Massacres au NOSO : Jean-Michel Nintcheu, Les indignations et compassions ne suffiront pas
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L'assassinat d'une compatriote par décapitation dans la ville de Muyuka fait le tour des médias sociaux ces derniers temps. Les images sont terrifiantes. Cette exécution innommable est à condamner sans réserve avec la dernière énergie. Rien, absolument rien ne justifie une telle cruauté.

Cette nouvelle exécution montre que cette guerre du NoSo - qu'on aurait du reste pu éviter - vient de franchir un nouveau cap puisque les bourreaux ont opéré à visage découvert. Des enquêtes sérieuses et impartiales doivent être mises en branle pour débusquer tous les auteurs et véritables commanditaires de ce crime odieux.

Au-delà de l'émotion humaine déclenchée par cette barbarie insoutenable dans la conscience collective, il y a lieu de se rendre à l'évidence que toutes les indignations et compassions collectives ainsi que tous les débats périphériques autour de ce drame, ne suffiront pas à résoudre le problème de fond qui est le retour à la paix dans nos deux régions du nord-ouest et du sud-ouest.

Dès le déclenchement de cette crise, les actes d'horreur venant d'acteurs divers et des bandits de grand chemin nauséeux étaient prévisibles du fait que d'aucuns appelaient déjà à la sécession. Le régime de Yaoundé ne l'a pas compris alors que les germes d'atrocités se profilaient déjà à l'horizon. Et c'est dommage. Les pertes en vies humaines ainsi que les dégâts collatéraux sont incommensurables.

Le régime de Yaoundé doit définitivement comprendre que le retour au calme ne se décrète pas. Au stade actuel de la crise, le retour à la paix doit être un construit sincère. Il s'agit en réalité d'une crise politique à laquelle il faut des solutions politiques.

Seul le règlement définitif du contentieux historique et le retour au fédéralisme - qu'on pourrait éventuellement étendre aux autres régions du pays sur la base des contours actuels - permettront un règlement pacifique, irréversible et définitif de ce conflit. Toutes les émotions enregistrées jusqu'ici n'auront aucun effet sur cette crise tant que ce contentieux historique n'est pas réglé.

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