Chantier naval : Un Coréen détourne 76 millions FCFA
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La mission d'enquête de la Commission nationale anti corruption (Conac) qui a séjourné au Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC) en avril 2019 impute le détournement des indemnités de licenciement des ex-temporaires à Moon Kwi-ho. 

Compte tenu des résultats de cette enquête, la mission a formulé d'imputer à l'ex-DG Moon Kwi-ho solidairement avec l'ex directeur financier, la différence de 30 479 960 FCFA résultant de l'écart entre le montant total que le CNIC déclare avoir versé aux ex-temporaires et le montant total qui ressort de l'état de tous les paiements transmis à la mission ; d'imputer à l'ex-DG Moon Kwi-ho solidairement avec l'ex directeur financier la somme de 45 519 208 FCFA représentant le montant total des chèques qui n'ont pas été produites au cours de l'enquête ou dont la preuve de leurs encaissements par les véritables bénéficiaires n'a pas été apportée. Soit un total de 75 999 168 FCFA." Telles sont les conclusions de l'enquête que la Conac a effectuée du 2 au 8 avril puis du 21 au 26 avril 2019 au CNIC. 

Tout part d'une dénonciation des ex-temporaires du CNIC relative au détournement d'une partie de leurs droits sociaux à la suite de leur licenciement. En effet, ayant mis fin à la pratique des contrats successifs d'une partie de ses employés temporaires, le CNIC devait verser des indemnités de licenciement à ceux des employés qui n'avaient pas pu bénéficier d'un contrat de travail à durée indéterminée. La dénonciation transmise à la Conac par les délégués de ces ex-temporaires se rapporte au calcul et à la répartition de l'enveloppe globale destinée au paiement de ces indemnités de licenciement. Au cours de ses investigations, la Conac a constaté l'absence d'une base de données des travailleurs temporaires du CNIC, des manoeuvres de détournement des sommes allouées à cette opération. Par ailleurs, la Conac a relevé des manoeuvres de corruption et des discriminations dans le calcul des droits de certains ex-temporaires placés dans les mêmes conditions. 

C'est le cas par exemple de certaines personnes qui, après 9 ans d'ancienneté dans l'entreprise, ont perçu des indemnités respectives de 150 000 FCFA, 0 FCFA et de 1 300 000 FCFA. Ce qui a le don de susciter de vives protestations de la part de ceux qui avaient été déclarés non éligibles, ainsi que de celles qui n'étaient pas satisfaites du montant de leurs indemnités. La mission a également constaté un manque de clarté dans la gestion des sommes qui ont été débloquées tant par l'Etat que par le CNIC pour le paiement de ces indemnités. Après l'élaboration de plusieurs listes des ex-temporaires, une évaluation de l'enveloppe globale des droits qui leur sont dus a été arrêtée à la somme de 2 milliards 169 millions de  FCFA.

Mais suite à de multiples correctifs, le CNIC dit avoir versé aux extemporaires la somme de 2 milliards 235 millions de FCFA. Cette enveloppe devait être alimentée d'une part par des fonds propres du CNIC et d'autre part par des subventions de l'Etat. 

Manquant et absence de justificatifs

L'enquête a révélé que cette société a reçu de l'Etat un montant total de 1 milliard 669 millions de FCFA. Le CNIC quant à lui a décaissé sur ses fonds propres, une somme de 566 millions 577 mille FCFA. Le CNIC a transmis à la mission un état récapitulatif des bénéficiaires d'où il ressort que la société a indemnisé au total 1 259 pour un montant total de deux milliards 205 millions de FCFA. Ces droits ont été payés par chèques et en espèces pour des montants de respectifs de 199 millions de 781 mille FCFA et deux milliards cinq millions de FCFA. 

Cependant, la Conac note " une différence de 30 479 960 FCFA entre les ressources et les emplois que le CNIC prétend avoir gérées sans toutefois apporter de justificatifs. S'agissant des paiements par chèques qui s'élèvent à 199 781 626 FCFA, il convient de signaler que les photocopies de ces chèques mis à la disposition représentent un montant total de 99 millions de FCFA. Il reste à produire les autres photocopies dont le montant s'élève à 100 781 626 FCFA. Mais, le Chantier naval et industriel du Cameroun a produit les relevés bancaires attestant que certains de ces chèques ont bien été encaissés par les véritables bénéficiaires. 

La preuve de l'encaissement des autres chèques dont le montant s'élève à 45 519 208 FCFA est toujours attendue." Plus loin, le rapport 2019 de la Conac indique que les multiples frustrations des extemporaires du CNIC, sont en premier lieu imputable aux dirigeants du Chantier naval et industriel du Cameroun qui ont, depuis plusieurs années, embauché des centaines de salariés dans des conditions contraires à la législation du travail. Il s'agit de Roland Maxime Aka'a Ndi'i (DG de 2001 à mai 2008), d'Antoine Bikoro Alo'o (DG par intérim de mai 2008 à avril 2010, du Coréen Moon Kwi-ho. Il est aussi le fait du président du conseil d'administration entre 2001 et 2010. 

Pour la Conac, l'évaluation de ce préjudice n'est pas estimable en l'état au regard du nombre indéterminé d'extemporaires et de la complexiité liée au calcul de leurs droits. Aussi, elle recommande au " DG actuel du CNIC de réexaminer la situation des ex-temporaires dont les demandes ont été rejetées pour cause de prescription et ce dans un souci de paix sociale." 

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