Journée Mondiale du Sida, la prévention avant tout: Toujours pas de vaccin
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Ce 1er décembre 2020 marquera ainsi le 32ème anniversaire de la Journée mondiale du sida. Depuis 1988, les efforts déployés pour contrer l’épidémie ont eu des résultats positifs; pourtant, le dernier rapport de l’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale indique qu’elle n’est encore jugulée dans aucune des régions du monde.

Selon un rapport de l'Onusida, il y a encore 38 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde, mais le nombre de décès diminue significativement depuis 2003. Cette journée comme par le passé sera l’occasion de continuer à mobiliser l’opinion sur un fléau qui touche de nombreuses personnes à travers le monde.

Chaque année, cette journée du 1er décembre est l’occasion de récolter des fonds pour la recherche et de créer un moment de solidarité envers tous les malades du sida. Pour cette nouvelle édition, de nombreuses opérations, de la distribution de préservatifs aux ateliers de prévention, vont se dérouler dans le monde entier.

Si le Covid-19 a su voler la vedette sur le plan médiatique, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) assure que le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), le sida, est toujours en progression. 38 millions de personnes étaient infectées au 1er janvier 2020 à travers le monde, selon un rapport de l'Onusida publié récemment.

L’an dernier, 940.000 personnes dans le monde sont mortes de maladies liées au sida, selon ces chiffres confirmés lors de la conférence internationale sur le sida d’Amsterdam qui s’est tenue fin juillet. A titre de comparaison, au pic de l’épidémie en 2005, 1,9 million de décès dans le monde était lié au sida, selon l’instance de l’Onu chargée de la lutte contre cette maladie.
A l’époque, seuls deux millions de porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) sur trente millions au total, avaient accès aux traitements antirétroviraux qui préviennent le développement du sida.

90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90 % de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90 % aient une charge virale indétectable.
Il y a eu 1,8 million de nouvelles infections l’an dernier, un nombre stable par rapport aux années précédentes. Mais de grandes disparités : en Afrique de l’Ouest et centrale notamment, seuls 40 % des porteurs du virus ont accès aux traitements. « Certains pays continuent à nous inquiéter, comme le Nigeria, qui représente à lui seul environ la moitié de toutes les nouvelles infections d’Afrique de l’Ouest », selon Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida

La lutte contre le VIH est loin d’être terminée.

Plus de 2,3 millions de personnes dans la Région européenne de l’OMS sont touchées par le VIH, surtout dans la partie orientale de la Région.

Parmi ces individus vivant en Europe avec le VIH, 20% d’entre eux ne sont pas diagnostiqués.
Pour atteindre l’objectif d’éliminer durablement le VIH dès 2030 à l’échelle du globe, l’OMS a mis en place une stratégie internationale.
L’un des enjeux est de mener des actions de prévention, mais aussi, de dépister précocement les personnes qui courent un risque d’infection par le VIH.

Prévention en Afrique et en Amérique

En matière de prévention contre le sida en Afrique subsaharienne et en Amérique, la cause est claire : Des millions de jeunes  par exemple se livrent à des activités sexuelles précoces et non protégées, aussi la société dans la quelle ils vivent est incapable pour la plus part de leur fournir les informations et le soutien dont ils ont besoin pour grandir c'est à dire atteindre la maturité et poser des actes réfléchis. (...)

Environ 80 % des contaminations par le VIH aux Etats-Unis sont dues à des personnes ignorant qu’elles ont le sida ou des malades qui ne sont pas traités. C’est le résultat d’une étude publiée l'année dernière par les autorités sanitaires américaines.

Le rapport, fondé sur des données de 2016 à 2019, estime que 38 % des contaminations viennent de personnes séropositives qui s’ignorent, et 43 % de personnes sachant qu’elles sont malades mais ne se traitant pas. Les 20 % restants viennent de personnes traitées mais chez qui le virus est encore présent. Des raisons financières, sociales ou autres les empêchent souvent de respecter le traitement antirétroviral.

En Afrique.

En 2019, quelque 1,7 million de nouvelles infections au VIH, le virus du sida, ont été enregistrées en Afrique. Soit une baisse de 23% depuis 2010. Et si les statistiques sont à la baisse, explique Winnie Byanyima, la directrice exécutive de l'Onusida, c'est en grande partie à cause d'une diminution de 38% dans l'est et le sud de l'Afrique.

Il est vrai que les infections sont plutôt à la hausse dans plusieurs autres parties du monde, y compris dans la partie nord du continent africain, au Maghreb (+22%). C'est le cas aussi en Europe de l'Est et en Asie centrale où les infections atteignent des sommets (+72%). Des hausses également au Moyen-Orient (+22%) et en Amérique latine (+21%).

Au Cameroun, selon les données du comité national de lutte contre le Sida, La prévalence du VIH varie d’une Région à l’autre.

Quatre régions ont des taux de prévalence d’au moins 8 pour cent :
Le Nord-Ouest (8,7%), l’Est (8,6%), Yaoundé (8,3%), et le Sud-Ouest (8%). Les deux Régions (septentrionales, Nord et extrême-Nord) ont des taux de prévalence d’au plus 2 pour cent. L’échelle de la réponse doit correspondre aux conditions et opportunités de chaque Région.

La région du Centre du pays, avec ses 111.287 malades (soit 47%) de l'ensemble des malades, occupe le premier rang des personnes infectées et celle du Nord avec ses 17.418 séropositifs (soit 15%) vient à la queue du peloton.

Le Comité National de Lutte contre le Sida estime que 01 jeune sur 16, âgé de 15 à 24 ans est infecté. Cela veut dire que dans une classe de 70 élèves par exemple, on pourrait déceler 08 élèves séropositifs. Juste de quoi être inquiet.

En République Centrafricaine, le taux de prévalence du VIH/sida est passé de 4% en 2018 à 3,6% actuellement en République centrafricaine (RCA), avait indiqué le 29 janvier dernier Marcel Massanga, expert du Comité national de lutte contre le sida (CNLS) de la RCA.

Qu'est-ce qui expliquerait cela ?

A ce jour, nombreux pays n’agissent pas avec assez d’énergie pour protéger la population. Si l’on ajoute des politiques de sensibilisation faibles, les moyens limités des autorités de santé publique incapables de toucher toutes les couches sociales et d’user des langues de communication appropriées, à la misère des populations pour lesquelles l’accès aux médicaments demeure une gageure, on comprend dès lors pourquoi la maladie continue de se propager en laissant derrière elle des villes ou des campagnes dépeuplées.

Les récentes enquêtes de l’association Camerounaise Break The Silence auprès des jeunes de Garoua, Douala, Bafoussam et Yaoundé au Cameroun sont révélatrices d'une situation dramatique. De cette enquête, nous pouvons retenir que ces jeunes ne disposent pas toujours d'informations précises et complètes à ce sujet. En l'absence d'informations sur la sexualité et le développement des aptitudes personnelles à la communication et à la prise des décisions, les jeunes versent dans un comportement à risque qui les expose à l'infection à IST/Sida.

Restent toujours, pour finir, les innombrables blocages sociétaux. Comme le tabou de la sexualité, qui empêche les parents d'informer leurs enfants des dangers du VIH. Comme le rejet et la stigmatisation des porteurs du virus aussi, qui poussent hommes et femmes, à souvent cacher leur séropositivité à leur conjoint.

La pandémie, qui a fait 14 millions d'orphelins en Afrique subsaharienne, touche directement les enfants et nombre d'entre eux assument des responsabilités d'adultes, les plus âgés prenants soins des plus jeunes après la mort des parents.

Toujours pas de vaccin

Des vaccins contre le COVID-19 développés en 10 mois, mais rien, en près de 40 ans, contre le VIH… Depuis 1983, année de découverte du virus du SIDA par Françoise Barré-Sinousi et le Luc Montagnier, on ne voit toujours pas l’ombre d’un vaccin efficace contre ce virus.

Quant à un hypothétique vaccin, aucune étude concluante n'a, pour l'heure, encore été publiée. La meilleure façon de ne pas souffrir du sida reste donc, encore et toujours de s'en protéger. Avec, en premier lieu, l'utilisation de préservatifs dans le cadre de rapports sexuels avec des partenaires occasionnels ou douteux.

Si les modes de transmission du VIH sont désormais parfaitement connus (tous les détails ICI), il n'existe en revanche à ce jour aucune vaccination efficace contre le sida.

D'après l'OMS, depuis 1987, ce sont même plus d'une trentaine d'essais de vaccins qui ont été faits, à chaque fois sans succès.

Des échecs en série qui s'expliquent par le fait que le VIH est un virus aux mille visages, en ce sens où ses capacités exceptionnelles à muter en font un virus redoutable pour les chercheurs qui peinent à mettre au point un sérum efficace.

Mais les scientifiques avancent néanmoins, certes avec difficulté, mais ils parviennent quand même à effectuer de belles découvertes.

En 2009, le monde avait ainsi notamment salué le premier essai clinique étendu d'un vaccin expérimental contre le virus du sida qui, mené en Thaïlande sur plus de 16.000 adultes, avait révélé que 31,2 % des participants vaccinés avaient nettement moins de risques d'être infectés par le VIH que le groupe traité avec un placebo.

Concrètement, pour la première fois dans l'histoire du sida, des chercheurs avaient donc réussi à obtenir une protection partielle contre la maladie.

Et bien qu'imparfaite - on se rendra compte notamment par la suite que la protection conférée par ce sérum était de courte durée - la méthode utilisée a depuis inspiré d'autres chercheurs.

En 2019, une équipe sud-africaine avait par exemple mené des essais à partir d'une souche de VIH prédominante en Afrique. Son produit reposait alors sur une injection supplémentaire un an après l'injection initiale afin d'augmenter la durée de la réponse immunitaire. Mis en place en novembre 2017, les résultats définitifs étaient attendus en janvier 2022. Mais malheureusement, l'essai a dû être arrêté en février 2020 après de premiers résultats peu concluants.

Comment expliquer que les différents vaccins développés contre le coronavirus suscitent tant d’engouement, mais que pour le VIH, on parle toujours "d’espoir" ?
Seuls les chercheurs pourront apporter une réponse adéquate à cette question. En attendant, protégez vous... Le Sida est toujours là...

Bon à savoir

La journée mondiale du Sida a été créée dans le but de prévenir et d'éduquer pour enfin, un jour peut-être, pouvoir enrailler la propagation du virus.

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