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CAMEROUN :: LE CPD SALUE ET APPUIE L’APPEL DE MAURICE KAMTO POUR UNE UNION DES FORCES PROGRESSISTES :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: SOCIETE CAMEROUN :: LE CPD SALUE ET APPUIE L?APPEL DE MAURICE KAMTO POUR UNE UNION DES FORCES PROGRESSISTES :: CAMEROON
  • Correspondance : CPD
  • mercredi 09 septembre 2020 16:28:00
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CAMEROUN :: LE CPD SALUE ET APPUIE L’APPEL DE MAURICE KAMTO POUR UNE UNION DES FORCES PROGRESSISTES :: CAMEROON

Dans sa lettre ouverte du 25 Août à la diaspora camerounaise et intitulée «Situation politique de notre pays et appel à un front commun républicain pour sauver le peuple camerounais du désastre», Mr Maurice Kamto, Président du MRC, a appelé «toutes les forces progressistes de l’intérieur comme de la diaspora, à s’unir pour mettre un terme à la descente de notre pays dans les abîmes».
 
La Cameroon Patriotic Diaspora (CPD) accueille avec un enthousiasme non feint, ces propos du Professeur Maurice Kamto qui s’inscrivent entièrement dans la droite ligne de la démarche et des objectifs poursuivis par le CPD depuis sa création à Paris en Octobre 2017, comme corollaire de notre analyse de la situation nationale. 
De même, le CPD tient à saluer les positions du MRC, du SDF et de la coalition Stand-Up for Cameroon (SUFC), sur les prochaines élections régionales, déclarations qui se trouvent être en parfaite symphonie avec les positions exprimées par le CPD depuis son forum de Bruxelles en Avril 2018: «pas d’élections, sans la fin de la guerre dans le NO-SO;  pas d’élections, sans révision consensuelle du système électoral». Cette convergence de vue du MRC, du SDF et de la coalition SUFC sur le refus des parodies d’élections, ouvre des perspectives intéressantes pour la mise sur pied d’une plateforme d’actions communes et pour la mutualisation des efforts de ces acteurs politiques nationaux. 

 NOTRE ANALYSE DE LA SITUATION NATIONALE  

Le Cameroun est installé dans une crise multidimensionnelle dont les principales déclinaisons sont : 

1.La crise sociale manifestée par la paupérisation généralisée des populations sur l’ensemble du territoire national, accentuée par la prévarication et la prédation de la fortune publique par les gouvernants et leurs réseaux mafieux ;
2.La crise politique et de  légitimité des dirigeants depuis les indépendances: les Camerounais n’ont jamais véritablement eu l’occasion de choisir le cadre institutionnel qu’ils veulent pour le pays et leurs dirigeants politiques.
3.La crise du modèle étatique et de la gouvernance qui a débouché sur la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest faisant plusieurs milliers de morts, de refugies, de déplacés internes sans compter d’innommables atrocités commises aussi bien par les forces de défense et de sécurité que par des groupes armés non-étatiques;
4.L’insécurité généralisée dans le Nord et l’Extrême-Nord où les terroristes de Boko Haram massacrent sans répit les populations civiles et ou la riposte de l’armée contre ces groupes islamistes est teintée d’horribles exactions contre les civils, comme cette macabre exécution de deux femmes et leurs enfants en 2015 relayée par une insoutenable vidéo diffusée en 2018 sur les réseaux sociaux;
5.La fuite des capitaux, conséquence de l’insécurité qui caractérise l’environnement des affaires, et un assèchement drastique des finances publiques occasionné par l’accroissement des dépenses militaires et les détournements de deniers publics par les pontes du régime et les membres de leurs clans ;
6.La confiscation systématique des libertés publiques, à travers des arrestations, des tortures, des emprisonnements, des interdictions de réunions et de manifestations des forces de l’opposition ;

C’est dans ce contexte de délabrement social que le régime dictatorial vient de convoquer le corps électoral pour des élections régionales alors qu’il est de toute évidence que cette consultation n’apportera aucune solution aux différents maux qui minent notre société. Pour le CPD, c’est donc une élection nulle et de nul effet qui doit être boycottée sans ménagement.

Cette situation de crise multiple exige une mobilisation générale du peuple camerounais, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest  pour mettre fin à ce régime néocolonial corrompu propagateur de misère, qui nous est imposé depuis l’indépendance. 
  
Largement impopulaire dans le pays du fait de la misère généralisée dans laquelle il a plongé le pays, le régime néocolonial Ahidjo-Biya ne réussit à s’accrocher au pouvoir que parce que les forces démocratiques se réclamant du changement sont divisées, atomisées, agissent isolément, sans synergies  d’actions et sans stratégies communes entre elles; ce qui rend peu efficaces les luttes pour la démocratie, la transition politique, l’indépendance réelle du Cameroun et la refondation nationale.

UN FRONT DES FORCES DEMOCRATIQUES EST NECESSAIRE POUR VAINCRE ENSEMBLE

L’expérience de pays africains, nous montre que partout où des dictatures aussi féroces que celle du Cameroun ont été vaincues, deux facteurs essentiels l’ont rendu possible: une coalition des forces du changement qui a insufflé l’organisation et la mobilisation des masses populaires autour d’objectifs communs précis. Le Cameroun ne saurait faire exception !

Le CPD est convaincu qu’aujourd’hui aucune force politique ne pourra vaincre toute seule ce régime néocolonial dictatorial vieux de 60 ans. Tous les partis politiques d’opposition et toutes les organisations de la société civile peuvent le constater aujourd’hui. Vouloir persévérer dans des initiatives individuelles, donne certes l’impression du mouvement, mais son impact sur la cible reste très limité.

C’est pourquoi le 3ème Forum du CPD, tenu à Munich en Allemagne du 26 au 28 Juillet 2019, avait appelé toutes les forces démocratiques et du changement (Opposition, syndicats, organisations de masse) à sortir  des logiques solitaires et individualistes pour constituer un front de lutte sur des objectifs communs. Pour le CPD, ce front commun est le moyen le plus efficace pour faire face aux enjeux du moment: l’inéluctable transition politique qui va bientôt et incontestablement s’ouvrir dans notre pays.  Joignant l’acte à la parole, le Directoire du CPD avait tenu à inviter à ce 3e Forum, divers acteurs politiques et de la société civile, de diverses obédiences, venant du Cameroun et de la diaspora afin de discuter sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour arriver à une convergence des forces du changement autour d’objectifs minimums communs. Ce Forum de Munich avait enregistré la participation de Me Alice NKOM du Front Citoyen, Mme Edith Kah WALLA, Présidente du CPP et de la Coalition Stand Up for Cameroon (SUFC), Maître Emmanuel SIMH, 3ième Vice-Président du MRC. Albert Moutoudou, Président de l’UPC-MANIDEM se fit représenté. Mamadou MOTA, 1er Vice-président du MRC initialement invité fut arrêté et emprisonné le 1er Juin 2019. Les représentants du SDF, notamment son Secrétaire en charge de la communication, ne put faire le déplacement pour des difficultés de visa.

Depuis le Forum de Munich, le CPD n’a cessé de multiplier des initiatives fédératrices sur le terrain au Cameroun. Le CPD a mené un ensemble de concertations exploratoires en prélude à des pourparlers en vue de la création d’un front commun d’actions regroupant toutes les forces du changement et la société civile. C’est ainsi qu’en décembre 2019, le Coordonnateur du CPD  a rencontré Ni John FRU NDI, Président du SDF, Edith KAH WALLA Présidente du CPP, Christian Cardinal TUMI, Me Emmanuel SIMH du MRC,  et bien d’autres acteurs sociaux et politiques. Une rencontre envisagée avec le Président du MRC n’a pas pu avoir lieu, pour des raisons de calendrier.

POSSIBLES POINTS DE CONVERGENCE

A ce jour, les forces démocratiques sont dispersées dans au moins 4 fronts ou évoluent en forces solitaires: Stand Up for Cameroon (SUFC), L’Alliance Patriotique, le Front Citoyen, le MRC et ses alliés. Le SDF, le PCRN et l’UDC évoluent en électrons libres, mais apporteraient indubitablement, une contribution importante dans le cadre d’un front.

Un Front des Forces démocratiques pourrait se faire autour de l’une ou de toutes les thématiques ci-dessous pour lesquelles l’ensemble des forces politiques se déclarant de l’opposition et même des cadres du parti au pouvoir, tout comme les organisations de la société civile, semblent être d’accord :
●La tenue d’un vrai Dialogue National Inclusif sous supervision internationale, pour trouver des solutions consensuelles et durables à la crise du NO-SO, avant toute nouvelle élection. Cela passe par la libération de toutes les personnes emprisonnées dans le cadre de la “crise anglophone”.
● La mise en place d’un système électoral consensuel et crédible (scrutin à deux tours, institutionnalisation d’une véritable Commission Électorale Nationale Indépendante- CENI, vote à 18 ans, bulletin unique,  justice électorale indépendante, etc…) avant toute nouvelle élection;
●Les questions des droits humains et la lutte contre l’impunité : Les massacres dans le NO-SO (tueries de Ngarbuh, assassinat du journaliste Wazizi), exécution sommaire des femmes et de leurs bébés dans le Nord, violation des droits démocratiques, libération des prisonniers politiques, atteinte aux droits démocratiques et sociaux, liberté de réunions et de manifestations…
●La lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (Article 66 de la constitution sur la déclaration des biens des gestionnaires de la fortune publique, etc.)

COMMENT PROCEDER ?

L’appel de Mr Kamto en faveur d’un front des forces progressistes  de même que son positionnement par rapport aux élections rencontrent totalement la ligne politique actuelle du CPD.  

Conscient des difficultés relationnelles et politiques entre certaines forces sociopolitiques nationale, le Directoire du CPD prendra langue dans les tous prochains jours - à travers ses émissaires - avec les différentes forces politiques et de la société civile qui luttent pour la démocratie dans notre pays pour faciliter des pourparlers et des rencontres  auprès des forces politiques en vue de la constitution d’un front des forces démocratiques autour de tous ou de certains points cruciaux énumérés ci-dessus. La mission des émissaires est d'accompagner et d’appuyer toutes les forces vives à commencer par les principaux partis politiques, dans la recherche et le renforcement des points de convergence susceptibles d'aboutir à une mutualisation des initiatives visant la transition politique, la libération du Cameroun des mains de ce régime de gouvernance tyrannique et prédatrice, ainsi que  la reconstruction du pays.
De même, le CPD  s’engage à travailler pour la mise sur pied d’un cadre de concertation et d’action des forces patriotiques de la diaspora camerounaise pour coordonner les initiatives en vue du départ rapide du régime dictatorial sanguinaire du pouvoir.

Fait à Munich ce 07 septembre 2020
Le Directoire du CPD

09sept.
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