Cameroun,Enquête:Qui est vraiment Batoum Thierry ?
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De son vrai nom Batoum Ba Sona Thierry est né à New-Bell à Douala. Agé aujourd’hui de 31 ans et continuant à se réclamer d’être étudiant alors qu’il a été radié de l’Université de Yaoundé, c’est à 22 ans qu’il obtient son Baccalauréat de l’Enseignement General au Lycée d’Edéa. Trois années avant, son Probatoire en poche, c’est avec beaucoup de difficultés qu’il va obtenir son sésame pour intégrer l’Université. D’après ses relevés de notes, c’est avec une note de 10 comme moyenne qu’il sera admis.

Arrivé à l’Université en 2006 comme l’atteste sa fiche de renseignements, il passera 7 ans pour obtenir sa licence en géologie. Auparavant au lycée d’Edéa, plusieurs bulletins de note attestaient déjà de ses caractères de trublion et d’indiscipliné. Ce qui ne l’empêchera pas d’intégrer dans la foulée l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé. Sous la tutelle du Rectorat de l’Université de Yaoundé 1, cette institution qui forme des fonctionnaires ou enseignants appelés à exercer dans l’administration ne va jamais connaitre les affres de Thierry Batoum alors qu’étant étudiant. Par contre, c’est l’espace estudiantin et les environs de l’Université de Yaoundé 1 qui vont connaitre à chaque fois les tentatives non autorisées de Batoum à travers distribution de tracts, menace de grève, etc. Le « Président de l’ADDEC » comme le disent jusqu’ici certaines personnes mal renseignées, n’est tout autre qu’un activiste certainement à la solde d’intérêts ou d’intéressés obscurs. D’après plusieurs informations recoupées, nulle part on ne retrouve l’organisation d’une assemblée générale donnant mandat à Batoum Ba Sona Thierry pour parler au nom de l’ADDEC. Si d’après des témoignages, il a été Président de l’ADDEC, très certainement son mandat devrait lui être contesté car arrivé à expiration il y a déjà plusieurs années. Pire encore, n’étant plus étudiant, de quel droit pense-t-il connaitre ou défendre les droits des étudiants ? Batoum Ba Sona Thierry a été radié par note signée du recteur de l’Université de Yaoundé 1, Maurice Aurelien Sosso pour indiscipline.

D’après les propos recueillis de l’ancien étudiant de l’Université de Yaoundé 1, après l’audience du Mardi 24 Novembre 2015, Thierry Batoum parlant du problème du paiement de la carte d’étudiant qui serait au centre de son arrestation aujourd’hui va déclarer « On a voulu m’instrumentaliser pour légitimer la vente de la carte d’étudiants ». il va ensuite argumenter à la question de savoir pourquoi avoir engagé des revendications alors même que l’ADDEC a pris part aux consultations menées par les autorités universitaires au sujet de la carte d’étudiant en 2013, en ajoutant : «Nous avons toujours été contre. Lorsque nous allions en septembre 2013 à cette réunion, on nous a donné l’argent de taxi qui s’élevait à 2000 F CFA par participant, pour ce qui était des étudiants. Vous réduisez le président des étudiants à 2000 francs ? Il est ici question du point de vue qui a prévalu lors de cette réunion. Que ce soit durant les travaux et au sortir, nous avons continué à marteler que nous étions contre la vente de la carte d’étudiant». Ayant consulté le Procès verbal ayant été élaboré après cette concertation, Thierry Batoum apparait bel et bien dans celui-ci à travers deux interventions au cours de cette consultation. La quintessence de ses interventions ayant été notée, les autorités de l’Université de Yaoundé prétendent qu’il aura été normal d’impliquer tous les acteurs concernés par la mise sur pied de cette nouvelle carte mais que sur la question du paiement de la carte, unanimement et pas seulement Thierry Batoum, les étudiants avaient rejetés en bloc l’idée de la mettre en vente pour les étudiants.

Plusieurs années s’étant écoulé depuis lors et d’autres concertations s’étant déroulé, le partenaire consacré entre UBA et l’Université de Yaoundé aura pris en compte toutes les doléances des étudiants. La carte VISA Internationale et infalsifiable mise à leur disposition n’étant pas payante à ce jour. Comme avec l’établissement d’un passeport biométrique ou d’une carte biométrique, il est demandé par le Recteur Maurice Aurelien Sosso aux « Cop’s » de Yaoundé 1 de juste payer les frais de photographies numériques nécessaire pour l’établissement d’une carte VISA. Objet aujourd’hui d’une levée de bouclier et d’une protestation sans cesse de Thierry Batoum.

Un souci de modernisation

S’il est vrai qu’il existe bel et bien une carte d’étudiant gratuite à l’Université de Yaoundé 1 prenant en compte les Facultés de Lettres et Sciences Humaines, de Science, de médecine et Sciences biomédicales, etc. il serait bon de préciser que celle utilisée actuellement jumelle modernité et innovation. En effet ladite carte d’étudiant « illégale » ou « illégalement vendue » aux étudiants prétendument annoncé par Thierry Batoum est une carte VISA délivrée pour servir en même temps de carte d’étudiant et de porte monnaie électronique par son détenteur pour une durée de trois ans supposée déterminer le séjour normal d’un étudiant à l’Université avant l’obtention de la licence. Cette carte VISA internationale et infalsifiable qui est le fruit du partenariat avec la Banque Africaine la plus cotée dans le monde à savoir UBA, permettra d’après les informations recueillies à tous parents d’approvisionner son enfant via les réseaux partenaires et permettra des retraits bancaires dans les distributeurs jusqu’à 2 000 Fcfa contrairement aux autres cartes VISA qui n’offrent des retraits qu’à partir d’un approvisionnement de 5 000 Fcfa. D’après les études, la fabrication et l’obtention de cette carte VISA couterait au total 6 000 Fcfa alors que dans le circuit normal des banques celle-ci ne couterait pas moins de 7 000 Fcfa pour les clients car prenant en compte la fabrication d’une photo biométrique. L’on ne peut donc s’étonner du montant exigible pour la fabrication de la photo par étudiant à savoir 2 000 Fcfa car entrant dans le processus de conception de cette carte. Le reste, soit 4 000 Fcfa, d’après les extraits du Communiqué Presse-Radio fourni par le Recteur, est supporté par l’administration de l’Université. Information retrouvée dans son budget 2015 qui recense les besoins et les retenues par faculté pour la production de ces cartes à hauteur de 171 071 000 Fcfa (Cent Soixante Onze millions Soixante Onze mille Fcfa).

Comme autres innovations, la carte VISA d’Etudiant qu’offre aujourd’hui la direction administrative de l’Université de Yaoundé permet également aux parents d’approvisionner leurs enfants sans se déplacer et en dehors dans canaux connus de transfert d’argent. En effet, si l’on s’en tient aux explications fournies, cette carte VISA pourrait être approvisionné dans tous les réseaux UBA jusqu’à 2 000 Fcfa sans frais contrairement aux transferts dans les agences Express Union, Mtn Mobile Money, Express Exchange, MoneyGram, etc.

Dans un autre ordre d’idée, les étudiants ne se plaindraient plus aujourd’hui des tracasseries qui émaillaient jadis les inscriptions et préinscriptions de début d’année. Pour bon nombre d’entre eux aujourd’hui, l’avènement du numérique et des inscriptions en ligne est venue alléger la tâche. Fini les files d’attente et le racket organisé par quelques truands. L’Université mère de Yaoundé 1 avec cette nouvelle technique avoue aujourd’hui économiser enregistrer au moins 60 000 étudiants pour la seule année 2015.

Avantages de la carte VISA Etudiant

Au sortir de l’audience du Mercredi 25 Novembre 2015, Thierry Batoum déclarait : « les instructions du recteur sont claires: tout payement se fait après présentation du reçu de la carte d’étudiant. Que ce soit pour la demande de chambre, la préinscription. C’est-à-dire que vous n’êtes même pas encore admis à l’Université qu’on vous oblige déjà à payer les frais de carte universitaire, qui dit-on vous donne droit à une bibliothèque numérique dont personne ne connaît le site web. Comment y accéder alors même que le campus en lui-même n’est pas numérique ? En plus, où sont les cartes de 2013 – 2014 ?». Parlant ainsi d’une actualité complètement décalée depuis son éviction de l’Université, il ne va préciser qu’avec l’obtention des étudiants de leur carte, les paiements se feront désormais uniquement de façon numérisés. D’après les explications du recteur que ce soit pour l’obtention d’une chambre d’étudiant dans la cité, le paiement d’un ticket de repas ou encore l’accès à la plate forme numérique de la bibliothèque universitaire qui a actuellement un répertoire de 2 800 livres numérisés, seul les détenteurs de la carte VISA pourraient y prétendre car avec les code unique inscrit sur celle-ci leur identification se fera immédiatement. Allant plus loin, il est déjà possible de suivre des cours en ligne postés par des enseignants à l’attention des étudiants ne pouvant trouver une place dans les amphithéâtres qui accusent une surpopulation estudiantine. Une migration technologique qui a été possible grâce à l’appui de l’Agence Universitaire de la Francophonie qui a formé tout récemment 200 enseignants dans le domaine.

Quel avenir pour Batoum Thierry ?

Accusé et présenté devant le juge pour « participation à l’organisation d’une manifestation sans autorisation dans un lieu ouvert », l’ex-président de l’ADDEC semble dans une trajectoire d’activiste. Mais les véritables raisons de son activisme confinées dans le secret jusqu’ici pas encore démasqué, subodorent le soutien d’hommes ou de lobbies tapis dans l’ombre qui ont sentis depuis l’effectivité de la carte VISA Etudiant que leur chiffre d’affaire, avantages et intérêts sont menacés.

Un cercle vicieux de manipulateurs qui donne ainsi une posture à Thierry Batoum qui pourrait dans les tous prochains jours donner la crédibilité nécessaire pour militer dans les rangs d’un parti politique et très certainement pas celui proche du pouvoir à savoir le RDPC. En ligne de mire, les élections de 2018 « pas lointain mais certain » comme l’a déclaré le Chef de l’Etat S.E Paul Biya, elles verront jetés dans l’arène de plus en plus de jeunes s’étant distingué dans la société par leurs revendications plus ou moins légitimes pour s’arroger la sympathie d’une population en quête de solutions. Affaire à suivre.

© Camer.be : Yannick Ebosse

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