers dont notre pays aura toujours besoin.

Nous pourrons disposer ensuite des unités décentralisées d’enrôlement, de production et de personnalisation des CNI et PASSPORTS dans nos dix régions avec du matériel de pointe moins encombrant, moins onéreux avec un SAV assuré sur place par des nationaux formés à cet effet. Et c’est possible de passer à plus de 15.000 cartes/ jour dans chaque région et d’identifier plus de 80% des Camerounais en moins d’un an si tout est mis en place.

Tout système d’identification dépend de la volonté politique et s’il n’est pas pensé, conçu et réalisé par les Camerounais eux-mêmes seraient voués à l’échec. Car pour réussir une bonne identification la dimension de l’authenticité des actes, de la justice pour la nationalité (Certificat de nationalité), sociologique et culturelle pour aider aux audiences foraines afin d’attribuer une identité aux sans-papiers et surtout anthropologique pour déterminer la technique biométrique qui conviendrait le mieux avec nos aspects biologiques. L’identification est une question très sérieuse pour la vie d’une nation. Elle permet d’établir la cartographie de la population pour des besoins de tous ordres : économiques, éducatifs, sécuritaires, sanitaires …etc.

Sans un bon système d’état civil, il n’y aura pas une identification fiable. Et sans un bon système d’identification, pas de bons systèmes fiables de délivrance de passeport. Tout se tient, la DGSN a une obligation de vérité vis-à-vis des Camerounais.

Jean Priso

PDG GENESTAR GROUP S.A
Pdt EVEIL CAMEROUN C.I
Ancien Coordo.CPD(Cameroon Patriotic Diaspora)

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