Paris a-t-il vomi le MRC ?
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C’est la lancinante question que se posent aujourd’hui plusieurs observateurs, à la suite des tirs groupés du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le Pr. Maurice Kamto et ses partisans sur la personne de Christophe Guilhou, ambassadeur de France au Cameroun.

Ce qui est aujourd’hui évident, c’est que le président du MRC, le Pr. Maurice Kamto, s’est mis à dos ses réseaux français. Des sources très introduites au sein du Quai d’Orsay indiquent l’agacement de jeunes diplomates qui commençaient à placer beaucoup d’espoirs en Maurice Kamto, le leader du MRC. Et pour qui ils avaient pris fait et cause pour sa libération. Ils ne s’imaginaient pas qu’une fois sorti de ses ennuis judiciaires et après sa tournée européenne qui l’a successivement conduit en France, aux Etats-Unis, au Canada, ce dernier allait complètement se radicaliser et se mettre à dos la plupart des cadres de sa formation politique.

Lesdits cadres à en croire nos sources généralement très bien informées, se sont sentis marginalisés du programme et des activités du MRC lors de cette tournée européenne. Me Emmanuel Simh, Christian Penda Ekoka, Me Michelle Ndocki, sa majesté Paul Marie Biloa Effa et autres Engelbert Lebon Datchoua, Célestin Njamen, Doh Christopher, Roger Justin Noah pour ne citer que ceux-là, avaient fini par comprendre que le C MRC est une affaire de 3 individus à savoir : Maurice Kamto, son frère Henri Njocko, responsable Europe du MRC et le trésorier Alain Fogué.

C’est en effet ce trio, indiquent nos sources, qui aurait géré en toute opacité les différents dons, les quêtes et les retombées financières mirobolantes issues de la vente des gadgets du parti. Selon nos mêmes sources, plusieurs cadres du parti se sont aussi rendus compte qu’ils avaient sciemment été mis à l’écart lors des réunions stratégiques organisées par le président du MRC avec ses bras armés de la Brigade antisardinards (Bas), dans un hôtel à Montparnasse et ce, en l’absence des autres membres du parti ayant pourtant effectué le périple européen avec lui.

Pour mieux donc comprendre ce désamour exprimé aujourd’hui entre le MRC et ses réseaux du Quai d’Orsay, l’on apprend que dès son retour au Cameroun, après de nombreuses tentatives infructueuses (pour des questions de calendrier) de rencontrer Christophe Guilhou, le Pr. Maurice Kamto va plutôt choisir de se lancer dans une violente diatribe contre le diplomate français qu’il traite de proconsul de la
France au Cameroun.

Le tout sera couronné par la suite (et nous l’indiquions dans notre dernière édition) par cette correspondance adressée au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

LOBBYING

Bien avant cela, nos observateurs évoquent cette audience accordée par le président Paul Biya au chef de la mission diplomatique française au Cameroun et qui avait fait sortir Maurice Kamto et ses partisans de leurs gonds. Ce, aussi bien au Cameroun qu’en Europe. Une audience qui a démenti la folle rumeur sur le supposé décès du chef de l’Etat camerounais. Nos mêmes sources se souviennent encore qu’après cette sortie inattendue du président Paul Biya, l’ire des partisans du Pr. Maurice Kamto va se manifester à travers plusieurs actions violentes dirigées contre Christophe Guilhou.

Notamment des pétitions demandant carrément son départ du Cameroun, des menaces d’attaques physiques et d’atteinte à sa vie familiale qui vont ainsi être relayées sur les réseaux sociaux. A en croire nos sources, c’est dans ce contexte que le Pr. Maurice Kamto fait alors une injonction à l’ambassadeur de France au Cameroun afin qu’il soit reçu par celui-ci. Tout ceci, à travers des manœuvres souterraines ourdies par le député français Sébastien Nadot, chargé de faire le lobbying pour le compte du MRC à la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale française.

Pour cela, indiquent nos mêmes sources, Sébastien Nadot va publiquement exiger le rappel de l’ambassadeur de France au Cameroun qui a commis le péché ne pas recevoir son protégé Maurice Kamto. A l’issue de toute cette agitation dirigée contre la France à travers son ambassadeur au Cameroun, d’autres faits sont venus noircir les rapports entre le MRC et ses réseaux implantés au sein du Quai d’Orsay. Selon nos sources parisiennes en effet, le Quai d’Orsay est remonté contre le MRC dans sa volonté affirmée de conquérir le pouvoir non par les urnes, mais plutôt à travers une insurrection populaire et/ou armée. Et ce, contrairement aux déclarations antérieures du Pr. Maurice Kamto qui, il y a quelques temps, jurait la main sur le cœur de vouloir prendre le pouvoir par les urnes. Le Quai d’Orsay n’approuverait pas non plus toutes les incohérences du leader du MRC.

Il s’agit notamment de son refus unilatéral de prendre part aux dernières élections législatives et municipales du 9 février 2020, de sa posture quasi-conflictuelle avec le pouvoir en place qui se traduit par son refus de se conformer à la légalité comme on l’a observé avec l’affaire des dons pour combattre le Covid-19. Par ailleurs, indiquent encore nos sources, les comportements d’une certaine diaspora camerounaise liée au président du MRC, notamment la Bas, a fini par agacer tous ses soutiens au sein du Quai d’Orsay où l’on est convaincu aujourd’hui que le MRC s’apparente davantage à un groupe terroriste ethno fasciste qu’à une formation politique.

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