Vient de paraître: LES CHEFS TRADITIONNELS ET LE POUVOIR de Enoh Meyomsse…
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De nombreux Camerounais de nos jours se tournent vers la chefferie traditionnelle pour négocier des positions de pouvoir. C’est le moyen pour eux de se présenter en représentants et incontournables interlocuteurs des populations de leurs bleds respectifs auprès du Président de la République, distributeur de postes politiques et de nominations dans la haute administration publique. En conséquence, la recrudescence et le nouvel attrait des chefferies traditionnelles en cours actuellement au Cameroun n’a ainsi pas grand-chose à voir avec la « préservation de la culture » ainsi que généralement prétendu.

Même par le passé, les chefs traditionnels ont le plus souvent usé de leur statut pour leur bien-être et celui de leurs familles, et très peu pour celui de leurs sujets. Ils ont toujours été en permanence des hommes de pouvoir, au-dessus de leurs peuples. Les nouveaux qui fleurissent aujourd’hui ne sont donc que dans la continuité de ce comportement.

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B – Le commerce lucratif de la traite négrière.

Toutes les chefferies qui avaient une certaine dimension tant géographique qu’humaine, pratiquaient l’esclavage, et utilisaient des eunuques1 comme gardes du chef. Bien évidemment, jusqu’au 19ème siècle, ce sont les chefs qui vendaient leurs congénères aux négriers, tout au long des côtes africaines, y compris sur celles du Cameroun. Les vestiges de ce macabre commerce existent toujours de nos jours à Man of war bay, dans la banlieue de Limbé, par exemple, site de la base du B.I.R.

Que percevaient-ils comme rémunération dans ce macabre commerce ? Des fusils de traite, de vieux vêtements, de l’alcool frelaté, et le prestige de traiter avec des Blancs.

Pour mettre fin au commerce des esclaves, il aura fallu corrompre les chefs, car ce macabre commerce leur rapportait beaucoup. Les Anglais, leurs ex-clients, se sont installés à Fernando-Poo, au large des côtes camerounaises, pour le combattre. Pour cela, ils ont entrepris de conclure plusieurs traités avec des chefs de la côte camerounaise.

Le traité du 10 juin 1840.

Il fait accepter aux rois Akwa et Bell d’abolir la traite des Nègres sur leurs territoires respectifs. S’ils aperçoivent un bateau de négriers au large, qu’ils en informent aussitôt l’un des bateaux anglais chargés de la répression de ce commerce. Il leur est offert, à chaque dénonciation, 60 fusils, 2 barils de poudre, 2 tonneaux de rhum, un uniforme militaire avec épaulettes, et 1 sabre.2

Le traité du 7 mai 1841.

Une année plus tard, ce second traité est signé avec les mêmes rois, pour les mêmes buts, car les Anglais s’étaient aperçus que ces rois n’avaient guère renoncé à leur macabre commerce.

Le traité du 29 avril 1852.

Celui-ci rajoute à l’interdiction de la traite des Nègres, l’interdiction des sacrifices humains.3

Les rivalités entre les chefs sur notre territoire étaient monstres. Ils se livraient une guerre permanente. Ceux de la côte jouaient le rôle, en quelque sorte, de transitaires pour la pacotille en provenance d’Europe et dont avaient besoin leurs homologues de l’intérieur du territoire, naturellement moyennant argent. Dans le même temps, ils réceptionnaient les cargaisons d’esclaves que leur livraient ces derniers. Ils s’enrichissaient en conséquence dans les deux sens.

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Introduction

Chapitre I :

Les chefs traditionnels vendeurs d’esclaves

A – L’avènement des chefs

B – Le commerce lucratif de la traite négrière

Chapitre II :

Les grands serviteurs du régime colonial de 1884 à 1961

A – Des complices du régime colonial français et britannique

B – Recruteurs de « tirailleurs » pour l’armée française

Chapitre III :

Indépendance puis réunification : les chefs sauvegardent leurs privilèges d’avant

A – Auxiliaires de l’administration à nouveau pour les chefs dociles

B – Les Fons et les Chiefs préservent leurs privilèges à Foumban

Chapitre IV :

« Villes-mortes » et gain des chefs traditionnels : le renforcement de leurs privilèges

A – 1991 : alimentation de l’insurrection ou le chantage au pouvoir

B – Gain de cause : les chefs deviennent Sénateurs

Chapitre V :

Le scrutin du 6 décembre 2020 : Conseillers régionaux en plus de Sénateurs

A - Scrutin du 6 décembre 2020 : rattrapage pour les chefs recalés du Sénat

B – Les chefs traditionnels associés aux privilèges du pouvoir de sa base au sommet désormais

1 - Etres humains castrés comme des porcs afin de les rendre forts comme des buffles.
2 - http://www.camfaith.org/origines_cameroun.php  
3 - Ibid.

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