Contre Berlin et Bangui : Le Cameroun sort et rentre ses griffes
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Contre Berlin et Bangui : Le Cameroun sort et rentre ses griffes :: CAMEROON

Suite à des incidents survenus récemment dans les capitales allemande et centrafricaine et portés à l’attention des autorités locales, Lejeune Mbella Mbella, ministre camerounais des Relations extérieures (Minrex), a dit la colère du gouvernement tout en jouant les pacificateurs.

«Ignobles», «inacceptables», «sauvages», «irresponsables». Au Minrex, les adjectifs dépréciatifs pleuvent pour qualifier ce qui s’est passé le 4 mai 2020 à l’ambassade du Cameroun à Berlin. Autour de ce qui est survenu à Bangui (RCA) le 26 avril 2020, le même champ lexical est de mise à Yaoundé. Pour le gouvernement camerounais, il est clair que de telles incivilités perpétrées par certains activistes politiques sont pour le moins écœurantes. Pour le premier cas, les autorités camerounaises affichent leur indignation face à ce qu’elles appellent «manquements sécuritaires autour de l’ambassade du Cameroun en Allemagne». À son voisin centrafricain, le Cameroun reproche «la sortie médiatique du ministre centrafricain de la Santé publique, pointant clairement des Camerounais comme propagateurs du Covid-19 en RCA».

Alors, on n’arrête pas d’alerter. Selon nos sources au Minrex, c’est tout le sens des audiences accordées respectivement à Mme Bennemann (chargée d’affaires de l’ambassade d’Allemagne au Cameroun) et à Jean-Baptiste Zinai (chargé d’affaires de l’ambassade de RCA à Yaoundé) par Lejeune Mbella Mbella le 6 mai 2020. À l’Allemande et au Centrafricain, le Minrex a rappelé «l’affront de trop», rapportent nos sources.

Le chef de la diplomatie camerounaise est, apprend-on, monté au créneau pour, d’une part reprocher aux visiteurs leur torpeur en matière de sécurisation du périmètre diplomatique camerounais dans la capitale allemande, et d’autre part relever des exagérations narratives du membre du gouvernement centrafricain.

Côté allemand, l’on a fait preuve d’humilité en reconnaissant les manquements sécuritaires. Mme Bennemann a indiqué que des améliorations seront apportées au dispositif en faction devant la chancellerie camerounaise à Berlin. Jean-Baptiste Zinai a promis «des prises de paroles proportionnées à la situation».

En mars 2008, des activistes avaient pris à partie l’ambassade du Cameroun en Allemagne, pour «exprimer leur indignation face aux massacres commis dans leur pays par les forces de l’ordre contre les populations civiles, mais aussi pour dire non à toute modification de l’article 6.2 de la Constitution».

Ils avaient répondu à l’appel lancé par l’organisation DNK (Demokratisches Netzwerk Kameroun). Cette année, sous la bannière de la BAS (Brigade anti-sardinards), des inconnus ont saccagé la même ambassade.

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