Désapprendre les Pratiques d'Élucubration à Yaoundé
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Sera-t-elle l'erreur fatale? L'instrumentation contre la France d'une jeunesse clochardisée par un dictateur

Comme il fallait s'y attendre après les déclarations du président Macron sur les violations des droits de l'Homme au Cameroun, les manœuvres d'instrumentalisation des Camerounais contre la France se multiplient. En effet depuis lundi matin des jeunes désœuvrés et manipulés manifestent devant l'ambassade de France à Yaoundé, dans un pays où la moindre manifestation est sauvagement réprimée.

C'est cela une dictature féroce. L'État, ses institutions et toutes les libertés sont littéralement privatisés dans un seul but: maintenir le pouvoir en place. Aussi, ce type de protestation massive contre la France ne peut pas avoir lieu sans la grosse artillerie de la tyrannie en place.

Pourtant les Camerounais ordinaires souffrent depuis plus de 4 décennies d'un régime de plus en plus totalitaire. Le CL2P a noté la fusion d'un désir croisé pour le régime de Yaoundé de corriger unilatéralement les torts perçus (à l’extérieur notamment) et d'une militarisation de son ethno fascisme (à l’intérieur), accélérés par les nouvelles formes de médias. Des groupes d’intérêts croisés dominent ainsi l’agenda politique du pays pour une raison essentiellement de survie, alors que la société devient de plus en plus tribale - et, comme le démontre le CL2P, les pertes en tous genres se multiplient, menaçant les gains réels obtenus à l’issue d’une indépendance inachevée puis d’une politique multipartite pour laquelle de nombreux Camerounais patriotes sont morts.

En effet, la fin d'un satrape signifie également la fin du « Mandat du Ciel », notamment lorsque le Seigneur et Maître de la Françafrique à Paris retire ce mandat du Ciel.

Sur le plan pratique cela signifie que le satrape pourrait ne plus bénéficier du soutien voulu indéfectible de Paris et, par conséquent, il ne serait plus légitime de donner au peuple l'ordre, la sécurité, la stabilité puis la paix parce qu'il aura perdu la faveur divine et le droit d'accompagnement à l'obéissance. Cette perte de garanties d'ordre social signale le retrait du Mandat du Ciel, ce qui en fait, parfois, une prophétie auto-réalisatrice. C'est important, parce que le mandat du ciel de Paris sert surtout de fonction de légitimation du pouvoir en Françafrique. Ne plus être en odeur de sainteté à Paris est compris comme un baiser de la mort.

Abondant dans le même sens, l’érudite américaine et spécialiste de la non-violence, Judith Butler, soutient que notre égalité humaine impliquerait de traiter toutes les vies comme des vies que nous pouvons pleurer. Par conséquent, les processus de deuil en tant que forme communautaire de reconnaissance sociale, de liens de parenté et de soins, puis la reconnaissance que toutes les vies comptent et se valent.

Cela ne signifie pas que chacun de nous doit pleurer la mort de quiconque dans le monde, aussi éloigné soit-il. Mais nous devons considérer ces vies comme dignes de protection, car quelque chose d'incalculable serait perdu si une seule de ces vies était perdue. Il n'y a aucune défense morale pour considérer uniquement ceux qui font partie de notre cercle intime comme dignes de vivre. Si nous faisons ainsi, ça veut dire que nous construisons la société de manière à ne protéger que nos proches et en considérant les autres comme purement superflus, et donc, nécessairement au-delà de notre cercle de préoccupation ou d’intérêt.

Ceci est un cadre linguistique pour nous permettre de mesurer la gravité de la banalisation des concepts comme “menace existentielle” et «dommage collatéral» dans le langage courants des décideurs politiques; ces concepts qui considèrent certaines pertes comme acceptables et bâtissent donc un sens de soi par expulsion de l’autre. Butler poursuit en soulignant qu'en plus de cette reconnaissance de la nature totale de notre interconnexion, de l'universalité de notre véritable cercle de préoccupation, elle veut que nous reconnaissions que dans toute circonscription de soi, il y a conflit, il y a pluralité d'entités unies par un lien chargé, ambivalent, qui a le potentiel d'exploser en violence, et le choix de la non-violence n'a de sens qu'à la lumière de cette tentation omniprésente de la violence. Cela devrait être suffisamment clair dans le cas des familles et des voisins, où la proximité peut entraîner des affrontements, mais cela est également vrai même dans la peau d'un individu.

C’est pour ces raisons qu’Il faut enfin avoir le courage de tenir un langage de vérité au régime de Yaoundé, comme l’a publiquement fait le président Emmanuel Macron au salon de l’agriculture à Paris le 22 février 2020, et surtout de se désolidariser de ses crimes de guerre, contre l'humanité et depuis peu de génocide perpétrés par son armée, précisément en se prévalant du soutien indéfectible de la France au sein du Conseil de sécurité de l'ONU.

Alors vivement une enquête internationale indépendante, puis les poursuites devant la Cour Pénale Internationale (CPI)!

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P

http://www.cl2p.org 

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