Saga Mboa Cameroun : Ordis PB ou télé-enseignement contre le Covid 19 ?
CAMEROUN :: POINT DE VUE

Saga Mboa Cameroun : Ordis PB ou télé-enseignement contre le Covid 19 ? :: CAMEROON

Les 140 ordinateurs emportés récemment par des bandits à l'université de Maroua remettent au goût du jour cette affaire des ordinateurs PB qui a défrayé la chronique au début de l’année 2018. La cible des bandits était assez précise, apprenons-nous du site ‘gazeti-237. Dans sa rubrique ‘Calepin-Actualité’, édition du lundi 11 janvier 2021 : « La salle de scolarité de la faculté des Sciences juridiques et politiques où se trouvait le stock des ordinateurs Paul BIYA, cette dotation du président de la république aux étudiants ».

C’était une promesse formulée en 2016. Le président Paul Biya s’était alors engagé à distribuer gratuitement de janvier à juin 2018, 500 000 ordinateurs portables aux étudiants camerounais du public et du privé dans le cadre de son programme baptisé « higher education vision ».

L’opération « un étudiant, un ordinateur », chiffrée à 75 milliards de FCFA s’est transformé en eau de boudin….

Pourtant à l'origine, le promoteur avait pensé à une informatisation des universités camerounaises, mais le projet avait été détourné en dons d’ordinateurs par le chef de l’État. Malgré lui.

Dénommé « E-national Higher National Education Network », le projet nait d’une offre d’une entreprise chinoise, ‘Sichuan Télécom Engineering Construction’...au gouvernement du Cameroun pour moderniser le système d’enseignement des universités camerounaises.

L’entreprise qui est installée au Cameroun depuis quelques années est alors introduite auprès du Ministre de l’enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo par son partenaire local, un certain Jean Marie ABOGANENA, journaliste reconverti à la communication et promoteur d’un cabinet international en la matière ‘JAMA Conseil’.

C’est ce dernier qui rédigera sous la supervision de l’entreprise chinoise le ‘mémorandum of understanding’ qui sera signé courant 2011. Il ambitionnait d’interconnecter toutes les universités du Cameroun, ou encore les mettre en réseau pour faciliter le télé-enseignement, l’informatisation et la gestion desdits établissements. Les enseignants devraient dispenser facilement les cours où qu’ils se trouvent.

Les négociations avec le gouvernement chinois et Eximbank of China connaitra son déclic en 2015. Le prêt est concessionnel, soit au taux zéro de 2% selon le langage consacré. Le Premier Ministre Yang Philémon en séjour en Chine autorisera la signature de l’accord de prêt entre les ministres chinois du commerce et le Minepat camerounais en la personne de Nganou Djoumessi.

Puis ce sera l’enlisement jusqu’en février 2017 lorsque s’adressant à la jeunesse a l’occasion du ‘11 février’, le président évoquera la jeunesse Android. Ce n’est qu’en ce moment que va bouger le décret d’habilitation qui devait autoriser le Minepat à signer l’accord de prêt en sommeil à la présidence depuis deux années. Malheureusement, ce sera dans le mauvais sens. Nos sources indiquent que AYEM Mauger Jean Claude, alors conseiller technique de la présidence, « aurait complètement transformé le projet en dons d’ordinateurs aux étudiants dans l’optique de garantir leur vote à Paul Biya qui briguait l’élection présidentielle ».

Ayem Mauger, aujourd’hui PCA de Camair-co aurait-il fait valider cette idée au chef de l’État sans préalablement consulter ni le Minesup, ni l’entreprise chinoise qui rejettera cette idée ? Une réunion au palais à cet effet tournera au clash, avec des victimes sur le carreau dont le partenaire local de l’entreprise porteuse du projet, Jean Marie ABOGANENA purement et simplement écarté alors qu’il a été la cheville ouvrière coté Cameroun, participant a toutes les phases de négociations tant en Chine qu’au Cameroun. Éjecté du projet, malgré son silence sur l’affaire, nous apprenons qu’il n’a jamais été rémunéré.

Mais comment cette initiative louable au demeurant, qui aurait été la bienvenue à l’heure du Covid 19 s'est-elle muée en offre électorale d’ordinateurs pour étudiants ? Comment peut-on emprunter 75 milliards pour distribuer des ordinateurs bas de gamme aux étudiants ?

Quel en avait été le montage financier du départ ? Le concepteur du projet, l’entreprise Sicuan avait obtenu les financements auprès du gouvernement chinois au travers d’Eximbank.

Le président qui travaille sur la base des notes de ses collaborateurs n’était pas informé dit-on, de l’idée originelle du projet. « L’idée de ce montage foireux a germé dans le cerveau de ceux qui voulaient rester dans ses bonnes grâces alors qu’il s’apprêtait à briguer un nouveau mandat à la tête de l’Etat. Pour moins que cela, certains ont eu des promotions ministérielles ».

Des ordis PB estampillés ‘32 G=512 G’ en lieux et places d’une informatisation de l'université ? C’était le jackpot pour certains avec en prime la risée mondiale et « un désavantage pour l’institution universitaire, dont l’enseignement allait être facilité dans les campus ; la gestion modernisée pour l’intérêt des enseignants qui devraient faire désormais cours de leurs domiciles ou bureaux respectifs sans forcément courir physiquement dans les campus. Les cours devraient être plus fluides et diffusés immédiatement sur le réseau », affirme un enseignant.

Sans toutes ces transactions inavouables sur les PB, ce projet ‘révolutionnaire’ aurait anticipé sur le confinement que le gouvernement peine à adopter. Hélas, on a préféré le folklore à l’innovation technologique. Selon nos sources, le projet initial prévoyait moins de 3000 ordinateurs au profit de l’interconnexion des universités. Aujourd’hui nous apprenons que « Seule une dizaine de télé centres sont en construction et attendent d’être connectées aux institutions académiques ».

Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo