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    <title>Le flux rss de camer.be : POLITIQUE</title>
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    <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
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    <lastBuildDate>Fri, 19 Jun 2026 11:14:58 +0200</lastBuildDate>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Biya en Suisse : le communiqué qui en dit long sans tout dire]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93696/6:1/cameroun-biya-en-suisse-le-communique-qui-en-dit-long-sans-tout-dire-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Le 18 juin 2026, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi,
a publié un communiqué démentant les allégations de Jeune Afrique
sur une hospitalisation...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le 18 juin 2026, le ministre de la Communication, Ren&eacute; Emmanuel Sadi, a publi&eacute; un communiqu&eacute; d&eacute;mentant les all&eacute;gations de Jeune Afrique sur une hospitalisation du pr&eacute;sident Paul Biya &agrave; Gen&egrave;ve, tout en confirmant sa pr&eacute;sence en Suisse &ndash; un s&eacute;jour qui attise les interrogations sur l'&eacute;tat de sant&eacute; du chef de l'&Eacute;tat &acirc;g&eacute; de 93 ans.</p>
<h2>LE COMMUNIQU&Eacute; QUI NE DISSIPE PAS TOUTES LES OMBRES</h2>
<p>Il a 93 ans. Il est au pouvoir depuis 1982. Il est le plus vieux pr&eacute;sident en exercice au monde.</p>
<p>Et ce 18 juin 2026, Paul Biya est &agrave; Gen&egrave;ve. Le gouvernement le confirme. Mais il d&eacute;ment avec force les all&eacute;gations de <strong>Jeune Afrique</strong> sur une pr&eacute;tendue hospitalisation.</p>
<p>&laquo; <strong>Le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique n'est donc pas hospitalis&eacute;</strong> &raquo;, mart&egrave;le le communiqu&eacute; sign&eacute; du ministre de la Communication, Ren&eacute; Emmanuel Sadi.</p>
<p>Pourtant, le magazine panafricain affirmait que le chef de l'&Eacute;tat avait &eacute;t&eacute; pris en charge dans une clinique priv&eacute;e de la ville suisse, &agrave; la suite d'un malaise lors de la f&ecirc;te nationale du 20 mai.</p>
<p>Le gouvernement qualifie ces informations de &laquo; <strong>conjectures malveillantes et infond&eacute;es</strong> &raquo;.</p>
<p>Mais en reconnaissant que le pr&eacute;sident &laquo; <strong>pourrait l&eacute;gitimement saisir l'opportunit&eacute; de son s&eacute;jour &agrave; Gen&egrave;ve pour envisager de simples consultations m&eacute;dicales</strong> &raquo;, le communiqu&eacute; entretient le flou.</p>
<p>Alors, que cache r&eacute;ellement ce s&eacute;jour genevois ? Et pourquoi le gouvernement camerounais tient-il tant &agrave; rassurer ?</p>
<p>L'affaire est loin d'&ecirc;tre close.</p>
<h2>Le communiqu&eacute; du gouvernement &ndash; un d&eacute;menti cinglant</h2>
<p>Le 18 juin 2026, le minist&egrave;re de la Communication a publi&eacute; un communiqu&eacute; officiel en r&eacute;ponse &agrave; un article de <strong>Jeune Afrique</strong> paru la veille.</p>
<p>Le magazine avait affirm&eacute; que Paul Biya &eacute;tait &laquo; <strong>pris en charge dans une clinique priv&eacute;e de Gen&egrave;ve</strong> &raquo; &agrave; la suite d'un malaise survenu lors de la f&ecirc;te nationale du 20 mai.</p>
<p>Le gouvernement s'inscrit en faux contre cette &laquo; <strong>affirmation proc&eacute;dant manifestement de conjectures malveillantes et infond&eacute;es</strong> &raquo;.</p>
<p>Le texte pr&eacute;cise que le chef de l'&Eacute;tat est bel et bien &agrave; Gen&egrave;ve, mais &laquo; <strong>ne s&eacute;journe nullement dans un quelconque &eacute;tablissement hospitalier</strong> &raquo;.</p>
<p>Son &eacute;tat de sant&eacute; &laquo; <strong>ne n&eacute;cessite point une prise en charge m&eacute;dicale &agrave; la mesure de celle que laisse entendre Jeune Afrique</strong> &raquo;.</p>
<p>Enfin, le gouvernement assure que Paul Biya &laquo; <strong>regagnera le Cameroun dans les plus brefs d&eacute;lais</strong> &raquo;.</p>
<h2>Jeune Afrique : une enqu&ecirc;te qui ne dit pas son nom</h2>
<p>De son c&ocirc;t&eacute;, <strong>Jeune Afrique</strong> a publi&eacute; un article intitul&eacute; &laquo; <strong>Paul Biya en Suisse : coulisses d'un nouveau s&eacute;jour m&eacute;dical du pr&eacute;sident camerounais</strong> &raquo;.</p>
<p>Selon le magazine, le pr&eacute;sident aurait &eacute;t&eacute; admis dans une clinique priv&eacute;e genevoise et son s&eacute;jour, &laquo; <strong>initialement pr&eacute;vu pour deux semaines, a d'ores et d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; prolong&eacute;</strong> &raquo;.</p>
<p>L'article &eacute;voque &eacute;galement un malaise lors de la f&ecirc;te nationale du 20 mai, qui &laquo; <strong>a relanc&eacute; le d&eacute;bat sur sa sant&eacute;</strong> &raquo;.</p>
<p>D'autres sources ont rapport&eacute; que Paul Biya &laquo; <strong>a chut&eacute; lors de la r&eacute;ception du 20 mai au palais d'Etoudi</strong> &raquo;. Certains responsables du palais ont &eacute;voqu&eacute; un simple &laquo; <strong>coup de fatigue</strong> &raquo;.</p>
<p>Face &agrave; ces informations, le gouvernement a choisi la r&eacute;ponse officielle. Mais le flou demeure sur les raisons exactes de ce s&eacute;jour prolong&eacute;.</p>
<h2>Un malaise lors du 20 mai : les rumeurs persistent</h2>
<p>Le 20 mai 2026, le Cameroun c&eacute;l&eacute;brait sa f&ecirc;te nationale. Selon plusieurs sources, Paul Biya aurait &eacute;t&eacute; victime d'un malaise.</p>
<p>Des responsables du palais pr&eacute;sidentiel ont &eacute;voqu&eacute; un &laquo; <strong>coup de fatigu</strong>e &raquo;, tandis que d'autres sources ont fait &eacute;tat d'une chute.</p>
<p>CRTV, la t&eacute;l&eacute;vision publique, aurait coup&eacute; ses images, et une &eacute;vacuation sanitaire aurait &eacute;t&eacute; envisag&eacute;e.</p>
<p>Ces rumeurs ont aliment&eacute; les sp&eacute;culations sur l'&eacute;tat de sant&eacute; du pr&eacute;sident, d&eacute;j&agrave; fragilis&eacute; par son &acirc;ge avanc&eacute; 93 ans.</p>
<h2>Gen&egrave;ve : une destination m&eacute;dicale privil&eacute;gi&eacute;e pour les dirigeants camerounais</h2>
<p>Les s&eacute;jours de Paul Biya &agrave; Gen&egrave;ve ne sont pas nouveaux. Depuis des ann&eacute;es, le pr&eacute;sident camerounais se rend r&eacute;guli&egrave;rement en Suisse.</p>
<p>Il a d&eacute;j&agrave; fr&eacute;quent&eacute; plusieurs &eacute;tablissements de sant&eacute; VIP, notamment la tr&egrave;s hupp&eacute;e et secr&egrave;te clinique de Gen&egrave;ve.</p>
<p>En 2021, il avait atterri &agrave; Gen&egrave;ve pour un s&eacute;jour priv&eacute;. En 2024, il &eacute;tait en convalescence &agrave; l'h&ocirc;tel Intercontinental de Gen&egrave;ve avec une assistance m&eacute;dicale.</p>
<p>La Suisse est une destination pris&eacute;e par les dirigeants africains pour des raisons m&eacute;dicales et de discr&eacute;tion. Mais pour les contribuables camerounais, ces s&eacute;jours ont un co&ucirc;t.</p>
<h2>Les enjeux : succession, transparence et pouvoir</h2>
<p>Au-del&agrave; de la question m&eacute;dicale, ce s&eacute;jour genevois soul&egrave;ve des enjeux politiques majeurs.</p>
<p>Paul Biya est au pouvoir depuis 1982. &Agrave; 93 ans, la question de sa succession est sur toutes les l&egrave;vres.</p>
<p>Les sp&eacute;culations sur sa sant&eacute; sont fr&eacute;quentes, et le gouvernement camerounais a d&eacute;j&agrave; interdit aux m&eacute;dias de d&eacute;battre de son &eacute;tat.</p>
<p>En r&eacute;agissant aussi vivement &agrave; l'article de <strong>Jeune Afrique</strong>, le gouvernement montre sa sensibilit&eacute; sur ce sujet.</p>
<p>Mais en confirmant que le pr&eacute;sident pourrait &laquo; <strong>envisager de simples consultations m&eacute;dicale</strong>s &raquo;, le communiqu&eacute; alimente les interrogations.</p>
<h2>Ce que le communiqu&eacute; dit et ce qu'il ne dit pas</h2>
<p>Le communiqu&eacute; du 18 juin est un exercice d'&eacute;quilibriste.</p>
<p>Il confirme la pr&eacute;sence de Paul Biya &agrave; Gen&egrave;ve.</p>
<p>Il d&eacute;ment l'hospitalisation.</p>
<p>Il laisse entendre que des consultations m&eacute;dicales sont possibles.</p>
<p>Il assure que le pr&eacute;sident suit les affaires du Cameroun depuis la Suisse.</p>
<p>Il promet un retour &laquo; dans les plus brefs d&eacute;lais &raquo;.</p>
<p>Mais il ne pr&eacute;cise pas la date exacte du retour. Il n'explique pas pourquoi le s&eacute;jour a &eacute;t&eacute; prolong&eacute;. Il ne donne aucun d&eacute;tail sur l'&eacute;tat de sant&eacute; du chef de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Ce flou est propice &agrave; toutes les interpr&eacute;tations.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-18 20:59:45</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: « Aucun Africain n'est illégal en Afrique » : le coup de gueule de Thuthukile Zuma]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93693/6:1/afrique-du-sud-aucun-africain-nest-illegal-en-afrique-le-coup-de-gueule-de-thuthukile-zuma-south-africa.html</link>
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      <description><![CDATA[Le 12 juin 2026, Thuthukile Zuma, fille de l'ancien président
sud-africain Jacob Zuma, a déclenché un tollé en affirmant qu'«
aucun Africain n'est illégal en Af...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le 12 juin 2026, Thuthukile Zuma, fille de l'ancien pr&eacute;sident sud-africain Jacob Zuma, a d&eacute;clench&eacute; un toll&eacute; en affirmant qu'&laquo; aucun Africain n'est ill&eacute;gal en Afrique &raquo;, provoquant une vague de r&eacute;actions indign&eacute;es dans un pays o&ugrave; les tensions x&eacute;nophobes atteignent leur paroxysme.</p>
<h2>LE COUP DE TONNERRE VENU DE LA FAMILLE ZUMA</h2>
<p>Elle est la fille de Jacob Zuma. Elle est militante politique. Elle est une voix qui compte en Afrique du Sud.</p>
<p>Et ce qu'elle a dit, le 12 juin 2026, a fait l'effet d'une bombe.</p>
<p>&laquo; <strong>No African is illegal in Africa.</strong> &raquo;</p>
<p>Pas d'Africain ill&eacute;gal en Afrique. Les Africains peuvent &ecirc;tre sans-papiers, mais pas ill&eacute;gaux.</p>
<p>Thuthukile Zuma, 37 ans, la plus jeune fille de l'ancien pr&eacute;sident sud-africain et de Nkosazana Dlamini-Zuma, a post&eacute; cette d&eacute;claration sur son compte X. En quelques heures, le message a &eacute;t&eacute; vu, comment&eacute;, partag&eacute;, d&eacute;chir&eacute;.</p>
<p>Car en Afrique du Sud, l'immigration est un sujet br&ucirc;lant. Des milliers de personnes ont d&eacute;fil&eacute; contre les &eacute;trangers. Des Malawiens ont fui leurs foyers par crainte de violences x&eacute;nophobes. Le parti MK de son p&egrave;re, Jacob Zuma, a soutenu ces marches.</p>
<p>Et voil&agrave; que la fille du leader du MK prend le contre-pied de son propre p&egrave;re.</p>
<p>La r&eacute;action ne s'est pas fait attendre. &laquo; <strong>Many South Africans are very angry and disappointed</strong> &raquo;, peut-on lire sur les r&eacute;seaux sociaux. Certains vont plus loin : &laquo; C'est parce que son p&egrave;re est un voleur &raquo;.</p>
<p>L'Afrique du Sud retient son souffle.</p>
<h2>&laquo; Aucun Africain n'est ill&eacute;gal en Afrique &raquo; &ndash; le message qui divise</h2>
<p>Le 12 juin 2026, Thuthukile Zuma a post&eacute; sur son compte X une d&eacute;claration qui allait enflammer la toile.</p>
<p>Elle y affirmait :</p>
<blockquote>
<p>&gt; &laquo; No African is illegal in Africa. If you believe that an African can be illegal in Africa then you are not a revolutionary. We must reject the notion of an illegal foreigner. Africans can be undocumented but they cannot be illegal. &raquo;</p>
<p>Traduction : &laquo; Aucun Africain n'est ill&eacute;gal en Afrique. Si vous croyez qu'un Africain peut &ecirc;tre ill&eacute;gal en Afrique, alors vous n'&ecirc;tes pas un r&eacute;volutionnaire. Nous devons rejeter la notion d'&eacute;tranger ill&eacute;gal. Les Africains peuvent &ecirc;tre sans-papiers, mais ils ne peuvent pas &ecirc;tre ill&eacute;gaux. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Elle a ajout&eacute; que qualifier les migrants africains d'&laquo; ill&eacute;gaux &raquo; sape les luttes plus larges contre la pauvret&eacute;, le ch&ocirc;mage et les in&eacute;galit&eacute;s structurelles.</p>
<h2>&laquo; Chasser les &eacute;trangers ne r&eacute;soudra rien &raquo;</h2>
<p>Thuthukile Zuma ne s'est pas arr&ecirc;t&eacute;e l&agrave;. Elle a enfonc&eacute; le clou :</p>
<blockquote>
<p>&gt; &laquo; If you could afford to live where u like, work where u like, take ur children to any school and afford to enjoy a family dinner at ur favourite restaurant, would you care that a Zimbabwean is ur waiter? &raquo;</p>
</blockquote>
<p>&laquo; Si vous pouviez vous permettre de vivre o&ugrave; vous voulez, de travailler o&ugrave; vous voulez, d'envoyer vos enfants dans n'importe quelle &eacute;cole et de vous offrir un d&icirc;ner en famille dans votre restaurant pr&eacute;f&eacute;r&eacute;, vous soucieriez-vous qu'un Zimbabw&eacute;en soit votre serveur ? &raquo;</p>
<p>Elle a &eacute;galement soutenu que m&ecirc;me si tous les &eacute;trangers quittaient l'Afrique du Sud, le pays resterait confront&eacute; aux m&ecirc;mes probl&egrave;mes profonds : pauvret&eacute;, in&eacute;galit&eacute;s fonci&egrave;res et exclusion &eacute;conomique.</p>
<p>Selon elle, les in&eacute;galit&eacute;s raciales dans la propri&eacute;t&eacute; fonci&egrave;re et les ressources naturelles sont au c&oelig;ur des maux du pays. La pauvret&eacute;, l'in&eacute;galit&eacute; raciale et le ch&ocirc;mage, et non la pr&eacute;sence d'&eacute;trangers, sont les v&eacute;ritables d&eacute;fis.</p>
<h2>Un d&eacute;fi &agrave; l'autorit&eacute; de son p&egrave;re et &agrave; son parti</h2>
<p>Le plus frappant dans cette d&eacute;claration ? Elle contredit directement les positions r&eacute;centes de son p&egrave;re, Jacob Zuma.</p>
<p>L'ancien pr&eacute;sident, aujourd'hui leader du parti uMkhonto weSizwe (MK), a en effet soutenu les manifestations anti-immigr&eacute;s qui secouent le pays. Il a notamment d&eacute;nonc&eacute; le fait que des commer&ccedil;antes sud-africaines ne puissent pas exercer leur activit&eacute; &agrave; cause de la concurrence &eacute;trang&egrave;re.</p>
<p>Thuthukile Zuma, elle, est une militante de l'ANC&nbsp; le parti que son p&egrave;re a quitt&eacute; pour fonder le MK. Elle reste fid&egrave;le &agrave; l'ANC, tandis que son p&egrave;re m&egrave;ne une opposition frontale au parti au pouvoir.</p>
<p>Ce n'est pas la premi&egrave;re fois que la famille Zuma affiche ses divisions. Mais sur un sujet aussi sensible que l'immigration, la fracture est particuli&egrave;rement douloureuse.</p>
<h2>Le contexte : une Afrique du Sud &agrave; fleur de peau</h2>
<p>Les d&eacute;clarations de Thuthukile Zuma interviennent dans un contexte de tensions x&eacute;nophobes sans pr&eacute;c&eacute;dent.</p>
<p>Des milliers de Malawites ont fui leurs foyers en Afrique du Sud par crainte de violences. Les manifestations anti-immigr&eacute;s, soutenues par le parti MK, ont rassembl&eacute; des foules consid&eacute;rables. Les manifestants accusent les &eacute;trangers de prendre les emplois et les opportunit&eacute;s &eacute;conomiques des Sud-Africains.</p>
<p>Le gouvernement sud-africain est critiqu&eacute; pour son incapacit&eacute; &agrave; contr&ocirc;ler les fronti&egrave;res et &agrave; g&eacute;rer l'afflux de migrants sans-papiers.</p>
<p>Dans ce climat de tension, la voix de Thuthukile Zuma est per&ccedil;ue par certains comme un appel &agrave; la raison panafricaine, et par d'autres comme une trahison des int&eacute;r&ecirc;ts sud-africains.</p>
<h2>Les r&eacute;actions : col&egrave;re, d&eacute;ception et attaques personnelles</h2>
<p>La r&eacute;action des Sud-Africains a &eacute;t&eacute; imm&eacute;diate et souvent virulente.</p>
<p>De nombreux internautes ont exprim&eacute; leur col&egrave;re. &laquo; <strong>Many South Africans are very angry and disappointed because of her statements</strong> &raquo;, rapporte l'utilisateur. Certains ont li&eacute; ses propos au pass&eacute; judiciaire de son p&egrave;re, le qualifiant de &laquo; voleur &raquo;.</p>
<p>Cette attaque personnelle refl&egrave;te la d&eacute;fiance d'une partie de l'opinion publique envers la famille Zuma, entach&eacute;e par les scandales de corruption qui ont marqu&eacute; la pr&eacute;sidence de Jacob Zuma.</p>
<p>D'autres, en revanche, ont salu&eacute; son courage. Sur les r&eacute;seaux sociaux, des voix panafricaines ont soutenu sa position, rappelant que les fronti&egrave;res h&eacute;rit&eacute;es de la colonisation ne devraient pas diviser les Africains.</p>
<h2>Une position qui divise au sein de la gauche sud-africaine</h2>
<p>La d&eacute;claration de Thuthukile Zuma met en lumi&egrave;re un d&eacute;bat profond au sein de la gauche sud-africaine.</p>
<p>D'un c&ocirc;t&eacute;, les partisans d'une ligne plus nationaliste estiment que l'&Eacute;tat doit prot&eacute;ger les emplois et les ressources des citoyens sud-africains face &agrave; une immigration jug&eacute;e excessive.</p>
<p>De l'autre, les tenants d'une ligne panafricaine rappellent que l'unit&eacute; du continent est un id&eacute;al h&eacute;rit&eacute; de la lutte anti-apartheid. Ils soulignent que les Sud-Africains ont eux-m&ecirc;mes &eacute;t&eacute; des exil&eacute;s et des migrants pendant la lutte contre l'apartheid.</p>
<p>Thuthukile Zuma a d'ailleurs rappel&eacute; que son p&egrave;re, lorsqu'il &eacute;tait pr&eacute;sident, avait condamn&eacute; les attaques x&eacute;nophobes. Une continuit&eacute; dans le discours, mais une rupture dans la pratique politique.</p>
<h2>Les enjeux : l'Afrique du Sud &agrave; la crois&eacute;e des chemins</h2>
<p>Au-del&agrave; de la pol&eacute;mique, cette affaire soul&egrave;ve des questions fondamentales pour l'Afrique du Sud.</p>
<p>- <strong>L'unit&eacute; africaine</strong> : les fronti&egrave;res h&eacute;rit&eacute;es de la colonisation sont-elles encore pertinentes ?<br />- <strong>La x&eacute;nophobie</strong> : comment lutter contre les violences anti-&eacute;trangers sans nier les difficult&eacute;s &eacute;conomiques des Sud-Africains ?<br />- <strong>La justice sociale</strong> : la priorit&eacute; doit-elle &ecirc;tre donn&eacute;e &agrave; la lutte contre les in&eacute;galit&eacute;s raciales et &eacute;conomiques plut&ocirc;t qu'&agrave; l'expulsion des migrants ?<br />- <strong>L'h&eacute;ritage des Zuma</strong> : la famille Zuma, divis&eacute;e entre ANC et MK, incarne-t-elle les contradictions de la politique sud-africaine ?</p>
<p>Thuthukile Zuma a pos&eacute; des questions inconfortables. Elle a bouscul&eacute; les certitudes. Elle a provoqu&eacute; un d&eacute;bat que beaucoup voulaient &eacute;viter.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-18 18:11:51</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: « Ni vice-président nommé, ni héritier désigné » : Siddiki]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93685/6:1/cameroun-ni-vice-president-nomme-ni-heritier-designe-siddiki-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Après des années de silence et de répression, le président du
Mouvement Patriotique du Salut Camerounais (MPSC), Aboubakary Siddiki,
sort de l'ombre pour dénonc...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Apr&egrave;s des ann&eacute;es de silence et de r&eacute;pression, le pr&eacute;sident du Mouvement Patriotique du Salut Camerounais (MPSC), Aboubakary Siddiki, sort de l'ombre pour d&eacute;noncer la d&eacute;rive autoritaire du r&eacute;gime et la tentative de succession sur mesure, martelant une v&eacute;rit&eacute; que Yaound&eacute; voudrait &eacute;touffer : &laquo; Nous ne sommes plus en 1982. &raquo;</p>
<p>Il a pass&eacute; cinq ans en prison. Condamn&eacute; &agrave; 25 ans de r&eacute;clusion pour &laquo; hostilit&eacute; envers la patrie &raquo; et &laquo; outrage au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &raquo;. Il a connu l'isolement, l'arbitraire, la torture morale. Il a vu ses enfants assister &agrave; son arrestation dans son bureau de Douala.</p>
<p>Pourtant, Aboubakary Siddiki n'a jamais pli&eacute;.</p>
<p>Aujourd'hui, le pr&eacute;sident du Mouvement Patriotique du Salut Camerounais (MPSC) brise un silence long de plusieurs mois. Et ce qu'il dit fait trembler les murs du palais de Yaound&eacute;.</p>
<p>&laquo; Nous ne sommes plus en 1982 &raquo;, lance-t-il, dans une d&eacute;claration qui r&eacute;sonne comme un coup de tonnerre dans le marigot politique camerounais.</p>
<p>L'annonce est claire : le MPSC refuse toute tentative de succession de gr&eacute; &agrave; gr&eacute;. Il rejette en bloc la cr&eacute;ation d'un poste de vice-pr&eacute;sident nomm&eacute;, qu'il qualifie de &laquo; remise en cause des principes d&eacute;mocratiques fondamentaux &raquo;.</p>
<p>Pour Siddiki, le Cameroun est &agrave; un tournant. Et ce tournant, il compte bien le prendre de front.</p>
<h2>Le contexte : une r&eacute;forme qui divise le Cameroun</h2>
<p>Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais adopte une r&eacute;vision constitutionnelle r&eacute;introduisant le poste de vice-pr&eacute;sident, supprim&eacute; en 1984. Le 15 avril, Paul Biya promulgue la loi. Le nouveau vice-pr&eacute;sident nomm&eacute; directement par le chef de l'&Eacute;tat est charg&eacute; d'assurer la continuit&eacute; du pouvoir en cas de vacance.</p>
<p>Pour les observateurs, c'est un tournant. Pour l'opposition, c'est un &laquo; coup d'&Eacute;tat constitutionnel &raquo;. Pour Aboubakary Siddiki, c'est une ligne rouge.</p>
<p>&laquo; Cette r&eacute;forme n'a rien d'une avanc&eacute;e d&eacute;mocratique, explique-t-il. C'est un m&eacute;canisme de verrouillage du pouvoir, con&ccedil;u pour d&eacute;signer un successeur sans que le peuple n'ait son mot &agrave; dire. &raquo;</p>
<h2>&laquo; Nous ne sommes plus en 1982 &raquo; la charge de Siddiki</h2>
<p>La formule est percutante. Elle r&eacute;sume &agrave; elle seule l'&eacute;tat d'esprit du leader du MPSC.</p>
<p>1982, c'est l'ann&eacute;e o&ugrave; Paul Biya acc&egrave;de au pouvoir. Quarante-quatre ans plus tard, le Cameroun est toujours dirig&eacute; par le m&ecirc;me homme, &acirc;g&eacute; aujourd'hui de 93 ans.</p>
<p>&laquo; En 1982, le Cameroun &eacute;tait un pays diff&eacute;rent, poursuit Siddiki. Les Camerounais &eacute;taient patients. Ils croyaient en l'avenir. Mais aujourd'hui, la jeunesse a soif de changement. Elle ne supporte plus l'immobilisme. Elle ne supporte plus qu'on lui impose un dirigeant sans qu'elle ait le choix. &raquo;</p>
<p>L'opposant, qui se pr&eacute;sente comme le candidat du MPSC pour l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, d&eacute;nonce avec vigueur toute tentative de &laquo; succession de gr&eacute; &agrave; gr&eacute; &raquo;. Pour lui, la cr&eacute;ation d'un poste de vice-pr&eacute;sident nomm&eacute; est une insulte &agrave; la souverainet&eacute; populaire.</p>
<p>&laquo; Un vice-pr&eacute;sident nomm&eacute;, c'est un vice-pr&eacute;sident qui ne doit de comptes qu'&agrave; celui qui l'a nomm&eacute;. Ce n'est pas un repr&eacute;sentant du peuple. C'est un h&eacute;ritier d&eacute;sign&eacute;. Et nous, nous disons non. &raquo;</p>
<h2>Le MPSC trace sa ligne politique</h2>
<p>Cette d&eacute;claration n'est pas un simple coup d'&eacute;clat. Elle s'inscrit dans une strat&eacute;gie politique claire, &agrave; l'approche des &eacute;ch&eacute;ances &agrave; venir.</p>
<p>Le MPSC, fond&eacute; en 2013, entend se positionner comme une alternative cr&eacute;dible au r&eacute;gime en place. Siddiki, qui a pass&eacute; cinq ans en prison pour ses convictions, incarne la r&eacute;sistance face &agrave; l'arbitraire.</p>
<p>Ses axes prioritaires sont connus :<br />- <strong>La r&eacute;solution de la crise anglophone</strong> par un dialogue national inclusif.<br />- <strong>La reconstruction du Grand Nord</strong>, d&eacute;vast&eacute; par Boko Haram.<br />- <strong>La lutte contre le ch&ocirc;mage des jeunes</strong>, estim&eacute; &agrave; 85 %.<br />- <strong>Les r&eacute;formes d&eacute;mocratiques</strong>, pour un &Eacute;tat de droit effectif.</p>
<p>&laquo; Le MPSC a une vision pour le Cameroun, affirme Siddiki. Une vision qui ne passe pas par la d&eacute;signation d'un successeur dans l'ombre, mais par la volont&eacute; populaire exprim&eacute;e dans les urnes. &raquo;</p>
<h2>Une prise de parole attendue, un homme qui paie le prix de ses convictions</h2>
<p>Aboubakary Siddiki n'est pas un novice en politique. Arr&ecirc;t&eacute; en ao&ucirc;t 2014 &agrave; Douala, il a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; en octobre 2017 &agrave; 25 ans de prison pour &laquo; hostilit&eacute; envers la patrie &raquo; et &laquo; tentative d'insurrection &raquo;. Amnesty International a d&eacute;nonc&eacute; un &laquo; proc&egrave;s inique &raquo; et des &laquo; accusations sans preuves &raquo;.</p>
<p>Lib&eacute;r&eacute; en 2019, il a poursuivi son combat. Il a &eacute;t&eacute; de nouveau arr&ecirc;t&eacute; en novembre 2022. Mais rien n'y fait : l'homme est un roc.</p>
<p>&laquo; Ils m'ont arr&ecirc;t&eacute;. Ils m'ont emprisonn&eacute;. Ils m'ont condamn&eacute;. Mais ils ne m'ont pas fait taire &raquo;, glisse-t-il, dans un sourire qui en dit long.</p>
<p>Cette r&eacute;silience lui a valu le soutien de nombreuses r&eacute;gions, notamment du Grand Nord, o&ugrave; plus de 51 % de la population soutient ses aspirations politiques.</p>
<h2>La communaut&eacute; internationale dans le viseur</h2>
<p>Siddiki ne se contente pas de s'adresser aux Camerounais. Il interpelle aussi la communaut&eacute; internationale.</p>
<p>R&eacute;cemment, il a appel&eacute; le pape L&eacute;on XIV &agrave; user de son influence morale pour encourager une amnistie g&eacute;n&eacute;rale, un dialogue national inclusif et une transition politique transparente au Cameroun.</p>
<p>&laquo; Le monde regarde le Cameroun, lance-t-il. Et le monde ne peut pas rester silencieux face &agrave; ce qui se pr&eacute;pare : une succession verrouill&eacute;e, une d&eacute;mocratie bafou&eacute;e, un peuple priv&eacute; de son droit de choisir. &raquo;</p>
<h2>Ce qui attend le Cameroun</h2>
<p>L'&eacute;ch&eacute;ance est proche. Le r&eacute;gime de Yaound&eacute; semble d&eacute;termin&eacute; &agrave; poursuivre sa logique de verrouillage. Mais l'opposition, elle, ne compte pas se laisser faire.</p>
<p>&laquo; Nous ne sommes plus en 1982 &raquo;, r&eacute;p&egrave;te Siddiki. Cette phrase, devenue son mantra, est un avertissement. Un avertissement au pouvoir. Un avertissement &agrave; la communaut&eacute; internationale. Un avertissement aux Camerounais.</p>
<p>Le Cameroun est &agrave; un carrefour. D'un c&ocirc;t&eacute;, la continuit&eacute; autoritaire. De l'autre, la promesse d'un renouveau d&eacute;mocratique.</p>
<p>Aboubakary Siddiki a choisi son camp. Reste &agrave; savoir si les Camerounais suivront.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-18 12:28:29</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: 706 morts en un an : le bilan effroyable d'une présidentielle]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[706 morts, près de 1 500 arrestations arbitraires et une répression
systématique : le rapport accablant de la société civile
camerounaise dresse le portrait d'u...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>706 morts, pr&egrave;s de 1 500 arrestations arbitraires et une r&eacute;pression syst&eacute;matique : le rapport accablant de la soci&eacute;t&eacute; civile camerounaise dresse le portrait d'un pays en sang apr&egrave;s la r&eacute;&eacute;lection contest&eacute;e de Paul Biya.</p>
<p>L'image est gla&ccedil;ante. Un document. Une page. Des chiffres. <strong>706 morts. 1494 arrestations.</strong></p>
<p>Ce n'est pas un film. Ce n'est pas un sc&eacute;nario catastrophe. C'est le Cameroun. Ann&eacute;e 2025. Ann&eacute;e d'une &eacute;lection pr&eacute;sidentielle qui devait &ecirc;tre un moment de d&eacute;mocratie et qui s'est transform&eacute;e en cauchemar.</p>
<p>Derri&egrave;re ces chiffres, il y a des visages. Des m&egrave;res qui pleurent. Des p&egrave;res disparus. Des &eacute;tudiants arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir partag&eacute; une publication sur les r&eacute;seaux sociaux. Des militants politiques ex&eacute;cut&eacute;s sommairement. Des observateurs &eacute;lectoraux jet&eacute;s en prison.</p>
<p>Le rapport produit par l'ONG "<strong>Un Monde Avenir</strong>", en collaboration avec 30 organisations de la soci&eacute;t&eacute; civile, n'est pas une simple feuille de route. C'est un cri. C'est une accusation. C'est le miroir d'un pays o&ugrave; la parole se paie au prix du sang.</p>
<p>Et pendant que les chiffres s'accumulent, le pouvoir &agrave; Yaound&eacute; parle de "16 morts et 800 arrestations". Un &eacute;cart qui dit tout. Un &eacute;cart qui tue.</p>
<h2>2025, l'ann&eacute;e de tous les dangers</h2>
<p>Le 12 octobre 2025, les Camerounais se rendent aux urnes. L'enjeu est immense. Paul Biya, 92 ans, pr&eacute;sident depuis 1982, brigue un huiti&egrave;me mandat. Face &agrave; lui, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre, incarne l'espoir du changement.</p>
<p>Le jour du scrutin, des observateurs de l'ONG "Un Monde Avenir" sont d&eacute;ploy&eacute;s sur tout le territoire. <strong>800 observateurs</strong>. Leur mission : garantir la transparence. Leur r&eacute;compense : l'arrestation. Cinq d'entre eux sont interpell&eacute;s &agrave; Ngaound&eacute;r&eacute; alors qu'ils exer&ccedil;aient leur mission d'observation ind&eacute;pendante.</p>
<p>Le 27 octobre, le Conseil constitutionnel proclame la r&eacute;&eacute;lection de Paul Biya avec 53,66 % des voix. Aussit&ocirc;t, l'opposition crie &agrave; la fraude. Issa Tchiroma Bakary s'autoproclame vainqueur. La rue s'embrase.</p>
<h2>Une r&eacute;pression d'une violence inou&iuml;e</h2>
<p>&Agrave; partir du 26 octobre, les forces de s&eacute;curit&eacute; r&eacute;pondent aux manifestations par des tirs &agrave; balles r&eacute;elles et des gaz lacrymog&egrave;nes. Les t&eacute;moignages recueillis par Human Rights Watch font &eacute;tat d'un usage disproportionn&eacute; de la force.</p>
<p>Le gouvernement camerounais annonce officiellement <strong>16 morts</strong> et "plus de 800 interpellations". Le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qualifie les victimes "<strong>d'assaillants neutralis&eacute;s</strong>".</p>
<p>Mais les organisations de d&eacute;fense des droits humains ne partagent pas cette version.</p>
<h2>Le rapport "Un Monde Avenir" : des chiffres qui donnent le vertige</h2>
<p>En mai 2026, lors de la 87e session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples &agrave; Banjul, en Gambie, l'ONG "Un Monde Avenir" pr&eacute;sente un rapport accablant.</p>
<p>Le bilan est sans appel :<br />- <strong>706 morts</strong><br />- <strong>1494 arrestations arbitraires</strong></p>
<p>Des chiffres qui d&eacute;passent de loin les bilans officiels. Selon Philippe Nanga, coordinateur de l'ONG, les chiffres gouvernementaux sont "loin de ce qui est partag&eacute; par plusieurs sources".</p>
<p>L'ONG d&eacute;nonce &eacute;galement :<br />- <strong>40 ex&eacute;cutions sommaires</strong><br />- Des arrestations visant des militants politiques, des leaders d'opinion, des activistes et m&ecirc;me des <strong>mineurs</strong><br />- La <strong>mort en d&eacute;tention</strong> de l'activiste Anicet Ekane<br />- Des difficult&eacute;s d'acc&egrave;s aux h&ocirc;pitaux, emp&ecirc;chant un d&eacute;compte complet des victimes</p>
<p>"Ce sont des cas flagrants de violation des droits de l'homme", d&eacute;clare Philippe Nanga.</p>
<h2>Un contraste saisissant entre les chiffres officiels et la r&eacute;alit&eacute;</h2>
<p>&nbsp;</p>
<table style="border-collapse: collapse; width: 100%;" border="1">
<tbody>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Source&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">Morts&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">Arrestations&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">"Un Monde Avenir" / OSC</td>
<td style="width: 31.295%;">706&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">1494&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">&nbsp;Gouvernement camerounais</td>
<td style="width: 31.295%;">16&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">+800</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Human Rights Watch&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">Plusieurs dizaines</td>
<td style="width: 31.295%;">312+</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 31.295%;">Sources ONU (cit&eacute;es par Reuters)</td>
<td style="width: 31.295%;">48&nbsp;</td>
<td style="width: 31.295%;">-</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Ce tableau, &eacute;tabli &agrave; partir des donn&eacute;es disponibles, r&eacute;v&egrave;le un &eacute;cart abyssal.</p>
<h2>La communaut&eacute; internationale s'alarme</h2>
<p>Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker T&uuml;rk, s'&eacute;tait inqui&eacute;t&eacute; d&egrave;s septembre 2025 des restrictions "croissantes" de l'espace civique au Cameroun.</p>
<p>Le 30 octobre 2025, le Bureau des droits de l'homme de l'ONU s'est dit "alarm&eacute; par les informations faisant &eacute;tat de plusieurs personnes tu&eacute;es lors de manifestations".</p>
<p>Human Rights Watch a d&eacute;nonc&eacute; une r&eacute;pression "meurtri&egrave;re" et appel&eacute; &agrave; des enqu&ecirc;tes ind&eacute;pendantes.</p>
<h2>2026 : l'heure des comptes</h2>
<p>Alors que le Cameroun entre dans une nouvelle ann&eacute;e, les plaies sont loin d'&ecirc;tre referm&eacute;es. Le rapport "Un Monde Avenir" continue de faire des vagues. La soci&eacute;t&eacute; civile exige des comptes.</p>
<p>"Nous demandons l'ouverture d'enqu&ecirc;tes ind&eacute;pendantes, la lib&eacute;ration des d&eacute;tenus d'opinion et la fin des arrestations li&eacute;es aux opinions politiques", mart&egrave;le l'ONG.</p>
<p>Pendant ce temps, Paul Biya a pr&ecirc;t&eacute; serment pour un huiti&egrave;me mandat. Le pouvoir est intact. Mais &agrave; quel prix ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-18 11:46:52</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Il déchire les portraits de Biya, il meurt : coïncidence ?]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93679/6:1/cameroun-il-dechire-les-portraits-de-biya-il-meurt-coincidence-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Le cyberactiviste camerounais qui avait déchiré les portraits de
Paul Biya à la veille de l'élection présidentielle de 2025 est
décédé un mois après sa libérati...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le cyberactiviste camerounais qui avait d&eacute;chir&eacute; les portraits de Paul Biya &agrave; la veille de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 2025 est d&eacute;c&eacute;d&eacute; un mois apr&egrave;s sa lib&eacute;ration, plongeant sa famille et l'opinion dans une pol&eacute;mique nationale sur les conditions de sa d&eacute;tention.</p>
<p>Il avait os&eacute; toucher au symbole. Le 17 juin 2026, un mois apr&egrave;s avoir retrouv&eacute; sa libert&eacute;, le TikToker Abdoul Al Islam rendait son dernier souffle &agrave; l'h&ocirc;pital de la Cit&eacute; Verte &agrave; Yaound&eacute;. Sa faute ? Avoir d&eacute;chir&eacute;, devant des millions de vues, les portraits du pr&eacute;sident Paul Biya. Sa sentence ? Une mort dont les circonstances interrogent, alors que sa famille &eacute;voque d&eacute;j&agrave; un &laquo; empoisonnement d'&Eacute;tat &raquo; orchestr&eacute; dans les ge&ocirc;les de Kondengui.</p>
<p><strong>Le Cameroun retient son souffle.</strong> Le paysage politique camerounais, d&eacute;j&agrave; tendu par les s&eacute;quelles de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025, vient de conna&icirc;tre un nouveau s&eacute;isme. L'annonce du d&eacute;c&egrave;s de Abdoul Al Islam, figure montante de la contestation num&eacute;rique, a provoqu&eacute; une onde de choc qui d&eacute;passe d&eacute;sormais les fronti&egrave;res du pays.</p>
<h2>Un d&eacute;fi qui a co&ucirc;t&eacute; cher</h2>
<p>Tout commence &agrave; la fin de l'ann&eacute;e 2025. Dans un contexte politique sous haute tension, le jeune homme publie sur TikTok une vid&eacute;o qui va changer sa vie. Devant son t&eacute;l&eacute;phone, les yeux riv&eacute;s sur l'objectif, il d&eacute;chire m&eacute;thodiquement les portraits officiels du pr&eacute;sident sortant, profanant ce que la loi camerounaise consid&egrave;re comme le socle de l'ordre r&eacute;publicain.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; C'&eacute;tait un acte de folie, mais aussi de bravoure &raquo;, confie un ami du d&eacute;funt qui souhaite garder l'anonymat. &laquo; Il savait ce qu'il risquait. Mais il voulait montrer que la peur n'&eacute;tait plus une fatalit&eacute;. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>La vid&eacute;o devient instantan&eacute;ment virale. Des milliers de partages, des millions de vues. L'onde de choc atteint les plus hautes sph&egrave;res du pouvoir. La r&eacute;action de l'appareil s&eacute;curitaire est imm&eacute;diate et impitoyable.</p>
<h2>L'incarc&eacute;ration &agrave; Kondengui</h2>
<p>Quelques jours apr&egrave;s la diffusion de sa vid&eacute;o, Abdoul Al Islam est appr&eacute;hend&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Direction : la prison centrale de Kondengui, cet &eacute;tablissement p&eacute;nitencier de haute s&eacute;curit&eacute; qui abrite les figures de l'opposition et les d&eacute;tenus politiques.</p>
<p>Inculp&eacute; pour outrage au chef de l'&Eacute;tat et trouble &agrave; l'ordre public, il est plac&eacute; sous mandat de d&eacute;p&ocirc;t. Commence alors une d&eacute;tention qui, selon ses proches, va s'av&eacute;rer fatale.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Il n'&eacute;tait plus le m&ecirc;me &raquo;, t&eacute;moigne un camarade de cellule sous couvert d'anonymat. &laquo; Il avait perdu du poids, il se plaignait de douleurs abdominales. Il disait que sa nourriture avait un go&ucirc;t &eacute;trange. &raquo;</p>
</blockquote>
<h2>La lib&eacute;ration-surprise et le drame</h2>
<p>Coup de th&eacute;&acirc;tre le mois dernier. En mai 2026, sans explication officielle, Abdoul Al Islam est lib&eacute;r&eacute;. Ses soutiens crient &agrave; la victoire. Sur les r&eacute;seaux sociaux, on c&eacute;l&egrave;bre ce qu'on pr&eacute;sente comme une avanc&eacute;e pour la libert&eacute; d'expression au Cameroun.</p>
<p>Mais &agrave; peine a-t-il retrouv&eacute; sa libert&eacute; que son &eacute;tat de sant&eacute; se d&eacute;grade. Ce que ses proches d&eacute;crivent comme une &laquo; d&eacute;gradation physique fulgurante &raquo; le contraint &agrave; l'hospitalisation d'urgence &agrave; l'h&ocirc;pital de la Cit&eacute; Verte.</p>
<blockquote>
<p>&laquo;<strong> </strong>Il ne tenait plus debout. Ses yeux &eacute;taient jaunes, il vomissait constamment &raquo;, raconte un membre de sa famille. &laquo; Nous avons suppli&eacute; les m&eacute;decins de faire quelque chose. Mais il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; trop tard. &raquo;</p>
</blockquote>
<h2>Le mercredi 17 juin 2026</h2>
<p>Abdoul Al Islam succombe. Le verdict m&eacute;dical n'a pas encore &eacute;t&eacute; rendu public, mais la famille ne doute pas : il a &eacute;t&eacute; empoisonn&eacute;.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; C'est un assassinat d'&Eacute;tat &raquo;, d&eacute;clare un proche, la voix tremblante de col&egrave;re. &laquo; Ils l'ont lib&eacute;r&eacute; parce qu'ils savaient qu'il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; condamn&eacute;. Le poison agissait en lui, en silence. C'&eacute;tait leur fa&ccedil;on de se d&eacute;barrasser de lui sans &eacute;veiller les soup&ccedil;ons. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Les accusations sont graves. La famille exige une autopsie ind&eacute;pendante et pointe du doigt l'administration p&eacute;nitentiaire de Kondengui.</p>
<h2>Le silence des autorit&eacute;s</h2>
<p>Face &agrave; ces all&eacute;gations d'une gravit&eacute; extr&ecirc;me, le gouvernement camerounais et les autorit&eacute;s judiciaires se retranchent dans un silence assourdissant. Aucune autopsie officielle n'a encore &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e. Aucune d&eacute;claration n'a &eacute;man&eacute; du minist&egrave;re de la Justice, de la direction de la prison de Kondengui, ou m&ecirc;me de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique.</p>
<p>Ce mutisme, per&ccedil;u comme suspect par une partie de l'opinion, alimente d'autant plus les rumeurs et la col&egrave;re. Les organisations de d&eacute;fense des droits humains au Cameroun commencent &agrave; s'&eacute;mouvoir et r&eacute;clament une enqu&ecirc;te transparente.</p>
<h2>Un contexte politique explosif</h2>
<p>Cette trag&eacute;die survient &agrave; un moment o&ugrave; le Cameroun reste fragile. L'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025 a laiss&eacute; des traces profondes, exacerbant les tensions entre les partisans du pouvoir et une opposition de plus en plus d&eacute;termin&eacute;e.</p>
<p>Le r&eacute;gime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, fait face &agrave; une d&eacute;fiance grandissante, notamment parmi la jeunesse urbaine, qui trouve sur les r&eacute;seaux sociaux un exutoire &agrave; son m&eacute;contentement.</p>
<p>Abdoul Al Islam &eacute;tait devenu, malgr&eacute; lui, un symbole de cette r&eacute;sistance num&eacute;rique. Sa mort pourrait bien devenir un catalyseur de contestation.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-18 02:07:55</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Anne Féconde Noah accuse : « on veut détruire Cabral Libii »]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93673/6:1/cameroun-anne-feconde-noah-accuse-on-veut-detruire-cabral-libii-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Anne Féconde Noah, responsable du PCRN, dénonce une campagne de
dénigrement visant Cabral Libii et appelle à recentrer le débat
politique camerounais sur les id...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anne F&eacute;conde Noah, responsable du PCRN, d&eacute;nonce une campagne de d&eacute;nigrement visant Cabral Libii et appelle &agrave; recentrer le d&eacute;bat politique camerounais sur les id&eacute;es plut&ocirc;t que sur les attaques personnelles.</p>
<p>&laquo; Tout sauf Cabral. &raquo; Le slogan revient, encore. Ce 16 juin 2026, une responsable du PCRN sort du silence pour d&eacute;noncer ce qu'elle d&eacute;crit comme une entreprise m&eacute;thodique de discr&eacute;dit contre son leader, Cabral Libii. Rumeurs, accusations, montages : selon elle, rien n'a &eacute;t&eacute; laiss&eacute; au hasard pour ternir l'image de l'un des visages les plus discut&eacute;s de la sc&egrave;ne politique camerounaise. Mais derri&egrave;re cette sortie, une question plus large se pose : o&ugrave; s'arr&ecirc;te la critique politique l&eacute;gitime, et o&ugrave; commence la manipulation de l'opinion ?</p>
<h2>Le PCRN d&eacute;nonce une campagne de discr&eacute;dit contre Cabral Libii</h2>
<p>La bataille politique est loin d'&ecirc;tre termin&eacute;e au Cameroun. Dans une d&eacute;claration remarqu&eacute;e ce 16 juin 2026, Anne F&eacute;conde Noah, responsable du Parti camerounais pour la r&eacute;conciliation nationale (PCRN) et proche collaboratrice de Cabral Libii, a vivement d&eacute;nonc&eacute; une campagne qu'elle juge organis&eacute;e visant &agrave; discr&eacute;diter le leader de son parti.</p>
<p>Selon elle, depuis plusieurs ann&eacute;es, de nombreuses attaques, rumeurs et informations qu'elle qualifie de fausses circulent dans le seul but d'affaiblir l'image de Cabral Libii aupr&egrave;s des Camerounais. Elle estime que certains acteurs politiques ont fait de la logique du &laquo; Tout sauf Cabral &raquo; une v&eacute;ritable ligne strat&eacute;gique, privil&eacute;giant les attaques personnelles au d&eacute;bat d'id&eacute;es.</p>
<h2>Des accusations pr&eacute;cises</h2>
<p>Dans sa prise de parole, Anne F&eacute;conde Noah cite plusieurs publications et commentaires diffus&eacute;s sur les r&eacute;seaux sociaux, qu'elle juge incoh&eacute;rents ou non fond&eacute;s. Elle &eacute;voque notamment des r&eacute;cits contest&eacute;s impliquant Cabral Libii, qu'elle s'attache &agrave; d&eacute;construire point par point pour en souligner, selon elle, les incoh&eacute;rences factuelles. Elle consid&egrave;re que ces campagnes visent &agrave; d&eacute;tourner l'attention des propositions politiques du pr&eacute;sident du PCRN et &agrave; influencer n&eacute;gativement une partie de l'opinion publique.</p>
<p>La responsable du parti regrette par ailleurs que certains citoyens se laissent convaincre par des informations non v&eacute;rifi&eacute;es plut&ocirc;t que de s'appuyer sur un travail politique de fond. Pour elle, le d&eacute;bat public devrait se concentrer sur les projets de soci&eacute;t&eacute; et les solutions aux difficult&eacute;s des Camerounais, plut&ocirc;t que sur les attaques personnelles et les campagnes de d&eacute;nigrement.</p>
<h2>Un contexte politique tendu</h2>
<p>Cette sortie intervient alors que Cabral Libii continue de susciter de nombreuses r&eacute;actions sur la sc&egrave;ne politique nationale. Candidat &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025, il reste un visage r&eacute;guli&egrave;rement comment&eacute; du paysage politique camerounais, per&ccedil;u par ses soutiens comme l'un des principaux repr&eacute;sentants du renouvellement politique, et r&eacute;guli&egrave;rement vis&eacute; par des critiques venant aussi bien de partis d'opposition que d'adversaires politiques plus larges.</p>
<p>Pour le PCRN, il est d&eacute;sormais temps de recentrer le d&eacute;bat sur les pr&eacute;occupations r&eacute;elles des populations. Anne F&eacute;conde Noah affirme que, malgr&eacute; les attaques, son parti poursuivra son engagement politique et la structuration de ses &eacute;quipes pour les &eacute;ch&eacute;ances &agrave; venir.</p>
<h2>Une bataille de communication qui s'intensifie</h2>
<p>Alors que les tensions politiques se maintiennent au Cameroun, cette nouvelle sortie illustre &agrave; quel point la bataille de communication reste vive entre les diff&eacute;rentes forces politiques du pays. Elle s'inscrit dans une s&eacute;quence o&ugrave; Anne F&eacute;conde Noah a, &agrave; plusieurs reprises au cours des derniers mois, pris la parole publiquement pour d&eacute;fendre la ligne et l'image de Cabral Libii face &agrave; ce qu'elle per&ccedil;oit comme des attaques r&eacute;currentes.</p>
<p>Note de transparence : les accusations rapport&eacute;es dans cet article refl&egrave;tent le point de vue exprim&eacute; par Anne F&eacute;conde Noah et le PCRN. Les publications et accusations qu'elle qualifie de fausses n'ont pas fait l'objet d'une v&eacute;rification ind&eacute;pendante dans le cadre de cet article, et les personnes ou groupes vis&eacute;s n'ont pas pu &ecirc;tre identifi&eacute;s ni sollicit&eacute;s pour r&eacute;agir.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-17 17:10:29</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: 36 ministres dehors : la purge qui secoue Malabo]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93672/6:1/guinee-equatoriale-36-ministres-dehors-la-purge-qui-secoue-malabo-equatorial-guinea.html</link>
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      <description><![CDATA[Le gouvernement équato-guinéen a présenté sa démission collective
après n'avoir atteint que 10 % de ses objectifs, une crise politique
qui interroge sur la gest...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le gouvernement &eacute;quato-guin&eacute;en a pr&eacute;sent&eacute; sa d&eacute;mission collective apr&egrave;s n'avoir atteint que 10 % de ses objectifs, une crise politique qui interroge sur la gestion des &Eacute;tats p&eacute;troliers d'Afrique centrale, Cameroun compris.</p>
<p>Dix pour cent. C'est tout ce qu'il reste d'un gouvernement entier apr&egrave;s dix-huit mois de travail. Mardi 16 juin 2026, le Premier ministre de Guin&eacute;e &eacute;quatoriale s'est pr&eacute;sent&eacute; devant le pr&eacute;sident Teodoro Obiang Nguema Mbasogo pour lui remettre, en bloc, la d&eacute;mission de tout son cabinet. Trente-six ministres et secr&eacute;taires d'&Eacute;tat. Un seul motif officiel : des r&eacute;sultats jug&eacute;s trop faibles face &agrave; des moyens jug&eacute;s trop importants. Une histoire qui n'a rien d'isol&eacute;, puisqu'elle se r&eacute;p&egrave;te pour la troisi&egrave;me fois en six ans &agrave; Malabo. Et qui pose, en creux, une question qui d&eacute;passe les fronti&egrave;res &eacute;quato-guin&eacute;ennes : que se passerait-il si la m&ecirc;me exigence de r&eacute;sultats s'appliquait ailleurs en Afrique centrale ?</p>
<h2>Guin&eacute;e &eacute;quatoriale : un gouvernement entier d&eacute;missionne apr&egrave;s un bilan jug&eacute; catastrophique</h2>
<p>Le mardi 16 juin 2026, la vie politique &eacute;quato-guin&eacute;enne a bascul&eacute; en quelques heures. Le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua s'est rendu aupr&egrave;s du pr&eacute;sident Teodoro Obiang Nguema Mbasogo pour lui pr&eacute;senter la d&eacute;mission collective de l'ensemble de son gouvernement, soit 36 ministres et secr&eacute;taires d'&Eacute;tat. C'est le vice-pr&eacute;sident Teodoro Nguema Obiang Mangue, fils du chef de l'&Eacute;tat, qui a rendu l'information publique le m&ecirc;me jour, via un message diffus&eacute; sur la plateforme X.</p>
<p>Selon le communiqu&eacute; officiel, ce geste r&eacute;pond &agrave; un principe clair : la responsabilit&eacute; dans la gestion publique doit s'accompagner de r&eacute;sultats concrets. Le vice-pr&eacute;sident a insist&eacute; sur le fait que l'&Eacute;tat avait mis &agrave; la disposition du gouvernement d'importantes ressources humaines, mat&eacute;rielles et financi&egrave;res pour r&eacute;pondre aux besoins de la population. Le bilan chiffr&eacute;, lui, est sans ambigu&iuml;t&eacute; : le niveau de r&eacute;alisation des objectifs fix&eacute;s n'aurait atteint que 10 %.</p>
<h2>Un sc&eacute;nario qui se r&eacute;p&egrave;te</h2>
<p>Ce d&eacute;part collectif n'est pas un cas isol&eacute; dans le paysage politique &eacute;quato-guin&eacute;en r&eacute;cent. En juillet 2024, c'est Manuela Roka Botey, premi&egrave;re femme &agrave; avoir occup&eacute; la fonction de Premi&egrave;re ministre dans le pays, qui avait d&ucirc; remettre sa d&eacute;mission &agrave; la demande du pr&eacute;sident Obiang, apr&egrave;s seulement dix-huit mois en poste. Elle avait alors &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par le banquier Manuel Osa Nsue Nsua, lequel n'aura donc lui-m&ecirc;me tenu que dix-huit mois avant de conna&icirc;tre le m&ecirc;me sort.</p>
<p>Cette s&eacute;quence dessine un pattern de gouvernance singulier : depuis plusieurs ann&eacute;es, le pr&eacute;sident Obiang proc&egrave;de &agrave; des remaniements ou des d&eacute;missions collectives r&eacute;p&eacute;t&eacute;s de son ex&eacute;cutif, chaque &eacute;quipe disposant d'une fen&ecirc;tre resserr&eacute;e pour produire des r&eacute;sultats tangibles avant d'&ecirc;tre &agrave; son tour remise en question.</p>
<h2>Une crise &eacute;conomique en toile de fond</h2>
<p>Cette instabilit&eacute; minist&eacute;rielle ne peut &ecirc;tre lue ind&eacute;pendamment du contexte &eacute;conomique du pays. La Guin&eacute;e &eacute;quatoriale reste largement d&eacute;pendante de sa production p&eacute;troli&egrave;re, une ressource en d&eacute;clin structurel depuis plusieurs ann&eacute;es. Le Fonds mon&eacute;taire international avait d&eacute;j&agrave; relev&eacute; une contraction du PIB de 5,9 % en 2023, suivie d'une timide reprise de 0,5 % en 2024. Les difficult&eacute;s du secteur p&eacute;trolier continuent de peser lourdement sur les finances publiques et sur la capacit&eacute; de l'&Eacute;tat &agrave; financer ses politiques de diversification.</p>
<p>Le pays avait pourtant fait de la diversification &eacute;conomique une priorit&eacute; affich&eacute;e, avec l'ambition de d&eacute;velopper l'agriculture, la p&ecirc;che et le tourisme pour r&eacute;duire sa d&eacute;pendance aux hydrocarbures. Les r&eacute;sultats, pour l'heure, restent largement en de&ccedil;&agrave; des objectifs fix&eacute;s par les autorit&eacute;s.</p>
<h2>Une vacance &agrave; combler dans l'urgence</h2>
<p>Le poste de Premier ministre est d&eacute;sormais vacant &agrave; Malabo. Le futur chef du gouvernement &eacute;quato-guin&eacute;en h&eacute;rite d'un contexte o&ugrave; l'exigence pr&eacute;sidentielle de r&eacute;sultats rapides s'est impos&eacute;e comme une ligne rouge politique. Reste &agrave; savoir si la prochaine &eacute;quipe parviendra &agrave; infl&eacute;chir une trajectoire &eacute;conomique difficile, ou si elle suivra le m&ecirc;me chemin que ses deux pr&eacute;d&eacute;cesseurs.</p>
<h2>Et au Cameroun ?</h2>
<p>Cette s&eacute;quence &eacute;quato-guin&eacute;enne invite, par contraste, &agrave; s'interroger sur les pratiques de gouvernance dans les pays voisins de la sous-r&eacute;gion CEMAC, dont le Cameroun. La question de l'&eacute;valuation des performances gouvernementales, de la reddition de comptes et de la dur&eacute;e de vie des &eacute;quipes minist&eacute;rielles reste un sujet de d&eacute;bat r&eacute;current dans plusieurs pays d'Afrique centrale, &agrave; mesure que les contraintes budg&eacute;taires et les attentes des populations se font plus pressantes.</p>
<p>Note de transparence : cet article s'appuie sur des informations rapport&eacute;es par l'agence Xinhua et plusieurs m&eacute;dias sp&eacute;cialis&eacute;s en Afrique centrale au 16-17 juin 2026. Les motivations exactes derri&egrave;re chaque d&eacute;part minist&eacute;riel restent, comme souvent dans ce type de communication officielle, partiellement filtr&eacute;es par le pouvoir en place.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-17 15:47:35</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Conseil constitutionnel camerounais : incompétence ou complaisance ?]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Le Conseil constitutionnel camerounais se déclare incompétent et
rejette le recours du MRC contre la prorogation des mandats municipaux
une décision qui ravive...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil constitutionnel camerounais se d&eacute;clare incomp&eacute;tent et rejette le recours du MRC contre la prorogation des mandats municipaux une d&eacute;cision qui ravive les critiques sur l'ind&eacute;pendance de la justice constitutionnelle.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel camerounais venait de rendre une d&eacute;cision qui allait d&eacute;clencher un torrent de critiques.</p>
<p>Ce mercredi 17 juin 2026, r&eacute;uni au Palais des Congr&egrave;s de Yaound&eacute;, il a d&eacute;clar&eacute; <strong>irrecevable</strong> le recours introduit par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).</p>
<p>La raison officielle ? L'institution s'est d&eacute;clar&eacute;e <strong>incomp&eacute;tente</strong> pour se prononcer sur la constitutionnalit&eacute; du d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel de mai 2026.</p>
<p>Mais voil&agrave; ce qui fait scandale : <strong>une cour constitutionnelle qui se dit incomp&eacute;tente de contr&ocirc;ler la constitutionnalit&eacute; d'un d&eacute;cret</strong>.</p>
<p>C'est comme demander &agrave; un m&eacute;decin de v&eacute;rifier s'il a le droit de vous soigner, et qu'il r&eacute;ponde "ce n'est pas de mon ressort".</p>
<p>Cette d&eacute;cision r&eacute;v&egrave;le une fracture profonde entre l'ind&eacute;pendance judiciaire suppos&eacute;e et la r&eacute;alit&eacute; politique au Cameroun. Elle met en lumi&egrave;re une question cruciale : &agrave; quoi sert une cour constitutionnelle qui refuse de se prononcer quand on la sollicite ?</p>
<h2>LES FAITS : CHRONOLOGIE D'UNE D&Eacute;CISION</h2>
<p>17 juin 2026, Yaound&eacute;</p>
<p>Le Conseil constitutionnel se r&eacute;unit pour examiner le recours du MRC.</p>
<p><strong>L'enjeu</strong> : Le d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel n&deg;2026/166 du 4 mai 2026 prorogeait les mandats des conseillers municipaux &eacute;lus le 9 f&eacute;vrier 2020.</p>
<p>Ces mandats, l&eacute;galement, auraient expir&eacute; le 31 mai 2026 six ans apr&egrave;s le scrutin.</p>
<p><strong>Le recours du MRC</strong> : Maurice Kamto et son parti demandaient deux choses :<br />1. L'annulation du d&eacute;cret pour inconstitutionnalit&eacute;<br />2. La convocation du corps &eacute;lectoral pour de nouvelles &eacute;lections</p>
<p><strong>La d&eacute;cision du Conseil</strong> : Rejet pur et simple. L'institution se d&eacute;clare <strong>incomp&eacute;tente</strong> pour juger.</p>
<p><strong>Les cons&eacute;quences</strong> :&nbsp;<br />- Les mandats restent prolong&eacute;s jusqu'au 28 f&eacute;vrier 2027<br />- Pas de nouvelles &eacute;lections municipales<br />- Les d&eacute;pens sont mis &agrave; la charge du Tr&eacute;sor public<br />- La d&eacute;cision cl&ocirc;t d&eacute;finitivement la proc&eacute;dure</p>
<h2>LE PROBL&Egrave;ME JURIDIQUE FONDAMENTAL</h2>
<p>Ce qui fait d&eacute;bat, ce n'est pas seulement le r&eacute;sultat. C'est la <strong>logique</strong> employ&eacute;e.</p>
<p><strong>Un Conseil constitutionnel incomp&eacute;tent pour juger la constitutionnalit&eacute; ?</strong></p>
<p>En droit constitutionnel, la mission premi&egrave;re d'une cour supr&ecirc;me est de <strong>v&eacute;rifier que les actes du gouvernement respectent la Constitution</strong>.</p>
<p>Or ici, le Conseil constitutionnel camerounais s'est abstenu pr&eacute;cis&eacute;ment de cette v&eacute;rification.</p>
<p><strong>Les questions qui se posent</strong> :</p>
<p>❓ Qui contr&ocirc;le la constitutionnalit&eacute; si pas la cour constitutionnelle ?</p>
<p>❓ Sur quoi fonde-t-on le rejet si on ne juge pas le fond ?</p>
<p>❓ Comment peut-on dire "irrecevable" sans examiner la recevabilit&eacute; ?</p>
<h2>LA POSITION OFFICIELLE : L'INCOMP&Eacute;TENCE PROCLAM&Eacute;E</h2>
<p>Le Conseil a avanc&eacute; l'argument que le d&eacute;cret n&deg;2026/166 rel&egrave;ve du <strong>pouvoir discr&eacute;tionnaire du pr&eacute;sident</strong>.</p>
<p>Traduction : c'est une pr&eacute;rogative ex&eacute;cutive, pas une question constitutionnelle.</p>
<p>Mais c'est ici que le raisonnement devient contestable.</p>
<p><strong>Si un d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel peut prolonger ind&eacute;finiment des mandats &eacute;lus sans recours judiciaire, o&ugrave; est la limite ?</strong></p>
<p>En droit moderne, m&ecirc;me les pr&eacute;rogatives ex&eacute;cutives sont <strong>subordonn&eacute;es &agrave; la Constitution</strong>.</p>
<p>Un pr&eacute;sident ne peut pas simplement d&eacute;cider de prolonger des mandats sans justification constitutionnelle.</p>
<p><strong>Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qu'un Conseil constitutionnel doit v&eacute;rifier</strong>.</p>
<p>En refusant de le faire, le Conseil se prive de sa raison d'&ecirc;tre.</p>
<h2>LA QUESTION DE L'IND&Eacute;PENDANCE JUDICIAIRE</h2>
<p>Au-del&agrave; du raisonnement juridique, une question politique &eacute;merge :</p>
<p><strong>Le Conseil constitutionnel camerounais est-il vraiment ind&eacute;pendant ?</strong></p>
<p>Les faits suscitent des interrogations :</p>
<p>1. <strong>Timing politique</strong><br />La prorogation &eacute;tait une d&eacute;cision impopulaire. D&eacute;bout&eacute; le MRC rapidement, c'est &eacute;viter le d&eacute;bat public.</p>
<p>2. <strong>Absence de d&eacute;bat de fond</strong><br />En d&eacute;clarant "incomp&eacute;tence", le Conseil &eacute;vite d'exprimer un jugement sur le fond.</p>
<p>3. <strong>Proc&eacute;dure exp&eacute;ditive</strong><br />Le dossier est clos presque imm&eacute;diatement, sans d&eacute;lais usuels de r&eacute;flexion.</p>
<p>4. <strong>Absence de dissidences visibles</strong><br />Aucun courant dissident du Conseil n'est rapport&eacute;.</p>
<p>Aucun de ces &eacute;l&eacute;ments ne constitue une preuve d'inf&eacute;odation. Mais ensemble, ils alimentent le doute.</p>
<h2>LES ENJEUX POUR LA D&Eacute;MOCRATIE CAMEROUNAISE</h2>
<p>Cette d&eacute;cision a des implications bien au-del&agrave; du contentieux municipal.</p>
<p><strong>Sur le plan &eacute;lectoral</strong> :<br />- Les &eacute;lections municipales attendues depuis 2020 sont report&eacute;es<br />- Les maires en place conservent leur pouvoir sans mandat frais<br />- Les &eacute;lecteurs n'ont pas voix au chapitre</p>
<p><strong>Sur le plan juridique</strong> :<br />- Un pr&eacute;c&eacute;dent s'&eacute;tablit : un Conseil constitutionnel qui refuse de juger l'ex&eacute;cutif<br />- D'autres contestations deviendront-elles aussi "irrecevables" ?<br />- Quel devient le r&ocirc;le de la haute juridiction ?</p>
<p><strong>Sur le plan politique</strong> :<br />- L'opposition perd un recours judiciaire qu'elle croyait avoir<br />- La dynamique des rapports de force se d&eacute;place vers la rue<br />- La tension entre pouvoir ex&eacute;cutif et contestation augmente</p>
<p><strong>Sur le plan de la cr&eacute;dibilit&eacute; institutionnelle</strong> :<br />- Les citoyens se demandent si la justice peut les prot&eacute;ger<br />- Les investisseurs s'interrogent sur l'&eacute;tat de droit<br />- La gouvernance camerounaise est fragilis&eacute;e</p>
<h2>POURQUOI C'EST PROBL&Eacute;MATIQUE</h2>
<p><strong>Pour l'&eacute;tat de droit :</strong><br />Un &Eacute;tat de droit suppose que m&ecirc;me le pouvoir ex&eacute;cutif est soumis au contr&ocirc;le judiciaire. Si la cour constitutionnelle refuse de juger, o&ugrave; est le contr&ocirc;le ?</p>
<p><strong>Pour la d&eacute;mocratie :</strong><br />Les &eacute;lections locales sont le c&oelig;ur de la d&eacute;mocratie locale. Les prolonger sans consultation &eacute;lectorale est un risque d&eacute;mocratique.</p>
<p><strong>Pour la l&eacute;gitimit&eacute;</strong> :<br />Apr&egrave;s six ans, les conseillers &eacute;lus en 2020 perdent leur l&eacute;gitimit&eacute;. Gouverner sans mandat frais, c'est gouverner contre la volont&eacute; populaire suppos&eacute;e.</p>
<p><strong>Pour la cr&eacute;dibilit&eacute;</strong> :<br />Comment demander aux citoyens de respecter les institutions si les institutions refusent de se respecter elles-m&ecirc;mes ?</p>
<h2>LA POSITION DU MRC : LES ARGUMENTS REJET&Eacute;S</h2>
<p>Le MRC pr&eacute;sentait un recours simple mais puissant :</p>
<p><strong>Argument 1</strong> : L&eacute;galit&eacute; des mandats<br />"Ces mandats ont expir&eacute; le 31 mai 2026. C'est un fait l&eacute;gal."</p>
<p><strong>Argument 2</strong> : Obligation &eacute;lectorale<br />"La Constitution exige des &eacute;lections r&eacute;guli&egrave;res. C'est une obligation, pas une option."</p>
<p><strong>Argument 3</strong> : Contr&ocirc;le judiciaire<br />"C'est pr&eacute;cis&eacute;ment pour ces situations que existe un Conseil constitutionnel."</p>
<p><strong>Argument 4</strong> : Volont&eacute; populaire<br />"Seul le peuple peut d&eacute;cider du renouvellement de ses mandataires."</p>
<p>Ces arguments, bien que rejet&eacute;s, restent <strong>justiciables</strong> c'est-&agrave;-dire qu'une cour devrait pouvoir en juger le bien-fond&eacute;.</p>
<p>Le fait que le Conseil refuse d'en juger reste probl&eacute;matique.</p>
<h2>QUESTIONS SANS R&Eacute;PONSES</h2>
<p>Apr&egrave;s cette d&eacute;cision, plusieurs interrogations demeurent :</p>
<p><strong>Juridiquement </strong>:<br />- Quel est d&eacute;sormais le champ de comp&eacute;tence du Conseil constitutionnel ?<br />- Qu'advient-il si d'autres actes pr&eacute;sidentiels sont contest&eacute;s avec les m&ecirc;mes arguments ?<br />- Existe-t-il un niveau de recours au-del&agrave; du Conseil ?</p>
<p><strong>Politiquement </strong>:<br />- Le MRC envisage-t-il des appels internationaux (Cour africaine des droits de l'homme) ?<br />- Quelle sera la r&eacute;action de la soci&eacute;t&eacute; civile ?<br />- Comment l'opposition reformulera-t-elle sa contestation ?</p>
<p><strong>Institutionnellement </strong>:<br />- Cette d&eacute;cision set-elle un pr&eacute;c&eacute;dent pour d'autres d&eacute;cisions d'incomp&eacute;tence ?<br />- La l&eacute;gitimit&eacute; du Conseil en sort-elle affaiblie ?<br />- Comment restaurer la confiance dans la haute juridiction ?</p>
<h2>CONTEXTE POLITIQUE PLUS LARGE</h2>
<p>Cette affaire ne se produit pas en vase clos.</p>
<p>Elle s'inscrit dans un contexte d'<strong>accumulation de tensions</strong> en Afrique centrale autour de l'alternance d&eacute;mocratique, de la l&eacute;gitimit&eacute; &eacute;lectorale et du respect des termes constitutionnels.</p>
<p>Au Cameroun comme ailleurs :<br />- Les &eacute;lections locales et nationales sont devenues des enjeux majeurs<br />- L'absence de renouvellement &eacute;lectoral cr&eacute;e de la frustration<br />- L'opposition conteste l&eacute;galement et politiquement</p>
<p>Cette d&eacute;cision constitue un <strong>tournant</strong> pour les trois raisons suivantes :</p>
<p>1. <strong>Elle &eacute;tablit un pr&eacute;c&eacute;dent</strong> : La cour constitutionnelle peut refuser de juger</p>
<p>2. <strong>Elle fragilise le syst&egrave;me</strong> : Sans contr&ocirc;le judiciaire, l'ex&eacute;cutif se renforce</p>
<p>3. <strong>Elle radicalise l'opposition</strong> : Les voies l&eacute;gales deviennent inefficaces</p>
<h2>PERSPECTIVES FUTURES</h2>
<p><strong>&Agrave; court terme (prochaines semaines)</strong> :<br />- Communiqu&eacute;s du MRC critiquant la d&eacute;cision<br />- Mobilisations de la soci&eacute;t&eacute; civile<br />- D&eacute;bats m&eacute;diatiques<br />- Possibles appels &agrave; des recours internationaux</p>
<p><strong>&Agrave; moyen terme (prochains mois)</strong> :<br />- Pr&eacute;paration d'une nouvelle strat&eacute;gie judiciaire par l'opposition<br />- Consultations avec des organisations internationales<br />- Potentiels recours devant la Cour africaine des droits de l'homme</p>
<p><strong>&Agrave; long terme (ann&eacute;e 2027)</strong> :<br />- Tenue ou non des &eacute;lections municipales le 28 f&eacute;vrier 2027<br />- Impact politique sur l'opinion<br />- Possible remise en question de la l&eacute;gitimit&eacute; du Conseil constitutionnel</p>
<h2>L'ENJEU PLUS LARGE : L'&Eacute;TAT DE DROIT EN AFRIQUE</h2>
<p>Cette d&eacute;cision d&eacute;passe le Cameroun.</p>
<p>Elle interroge le mod&egrave;le judiciaire africain :</p>
<p><strong>Les cours constitutionnelles africaines</strong> ont souvent un r&ocirc;le ambigu :<br />- Elles sont cens&eacute;es prot&eacute;ger la Constitution contre l'ex&eacute;cutif<br />- Mais elles sont aussi appoint&eacute;es/nomm&eacute;es par le pouvoir qu'elles doivent contr&ocirc;ler<br />- Cette tension cr&eacute;e parfois une impuissance volontaire</p>
<p><strong>Le pr&eacute;c&eacute;dent camerounais</strong> pourrait &ecirc;tre imit&eacute; :<br />- D'autres cours pourraient se d&eacute;clarer incomp&eacute;tentes pour &eacute;viter les conflits<br />- Les dirigeants pourraient abuser de cette br&egrave;che<br />- L'&eacute;tat de droit africain en sortirait fragilis&eacute;</p>]]></content:encoded>
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      <pubDate>2026-06-17 14:59:08</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Le coq vigilant et courageux est réveillé : Simon Pierre Omgba Mbida entre en scène.]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Le Cameroun a connu des tribuns. Il a connu des exilés
professionnels, des opposants de plateau, des hommes de meeting et des
hommes de circonstance. Ce qu’il n...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le Cameroun a connu des tribuns. Il a connu des exil&eacute;s professionnels, des opposants de plateau, des hommes de meeting et des hommes de circonstance. Ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas eu depuis trop longtemps, c&rsquo;est un homme d&rsquo;&Eacute;tat.</p>
<p>Cet homme existe.</p>
<p>Un homme capable de porter une esp&eacute;rance, de r&eacute;concilier la m&eacute;moire et l&rsquo;avenir, de parler avec dignit&eacute;.</p>
<p><em>Il s&rsquo;appelle Simon-Pierre Omgba Mbida.</em></p>
<p>Le 13 juin 2026, dans la cour m&ecirc;me de l&rsquo;ancienne r&eacute;sidence d&rsquo;Andr&eacute;-Marie Mbida premier chef de gouvernement du Cameroun , le Parti des D&eacute;mocrates Camerounais a tenu son congr&egrave;s de renaissance. Et c&rsquo;est son fils, Simon-Pierre Omgba Mbida, qui en est sorti Pr&eacute;sident g&eacute;n&eacute;ral.</p>
<p>Pas par h&eacute;ritage passif. Pas par transmission automatique. Pas par nostalgie familiale.</p>
<p>Mais par le choix d&eacute;lib&eacute;r&eacute; d&rsquo;un parti historique qui reprend sa marche.</p>
<p>Simon-Pierre Omgba Mbida n&rsquo;est pas un responsable politique de plus. Il est le fils d&rsquo;un homme que le pouvoir a tent&eacute; d&rsquo;effacer, mais que l&rsquo;histoire finira par r&eacute;habiliter. Porter ce nom, ce n&rsquo;est pas porter une rente. C&rsquo;est porter une exigence.</p>
<p>D&rsquo;autres h&eacute;ritent de grandes fortunes. Simon-Pierre Omgba Mbida, lui, h&eacute;rite d&rsquo;une exigence nationale : un nom &agrave; honorer, une m&eacute;moire &agrave; d&eacute;fendre, une histoire &agrave; r&eacute;habiliter et un combat &agrave; poursuivre celui de l&rsquo;&eacute;mancipation du peuple camerounais dans toutes ses dimensions. Mais cet h&eacute;ritage ne vaut que s&rsquo;il est port&eacute; avec caract&egrave;re. Or Simon-Pierre Omgba Mbida est de ces hommes que l&rsquo;adversit&eacute; ne d&eacute;tourne pas de leur cap. On ne l&rsquo;intimide pas. On ne l&rsquo;impressionne pas. Face aux &eacute;preuves, il reste &eacute;gal &agrave; lui-m&ecirc;me : solide, constant, fiable et digne de confiance.</p>
<p>Il incarne une continuit&eacute; historique, une l&eacute;gitimit&eacute; morale et une exigence d&rsquo;&Eacute;tat. Il porte l&rsquo;h&eacute;ritage d&rsquo;un combat interrompu : celui de l&rsquo;&eacute;mancipation du peuple camerounais dans toutes ses dimensions politique, &eacute;conomique, sociale, culturelle, territoriale et civique.</p>
<p>Une exigence de v&eacute;rit&eacute;.<br />Une exigence de justice.<br />Une exigence de dignit&eacute; nationale.</p>
<p>Pendant que d&rsquo;autres apprenaient la politique dans les meetings, les plateaux de t&eacute;l&eacute;vision ou les calculs partisans, lui n&eacute;gociait des dossiers dans les institutions africaines et internationales. Diplomate de carri&egrave;re, ministre pl&eacute;nipotentiaire, il conna&icirc;t les rouages de l&rsquo;&Eacute;tat camerounais, les rapports de force africains, l&rsquo;Union africaine, les Nations unies, et le langage dans lequel se joue r&eacute;ellement l&rsquo;avenir de notre pays, le langage du monde gouvernant.&nbsp;</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas en criant plus fort qu&rsquo;on gouverne mieux.</p>
<p>Le Cameroun n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;une voix qui monte. Il a besoin d&rsquo;une main qui sait tenir un &Eacute;tat.</p>
<p>Simon-Pierre Omgba Mbida en a la carrure. Et surtout, il en a la preuve : le parcours, l&rsquo;exp&eacute;rience, la culture institutionnelle, la m&eacute;moire historique et la vision.</p>
<p>Avec lui, le PDC ne revient pas pour t&eacute;moigner de ce qu&rsquo;il fut. Il revient pour peser sur ce que le Cameroun sera.</p>
<p>L&agrave; o&ugrave; d&rsquo;autres promettent la rupture sans toujours dire clairement comment reconstruire, le PDC propose une ligne :&nbsp;<br />&nbsp; &nbsp; ⁃ &nbsp; &nbsp;la v&eacute;rit&eacute; historique;<br />&nbsp; &nbsp; ⁃ &nbsp; &nbsp;la dignit&eacute; humaine comme universelle;<br />&nbsp; &nbsp; ⁃ &nbsp; &nbsp;la justice sociale exigeante;<br />&nbsp; &nbsp; ⁃ &nbsp; &nbsp;une &eacute;conomie souveraine, de march&eacute; productive, ouverte concurrentielle et r&eacute;gul&eacute;e, fond&eacute;e sur l&rsquo;initiative priv&eacute;e, l&rsquo;investissement, l&rsquo;entrepreneuriat, la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e, le travail, l&rsquo;innovation et la cr&eacute;ation d&rsquo;emplois;<br />&nbsp; &nbsp; ⁃ &nbsp; &nbsp;L&rsquo;int&eacute;gration pleine et enti&egrave;re de la diaspora et la reconnaissance de tous les enfants du Cameroun, o&ugrave; qu&rsquo;ils vivent, comme des forces l&eacute;gitimes de la nation;<br />&nbsp; &nbsp; ⁃ &nbsp; &nbsp;la responsabilit&eacute; r&eacute;publicaine et la conqu&ecirc;te d&eacute;mocratique du pouvoir.</p>
<p>Sans raccourci.<br />Sans agitation inutile.<br />Sans compromission.</p>
<p>Le combat engag&eacute; par Andr&eacute;-Marie Mbida ne peut pas rester une page interrompue de notre histoire nationale. Il doit &ecirc;tre poursuivi, actualis&eacute; et conduit jusqu&rsquo;&agrave; son accomplissement : b&acirc;tir un Cameroun libre de ses choix, juste dans ses institutions et r&eacute;ellement souverain.</p>
<p>Le Cameroun attendait un homme capable de parler &agrave; son histoire sans en &ecirc;tre prisonnier du pass&eacute; ; capable de regarder l&rsquo;avenir sans renier les fondations ; un homme capable de gouverner sans clan ; un homme capable de comprendre les rapports de force africains et internationaux dans lesquels se joue l&rsquo;avenir de notre pays ; un homme capable de tendre la main sans se coucher, de combattre sans haine et de reconstruire sans esprit de revanche.</p>
<p>Cet homme est l&agrave;.</p>
<p>Il s&rsquo;appelle Simon-Pierre Omgba Mbida.</p>
<p>Avec Simon-Pierre Omgba Mbida, le PDC ne revient pas pour t&eacute;moigner. Il revient pour peser. Il revient pour reconstruire un avenir exigeant. Il revient pour redonner au peuple camerounais la confiance, la dignit&eacute; et la possibilit&eacute; d&rsquo;un avenir meilleur. Ce sont des chantiers politiques, institutionnels et moraux.</p>
<p>D&rsquo;autres h&eacute;ritent de grandes fortunes. Simon-Pierre Omgba Mbida, lui, h&eacute;rite d&rsquo;une exigence nationale : un nom &agrave; honorer, une m&eacute;moire &agrave; d&eacute;fendre, une histoire &agrave; r&eacute;habiliter et un combat &agrave; poursuivre celui de l&rsquo;&eacute;mancipation du peuple camerounais dans toutes ses dimensions. Mais cet h&eacute;ritage ne vaut que s&rsquo;il est port&eacute; avec caract&egrave;re. Or Simon-Pierre Omgba Mbida est de ces hommes que l&rsquo;adversit&eacute; ne d&eacute;tourne pas de leur cap. On ne l&rsquo;intimide pas. On ne l&rsquo;impressionne pas. Face aux &eacute;preuves, il reste &eacute;gal &agrave; lui-m&ecirc;me : solide, constant, fiable et digne de confiance.</p>
<p>Et le travail commence maintenant.</p>
<p>Le coq vigilant est r&eacute;veill&eacute;.</p>
<p>Et cette fois, il ne se rendormira pas.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Alexandre LEKINA</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-16 22:24:41</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Affaire Momo-Tchiroma : quand la politique se joue au tribunal]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Le ministre délégué à la Justice, Jean de Dieu Momo, accuse
l'opposant et vrai vaiqueur de l'élection présidentielle d'octobre
2025, Issa Tchiroma Bakary de "re...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la Justice, Jean de Dieu Momo, accuse l'opposant et vrai vaiqueur de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary de "retour &agrave; l'&egrave;re coloniale" apr&egrave;s le d&eacute;p&ocirc;t d'une plainte contre le pr&eacute;sident Paul Biya devant un tribunal fran&ccedil;ais, provoquant une onde de choc politico-judiciaire dans tout le Cameroun.</p>
<p>La sc&egrave;ne aurait pu se d&eacute;rouler dans un palais de justice camerounais, avec ses murs couleur ocre et ses juges en robe noire. Mais non. C'est &agrave; Paris, &agrave; des milliers de kilom&egrave;tres de Yaound&eacute;, que l'opposant Issa Tchiroma Bakary a choisi de porter plainte contre le pr&eacute;sident Paul Biya.</p>
<p>Un choix lourd de sens. Un choix qui, pour le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la Justice, Jean de Dieu Momo, constitue bien plus qu'une simple strat&eacute;gie judiciaire. C'est, selon ses mots, "un retour &agrave; l'&egrave;re coloniale".</p>
<p>Et si cette affaire r&eacute;v&eacute;lait bien plus qu'un simple conflit politique ? Et si elle mettait en lumi&egrave;re les failles profondes d'un syst&egrave;me, les tensions entre souverainet&eacute; nationale et justice internationale, et la d&eacute;fiance croissante d'une opposition en qu&ecirc;te de reconnaissance ?</p>
<p>Voici le r&eacute;cit d'une bataille judiciaire qui pourrait bien red&eacute;finir les contours du jeu politique camerounais.</p>
<h2>UNE PLAINTE QUI FAIT BRUITS</h2>
<p>C'est une affaire qui devait rester confidentielle. Mais elle a rapidement enflamm&eacute; les r&eacute;seaux sociaux et les couloirs feutr&eacute;s des minist&egrave;res. Issa Tchiroma Bakary, figure embl&eacute;matique du Front Social Nationaliste (FSNC) et r&eacute;el vainqueur&nbsp; de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025, a d&eacute;pos&eacute; plainte contre le pr&eacute;sident Paul Biya et ses proches devant un tribunal de Paris.</p>
<p>La raison ? Des accusations graves portant sur des faits pr&eacute;sum&eacute;s commis au Cameroun.</p>
<p>Mais c'est le choix de la juridiction qui retient aujourd'hui toute l'attention. Pourquoi Paris plut&ocirc;t que Yaound&eacute; ? Pourquoi les tribunaux fran&ccedil;ais plut&ocirc;t que les institutions camerounaises ?</p>
<h2>LA R&Eacute;PONSE CINGLANTE DE JEAN DE DIEU MOMO</h2>
<p>Invit&eacute; &agrave; r&eacute;agir sur les ondes de la CRTV, le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la Justice, Garde des Sceaux, Jean de Dieu Momo, n'a pas m&acirc;ch&eacute; ses mots. Son visage, d'habitude mesur&eacute;, s'est durci. Sa voix, souvent pos&eacute;e, s'est faite tranchante.</p>
<p>"En d&eacute;cidant de saisir un tribunal fran&ccedil;ais, Issa Tchiroma Bakary a montr&eacute; clairement qu'il n'a aucune confiance dans les juridictions nationales", a d&eacute;clar&eacute; le ministre.</p>
<p>Mais le sous-ministreest all&eacute; plus loin. Bien plus loin.</p>
<p>"Amener une instance internationale pour juger des acteurs locaux, c'est faire un bond en arri&egrave;re. C'est un retour pur et simple &agrave; l'&egrave;re coloniale", a-t-il martel&eacute;.</p>
<h2>L'OMBRE DE L'HISTOIRE</h2>
<p>Ces mots r&eacute;sonnent avec l'histoire douloureuse du Cameroun. L'&egrave;re coloniale, c'est cette p&eacute;riode o&ugrave; la France r&eacute;gnait en ma&icirc;tre absolu sur le territoire camerounais. O&ugrave; les d&eacute;cisions de justice, quand elles existaient, venaient de Paris. O&ugrave; la souverainet&eacute; nationale n'&eacute;tait qu'un concept lointain.</p>
<p>En &eacute;voquant cette comparaison, Jean de Dieu Momo touche un nerf sensible. Il rappelle que le Cameroun est un pays libre, ind&eacute;pendant depuis 1960, dot&eacute; de ses propres institutions judiciaires.</p>
<p>Selon des donn&eacute;es officielles, le Cameroun compte plus de 1 500 magistrats r&eacute;partis sur l'ensemble du territoire national. Des tribunaux de premi&egrave;re instance aux cours d'appel, en passant par la Cour supr&ecirc;me, le syst&egrave;me judiciaire camerounais existe et fonctionne tr&egrave;s mal.</p>
<p>Alors pourquoi un opposant, aussi critique soit-il envers le r&eacute;gime, irait-il chercher justice ailleurs ?</p>
<h2>LA D&Eacute;FIANCE EN QUESTION</h2>
<p>Pour les observateurs, la r&eacute;ponse est simple : la d&eacute;fiance. Une d&eacute;fiance profonde, enracin&eacute;e, qui traverse l'opposition camerounaise.</p>
<p>Nombreux sont ceux qui estiment que la justice camerounaise manque d'ind&eacute;pendance. Que les d&eacute;cisions sont influenc&eacute;es par le pouvoir ex&eacute;cutif. Que les proc&egrave;s politiques sont biais&eacute;s.</p>
<p>Une &eacute;tude de 2022 men&eacute;e par l'ONG Transparency International classe d'ailleurs le Cameroun &agrave; la 147e position sur 180 pays en mati&egrave;re de perception de la corruption. Un chiffre qui en dit long sur le climat de confiance&nbsp; ou plut&ocirc;t de m&eacute;fiance&nbsp; qui r&egrave;gne dans le pays.</p>
<p>Mais cette perception, aussi largement partag&eacute;e soit-elle, suffit-elle &agrave; justifier un recours aux tribunaux d'un ancien colonisateur ?</p>
<h2>LA POLARISATION DE L'OPINION</h2>
<p>Sur les r&eacute;seaux sociaux, l'affaire a provoqu&eacute; un v&eacute;ritable s&eacute;isme. Les avis sont tranch&eacute;s, les d&eacute;bats enflamm&eacute;s.</p>
<p>D'un c&ocirc;t&eacute;, les partisans de Tchiroma saluent un "acte de courage". Pour eux, saisir la justice fran&ccedil;aise est la seule mani&egrave;re d'obtenir une d&eacute;cision impartiale. "La justice camerounaise est aux ordres du pouvoir", peut-on lire sur les fils de discussion.</p>
<p>De l'autre c&ocirc;t&eacute;, les soutiens du gouvernement d&eacute;noncent un "acte de trahison". "Comment peut-on aimer son pays et aller chercher des juges &eacute;trangers pour juger ses dirigeants ?", s'interroge un internaute.</p>
<p>Entre ces deux positions, rares sont ceux qui osent prendre parti. L'affaire est trop explosive, trop sensible, trop charg&eacute;e d'histoire et de symboles.</p>
<h2>LES CONS&Eacute;QUENCES JURIDIQUES ET POLITIQUES</h2>
<p>Sur le plan juridique, la plainte d'Issa Tchiroma Bakary soul&egrave;ve des questions complexes. Le tribunal fran&ccedil;ais est-il comp&eacute;tent pour juger des faits commis au Cameroun ? Le pr&eacute;sident Paul Biya b&eacute;n&eacute;ficie-t-il d'une immunit&eacute; en tant que chef d'&Eacute;tat ? Les conditions du proc&egrave;s &eacute;quitable seront-elles r&eacute;unies ?</p>
<p>Autant d'interrogations qui devront &ecirc;tre tranch&eacute;es par la justice fran&ccedil;aise. Mais au-del&agrave; du droit, c'est une question politique qui est pos&eacute;e.</p>
<p>En choisissant Paris, Issa Tchiroma Bakary a peut-&ecirc;tre gagn&eacute; des points de visibilit&eacute; m&eacute;diatique. Il a certainement fait parler de lui bien au-del&agrave; des fronti&egrave;res camerounaises. Mais il a aussi offert &agrave; ses adversaires une arme redoutable : celle de la "trahison" et du "retour au colonialisme".</p>
<h2>L'AVENIR INCERTAIN DE L'AFFAIRE</h2>
<p>Que va-t-il se passer maintenant ? La justice fran&ccedil;aise examinera-t-elle la plainte ? Et si oui, jusqu'o&ugrave; ira-t-elle ?</p>
<p>Les avocats de Paul Biya ne manqueront pas d'invoquer l'immunit&eacute; pr&eacute;sidentielle. Et la diplomatie camerounaise, discr&egrave;te mais efficace, pourrait bien entrer en jeu.</p>
<p>Mais pour les Camerounais, cette affaire laisse un go&ucirc;t amer. Celui d'une justice qui divise, d'une politique qui s'exporte, et d'une histoire coloniale qui, d&eacute;cid&eacute;ment, ne veut pas passer.</p>
<p>Jean de Dieu Momo l'a r&eacute;sum&eacute; en une phrase : "Le Cameroun a ses propres juges, ses propres lois, sa propre souverainet&eacute;. Qu'on les respecte."</p>
<p>Une d&eacute;claration qui, dans le contexte actuel, r&eacute;sonne comme un avertissement. Mais aussi comme une interrogation : et si cette affaire r&eacute;v&eacute;lait en r&eacute;alit&eacute; ce que beaucoup pr&eacute;f&egrave;rent taire ? La fragilit&eacute; d'une institution, la m&eacute;fiance d'un peuple, et les fant&ocirc;mes d'une histoire qui n'en finit pas de hanter le pr&eacute;sent.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-16 18:14:05</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Routes défoncées, marchés bloqués : l'Assemblée interpelle l'Exécutif]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Sous la présidence de Théodore Datouo, l'Assemblée nationale du
Cameroun a tenu une séance plénière de questions orales au
gouvernement, transformant l'hémicycl...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Sous la pr&eacute;sidence de Th&eacute;odore Datouo, l'Assembl&eacute;e nationale du Cameroun a tenu une s&eacute;ance pl&eacute;ni&egrave;re de questions orales au gouvernement, transformant l'h&eacute;micycle en tribunal citoyen sur la d&eacute;centralisation, les routes et la gestion des biens publics.</p>
<p>Il y a des jours o&ugrave; le Parlement cesse d'&ecirc;tre un d&eacute;cor.</p>
<p>Ce jour-l&agrave;, sous les lambris dor&eacute;s de l'Assembl&eacute;e nationale du Cameroun, les mots ont claqu&eacute; comme des portes. Des d&eacute;put&eacute;s debout. Des ministres qui choisissent leurs mots. Et dans les tribunes, le silence lourd de ceux qui attendent des r&eacute;ponses depuis trop longtemps.</p>
<p>D&eacute;centralisation en panne, routes en d&eacute;composition, march&eacute;s publics enlis&eacute;s dans la bureaucratie trois dossiers br&ucirc;lants que les &eacute;lus du peuple ont port&eacute;s jusqu'au c&oelig;ur du pouvoir ex&eacute;cutif. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute et le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi &eacute;taient au banc des accus&eacute;s. Pas juridiquement. Mais politiquement, et c'est parfois pire.</p>
<p>Que s'est-il vraiment dit dans cet h&eacute;micycle ? Qui a convaincu ? Qui a esquiv&eacute; ? Voici le r&eacute;cit d'une s&eacute;ance qui restera dans les m&eacute;moires.</p>
<h2>YAOUND&Eacute; L'H&Eacute;MICYCLE COMME MIROIR D'UN CAMEROUN QUI S'IMPATIENTE</h2>
<p>La s&eacute;ance pl&eacute;ni&egrave;re consacr&eacute;e aux questions orales adress&eacute;es au gouvernement, pr&eacute;sid&eacute;e par le Tr&egrave;s Honorable Th&eacute;odore Datouo, a offert une image rare et pr&eacute;cieuse : celle d'un Parlement qui joue pleinement son r&ocirc;le constitutionnel de contr&ocirc;le de l'Ex&eacute;cutif.</p>
<h2>Un h&eacute;micycle en mode interpellation</h2>
<p>Pendant de longues heures, des d&eacute;put&eacute;s de diff&eacute;rentes sensibilit&eacute;s ont succ&eacute;d&eacute; &agrave; la tribune pour soumettre l'Ex&eacute;cutif &agrave; l'exercice le plus basique et le plus redout&eacute; de la d&eacute;mocratie repr&eacute;sentative : rendre des comptes.</p>
<p>Au c&oelig;ur des d&eacute;bats, trois grandes th&eacute;matiques ont structur&eacute; les &eacute;changes. D'abord, la mise en &oelig;uvre de la d&eacute;centralisation, r&eacute;forme phare du r&eacute;gime dont les r&eacute;sultats sur le terrain restent disput&eacute;s. Ensuite, la gestion des biens de l'&Eacute;tat, enjeu de transparence et de responsabilit&eacute; publique. Enfin, l'&eacute;tat catastrophique des infrastructures routi&egrave;res dans plusieurs localit&eacute;s du pays, sujet qui touche directement les populations dans leur quotidien.</p>
<h2>Le Premier ministre dans l'ar&egrave;ne</h2>
<p>C'est l'Honorable Bindoua Mathurin Germain qui a ouvert les hostilit&eacute;s en interpellant le Chef du gouvernement sur les lenteurs observ&eacute;es dans les proc&eacute;dures de passation des march&eacute;s au sein des collectivit&eacute;s territoriales d&eacute;centralis&eacute;es. Une question pr&eacute;cise, technique, mais qui cache une r&eacute;alit&eacute; de terrain : des projets bloqu&eacute;s, des fonds gel&eacute;s, des populations qui attendent.</p>
<p>Joseph Dion Ngute a r&eacute;pondu avec la posture du technicien : la l&eacute;gislation camerounaise, a-t-il rappel&eacute;, attribue aux collectivit&eacute;s elles-m&ecirc;mes la responsabilit&eacute; de la gestion des d&eacute;chets m&eacute;nagers. Des mesures d'accompagnement sont, selon lui, "progressivement renforc&eacute;es" pour permettre aux collectivit&eacute;s d'exercer pleinement leurs comp&eacute;tences.</p>
<p>Une r&eacute;ponse structur&eacute;e. Mais suffisante ?</p>
<h2>L'auto-assurance de l'&Eacute;tat : une doctrine qui interroge</h2>
<p>Sur la question de la protection des biens publics, soulev&eacute;e par l'Honorable Djeumeni B&eacute;nilde, le Chef du gouvernement a pr&eacute;cis&eacute; que l'&Eacute;tat camerounais fonctionne selon un r&eacute;gime d'auto-assurance. Seules certaines cat&eacute;gories de biens expos&eacute;es &agrave; des engagements internationaux n&eacute;cessitent une couverture sp&eacute;cifique. Les autres risques seraient absorb&eacute;s par les m&eacute;canismes administratifs et budg&eacute;taires internes.</p>
<p>Cette position, qui peut para&icirc;tre logique dans un contexte de ma&icirc;trise budg&eacute;taire, n'a pas manqu&eacute; de susciter des interrogations parmi les observateurs. Que se passe-t-il lorsque l'&Eacute;tat perd un bien ? Qui assume ? Avec quels fonds ?</p>
<h2>Routes : le nerf de la guerre</h2>
<p>Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a &eacute;galement pris la parole sur les infrastructures routi&egrave;res, th&egrave;me r&eacute;current dans les dol&eacute;ances des populations camerounaises. L'&eacute;tat des routes dans de nombreuses localit&eacute;s du pays reste un sujet de tension sociale profonde, entre bassins de production agricole enclav&eacute;s et populations urbaines confront&eacute;es &agrave; des axes d&eacute;grad&eacute;s.</p>
<p>Les r&eacute;ponses apport&eacute;es lors de cette s&eacute;ance, si elles t&eacute;moignent d'une prise de conscience institutionnelle, devront trouver une traduction concr&egrave;te sur le terrain pour convaincre une opinion publique de plus en plus exigeante.</p>
<h2>Le sens d'une s&eacute;ance</h2>
<p>Au-del&agrave; des joutes rh&eacute;toriques, cette s&eacute;ance pl&eacute;ni&egrave;re illustre une dynamique parlementaire en &eacute;volution au Cameroun. Le contr&ocirc;le de l'Ex&eacute;cutif par le L&eacute;gislatif, longtemps per&ccedil;u comme formel, prend progressivement une consistance nouvelle. Les questions orales ne sont plus de simples rituels elles deviennent des moments de pression politique r&eacute;elle.</p>
<p>Pour les citoyens camerounais, l'enjeu est simple : ces d&eacute;bats dans l'h&eacute;micycle se traduiront-ils par des routes r&eacute;par&eacute;es, des march&eacute;s d&eacute;blocages, des collectivit&eacute;s enfin autonomes ? La r&eacute;ponse appartient aux semaines et aux mois qui viennent.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-15 11:04:30</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Un président plus vieux que presque tout son pays : est-ce un problème ?]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[En direct sur Canal 2 International, le président du mouvement
Jouvence a mis des mots sur un malaise silencieux : celui d'un pays
gouverné par des dirigeants d...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>En direct sur Canal 2 International, le pr&eacute;sident du mouvement Jouvence a mis des mots sur un malaise silencieux : celui d'un pays gouvern&eacute; par des dirigeants dont l'&acirc;ge d&eacute;passe celui de la quasi-totalit&eacute; de la population.</p>
<p>Il a dit ce que beaucoup pensaient sans jamais oser le formuler &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision.</p>
<p>Ce dimanche, sur le plateau de Canal Presse diffus&eacute; sur Canal 2 International, Val&egrave;re Bertrand Bessala n'a pas m&acirc;ch&eacute; ses mots. Le pr&eacute;sident du mouvement Jouvence a l&acirc;ch&eacute; une phrase courte, pr&eacute;cise, et qui allait faire son chemin sur les r&eacute;seaux sociaux bien apr&egrave;s la fin de l'&eacute;mission : "Nous avons un s&eacute;rieux probl&egrave;me."</p>
<p>La raison ? L'&acirc;ge des dirigeants. Et les chiffres qu'il a avanc&eacute;s, en pr&eacute;cisant lui-m&ecirc;me &ecirc;tre "encore charitable", ont suffi &agrave; enflammer le d&eacute;bat.</p>
<h2>Le poids des ann&eacute;es au sommet de l'&Eacute;tat : Jouvence brise un tabou en direct</h2>
<p>C'est une &eacute;mission politique de fin de semaine qui a pris une tout autre dimension. Dimanche, lors de <strong>Canal Presse</strong> sur Canal 2 International, Val&egrave;re Bessala, pr&eacute;sident du mouvement de jeunesse Jouvence, a formul&eacute; un diagnostic que peu d'acteurs publics osent exprimer aussi clairement dans l'espace m&eacute;diatique camerounais.</p>
<p>Sa th&egrave;se est simple, mais tranchante : un pays dont le dirigeant est plus &acirc;g&eacute; que 98 % de sa population, entour&eacute; de collaborateurs du m&ecirc;me profil g&eacute;n&eacute;rationnel, est structurellement en difficult&eacute;. "On est mal barr&eacute;", a-t-il r&eacute;sum&eacute;, avec une &eacute;conomie de mots qui en dit long.</p>
<h2>Un constat arithm&eacute;tique d'abord</h2>
<p>Le Cameroun compte plus de 28 millions d'habitants. Sa population est jeune : selon les projections d&eacute;mographiques disponibles, plus de la moiti&eacute; a moins de 20 ans, et l'immense majorit&eacute; moins de 50 ans. Le chef de l'&Eacute;tat, Paul Biya, n&eacute; le 13 f&eacute;vrier 1933, a c&eacute;l&eacute;br&eacute; ses 93 ans cette ann&eacute;e. La donn&eacute;e avanc&eacute;e par Bessala "plus &acirc;g&eacute; que 98 % de la population" s'appuie sur cette r&eacute;alit&eacute; d&eacute;mographique massive.</p>
<p>"Je suis encore charitable", a-t-il pr&eacute;cis&eacute; sur le plateau, laissant entendre que le chiffre r&eacute;el pourrait &ecirc;tre encore plus &eacute;lev&eacute;.</p>
<h2>Au-del&agrave; du chiffre, une question de gouvernance</h2>
<p>Ce qui interpelle davantage dans la d&eacute;claration de Bessala, c'est qu'il ne s'arr&ecirc;te pas &agrave; la personne du pr&eacute;sident. Il &eacute;largit le constat &agrave; l'ensemble de l'appareil dirigeant : "Ce dernier travaille avec des personnes qui se rapprochent de son &acirc;ge." C'est l&agrave; que l'analyse prend une dimension syst&eacute;mique.</p>
<p>La g&eacute;rontocratie, le gouvernement par les plus &acirc;g&eacute;s est un ph&eacute;nom&egrave;ne document&eacute; dans plusieurs &Eacute;tats africains post-ind&eacute;pendances. Ses critiques avancent qu'elle cr&eacute;e un d&eacute;calage structurel entre les priorit&eacute;s des d&eacute;cideurs et les besoins d'une population majoritairement jeune : emploi, formation, num&eacute;rique, mobilit&eacute;, acc&egrave;s aux services.</p>
<h2>Jouvence, une voix organis&eacute;e pour la jeunesse</h2>
<p>Le mouvement Jouvence, que pr&eacute;side Bessala, se positionne depuis plusieurs ann&eacute;es comme un espace de r&eacute;flexion et de mobilisation autour du renouvellement g&eacute;n&eacute;rationnel au Cameroun. Sa pr&eacute;sence sur un plateau national ce dimanche illustre une tendance : les organisations de jeunesse cherchent de plus en plus &agrave; peser dans le d&eacute;bat public institutionnel, au-del&agrave; des cercles militants.</p>
<p>La d&eacute;claration de leur pr&eacute;sident n'est pas une attaque personnelle, mais une interpellation politique construite. Elle pose une question de fond : dans quelle mesure un &Eacute;tat peut-il projeter une vision &agrave; 20 ou 30 ans si ses centres de d&eacute;cision sont d&eacute;connect&eacute;s des g&eacute;n&eacute;rations qui vivront ces ann&eacute;es ?</p>
<h2>Un d&eacute;bat qui d&eacute;passe le Cameroun</h2>
<p>La question de l'&acirc;ge au pouvoir est loin d'&ecirc;tre une sp&eacute;cificit&eacute; camerounaise. Elle a travers&eacute; les d&eacute;bats politiques aux &Eacute;tats-Unis lors de la derni&egrave;re &eacute;lection pr&eacute;sidentielle, en France lors des discussions sur le renouvellement des partis, et dans plusieurs pays africains en p&eacute;riode de transition. Ce qui distingue le contexte camerounais, c'est l'ampleur du foss&eacute; g&eacute;n&eacute;rationnel et la dur&eacute;e exceptionnelle du r&egrave;gne en cours. Paul Biya est au pouvoir depuis 1982, soit plus de quatre d&eacute;cennies.</p>
<h2>Ce que cette phrase r&eacute;v&egrave;le</h2>
<p>En quelques secondes de direct t&eacute;l&eacute;vis&eacute;, Bessala a cristallis&eacute; un sentiment diffus mais puissant au sein de la soci&eacute;t&eacute; camerounaise : celui d'une jeunesse nombreuse, instruite, connect&eacute;e et pourtant absente des cercles o&ugrave; se prennent les d&eacute;cisions qui la concernent en premier lieu.</p>
<p>La vraie question n'est pas seulement celle de l'&acirc;ge. C'est celle de la repr&eacute;sentativit&eacute;, de la l&eacute;gitimit&eacute; g&eacute;n&eacute;rationnelle, et de la capacit&eacute; d'un syst&egrave;me politique &agrave; se renouveler sans crise. Le d&eacute;bat est ouvert. Et il ne fait que commencer.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-14 21:36:23</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Mey : « On a écarté Biya de la présidence »]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93630/6:1/cameroun-mey-on-a-ecarte-biya-de-la-presidence-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Dans un entretien exclusif à Jeune Afrique, Aboubakar Ousmane Mey,
frère d’un ministre et opposant fraîchement libéré, affirme que
Paul Biya, réélu frauduleusem...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Dans un entretien exclusif &agrave; Jeune Afrique, Aboubakar Ousmane Mey, fr&egrave;re d&rsquo;un ministre et opposant fra&icirc;chement lib&eacute;r&eacute;, affirme que Paul Biya, r&eacute;&eacute;lu frauduleusement en octobre 2025, n&rsquo;est plus aux commandes et que le Grand Nord, r&eacute;prim&eacute; par l&rsquo;arm&eacute;e, &eacute;tait &laquo; aux portes du pouvoir &raquo;.</p>
<h2>LA PAROLE QUI D&Eacute;TONNE</h2>
<p>Il est l&rsquo;un de ces politiques que le r&eacute;gime pr&eacute;f&egrave;re taire. Arr&ecirc;t&eacute;, plac&eacute; en garde &agrave; vue pendant six semaines, lib&eacute;r&eacute; sans charge. Aboubakar Ousmane Mey n&rsquo;a pas pli&eacute;.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, il va plus loin que jamais.</p>
<p>Dans un entretien accord&eacute; &agrave; Jeune Afrique, le fr&egrave;re du ministre Alamine Ousmane Mey l&rsquo;un des hommes forts du r&eacute;gime l&acirc;che une phrase qui pourrait faire trembler le palais d&rsquo;Etoudi :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Monsieur Biya existe sur le plan physique, mais sur le plan institutionnel, ce n&rsquo;est plus lui qui dirige les op&eacute;rations. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Selon lui, le pr&eacute;sident sortant, r&eacute;&eacute;lu dans une violence in&eacute;dite en octobre 2025, n&rsquo;est qu&rsquo;une coquille. Une pr&eacute;sence physique sans pouvoir r&eacute;el. Derri&egrave;re lui, des &laquo; op&eacute;rateurs &raquo; m&egrave;neraient la danse. Et cette r&eacute;v&eacute;lation, donne &agrave; l&rsquo;accusation un poids exceptionnel.</p>
<p>Notre enqu&ecirc;te d&eacute;crypte l&rsquo;interview choc, les non-dits, et les cons&eacute;quences pour un Cameroun &agrave; la d&eacute;rive.</p>
<h2>ACTE I L&rsquo;HOMME QUI A DIT NON &Agrave; BELLO</h2>
<p>Aboubakar Ousmane Mey n&rsquo;est pas un opposant ordinaire. Fils d&rsquo;un dignitaire du Nord, fr&egrave;re d&rsquo;un ministre poids lourd du r&eacute;gime (Alamine Ousmane Mey, &agrave; l&rsquo;&Eacute;conomie), il a pourtant choisi le camp de la contestation.</p>
<p>Son parcours le rattache &agrave; l&rsquo;UNDP, le parti de Bello Bouba Ma&iuml;gari, ancien alli&eacute; du pouvoir devenu critique mod&eacute;r&eacute;. Mais Mey a vite compris que Bello n&rsquo;&eacute;tait &laquo; pas r&eacute;ellement dans la course &raquo; pr&eacute;sidentielle.</p>
<p>Alors, en octobre 2025, &agrave; quelques jours du scrutin, il tente une coalition de derni&egrave;re minute entre Bello et Issa Tchiroma Bakary, le v&eacute;ritable challenger selon lui. Objectif : faire barrage &agrave; Paul Biya.</p>
<p>Mais Bello envoie un &eacute;missaire pour stopper le projet. Mey refuse. Trente minutes plus tard, la police d&eacute;barque. Puis le sous-pr&eacute;fet. Mey est arr&ecirc;t&eacute;, conduit &agrave; Yaound&eacute;, enferm&eacute; au GSO (Groupement sp&eacute;cial d&rsquo;op&eacute;rations). Officiellement pour &laquo; d&eacute;stabilisation &raquo; et &laquo; appel &agrave; la violence &raquo;.</p>
<p>Il restera six semaines en garde &agrave; vue. Lib&eacute;r&eacute; le 21 novembre 2025, sans aucune charge retenue.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Lorsque Bello l&rsquo;a appris, il nous a envoy&eacute; un ancien maire UNDP pour nous demander d&rsquo;interrompre le projet. Nous nous y sommes oppos&eacute;s. Trente minutes plus tard, la police est arriv&eacute;e. &raquo;</p>
</blockquote>
<h2>&laquo; BIYA EXISTE PHYSIQUEMENT MAIS NE DIRIGE PLUS &raquo;</h2>
<p>La d&eacute;claration choc arrive en milieu d&rsquo;interview. Le journaliste lui demande son regard sur le duel Biya-Tchiroma. Mey ne m&acirc;che pas ses mots :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Monsieur Biya existe sur le plan physique, mais sur le plan institutionnel, ce n&rsquo;est plus lui qui dirige les op&eacute;rations. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>L&rsquo;opposant va plus loin : selon lui, des proches du pr&eacute;sident membres de sa famille l&rsquo;auraient &laquo; laiss&eacute; dans la boue des &eacute;lections &raquo; en ne pr&eacute;servant pas sa dignit&eacute;. R&eacute;sultat : &laquo; Lorsqu&rsquo;ils se sont aper&ccedil;us de la r&eacute;alit&eacute;, il &eacute;tait trop tard. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;ensuite les fusils sont sortis. Des gens sont morts. D&rsquo;autres sont encore en prison. Certains sont partis en exil, dont le pr&eacute;sident Tchiroma lui-m&ecirc;me. &raquo;</p>
<p>Cette analyse d'un pr&eacute;sident maintenu comme une figure de proue par un entourage qui gouverne &agrave; sa place n&rsquo;est pas nouvelle au Cameroun. Mais qu&rsquo;elle vienne d&rsquo;un proche du s&eacute;rail (fr&egrave;re ministre) lui conf&egrave;re une l&eacute;gitimit&eacute; gla&ccedil;ante.</p>
<p><strong>Que sait-on ?</strong><br />- Paul Biya, 92 ans (n&eacute; en 1933), est au pouvoir depuis 1982.<br />- Son &eacute;tat de sant&eacute; r&eacute;el fait l&rsquo;objet de nombreuses sp&eacute;culations, aucun bilan m&eacute;dical officiel n&rsquo;&eacute;tant publi&eacute;.<br />- Les apparitions publiques sont rares et tr&egrave;s codifi&eacute;es.<br />- La gestion quotidienne des affaires est souvent attribu&eacute;e &agrave; une &laquo; pr&eacute;sidence fant&ocirc;me &raquo; compos&eacute;e de conseillers et de membres du gouvernement.</p>
<h2>LE GRAND NORD AUX PORTES D&rsquo;ETOUDI</h2>
<p>Autre r&eacute;v&eacute;lation explosive : la performance inattendue de l&rsquo;opposition dans le Grand Nord.</p>
<p>Mey affirme que le r&eacute;gime avait verrouill&eacute; les relais coutumiers lamib&eacute;s (chefs traditionnels) et imams en les faisant d&eacute;filer chez le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Mais cela n&rsquo;a pas suffi.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Ils ont &eacute;t&eacute; oblig&eacute;s de faire appel aux forces de maintien de l&rsquo;ordre. Sinon, l&rsquo;affaire &eacute;tait pli&eacute;e. On peut le dire haut et fort : le Grand Nord &eacute;tait aux portes d&rsquo;Etoudi. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Etoudi, c&rsquo;est le palais pr&eacute;sidentiel.</p>
<p>Si l&rsquo;on en croit Mey, l&rsquo;arm&eacute;e a d&ucirc; intervenir massivement dans les r&eacute;gions du Nord pour imposer un r&eacute;sultat diff&eacute;rent de celui sorti des urnes. Les affrontements post-&eacute;lectoraux, qui ont fait plusieurs morts selon des ONG, seraient la preuve que le r&eacute;gime a perdu le contr&ocirc;le de cette r&eacute;gion strat&eacute;gique.</p>
<p><strong>Cons&eacute;quence politique :</strong> le Grand Nord, longtemps bastion du RDPC gr&acirc;ce au leadership de figures comme Bello Bouba Ma&iuml;gari ou les Ousmane Mey (le ministre Alamine est du Nord), serait en train de basculer. Une nouvelle donne qui pourrait redessiner les &eacute;quilibres pour les &eacute;lections locales et l&eacute;gislatives &agrave; venir.</p>
<h2>&laquo; MASQUERADE &raquo; DE LA VICE-PR&Eacute;SIDENCE</h2>
<p>Paul Biya a r&eacute;cemment cr&eacute;&eacute; un poste de vice-pr&eacute;sident, mesure inscrite dans une r&eacute;vision constitutionnelle. Pour beaucoup, c&rsquo;est un signal de succession anticip&eacute;e.</p>
<p>Mais Mey rejette cette lecture :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Je suis s&ucirc;r et certain que Biya ne peut pas &ecirc;tre derri&egrave;re cette mascarade. (...) Comment ce monsieur peut-il se retrouver dans une histoire o&ugrave; on ne comprend plus ce qui se passe ? Il y a forc&eacute;ment une troisi&egrave;me partie qui se joue de tout le monde, y compris du pr&eacute;sident. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Selon lui, des forces obscures &laquo; une troisi&egrave;me partie &raquo; manipulent l&rsquo;agenda institutionnel. Le vrai pouvoir serait ailleurs, dans des cercles non &eacute;lectifs.</p>
<p>Cette th&eacute;orie du &laquo; troisi&egrave;me homme &raquo; (ou tiers pouvoir) r&eacute;sonne avec les accusations r&eacute;currentes de &laquo; gouvernement de l&rsquo;ombre &raquo; au Cameroun. Sans preuve tangible, elle alimente la d&eacute;fiance populaire envers les institutions.</p>
<h2>ACTE V L&rsquo;OPPOSITION DOIT RESTER DANS L&rsquo;AR&Egrave;NE</h2>
<p>Contrairement &agrave; ceux qui pr&ocirc;nent le boycott des prochaines &eacute;lections locales, Mey appelle &agrave; la participation.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Chacun a son avis. M&ecirc;me lors de la pr&eacute;sidentielle, beaucoup estimaient qu&rsquo;il ne fallait pas participer. Pour notre part, nous pensions qu&rsquo;il fallait simplement trouver le bon cavalier. Ce cavalier, Dieu nous l&rsquo;a envoy&eacute;. Nous l&rsquo;avons souhait&eacute;, il est venu et il a fait le travail. Je le f&eacute;licite. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Le &laquo; cavalier &raquo;, c&rsquo;est Issa Tchiroma Bakary, qui a recueilli un score historiquement &eacute;lev&eacute; . Tchiroma vit aujourd&rsquo;hui en exil en Gambie.</p>
<p>Mey justifie cet exil :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; En d&eacute;mocratie, c&rsquo;est celui qui obtient le plus de voix qui l&rsquo;emporte. S&rsquo;ils ne veulent pas nous remettre ce qui nous revient de droit et qu&rsquo;ils donnent des ordres aux forces de maintien de l&rsquo;ordre, il faut trouver comment contourner l&rsquo;obstacle. Et nous le contournerons. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>L&rsquo;opposant annonce qu&rsquo;il met lui-m&ecirc;me en place un &laquo; appareil politique &raquo; pour les prochaines &eacute;lections. Il n&rsquo;exclut pas d&rsquo;&ecirc;tre candidat aux l&eacute;gislatives, entre Garoua et Kousseri.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-12 21:53:37</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ :: Pourquoi Kamto saisit un conseil qu'il sait hostile]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:6,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;POLITIQUE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93621/6:1/cameroun-pourquoi-kamto-saisit-un-conseil-quil-sait-hostile-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[En déposant une plainte vouée à l'échec devant le Conseil
constitutionnel, Maurice Kamto ne cherche pas la justice immédiate
mais lance une opération d'éducatio...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>En d&eacute;posant une plainte vou&eacute;e &agrave; l'&eacute;chec devant le Conseil constitutionnel, Maurice Kamto ne cherche pas la justice imm&eacute;diate mais lance une op&eacute;ration d'&eacute;ducation politique massive pour pr&eacute;parer le Cameroun de demain, m&ecirc;me sans lui.</p>
<p>Il y a un an, Maurice Kamto l&acirc;chait une phrase que beaucoup ont oubli&eacute;e.</p>
<p>"Quand on saisit la justice en dictature, ce n'est pas parce qu'on esp&egrave;re qu'elle va faire son travail."</p>
<p>Aujourd'hui, il d&eacute;pose une plainte devant le Conseil constitutionnel camerounais. Tout le monde sait qu'elle sera d&eacute;clar&eacute;e irrecevable. Lui le premier.</p>
<p>Alors pourquoi ?</p>
<p>Parce que Kamto ne joue pas la m&ecirc;me partie que les autres. Pendant que l'opposition traditionnelle court apr&egrave;s des postes, lui construit un peuple. Un peuple qui, dans 10, 20 ou 50 ans, saura exactement o&ugrave; toucher pour que plus jamais un r&eacute;gime ne puisse confisquer sa souverainet&eacute;.</p>
<p>Cette plainte n'est pas un recours judiciaire. C'est une bombe &agrave; retardement p&eacute;dagogique.</p>
<p>Voici ce qu'elle r&eacute;v&egrave;le. Et pourquoi elle pourrait bien &ecirc;tre le d&eacute;but de la fin.</p>
<h2>UNE PLAINTE QUI D&Eacute;RANGE PAR CE QU'ELLE EXPOSE</h2>
<p>Le Conseil constitutionnel camerounais rendra sa d&eacute;cision dans les prochains jours. Personne n'ignore l'issue : la plainte de Maurice Kamto sera jug&eacute;e irrecevable. Comme tant d'autres avant elle.</p>
<p>Mais l'ancien candidat &agrave; la pr&eacute;sidentielle ne s'y trompe pas. Il a d&eacute;j&agrave; pr&eacute;venu ses partisans. Il sait &agrave; quoi s'en tenir.</p>
<p>Alors pourquoi engager cette proc&eacute;dure ? Pourquoi mobiliser ses &eacute;quipes, r&eacute;diger des documents, saisir une institution qu'il juge inf&eacute;od&eacute;e au pouvoir ?</p>
<p><strong>La r&eacute;ponse tient en trois mots : l'&eacute;ducation du peuple.</strong></p>
<p>Kamto utilise cette plainte comme une projection publique. Un cours magistral &agrave; l'&eacute;chelle nationale. Chaque &eacute;tape, chaque argument, chaque rejet attendu est une occasion d'expliquer aux Camerounais comment fonctionne r&eacute;ellement leur &Eacute;tat.</p>
<blockquote>
<p>"Ceux qui se limitent au refus du conseil constitutionnel n'ont rien compris. C'est bien plus profond que &ccedil;a."</p>
</blockquote>
<h2>COMMENT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL TUE LE D&Eacute;VELOPPEMENT LOCAL</h2>
<p>Pour comprendre la strat&eacute;gie de Kamto, il faut d'abord comprendre le m&eacute;canisme qu'il d&eacute;nonce. Un m&eacute;canisme invisible pour la plupart des citoyens, mais d&eacute;vastateur.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel camerounais a deux missions fondamentales :</p>
<p>1. <strong>Veiller &agrave; la tenue r&eacute;guli&egrave;re des &eacute;lections</strong> conform&eacute;ment aux d&eacute;lais pr&eacute;vus par la Constitution<br />2. <strong>Garantir la transparence et la justice &eacute;lectorale</strong></p>
<p>Lorsque le Conseil ne remplit pas ces missions, les cons&eacute;quences ne sont pas seulement politiques. Elles sont concr&egrave;tes. Elles tuent des villages, des r&eacute;gions tout enti&egrave;res.</p>
<p><strong>Voici le raisonnement, implacable</strong> :</p>
<p>- Un pays se d&eacute;veloppe &agrave; deux &eacute;chelles : nationale (gouvernement) et locale (communes, r&eacute;gions)<br />- Les communes &eacute;laborent et mettent en &oelig;uvre des plans de d&eacute;veloppement pour l'emploi, l'eau, l'&eacute;ducation, la sant&eacute;<br />- Si les populations ne peuvent pas remplacer les maires incomp&eacute;tents ou corrompus, les communes ne se d&eacute;veloppent pas<br />- Si toutes les communes sont sous-d&eacute;velopp&eacute;es, le pays entier l'est</p>
<p><strong>Le Conseil constitutionnel est donc le verrou strat&eacute;gique.</strong></p>
<p>Quand il ne force pas la tenue des &eacute;lections dans les d&eacute;lais, les "bandits et m&eacute;diocres" restent en place. Quand il ne garantit pas leur transparence, les &eacute;lections truqu&eacute;es produisent les m&ecirc;mes r&eacute;sultats.</p>
<p>R&eacute;sultat : des communes qui s'enfoncent, des populations qui s'appauvrissent, et un syst&egrave;me qui s'autoperp&eacute;tue.</p>
<h2>POUR QUI TRAVAILLE VRAIMENT LE CONSEIL ?</h2>
<p>L'analyse de Kamto va plus loin. Elle identifie la cause premi&egrave;re de ce dysfonctionnement.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel, affirme-t-il, est sous la domination totale du RDPC, le parti au pouvoir.</p>
<p>Pourquoi ?</p>
<p>- Tous ses membres sont nomm&eacute;s par le pr&eacute;sident du RDPC<br />- Ils sont tous membres ou ex-membres du parti<br />- Paul Biya peut les r&eacute;voquer &agrave; tout moment<br />- Il peut m&ecirc;me les emprisonner</p>
<blockquote>
<p>"Ils travaillent dans la peur de d&eacute;fier la volont&eacute; du RDPC."</p>
</blockquote>
<p>Le parti au pouvoir, selon cette analyse, craint les &eacute;lections locales libres. Il impose donc sa volont&eacute; au Conseil. Le Conseil se plie. Les &eacute;lections sont repouss&eacute;es ou fauss&eacute;es. Les maires du RDPC restent. Les maires de l'opposition sont exclus.</p>
<p><strong>Un cercle vicieux parfait.</strong></p>
<h2>LA SOLUTION : RENDRE LE CONSEIL IND&Eacute;PENDANT</h2>
<p>Kamto ne se contente pas de d&eacute;noncer. Il propose.</p>
<p>Sa r&eacute;forme du Conseil constitutionnel repose sur six piliers :</p>
<p>1.<strong> Des mandats prot&eacute;g&eacute;</strong>s<br />Les membres du Conseil doivent &ecirc;tre d&eacute;sign&eacute;s pour une p&eacute;riode sup&eacute;rieure &agrave; deux mandats pr&eacute;sidentiels (plus de 14 ans). Ils ne peuvent &ecirc;tre r&eacute;voqu&eacute;s avant terme.</p>
<p>2. <strong>Limitation du pr&eacute;sident &agrave; deux mandats</strong><br />Ainsi, tout pr&eacute;sident voit son pouvoir s'achever avant la fin du mandat des juges constitutionnels.</p>
<p>3. <strong>Fin de la nomination pr&eacute;sidentielle</strong><br />Les membres ne seront plus choisis par le pr&eacute;sident, mais par un coll&egrave;ge &eacute;largi : conseillers municipaux, magistrats, d&eacute;put&eacute;s, chefs traditionnels, syndicats, ordres professionnels.</p>
<p>4. <strong>Composition plurielle</strong><br />Chaque liste doit inclure magistrats, avocats, membres d'ordres, syndicalistes, autorit&eacute;s traditionnelles.</p>
<p>5. <strong>Exigence d'int&eacute;grit&eacute; absolue</strong><br />Pas de pass&eacute; corrompu, pas de militantisme politique (ni du candidat, ni de son conjoint ou enfant durant les 5 derni&egrave;res ann&eacute;es).</p>
<p>6. <strong>Reddition des comptes publique</strong><br />En fin de mandat, les membres pr&eacute;sentent leur bilan devant l'Assembl&eacute;e nationale, la soci&eacute;t&eacute; civile, les ordres, les syndicats et les conseillers municipaux.</p>
<p>"Ce sera un moment obligatoire o&ugrave; ils vont &ecirc;tre jug&eacute;s par le peuple."</p>
<h2>CE QUE KAMTO CONSTRUIT POUR LES 50 ANS &Agrave; VENIR</h2>
<p>La plainte actuelle n'est qu'un acte. Derri&egrave;re elle, une vision.</p>
<p>Kamto le dit lui-m&ecirc;me : quand il pense au Cameroun, il ne s'agit pas de lui pr&eacute;sident. Il pense au Cameroun dans 50 ans, quand il ne sera plus l&agrave;.</p>
<p><strong>Un pays libre et grand, avec un peuple m&ucirc;r et debout.</strong></p>
<p>Cette approche le distingue radicalement du reste de la classe politique camerounaise. L&agrave; o&ugrave; d'autres courent apr&egrave;s des postes, des avantages, des arrangements, Kamto construit une infrastructure cognitive pour la nation.</p>
<blockquote>
<p>"C'est inutile d'avoir le renversement de la dictature avec un peuple qui n'est pas m&ucirc;r politiquement. Parce qu'on va installer une nouvelle dictature, et ils ne vont m&ecirc;me pas s'en rendre compte."</p>
</blockquote>
<p>L'histoire r&eacute;cente donne raison &agrave; cette analyse. Combien de r&eacute;volutions africaines ont d&eacute;bouch&eacute; sur de nouvelles dictatures ? Combien de "lib&eacute;rateurs" sont devenus des oppresseurs &agrave; peine arriv&eacute;s au pouvoir ?</p>
<p>Parce que le peuple, en renversant l'ancien r&eacute;gime, regardait seulement les r&eacute;sultats (mis&egrave;re, ch&ocirc;mage). Pas les structures. Pas les institutions. Pas les verrous constitutionnels.</p>
<p>Kamto veut un peuple qui comprend le probl&egrave;me de fond. Un peuple qui saura, le jour du changement, EXACTEMENT quelles r&eacute;formes imposer au nouveau r&eacute;gime. Un peuple capable de dire "non" le jour m&ecirc;me si on tente de le tromper.</p>
<blockquote>
<p>"Si le nouveau r&eacute;gime veut mettre une r&eacute;forme de fa&ccedil;ade, le peuple ne va pas attendre 7 ans pour se lever. Il va se lever le m&ecirc;me jour."</p>
</blockquote>
<h2>L'H&Eacute;RITAGE D'UN PROFESSEUR</h2>
<p>Maurice Kamto n'est pas un homme press&eacute;. Professeur de droit, il conna&icirc;t la puissance des id&eacute;es sem&eacute;es longtemps avant leur germination.</p>
<p>Son combat, il le m&egrave;ne depuis 15 ans. La R&eacute;sistance nationale, son mouvement, construit patiemment une alternative politique et intellectuelle.</p>
<p><strong>Ce qu'il enseigne, en substance :</strong></p>
<p>1. Le changement viendra peut-&ecirc;tre par les &eacute;lections, mais pas avec ce Conseil constitutionnel. Il faudra, apr&egrave;s la victoire, se battre pour r&eacute;cup&eacute;rer le pouvoir r&eacute;el.</p>
<p>2. Une fois ce pouvoir r&eacute;cup&eacute;r&eacute;, le peuple devra veiller &agrave; ce que les r&eacute;formes structurelles soient appliqu&eacute;es. La principale r&eacute;forme aujourd'hui, c'est l'ind&eacute;pendance du Conseil constitutionnel.</p>
<p><strong>Le t&eacute;moignage d'un citoyen :</strong></p>
<blockquote>
<p>"Hier je ne savais m&ecirc;me pas ce que c'&eacute;tait que le conseil constitutionnel. Aujourd'hui gr&acirc;ce &agrave; Kamto, je sais ce que c'est. Je suis capable de mesurer la gravit&eacute; de son mauvais fonctionnement et son impact sur la population. Je comprends ce qui ne va pas."</p>
</blockquote>
<h2>UNE BATAILLE QUI D&Eacute;PASSE UNE PLAINTE</h2>
<p>Le Conseil constitutionnel rendra sa d&eacute;cision. Elle sera n&eacute;gative. Kamto le sait.</p>
<p>Mais ce n'est pas un &eacute;chec. C'est une &eacute;tape.</p>
<p>Chaque Camerounais qui suit minutieusement Maurice Kamto, selon cette analyse, ne se bat pas seulement pour le changement. Ce Camerounais a une id&eacute;e concr&egrave;te de ce qu'il faut faire pour qu'il y ait le changement. Il sait o&ugrave; il faut toucher.</p>
<p>Si notre g&eacute;n&eacute;ration n'arrive pas &agrave; renverser ce r&eacute;gime, nos enfants s'appuieront sur les enseignements tir&eacute;s de ces combats. Ils continueront la lutte. Ils construiront un nouveau pays.</p>
<p>Car c'est cela, le v&eacute;ritable pouvoir : un peuple qui sait. Un peuple qui ne peut plus &ecirc;tre tromp&eacute;. Un peuple qui devient ingouvernable autrement que par le droit et le consentement.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-12 11:52:33</pubDate>
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      <title><![CDATA[ :: « Le Littoral aux Littoraliens » : le slogan qui fracture le Cameroun]]></title>
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      <description><![CDATA[Sans mandat ni étiquette partisane, Abel Elimbi Lobè transforme un
ressentiment identitaire latent en offensive politique, forçant le
Cameroun à regarder en fac...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Sans mandat ni &eacute;tiquette partisane, Abel Elimbi Lob&egrave; transforme un ressentiment identitaire latent en offensive politique, for&ccedil;ant le Cameroun &agrave; regarder en face un d&eacute;bat que ses &eacute;lites pr&eacute;f&egrave;rent soigneusement ignorer.</p>
<p>Il n'a pas de carte de parti. Pas de si&egrave;ge au Parlement. Pas m&ecirc;me un bureau officiel.</p>
<p>Et pourtant, le 6 juin dernier, c'est son slogan qu'on lisait sur les t-shirts de dizaines de manifestants sawa dans les rues de Douala. &laquo; Le Littoral aux Littoraliens. &raquo; Quatre mots. Une conviction. Et une question qui fait d&eacute;sormais trembler les &eacute;quilibres politiques d'un pays construit sur l'id&eacute;e fragile du vivre-ensemble.</p>
<p>Abel Elimbi Lob&egrave; n'est pas un inconnu. Mais il est devenu quelque chose de plus redoutable qu'un simple pol&eacute;miste : un r&eacute;v&eacute;lateur. De fractures. De silences. Et peut-&ecirc;tre, de ce que le Cameroun n'a jamais voulu se dire &agrave; lui-m&ecirc;me.</p>
<h2>L'agitateur sans mandat qui divise le Cameroun</h2>
<p>Ils &eacute;taient l&agrave;, par dizaines, dans les art&egrave;res de Douala, ce vendredi 6 juin. Des hommes et des femmes arborant fi&egrave;rement un t-shirt au message limpide : &laquo; Le Littoral aux Littoraliens &raquo;. Derri&egrave;re ce rassemblement d'autochtones sawa, une figure de plus en plus incontournable dans le paysage politique camerounais : Abel Elimbi Lob&egrave;, sexag&eacute;naire volubile, ancien op&eacute;rateur &eacute;conomique et dipl&ocirc;m&eacute; de l'universit&eacute; Cheikh-Anta-Diop de Dakar.</p>
<p>L'homme ne d&eacute;tient aucune fonction publique. Il n'est affili&eacute; &agrave; aucun parti. Mais &agrave; l'approche des &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales de 2026, son discours r&eacute;sonne de plus en plus fort et de plus en plus loin, de Paris &agrave; Washington en passant par Yaound&eacute;.</p>
<h2>Un tabou mis en pleine lumi&egrave;re</h2>
<p>Ce que soul&egrave;ve Elimbi Lob&egrave; n'est pas nouveau. C'est justement ce qui le rend explosif. Le Cameroun a longtemps g&eacute;r&eacute; ses tensions identitaires par le silence et la r&eacute;pression. En 2003, une r&eacute;union d'&eacute;lites du Grand Nord est dispers&eacute;e par les forces de l'ordre. En 2016, des revendications anglophones deviennent une guerre qui n'a toujours pas trouv&eacute; de fin. Le message de l'&Eacute;tat semblait grav&eacute; dans le marbre : les identit&eacute;s r&eacute;gionales ne se discutent pas.</p>
<p>Elimbi Lob&egrave;, lui, discute. Fort. Et en public.</p>
<p>Il plaide pour que les postes &eacute;lectifs du Littoral soient r&eacute;serv&eacute;s aux originaires de la r&eacute;gion. &laquo; Le Littoral appartient aux Littoraliens, mart&egrave;le-t-il. On ne veut plus voir des gens venus d'autres r&eacute;gions &ecirc;tre &eacute;lus ici. Fin de la r&eacute;cr&eacute;ation. &raquo; Pour l&eacute;gitimer sa position, il cite la Constitution, qui &eacute;voque la protection des minorit&eacute;s et des populations autochtones une lecture que les juristes r&eacute;cusent.</p>
<p>&laquo; &Ccedil;a n'a aucun sens &raquo;, tranche Me Achille Leudjio, avocat au barreau du Cameroun. L'article 171 du code &eacute;lectoral, rappelle-t-il, exige que les listes &eacute;lectorales refl&egrave;tent la composition sociologique <strong>globale</strong> de chaque circonscription pas seulement ses habitants &laquo;de souche&raquo;.</p>
<h2>Les chiffres, arbitres silencieux</h2>
<p>Les donn&eacute;es elles-m&ecirc;mes r&eacute;sistent aux caricatures. Dans la r&eacute;gion du Littoral, sept d&eacute;put&eacute;s sur dix-neuf sont allog&egrave;nes. Six mairies sur trente-quatre sont dirig&eacute;es par des non-originaires. Trop pour les uns, trop peu pour les autres. Dans ce flou statistique, les discours s'engouffrent.</p>
<p>Ce qui irrite le plus les observateurs, c'est la cible constante du discours d'Elimbi Lob&egrave; : les Bamil&eacute;k&eacute;s, communaut&eacute; qui a massivement migr&eacute; vers Douala au fil des d&eacute;cennies. Il les accuse d'un &laquo; ostracisme &raquo; envers les peuples sawa, cite des &eacute;pisodes historiques contest&eacute;s pour les charger symboliquement, et va jusqu'&agrave; leur enjoindre d'aller &laquo; se faire &eacute;lire chez eux &raquo;. Ces sorties lui ont valu plusieurs plaintes pour apologie du tribalisme et incitation &agrave; la haine que la justice ne semble pas press&eacute;e d'instruire.</p>
<h2>Yaound&eacute; : l'embarrassant silence</h2>
<p>C'est peut-&ecirc;tre l&agrave; que le myst&egrave;re est le plus &eacute;pais. Ni le ministre de la Communication Ren&eacute; Emmanuel Sadi, ni le pr&eacute;sident de la Commission pour le bilinguisme Peter Mafany Musonge, ni le tout-puissant ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji n'ont jug&eacute; utile de r&eacute;pondre publiquement. Un membre du gouvernement, Jean de Dieu Momo, pose m&ecirc;me &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s sur une photo partag&eacute;e sur les r&eacute;seaux sociaux. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute, lui, a fait supprimer une photo similaire apr&egrave;s un toll&eacute; en ligne.</p>
<p>Pendant ce temps, la t&eacute;l&eacute;vision nationale diffuse des spots sur le vivre-ensemble avant son journal du soir. Le contraste est saisissant.</p>
<p>Ce silence n'est pas anodin. Il trahit un embarras profond face &agrave; une question que l'&Eacute;tat camerounais n'a jamais su r&eacute;soudre : celle de la superposition entre autorit&eacute; nationale et tradition communautaire, h&eacute;ritage direct de la colonisation. &laquo; Tant que le mal n'est pas soign&eacute; &agrave; la racine, on perdra inutilement de l'&eacute;nergie &raquo;, juge le d&eacute;put&eacute; Cabral Libii, auteur d'un manifeste sur les communaut&eacute;s. Selon lui, le vrai probl&egrave;me tient &agrave; la confusion entretenue entre chefs traditionnels et auxiliaires de l'administration.</p>
<h2>Portrait d'un frustr&eacute;, ou d'un strat&egrave;ge ?</h2>
<p>Pour comprendre Elimbi Lob&egrave;, il faut remonter &agrave; ses ann&eacute;es au Social Democratic Front. Il y militait d&eacute;j&agrave; pour f&eacute;d&eacute;rer les originaires du Littoral face aux &eacute;lus allog&egrave;nes du parti. Deux fois devanc&eacute; pour la t&ecirc;te de la circonscription de Douala 5e d'abord par l'Anglophone Edward Nkembeng, ensuite par Jean-Michel Nintcheu , il finit par claquer la porte en 2016 apr&egrave;s une &eacute;lection interne qu'il juge frauduleuse.</p>
<p>&laquo; Il a tr&egrave;s mal v&eacute;cu ses &eacute;checs successifs au SDF, confie Carlos Ngoualem, son ancien camarade. &Ccedil;a a cr&eacute;&eacute; en lui une frustration et une aigreur vis-&agrave;-vis des allog&egrave;nes. &raquo; Depuis, son discours, jadis plus mod&eacute;r&eacute;, a op&eacute;r&eacute; un virage radical. Et son audience, elle, n'a fait que cro&icirc;tre.</p>
<h2>2026 : la vraie &eacute;preuve</h2>
<p>Reste la question centrale : ses id&eacute;es trouveront-elles des votes ? Les l&eacute;gislatives approchent. Le terrain identitaire est fertile mais instable. Et le Cameroun, qui a d&eacute;j&agrave; pay&eacute; le prix fort de ses fractures non r&eacute;solues, observe avec une inqui&eacute;tude croissante ce que l'inaction des pouvoirs publics pourrait laisser grandir.</p>
<p>Abel Elimbi Lob&egrave;, lui, promet de faire bouger les lignes. L'Histoire dira si ses compatriotes du Littoral lui en ont donn&eacute; les moyens.</p>]]></content:encoded>
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      <pubDate>2026-06-11 18:14:06</pubDate>
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