Palais de l'unité : Paul Biya en mode 24 heures Chrono
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Mis à l'épreuve par un tireur de pénalty teigneux qui menace de saisir le Pan, pour constatation d'une éventuelle vacance à la magistrature suprême, le gardien des buts opère deux arrêts : la signature de deux décrets et l'ouverture de son palais à Christophe Guillou, l'ambassadeur de la France au Cameroun.

Le Président de la République Paul Biya a la réputation séculaire de ne jamais céder à la pression. D'où qu’elle vienne. Les silences sont un mode de gouvernance, un paradigme de gestion des affaires d'État mêmes les plus sensibles. Mais à cause de la crise sanitaire du Covid-19 qui sévit depuis quelques temps, le chef d'État commence à se faire vieux, à perdre l'usage de son sang-froid. Le « Messie » du 06 novembre n'a plus les mêmes forces, la même jeunesse, la même perception de l'actualité. En conséquence, ce n'est plus le mutisme habituel. Même s'il reste « avare », ne prend pratiquement pas la parole quand on l'attend le plus, il se ressent que dans la profondeur de sa timidité et sa nonchalance, le président de la République Paul Biya commence à être vexé, à perdre patience.

Habitué à laisser entrevoir que la gesticulation n'est pas signe de vitalité, Paul Biya a désormais les nerfs à fleur de peau ; même comme en bon rusé, maître du jeu, il se montre difficilement vulnérable. Titiller et vexer jusqu'au frontières outrancières de l'indignation et du refus de l'intolérable, Paul Biya ressent de plus en plus la pression et le poids des attaques. Sans définitivement sortir de sa tactique légendaire ancrée sur le pourrissement, la méprise et l'indifférence, il lui arrive désormais de s'exercer à bouger ; à signer des actes et des textes ; pour apporter un cinglant démenti à ceux qui font tôt de l'enterrer vivant.

Sur le front de lutte

Doit-on penser que : l'avalanche des piques, les tacles tranchants, les actes d'antijeu, les frappes lourdes, conventionnelles ou non, la fréquence des sorties médiatiques régulières de Maurice Kamto, y seraient en mesure de perturber le président Paul Biya ? Le leader du MRC, est-il en train de réussir à pêcher dans les eaux troubles du président Paul Biya ? Maurice Kamto a-t-il trouvé la stratégie fonctionnelle à même de secouer les nerfs du vieux briscard et vétéran de président de la République ? Le leader du MRC a-t-il trouvé la technique pour châtier l'égo présidentiel au point de lui faire perdre patience ? L'ultimatum, la création d'un appel de fonds de solidarité parallèle, la menace de saisir le président de l'assemblée nationale. . . Toutes ces secousses du MRC ont-elles mis la pression sur Paul Biya ? Prenant tout le monde au dépourvu, Paul Biya a fait de la « Remontada ».

Le 15 avril dernier, le président de la République a envoyé des messages à ceux qui ont demandé au président Djibril Cavaye Yegué, d'ouvrir la vacance de la magistrature suprême. Paul Biya, se montre très actif. Deux importants décrets : l'un sur la commutation des remises de peines en milieu carcéral ; l'autre sur la nomination remplacement au conseil constitutionnel du professeur Joseph Owona, en remplacement de Foumane Akam, décédé.

Tête à tête avec l'ambassadeur de France

Paul Biya a ouvert hier, son salon en recevant au Palais de l'unité, l'ambassadeur de France au Cameroun. Puis il a pris trois importantes mesures dont : la plus attendue, l'éventuel retour des scolaire et étudiants le 1er juin. Pour une certaine opinion, c'est une réponse à ceux qui demandent de constater la vacance d'un président de la République, alors qu'il exerce encore le pouvoir. « Le président de la République Paul Biya est bel et bien au travail. Le pouvoir n'est pas vacant », martèle un thuriféraire du régime du Renouveau.

Certaines langues, affirment que le président Paul Biya qui sort rarement de son mutisme et de ses émotions, est appelé à tenir solidement les cordes du sérail. « La force du Tireur de pénalty est d'obliger le gardien de But à bouger. En recevant l'ambassadeur de la France au Cameroun, Paul Biya fait une belle parade de gardien de buts, mais rien n'est jouer », lance une voix mélancolique.

Ceux qui mènent une sorte d'adversité calculée et font volte-face contre Paul Biya, ont-ils la totale maîtrise de la férocité et la somme des stratégies du président de la République Paul Biya ? Le minimum lorsqu'on combat quelqu'un et qu'on espère le vaincre, c'est de le connaître. Paul Biya est un adversaire coriace. Rappel de mémoire. Nous sommes le sept novembre 2010, dans le palais présidentiel de Carthage, inondé de monde, à Tunis, la capitale de la Tunisie. Les festivités marquants la célébration des 23 années de magistrature suprême du président Zine El Abidine Ben Ali...

Sont radieuses. A la sortie du palais, un érudit de la diplomatie tunisienne ayant exercé pendant plus d'une décennie au Cameroun, après s'être rendu compte que nous étions des camerounais, s'approche, demande les nouvelles du président Paul Biya et confie. « Paul Biya n'est jamais aussi fort que quand on le croit faible. Paul Biya n'est jamais aussi présent et proche de son pouvoir que lorsqu'on le croit absent ».

Dix années sont écoulées depuis la chute et la disgrâce du dictateur déchu de la Tunisie. Le Président de la République Paul Biya est toujours en poste. Pour l'oublier ou tenter d'explorer les signes de faiblesse de Paul Biya, il faut être amnésique ou désincarné. Spécialiste de la jonglerie politique, de l'art du camouflage, Paul Biya aime bien faire semblant. Un sacré veinard. Ce « Nnom-Ngui » 

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