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Cameroun: ESSELEM EBOLO "Sachons que le Sida est présent avec nous alors, méfions nous de lui " :: CAMEROON
 
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  • Camer.be : Propos recueillis par Hugues SEUMO
  • lundi 11 février 2019 06:09:00
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Cameroun: ESSELEM EBOLO "Sachons que le Sida est présent avec nous alors, méfions nous de lui " :: CAMEROON

Il s’appelle ESSELEM EBOLO Hervé jeune camerounais, président fondateur du COSJLIGSA, le comité d’organisation des jeunes pour la lutte contre le sida les MST, les grossesses indésirées, la vulgarisation du dialogue familial et le social en Afrique. Son association est active au Cameroun depuis le mois d’octobre 2006. Travaillant beaucoup plus sur les IST Sida en milieu jeune, nous avons profité de la semaine de la jeunesse pour lui tendre notre micro. Dans cet entretien accordé à Camer.be, il invite les jeunes à plus de responsabilité vis-à-vis de leur comportement sexuel.

Bonjour Monsieur M.ESSELEM EBOLO Herve. Pouvez-vous vous présenter à l'intention de nos lecteurs ?

Bonjour également à vous et à toute votre équipe. Merci de m’accorder cette opportunité, Je suis M.ESSELEM EBOLO HERVE. Jeune camerounais informaticien de formation, président fondateur du COSJLIGSA qui est le comité d’organisation des jeunes pour la lute contre le SIDA, les MST, les grossesses in désirées, la vulgarisation du dialogue familial et le social en Afrique. Ce comité qui prend implantation dans toutes les régions du Cameroun et des représentants aux USA, France, Suisse, Belgique, Italie a pour ambition de couvrir la zone CEMAC et l’Afrique toute entière.

Votre association s'appelle comme vous le dites si bien Comité d’organisation des jeunes pour la lutte contre le SIDA. Est-ce à dire que vous n'êtes actif qu'au niveau des jeunes ?

(Rires...). Le Cosjligsa n’est pas une association qui s’occupe simplement des jeunes. Nous sommes sensibles envers toutes les couches sociales .C’est pour cela que nous organisons des rencontres les week-ends dans les domiciles privés avec des parents pour discuter avec eux des sujets sur le sida, les relations sexuelles, le dialogue d’intimité entre parent et jeune etc. Mais, c’est aussi vrai que nous sommes impliqués dans le secteur de la jeunesse scolaire et non scolaire, car nous remarquons qu’au Cameroun et dans certains pays voisins, le constat qui est fait par nous et plusieurs autres observateurs de la vie sociale africaine est que, les MST, les grossesses indésirées et le dialogue familial absents au sein des familles contribuent beaucoup à la propagation des maladies tels le sida, les Mst. Les jeunes ne disposent pas de centre de rencontre de discussion avec les entités spécialisées pour les orienter. Le constat est très visible dans les petits coins de village où les Ist-Sida ont un taux de prévalence très élevés.

Vous avez participé récemment aux activités organisées par le Comité National contre les Ist Sida dans le cadre de la journée internationale du Sida. En êtes-vous sorti satisfait?

Nous sommes sortis de cette activité avertis du nombre élevé des malades du Sida au Cameroun dont les chiffres oscillent autour de 543.000 personnes infectées bien que la pourcentage de propagation est réduit par rapport aux années précédentes. Mais nous ne sommes pas satisfaits de la politique de prévention et de sensibilisation nationale qui pour nous jeunes, est plus concentré sur les personnes majeures. Le rapport national 2009 sur le sida du Comité national contre les Mst-Sida révèle que la couche la plus touchée est constituée des jeunes et surtout les jeunes filles âgées de 19 à 24ans. Toujours selon le même rapport, la région la plus touchée est celle du Centre avec plus de 111287 personnes infectées .Nous avons également fait ce constat lors de nos enquêtes sur le terrain. Il faut néanmoins souligner qu'il existe des ONG et certaines associations comme le CERAC, le Cordon Universitaire, le Cejes etc. qui font beaucoup d’effort pour lutter contre cette pandémie. Nous avons aussi remarqué pour revenir sur votre question qu'à la fin de ces rencontres de décembre dernier, que les fonds alloués au CNLS et certaines associations ont parfois été détournées à des fins personnels et que des sanctions étaient prises à l’encontre des personnes interpelées.

Quand nous vous écoutons, il semble que vous n'êtes pas du tout satisfait des activités relatives à cette journée internationale de la lutte contre le sida. Concrètement, qu’attendez-vous d’une telle journée?

Nous attendons d’une telle journée des résultats de recherche appropriés pour trouver des solutions face à l'avancée de cette pandémie du Sida. Des accords de partenariat actifs et participatifs devraient être rentables à la population et aux différentes entités associatives pour pouvoir faire des échanges consolidables et fructueux.

Pour une association comme la vôtre, est-ce qu’une activité de sensibilisation des jeunes vis-à-vis du Sida vous permet aussi de prendre des contacts avec des organisations qui font dans la lutte et la prévention des Ist Sida ?

Effectivement, nous prenons énormément des contacts et des rendez-vous avec des organisations et Ongs nationales et internationales lors de nos sorties. D'où, je profite de cette occasion que vous m'offrez pour tirer un coup de chapeau à nos contacts externes représentés par nos coordonnateurs étrangers de la diaspora et son vice président aux USA M. NDUEYAP MARC.

Vous qui vivez et travaillez au Cameroun. Quel regard portez-vous sur la prévention contre les Vih-Sida dans notre pays ?

La prévention contre le VIH/SIDA au Cameroun est à encourager et à orienter vers plus de tacts nécessaires à l'évincement de la pandémie du Sida. Je parlerai ici en tant que jeune et personne avertie sur ce problème de prévention. Les slogans publicitaires qui sont lancés dans les chaines de radio et télé et rue au pays deviennent parfois les chants de jeux des petits enfants dans leur distraction. Certes, il est bien vrai que plusieurs d'entre eux prennent cela au sérieux mais, il existe encore une majorité absolue des jeunes et des personnes sexuellement active qui n’utilisent pas les moyens de protection pour éviter la maladie. Et cela représente pour nous une situation très grave. Au niveau scolaire, dans les lycées et collèges, lorsqu’on parle par exemple du port de préservatifs aux jeunes, ils écoutent le message avec des réserves. Selon nos constats, des jeunes filles sont harcelées sexuellement par leurs professeurs et les jeunes à la recherche des notes faciles tombent sous le coup de la violation des règles des messages de sensibilisations émis à leurs égards. L'on constate aussi la récurrence des actes de pédophilie, de l’homosexualité dans les lycées et universités. Ces manquements constituent pour nous des actes nuisibles à la prévention contre cette pandémie du sida. Le secteur qui m’inquiète le plus est celui de la communauté islamique où le dialogue est totalement absent et le port du préservatif est pour certains un péché. En conclusion, les sentiers de la sensibilisation et l’information sur les Mst-Sida au Cameroun restent à construire.

Au Cameroun, les antirétroviraux sont gratuits. Mais, les malades du sida ont du mal à s'en procurer. Qu'est ce qui selon vous explique cette situation ?

En général ce problème est une situation qui gène toutes les associations. L'on espère simplement que le gouvernement camerounais prendra cette situation au sérieux pour trouver une solution appropriée. Je pense pour ma part que ce problème trouve dans sa source dans le fait que l’Etat a dû confier la gestion financières de la subvention gratuite des antirétroviraux à des individus qui n’ont pas eu du respect à l’encontre des personnes porteuses du SIDA. L'on espère simplement que la nouvelle équipe en place prendra des précautions idoines pour éviter qu'on assiste à la pénurie des antirétroviraux dans nos centres hospitaliers.

Que doit faire une personne atteinte de VIH si elle veut vivre longtemps avec sa maladie puisque c'est clair que cela ne se soigne pas encore?

Bien que certaines langues affirment qu'elles soignent le VIH/Sida, pour ma part, je tiens à souligner que jusqu'à nos jours, nous n’avons aucune déclaration officielle nationale ou internationale qui affirme que le vaccin contre le Sida est déjà disponible. Nous suggérons toujours aux personnes infectées par le Sida de prendre régulièrement les médicaments prescrits par les médecins, d’avoir un bon régime alimentaire surtout plus vitaminée, d’éviter des rapports non protégés vue leur statut sérologique

Avez-vous au niveau de votre association pensé à des séances de councelling vis-à-vis des personnes affectées ou infectées par le Sida?

Le COSJLIGSA a pensé à cela mais ces séances seront plus présentes dans nos comités de soutien au club santé qui seront installés dans les établissements scolaires où des jeunes pourront avoir des boites à lettres dans leur couloir où ils pourront poser tous les problèmes qu'ils rencontrent, ceci dans l’anonymat. Un service de personnes membres du conseil social, éducatif, psychologique et scientifique sera constitué pour répondre à temps réel aux problèmes posés par la jeunesse.

Un dernier mot à l'intention de nos lecteurs ?

Je remercie Camer.be pour tout et également tous ceux qui nous écoutent et continuent à nous aider dans le cadre de nos activités. Ce n'est pas facile mais, nous travaillons vaille que vaille pour constituer une riposte à cette pandémie du Sida et les infections sexuellement transmissibles. Nous invitons la diaspora camerounaise et africaine à nous rejoindre dans nos projets pour barrer la route au sida dans notre pays et le continent. Sachons que le sida est présent avec nous alors, méfions nous de lui. Protégeons nous, abstenons nous, soyons dans la fidélité et surtout dialoguons avec nos enfants sans tabou.  

Comment faire pour vous contacter ?

C'est très simple. Ceux qui veulent prendre attache avec nous peuvent nous écrire à la boîte postale n° 13814 Yaoundé- Cameroun, ou nous écrire par courriel: cosjligsaafrica@hotmail.fr . Nous sommes joignables également par téléphone au (00 237)74 81 28 16/ 97 49 55 37

NB: le COSJLIGSA est un Comité d'Organisation des Jeunes pour la Lutte contre le SIDA,les MST, les grossesses in désirées,la vulgarisation du dialogue familial et le social en Afrique.

Il est un comité apolitique et à but non lucratif crée par des jeunes africains pour la plus part camerounais de l'intérieur et de la Diaspora.Il a été mis sur pied en octobre 2006 et prône pour une jeunesse scolaire consciente de ses actes,où le dialogue familial est un débat ouvert sans tabou entre jeunes et parents,et la société civile toute entière.
Site web: http://cosjligsa.populus.org/ 

11févr.
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