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UDC-Cameroun: les révélations de Cyrille Sam Mbaka sur les raisons de sa démission du parti :: CAMEROON
 
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  • mardi 15 septembre 2020 13:07:00
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UDC-Cameroun: les révélations de Cyrille Sam Mbaka sur les raisons de sa démission du parti :: CAMEROON

En total désaccord total avec le processus ayant abouti à la désignation de sa camarade de partie, Patricia Tomaino Ndam Njoya à la tête de l’UDC (Union Démocratique du Cameroun), Cyrille Sam Mbaka était l’invité du Point Diaf-Tv en direct depuis Douala sur la composante Télé du groupe Diaf.

Ci-dessous, la retranscription de l’émission TV avec l’ex 1er vice-président de l’UDC.

Cher Cyrille Sam Mbaka vous avez tenu une conférence de presse à Douala jeudi dernier au cours de laquelle vous nous faites acter votre démission de l’UDC. Qu’est qui s’est passé ?

Merci pour la question. Je crois qu’elle est très importante. Je suis effectivement dans l’Union démocratique du Cameroun depuis près de 30 Ans. Je suis entré dans ce parti dans un comité de quartier et ai gravi des échelons. Je me suis retrouvé quelques temps après dans le conseil exécutif, au bureau politique et la vice-présidence nationale. Je dois vous dire que le Dr. Adamou Ndam Njoya était très pointilleux sur le cycle. Il était très attaché à la morale, l’éthique républicain et les titres. Nous avons des textes dans le parti. Et suite à la 1ere convention que j’ai personnellement présidée il y a environ 4 ans, il y a eu des aménagements de textes qui précisent en son article 33 de son règlement intérieur, que l’absence de son Président national entraine automatiquement par ordre de préséance, la prise en main des choses par les Vices Présidents. Alors, la mort du Dr. Adamou Ndam Njoya me mettait dans la posture de celui qui devait conduire le parti jusqu’ à la prochaine convention, qui seule élit le Président national du Parti. Il n y a pas de Président national transitoire. Cela n’existe pas dans nos textes. Soucieux de cette légalité du Parti, j’ai pris la peine de rappeler à l’ordre, une poignée de mes camarades qui se sont réunis à Fouban et qui ont autoproclamé un nouveau bureau, un nouveau Président qui s’avère être la veuve de Adamou Ndam Njdjoya. Face à cela, face à ma conscience et j’ai ma rectitude morale qui est celle qu’incarnait Adamou Ndam Ndjoya et qui ne pouvait pas admettre un tel acte. J’ai donc décidé de quitter le parti pour le remettre dans la légalité. Les autres vices-président aussi vont démissionner.

Merci pour ces clarifications. Dans votre déclaration solennelle, vous dites avoir beaucoup de respect pour la veuve du Dr. Adamou Ndam Ndjoya et vos explications sur votre démission laissent suffisamment entrevoir votre agacement exacerbé par les pratiques de l’actuel Numéro UN du parti. Quel distinguo faites-vous entre la veuve et la Présidente du Parti. Et à qui avez-vous remis votre démission du Parti ?

Ma démission va être adressée aux autorités administratives. Parce que si je dois suivre la hiérarchie du parti, je ne sais pas adresser ma lettre de démission à un poste qui n’existe pas à l’UDC. La Présidente Elu, ou Présidente déléguée, n’existant pas, je suis donc tenu d’adresser ma démission aux autorités administratives.

Vous revenez là sur l’événement du mois d’avril dernier, au cours duquel votre camarade de parti, Mme Patricia Tomaino Ndam Ndjoya a été portée à la tête du parti. Si on comprend très bien votre désaccord ici exprimé sur cette désignation, on vous oppose en retour, l’absence de textes du parti instruisant d’attendre jusqu’ à la fin du mandat du Président national sortant, notamment le Président fondateur Adamou Ndam Ndjoya, décédé en cours de mandat. Vos camarades avancent l’urgence d’un Président avant la convention pour éviter un vide au sommet de l’Etat. Est-ce que vous comprenez cet argument ?

Je dois vous préciser que ceux qui le disent vous brandissent les anciens statuts et règlements intérieurs du Parti. Pour avoir présidé il y a 4 ans la dernière convention de l’UDC, nous avions revu les textes qui stipulent que le parti est dirigé par le Président national et les vices-présidents. En l’absence du Président national, seuls les vices-présidents sont légitimes pour convoquer la convention nationale qui est seule légitime pour élire le Président national. Je peux même préciser que la convention c’est 25 délégués par régions donc 350 personnes qui doivent élire le Président National à la convention. D’où vient-il que 15 personnes appartenant à un seul département, puissent élire le Président national du Parti ? IL faut qu’il y ait un vide juridique pour que cette initiative soit envisageable et recevable. Et un vide juridique surviendrait avec la démission des vices-présidents par exemple. C’est pour cela que je vous ai dit, que pour que ce parti pour lequel j’ai beaucoup donné et qui m’a aussi beaucoup apporté sorte de l’illégalité, je me devrais de le quitter. Et parce qu’il n'y a pas de vide juridique, les aménagements de nos textes lors de la dernière convention, règlent le problème de la vacance du Président national.

On vous a bien écouté Monsieur Sam Mbaka. Mais si vous me le permettez, l’événement ayant porté votre camarade à la tête de l’UDC se déroulait en Avril dernier lors du 29eme anniversaire de votre parti. Nous sommes en Septembre 2020. Cinq mois déjà se sont écoulés. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour manifester votre désaccord avec cette désignation, d’autant plus que vous vous êtes fait représenter à cet événement par votre deuxième vice-président ?

Cette question est la plus intéressante. Elle est fondamentale. Je dois vous dire, qu’après le décès du Prince Ndam Ndjoya, j’étais à Douala et avais pris 40 jours de confinement. Alors que les 40 jours de confinement volontaire sont à terme, je reçois le coup de fil d’un journaliste qui m’informe qu’on a une nouvelle Présidente à l’UDC. Je luis dis ne pas être au courant. En effet, on m’avait caché cette réunion de Foubam. Prétextant là-bas à Fouban que j’étais en train de mourir du COVID à Douala. On a demandé au 3eme vice-Président de venir la-bas. Et séance tenante, on lui a dit que le parti avait décidé de procéder à la désignation du Président national et que le 1er vice-président que je suis s’est excusé pour cause de maladie.
IL a décrié cela et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a aussi décidé de démissionner. J’ai décrié cette situation et ai appelé la veuve de Ndam Ndoya pour le lui dire. J’ai proposé de discuter à propos afin de corriger cette situation. C’est la raison pour laquelle j’ai pris tout ce temps parce que je voulais donner la chance au dialogue.

Vous avez fait l’éloge du Président fondateur de l’UDC, le Dr. Adamou Ndam Ndjoya. Est-ce que vous ne pensez pas qu en enracinant ce parti à Foumbot et Foumban, ’il avait lui-même posé les germes d’un parti qui peinera à s’émanciper de la région du NOUN pour être un parti national?

Ce que je dois vous dire c’est que l’ UDC en tant que parti politique constitué de sociétés est un parti à vocation nationale. Je peux vous dire que moi qui suis du littoral, installé à Douala je pars de l’UDC en laissant un grand conseiller à la commune urbaine de Douala et 3 conseillers à la commune d’arrondissement de Douala 1er. Les gens ne le savent pas. Parce qu’en politique les gens ont pris l’habitude de se mettre en tête. Je ne conduisais pas liste municipale de l’UDC, jetais à la 14eme place. Car j’étais plutôt engagé dans l’élection Législative. Et ne voulais pas être à la fois maire et député. Je suis sorti troisième de ces élections à la grande surprise generale. Une élection que j’aurais pu gagner. Je ne dirai pas ici les raisons pour lesquelles je les ai perdues. Parce qu’il s’est passé quelque chose de particulier qui m’en a empêché. Mais je ne reviendrai pas dessus. Il y a eu des camarades qui ont gagné dans l’extreme-nord et la mairie leur a été arrachée. On ne peut pas dire que la volonté du Dr. Adamou Ndam Ndjoya était de faire de ce parti, un du NOUN. Le véritable problème c’est qu’il a été tellement combattu qu’on la confiné dans le NOUN. Et si on a gagné dans le NOUN ce n’est pas parce qu il n y a pas de tricherie la-bas. Mais parce que les gens y sont tellement bien organisés pour contrôler leur vote et partant leur victoire.

Mais Cyrillle Sam Mbaka, c’est bien au sein de votre parti qu’on parle de Président légué, Présidence héritée. Et pas depuis le RDPC, parti au pouvoir que vous accusez ici entre les mots.

Ce qui se passe c’est qu’il y a eu un peu d’intox au niveau des militants. On leur à faire croire que le sawa venait pour leur arracher le parti au NOUN et le ramener à Douala. Le militant de base, on peut lui raconter n’importe quoi. Les cadres du parti n’ont pas pris sur eux d’engager non plus une quelconque action de réconciliation. Alors face à la veuve de Ndam Ndjoya avec qui je n’ai pas de relation étroites mais plutôt des relations de respect mutuel, elle a adopté les statuts puis communiqué par personne intermédiaires, Il m'est donc difficile de me rapprocher d’elle. C’est pour cela que je prends sur moi de respecter la veuve de Adamou Ndam Ndjoya. Vous ne verrez donc nulle part une discussion où elle et moi on s’entend sur les questions se rapportant au parti. Et pour le cas d’espèce je me demande si elle a posé ces actes de son propre chef ou alors sous la pression de personnes tapies dans l’ombre. Car cet acte sort totalement de la morale et l’éthique instiguer par le Dr. Adamou Ndam Ndjoya dans le parti pendant plus 20 ans.

Le Cameroun connait en ce moment une crise identitaire inquiétante. Les Sawa se sont récemment exprimés pour exiger leurs spécificités et les terres sawa. Avant eux, ce furent les ressortissants de la vallée du Ntem. Trouvez-vous quelques similitudes entre les replis identitaires dont on vient de parler au sujet de votre parti et les revendications identitaires qui enflent dans le pays ?

Tout cela me fait avoir beaucoup de tristesse. Parce que cela me rappelle le Dr Adamou Ndam Ndjoya qui en 1991 avait pris les devants des partis politiques qui l’avaient mandaté lors de la tripartite pour négocier avec le pouvoir de Yaoundé. Toute cette situation est le fait du non-respect par le gouvernement des accords de la tripartite. Les accords de la tripartite constataient l’échec de la centralisation et appelaient à l’instauration de la décentralisation ou le fédéralisme. Quand on parle de la décentralisation on parle de spécificité. Et quand on parle de spécificité, on promeut la diversité. Mais le pouvoir de Yaoundé a déclaré une décentralisation vide de toute sa substance telle que pensée en 1991 lors de la tripartite. Si on avait amorcé concrètement le déploiement de la décentralisation, la crise du Nord et Sud-Ouest n’existerait pas aujourd’hui.

On tend presqu’à la fin de cette émission. On ne saurait vous laisser repartir sans vous demander un commentaire sur les régionales qui se tiendront le 7 décembre prochaine. N’est-ce pas une réponse aux différents problèmes que vous soulignez sur l’absence de mise en place de la décentralisation ? Et que pensez-vous des appels à insurrection lancés par le MRC et le boycott de ces régionales par le SDF?

Je dois vous dire que cela fait 30 ans que je fais la politique. Je l’ai commencé dans l’UDC. Face à ce gouvernement qui a repris les méthodes répressives du colon, n’hésitez pas à franchir chaque petit pas que vous pouvez franchir. Le plus important sera la mutualisation des forces pour les objectifs communs de l’opposition. Parce que ces élections auront bel et bien lieu. Les boycotter n’est pas une solution parce qu’elle n’existe même pas. Ce qui est important c’est de s’organiser. C’est à redire reproduire ce qui s’est passé dans les années 1990-1991 où l’opposition s’est retrouvée autour d’une coordination de l’opposition. Nous savons bien qu’on ne dit rien de nouveau sur notre code électoral mauvais, les procédures de justice. Ce sont tous les camerounais qui souffrent. Mettons-nous ensemble pour revendiquer un meilleur vivre pour tous les camerounais.

On vous annonce au PCRN. Qu’en est-il concrètement ?

Je peux vous dire que l’heure pour moi est à l’appréciation car j’ai été pendant longtemps stressé. Je suis tres exigent en politique et regardant sur les textes. Donc il est difficile pour moi de trouver un parti politique et enlever dans ma tête tout ce que j’ai comme héritage de Adamou Ndam Ndjoya. Je suis pour une mutualisation. Je suis pour que les partis politiques se mettent ensemble. Quitter un parti pour un autre ne me semble pas le plus important. Je peux vous dire qu’avant la fin de l’année vous connaitrez ma position dans le microcosme politique camerounais. Je veux des partenaires. J’adore travailler en partenariat.

Diaf-Tv: Merci des efforts que vous avez consentis pour qu’on arrive à avoir ce direct en Doula et Paris en mode télévision quand on sait les difficultés que vous rencontrez avec la connexion internet au Cameroun. Merci.

Cyrille Sam Mbaka: C’est moi qui vous remercie. Aurevoir.

15sept.
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