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    <title>Le flux rss de camer.be : POINTDEVUE</title>
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    <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
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    <lastBuildDate>Fri, 19 Jun 2026 11:14:30 +0200</lastBuildDate>
        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Le régime fuit les élections comme la peste : et si l'urne était son poison ? :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93703/30:27/cameroun-le-regime-fuit-les-elections-comme-la-peste-et-si-lurne-etait-son-poison-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[En trois mois, le régime de Paul Biya a violé à trois reprises la
Constitution camerounaise pour repousser les élections. L'opposant
Abdouraman Hamadou Babba li...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>En trois mois, le r&eacute;gime de Paul Biya a viol&eacute; &agrave; trois reprises la Constitution camerounaise pour repousser les &eacute;lections. L'opposant Abdouraman Hamadou Babba livre une analyse sans appel : le talon d'Achille du pouvoir se trouve dans l'urne, et c'est l&agrave; que le Peuple du Changement doit frapper.</p>
<p>Depuis mars 2026, le r&eacute;gime de Paul Biya a commis trois violations graves de la Constitution. Trois coups de force. Trois entorses &agrave; la loi fondamentale. Toujours pour la m&ecirc;me raison : fuir les &eacute;lections comme la peste.</p>
<p>Le 12 octobre 2025 devait &ecirc;tre un tournant. L'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle. Le peuple camerounais devait choisir son destin. Mais le r&eacute;gime a tout fait pour &eacute;loigner ce spectre. Prolongation du mandat des d&eacute;put&eacute;s. Prorogation ill&eacute;gale du mandat des conseillers municipaux. R&eacute;vision constitutionnelle pour r&eacute;gler la succession sans passer par les urnes.</p>
<p>Abdouraman Hamadou Babba, figure de l'opposition camerounaise, tire la sonnette d'alarme. Dans une tribune publi&eacute;e le 18 juin 2026, il pose un diagnostic implacable : &laquo; Voici pourquoi, &agrave; mon avis, le poison mortel pour le r&eacute;gime Biya-RDPC se trouve dans l'Urne. &raquo;</p>
<p>Le r&eacute;gime le sait. Il le montre par ses actes. Il fuit l'urne parce qu'il sait qu'elle est son talon d'Achille. Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; que le Peuple du Changement doit frapper.</p>
<h2>Un r&eacute;gime qui tremble devant les urnes</h2>
<p>Depuis son arriv&eacute;e au pouvoir en 1982, Paul Biya a toujours ma&icirc;tris&eacute; le calendrier &eacute;lectoral. Mais jamais peut-&ecirc;tre la peur des &eacute;lections n'avait &eacute;t&eacute; aussi palpable qu'en ce premier semestre 2026.</p>
<p>Le 12 octobre 2025, l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle a eu lieu. Paul Biya a &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute; vainqueur avec 53,66 % des suffrages face &agrave; Issa Tchiroma Bakary. Mais le r&eacute;gime n'a pas pour autant retrouv&eacute; sa s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. Car d'autres &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales approchaient. Et le pouvoir a tout fait pour les &eacute;viter.</p>
<p>&laquo; Partons du principe que les dirigeants actuels du Cameroun sont mieux plac&eacute;s pour d&eacute;terminer quelle est la principale menace pour la survie de leur r&eacute;gime &raquo;, &eacute;crit Abdouraman Hamadou Babba. &laquo; Il suffit donc d'analyser leur comportement et les actes qu'ils ont pos&eacute; ces derni&egrave;res semaines pour comprendre l&agrave; o&ugrave; r&eacute;side leur plus grande fragilit&eacute;, leur talon d'Achille. &raquo;</p>
<h2>Premi&egrave;re violation : l'article 15 (4) d&eacute;tourn&eacute;</h2>
<p>Le 19 mars 2026, le gouvernement camerounais d&eacute;pose &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale un projet de loi visant &agrave; prolonger le mandat des d&eacute;put&eacute;s. Le 23 mars, l'Assembl&eacute;e, largement acquise au RDPC, l'adopte. Les d&eacute;put&eacute;s restent en poste jusqu'au 20 d&eacute;cembre 2026.</p>
<p>Le gouvernement justifie cette prolongation par l'article 15 (4) de la Constitution, qui permet au Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, &laquo; <strong>en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l'exigent</strong> &raquo;, de solliciter une prorogation.</p>
<p>Mais pour l'opposition, c'est un d&eacute;tournement de sens. &laquo; Les critiques soutiennent que la d&eacute;cision du Pr&eacute;sident de reporter les &eacute;lections d'au moins un an dans les deux cas viole l'article 15 (4) de la Constitution &raquo;, note une analyse publi&eacute;e sur Democracy in Africa. L'article n'a jamais &eacute;t&eacute; con&ccedil;u pour permettre une prolongation arbitraire du mandat des d&eacute;put&eacute;s.</p>
<h2>Deuxi&egrave;me violation : le principe de non-r&eacute;troactivit&eacute; bafou&eacute;</h2>
<p>Le 4 mai 2026, un d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel prolonge le mandat des conseillers municipaux &eacute;lus en f&eacute;vrier 2020. Leur mandat, qui devait s'achever, est prorog&eacute; jusqu'en 2027.</p>
<p>L'opposition, men&eacute;e par Maurice Kamto, saisit le Conseil constitutionnel. L'argument est juridique : la loi utilis&eacute;e pour cette prolongation a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e le 14 avril 2026. Elle est appliqu&eacute;e &agrave; des mandats d&eacute;j&agrave; en cours. <strong>C'est une violation du principe de non-r&eacute;troactivit&eacute; des lois</strong>, pourtant inscrit &laquo; en marbre dans le pr&eacute;ambule de la Constitution &raquo;.</p>
<p>&laquo; <strong>Le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique a manifestement viol&eacute; le principe de la non-r&eacute;troactivit&eacute; consacr&eacute; par la Constitution en son pr&eacute;ambul</strong>e &raquo;, d&eacute;nonce Maurice Kamto.</p>
<h2>Troisi&egrave;me violation : l'article 64 pour une succession sans &eacute;lection</h2>
<p>Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais adopte une r&eacute;vision constitutionnelle majeure. Elle cr&eacute;e un poste de vice-pr&eacute;sident, que le pr&eacute;sident sortant pourrait nommer sans passer par les urnes.</p>
<p>Ce n'est pas une r&eacute;forme anodine. Il s'agit de r&eacute;gler la succession de Paul Biya. Sans &eacute;lection. Sans consultation du peuple.</p>
<p>L'article 64 de la Constitution dispose qu'&laquo; <strong>aucune proc&eacute;dure de r&eacute;vision ne peut &ecirc;tre retenue si elle porte atteinte &agrave; la forme r&eacute;publicaine, &agrave; l'unit&eacute; et &agrave; l'int&eacute;grit&eacute; territoriale de l'&Eacute;tat et aux principes d&eacute;mocratiques qui r&eacute;gissent la R&eacute;publiqu</strong>e &raquo;.</p>
<p>Pour les opposants, cette r&eacute;vision est une violation flagrante. Roger Justin Noah, cadre du MRC, accuse le r&eacute;gime d'avoir &laquo; viol&eacute; la constitution en son article 64 &raquo;. Abdouraman Hamadou Babba est tout aussi cat&eacute;gorique : donner le pouvoir &agrave; une seule personne de nommer le pr&eacute;sident &laquo; revient &agrave; assassiner la d&eacute;mocratie &raquo;.</p>
<h2>Une strat&eacute;gie claire : fuir les &eacute;lections</h2>
<p>Trois violations. Trois mois. Une seule logique : &eacute;loigner le plus possible le spectre des &eacute;lections.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Depuis le mois de mars, &agrave; trois reprises, ils ont viol&eacute; de mani&egrave;re grave la Constitution du Cameroun pour la m&ecirc;me raison : fuir les &eacute;lections comme la peste, en &eacute;loignant le maximum possible le spectre du 12 octobre 2025 ! &raquo; &eacute;crit Abdouraman Hamadou Babba.</p>
</blockquote>
<p>Le r&eacute;gime a peur. Peur de l'urne. Peur du verdict populaire. Peur de ce moment o&ugrave; les Camerounais pourraient enfin s'exprimer librement.</p>
<h2>La solution : faire son lit dans l'urne</h2>
<p>Face &agrave; cette strat&eacute;gie de la peur, Abdouraman Hamadou Babba propose une r&eacute;ponse claire : le Peuple du Changement doit investir l'urne.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Le Peuple du Changement doit donc : faire son lit &agrave; l'endroit que ces dirigeants fuient, dans l'Urne ; construire une coalition en son sein, ind&eacute;pendamment des chapelles politiques ; transformer les prochaines &eacute;lections en un r&eacute;f&eacute;rendum pour ou contre la continuit&eacute; du r&eacute;gime Biya-RDPC. &raquo;</p>
</blockquote>
<p>L'id&eacute;e est simple mais puissante. Si le r&eacute;gime fuit les &eacute;lections, c'est qu'il les redoute. C'est donc l&agrave; qu'il faut le frapper. Pas dans la rue, pas dans des affrontements st&eacute;riles, mais dans l'urne, l&agrave; o&ugrave; le pouvoir a montr&eacute; sa vuln&eacute;rabilit&eacute;.</p>
<h2>&Agrave; ceux qui doutent</h2>
<p>Certains opposants estiment que voter est inutile. Que les r&eacute;sultats seront de toute fa&ccedil;on d&eacute;tourn&eacute;s. Que le jeu est truqu&eacute;.</p>
<p>Abdouraman Hamadou Babba leur r&eacute;pond :</p>
<blockquote>
<p>&laquo; &Agrave; ceux qui se demandent &agrave; quoi cela sert d'aller &agrave; des &eacute;lections dont on sait que les r&eacute;sultats seront d&eacute;tourn&eacute;s, je leur r&eacute;ponds ceci : chaque d&eacute;tournement ou tentative de d&eacute;tournement des r&eacute;sultats des &eacute;lections induit automatiquement, pour le r&eacute;gime Biya-RDPC, le risque majeur de voir le Peuple souverain se lever comme un seul homme pour d&eacute;fendre et r&eacute;cup&eacute;rer son d&ucirc; ! &raquo;</p>
</blockquote>
<p>Autrement dit : le d&eacute;tournement des urnes, c'est le r&eacute;gime qui le craint. Pas le peuple. Car un scrutin truqu&eacute;, c'est une l&eacute;gitimit&eacute; fragile. Un peuple qui sait qu'on lui a vol&eacute; sa voix, c'est un peuple qui peut se lever.</p>
<h2>L'enjeu : la survie du r&eacute;gime</h2>
<p>Le r&eacute;gime Biya-RDPC a 44 ans. Il a surv&eacute;cu &agrave; tout : crises &eacute;conomiques, r&eacute;cessions, contestations sociales, pressions internationales. Mais il y a une chose qu'il n'a jamais vraiment affront&eacute;e : <strong>une &eacute;lection libre et transparente</strong>.</p>
<p>Le pouvoir le sait. Les violations constitutionnelles de ces derniers mois le prouvent. L'urne est son talon d'Achille. C'est l&agrave; que le r&eacute;gime est le plus vuln&eacute;rable. C'est l&agrave; que le Peuple du Changement doit le frapper.</p>
<hr />
<blockquote>
<p>Voici pourquoi, &agrave; mon avis, le poison mortel pour le r&eacute;gime Biya-RDPC se trouve dans l&rsquo;Urne.<br />Partons du principe que les dirigeants actuels du Cameroun sont mieux plac&eacute;s pour d&eacute;terminer quelle est la principale menace pour la survie de leur r&eacute;gime.<br />Il suffit donc d&rsquo;analyser leur comportement et les actes qu&rsquo;ils ont pos&eacute; ces derni&egrave;res semaines pour comprendre l&agrave; o&ugrave; r&eacute;side leur plus grande fragilit&eacute;, leur talon d&rsquo;Achille.<br />Depuis le mois de mars, &agrave; trois reprises, ils ont viol&eacute; de mani&egrave;re grave la Constitution du Cameroun pour la m&ecirc;me raison : fuir les &eacute;lections comme la peste, en &eacute;loignant le maximum possible le spectre du 12 octobre 2025 !<br />Ils ont donc :<br />- d&eacute;tourn&eacute;, d&eacute;natur&eacute; et viol&eacute; l&rsquo;article 15 (4) de la Constitution pour prolonger le mandat des d&eacute;put&eacute;s afin d&rsquo;&eacute;viter les &eacute;lections ;<br />- viol&eacute; le sacro-saint principe de non-r&eacute;troactivit&eacute; des lois, pourtant inscrit en marbre dans le pr&eacute;ambule de la Constitution, pour prolonger le mandats des conseillers municipaux et ainsi &eacute;viter les &eacute;lections ;<br />- viol&eacute; l&rsquo;article 64 de la Constitution pour r&eacute;gler la succession du Pr&eacute;sident Biya en &eacute;vitant de passer par les &eacute;lections.<br />Au vu de cette situation , le Peuple du Changement doit donc :<br />- faire son lit &agrave; l&rsquo;endroit que ces dirigeants fuient, dans l&rsquo;Urne ;<br />- construire une coalition en son sein, ind&eacute;pendamment des chapelles politiques ;<br />- transformer les prochaines &eacute;lections en un r&eacute;f&eacute;rendum pour ou contre la continuit&eacute; du r&eacute;gime Biya-RDPC.<br />&Agrave; ceux qui se demandent &agrave; quoi cela sert d&rsquo;aller &agrave; des &eacute;lections dont on sait que les r&eacute;sultats seront d&eacute;tourn&eacute;s, je leur r&eacute;ponds ceci : chaque d&eacute;tournement ou tentative de d&eacute;tournement des r&eacute;sultats des &eacute;lections induit automatiquement, pour le r&eacute;gime Biya-RDPC, le risque majeur de voir le Peuple souverain se lever comme un seul homme pour d&eacute;fendre et r&eacute;cup&eacute;rer son d&ucirc; !<br />Abdouraman Hamadou Babba</p>
</blockquote>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Avec Abdouraman Hamadou Babba</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-19 11:04:11</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: UN CERTAIN MONSIEUR NGUEFACK :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93702/30:27/cameroun-un-certain-monsieur-nguefack-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Sans doute un poison violent comme source de la recrudescence des
diatribes ethno-tribales dans la capitale économique

Ce qui est en cause, ce n’est ni la hain...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Sans doute un poison violent comme source de la recrudescence des diatribes ethno-tribales dans la capitale &eacute;conomique</p>
<p>Ce qui est en cause, ce n&rsquo;est ni la haine ni la jalousie contre une ethnie, c&rsquo;est la manifestation d&rsquo;un instinct profond de survie, d&rsquo;un doute sur la r&eacute;sistance dans la post&eacute;rit&eacute;, et d&rsquo;une perte pour certains des &eacute;l&eacute;ments culturels du creuset de leur identit&eacute; et valeurs ancestrales. Ne pas le comprendre, ne pas le consid&eacute;rer, ne pas l&rsquo;accepter et le traiter honn&ecirc;tement est une faute. Il y a dor&eacute;navant un devoir imp&eacute;rieux d&rsquo;assurer la ma&icirc;trise de cette question p&eacute;renne.</p>
<p>La pire des mani&egrave;res d&rsquo;aborder un probl&egrave;me, c&rsquo;est de le consid&eacute;rer au premier degr&eacute;, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;en appr&eacute;hender seulement les cons&eacute;quences et traductions imm&eacute;diates, sans chercher &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir, &agrave; s&rsquo;interroger &agrave; la fois sur les sources r&eacute;elles et profondes, les cons&eacute;quences et implications effectives ainsi que la projection des effets collat&eacute;raux sur la post&eacute;rit&eacute;. Toutes les composantes culturelles de notre pays ont un &eacute;gal int&eacute;r&ecirc;t, une &eacute;gale pr&eacute;occupation et un &eacute;gal amour pour la patrie, pour son progr&egrave;s, pour son d&eacute;veloppement et pour son rayonnement, n&rsquo;en d&eacute;plaise &agrave; quelques cingl&eacute;s et &eacute;gar&eacute;s qui travaillent &agrave; l&rsquo;envers et trahissent des instincts regrettables. Mais le dire, l&rsquo;affirmer, c&rsquo;est automatiquement s&rsquo;inscrire dans une volont&eacute; et surtout une obligation de protection, de solidarit&eacute;, de compassion, de bonheur, d&rsquo;attention et de survie pour tous.</p>
<p>Dans le champ chaotique construit malheureusement et insidieusement par la prolif&eacute;ration des discours inad&eacute;quats et abjects qui se nourrissent des faits divers toxiques, on a le sentiment que nombre de grands esprits perdent le nord, s&rsquo;&eacute;loignent de la raison et versent dans l&rsquo;accompagnement des haines et l&rsquo;aggravation des pr&eacute;judices. Le break s&rsquo;impose.</p>
<p>Des noms, des causes, des plaintes, des revendications ainsi que des appels et des recommandations fusent de partout, exprimant plus la vivacit&eacute; d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; en &eacute;bullition troubl&eacute;e et inqui&egrave;te pour son futur, que l&rsquo;existence ou le d&eacute;veloppement r&eacute;el d&rsquo;une ambition de guerre civile voire de division et de fracture de notre pays. Il importe en cons&eacute;quence de savoir et pouvoir circonscrire les faits, les sources, les acteurs et les implications. A trop &eacute;taler et tirer par devant les moindres incidents, nous ne rendons pas service &agrave; nos familles, &agrave; nos enfants. Les crimes rituels existent et ont toujours exist&eacute;, les provocations m&ecirc;me gratuites ou soutenues par quelques folies et d&eacute;rapages manipul&eacute;s existent et ont toujours exist&eacute;. Et puis, &agrave; chaque moment de l&rsquo;histoire d&rsquo;une nation, d&rsquo;une cit&eacute;, d&rsquo;une communaut&eacute; de gens, peut &eacute;merger une source de polarisation n&eacute;gative, un nom, une &eacute;tincelle. Tout le monde &agrave; Douala vous parlera d&rsquo;un certain monsieur Nguefack, lequel commanderait des magistrats, des chefs de terre, des chefs de guerre, des plumes de journalistes, et qui serait le chef des chefs intronis&eacute; on ne sait comment pour les transactions fonci&egrave;res gloutonnes. Il n&rsquo;est pas Chinois, il est bien Camerounais.</p>
<p>A la v&eacute;rit&eacute;, l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; nous commande de saluer le g&eacute;nie, la ruse, le cynisme et l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise outrancier de certains individus, mais au-del&agrave;, mais pour cela, mais &agrave; cause de cela, si la coh&eacute;sion nationale doit p&acirc;tir de leurs m&eacute;thodes, de leurs m&eacute;canismes, de leur peu de consid&eacute;ration pour la post&eacute;rit&eacute; et pour la solidarit&eacute; nationale, alors il y a un probl&egrave;me. Il s&rsquo;agit donc de l&rsquo;art et de la mani&egrave;re, d&rsquo;en produire un jugement correct &agrave; l&rsquo;observation. Levez-vous pour parler de CONGELCAM, et je vous expliquerai comment un petit d&eacute;brouillard, vendeur sur les &eacute;tals de petits tas de trois quatre voire cinq poissons, a travaill&eacute; durant quatre d&eacute;cennies pour se projeter aux sommets et aux quatre coins du pays. L&agrave;, levez-vous, saluez et faites profil bas. Par contre entendre qu&rsquo;un monsieur sorti de l&rsquo;au-del&agrave;, a cr&eacute;&eacute; sa propre chefferie, dans les terres d&rsquo;une entit&eacute; traditionnelle remplie de coutumes et de valeurs propres, c&rsquo;est tout &agrave; fait un autre d&eacute;bat. J&rsquo;ai grandi sur les berges du Wouri, &agrave; Deido, mais comment m&rsquo;imagier cr&eacute;ant ma propre chefferie au milieu des terres Sawa de D&eacute;ido ? Non, non, non. ,</p>
<p>Le ph&eacute;nom&egrave;ne Nguefack &agrave; Douala est une terrible et insoutenable h&eacute;r&eacute;sie, et pour lui comme pour ceux qui croient cr&eacute;er leur propre chefferie partout, avec la corruption de certains pr&eacute;pos&eacute;s de l&rsquo;Etat, ce n&rsquo;est pas seulement inacceptable, c&rsquo;est dangereux. On peut devenir Maire &agrave; Ed&eacute;a ou &agrave; Kribi sans &ecirc;tre Bassa ou Batanga, mais chef traditionnel, c&rsquo;est non, absolument non. Fermez le d&eacute;bat et parlons d&rsquo;autre chose, de la paix au Cameroun, de notre destin commun, de nos r&ecirc;ves pour une soci&eacute;t&eacute; apais&eacute;e, pour la r&eacute;conciliation des c&oelig;urs./.</p>
<p>Yaound&eacute;, le 18 juin 2026</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Shanda Tonme</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-19 10:45:49</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: La finance islamique est un levier structurant longtemps négligé :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93700/30:27/cameroun-la-finance-islamique-est-un-levier-structurant-longtemps-neglige-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Rendons-nous à l’évidence et disons-nous nos vérités : le
Cameroun est déjà entré dans la phase de surendettement
c’est-à-dire du défaut de paiement. Les financ...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Rendons-nous &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence et disons-nous nos v&eacute;rit&eacute;s : le Cameroun est d&eacute;j&agrave; entr&eacute; dans la phase de surendettement c&rsquo;est-&agrave;-dire du d&eacute;faut de paiement. Les finances du pays sont mauvaises. Le camp des populistes va rechercher des coupables. Notre camp recherche des solutions. La maison familiale br&ucirc;le : avant de chercher qui a mis le feu &agrave; la baraque, il faut d&rsquo;abord &eacute;teindre l&rsquo;incendie. Le Cameroun est au niveau o&ugrave; il lui faut des leviers durables pour financer son d&eacute;veloppement, diversifier ses sources de capitaux et renforcer l&rsquo;inclusion financi&egrave;re. La finance islamique s&rsquo;impose comme une solution concr&egrave;te, &eacute;prouv&eacute;e et encore largement sous-exploit&eacute;e. Voici pourquoi.</p>
<p><strong>UN MOD&Egrave;LE DESINTERESSE ET FORG&Eacute; DANS LA RIGUEUR ET LA DISCIPLINE</strong></p>
<p>Il convient de dissiper d&rsquo;embl&eacute;e une id&eacute;e re&ccedil;ue : la finance islamique n&rsquo;est pas une finance r&eacute;serv&eacute;e aux musulmans. C&rsquo;est un syst&egrave;me financier fond&eacute; sur des principes &eacute;conomiques et &eacute;thiques universels ; elle interdit entre autres le Riba (l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t usuraire), le Gharar (la sp&eacute;culation excessive) et oblige tout financement &agrave; &ecirc;tre adoss&eacute; &agrave; un actif r&eacute;el. L&rsquo;argent y est un moyen, et non une marchandise. Ce mod&egrave;le int&eacute;resse de plus en plus parce que notre monde croupit sous les d&eacute;combres de la sp&eacute;culation. En 2026, le Cameroun ne peut plus aller vers la sp&eacute;culation. Lors de la crise financi&egrave;re mondiale de 2008, les banques islamiques ont d&eacute;montr&eacute; une r&eacute;silience remarquable, pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu&rsquo;elles n&rsquo;&eacute;taient pas expos&eacute;es aux produits d&eacute;riv&eacute;s toxiques qui ont fait vaciller le syst&egrave;me financier occidental. Ce n&rsquo;est pas un argument th&eacute;ologique ; c&rsquo;est un argument &eacute;conomique.&nbsp;</p>
<p><strong>QU&rsquo;EST-CE QUI CHANGE ET QU&rsquo;EST-CE QU&rsquo;ELLE APPORTE EN PLUS ?</strong></p>
<p>L&rsquo;on part de la logique de bailleurs de fonds vers la logique de partenaires des projets. &Ccedil;a change tout. Pourquoi ? Parce que dans le syst&egrave;me financier traditionnel, le bailleur de fonds se contente de calculer ses int&eacute;r&ecirc;ts. Dans la finance islamique, l&rsquo;on partage les risques et les pertes. En 2026, le Cameroun doit privil&eacute;gier un partenaire financier qui ne sp&eacute;cule pas sur les taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts et qui accepte de partage le risque pays. &laquo; Le pays est risqu&eacute; &raquo;, comme le disent les Camerounais eux-m&ecirc;mes. Dans un syst&egrave;me de partage des profits, les banques islamiques supportent le poids de l'incertitude avec l'entrepreneur. Le pr&ecirc;teur comme l'emprunteur participent aux b&eacute;n&eacute;fices comme aux risques, selon le principe "al ghunm bi al Ghurm" (profit pour le risque). Les grands principes dans la finance islamiques sont entre autres l'interdiction du Riba (l'int&eacute;r&ecirc;t). Le taux d'int&eacute;r&ecirc;t est assimil&eacute; &agrave; l'usure. Le Riba se d&eacute;finit comme &laquo; tout avantage ou surplus per&ccedil;u par l'un des contractants sans aucune contrepartie acceptable et l&eacute;gitime &raquo;. L'argent est per&ccedil;u comme un &laquo; moyen d'&eacute;change &raquo; et non comme une &laquo;marchandise &raquo;. Aussi, toute transaction doit &ecirc;tre adoss&eacute;e &agrave; un actif tangible. Ce principe vise &agrave; pallier la d&eacute;connexion entre la sph&egrave;re financi&egrave;re et la sph&egrave;re r&eacute;elle, faisant de la finance islamique une finance &laquo; au service de l'&eacute;conomie r&eacute;elle qui facilite la production et l'&eacute;change de biens et de services &raquo;. Il y a par ailleurs l'interdiction de la sp&eacute;culation excessive (Gharar) et des transactions assimilables aux jeux de hasard (Maysir). Les produits d&eacute;riv&eacute;s conventionnels tels que les swaps et les options utilis&eacute;s &agrave; des fins purement sp&eacute;culatives sont donc interdits. Il y a clairement l'interdiction des secteurs illicites comme l'alcool qui est devenu l&rsquo;opium du peuple au Cameroun. Il s&rsquo;agit simplement du principe de discipline que l&rsquo;on requiert dans la bonne gouvernance et qui manque cruellement dans la gestion des finances publiques au Cameroun.</p>
<p><strong>UNE PRESENCE REELLE, MAIS TRES TIMIDE AU CAMEROUN</strong></p>
<p>Depuis l&rsquo;adh&eacute;sion du Cameroun &agrave; l&rsquo;Organisation de la Coop&eacute;ration Islamique (OCI) en 1974, la coop&eacute;ration islamique a inject&eacute; plus de 514 milliards FCFA dans l&rsquo;&eacute;conomie nationale &agrave; travers ses institutions financi&egrave;res. C&rsquo;est bien mais, c&rsquo;est tr&egrave;s timide en 52 ans ! La Banque Islamique de D&eacute;veloppement (BID) en est le principal bras arm&eacute;. En octobre 2024, le minist&egrave;re de l&rsquo;&Eacute;conomie (Minepat) a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que le portefeuille actif de la BID au Cameroun compte 17 projets en cours pour une enveloppe de 582,4 milliards de FCFA. Ces projets couvrent &agrave; 43 % le secteur des transports. Au-del&agrave; des infrastructures, la BID finance &eacute;galement le secteur productif. La Sodecoton a ainsi b&eacute;n&eacute;fici&eacute; en 2023 d&rsquo;une subvention de 65 milliards FCFA. Une d&eacute;l&eacute;gation de la BID a en outre s&eacute;journ&eacute; au Cameroun pour examiner un nouveau programme de financement couvrant la p&eacute;riode 2025-2027. Dans le secteur bancaire national, la finance islamique est encore embryonnaire. Le tableau reste pr&eacute;occupant. Sur 17 banques commerciales et plus de 412 &eacute;tablissements de microfinance que compte le pays, seules 4 banques et 2 microfinances proposent des produits islamiques : Afriland First Bank (guichet sp&eacute;cial), CCA Bank, Ecobank, UBA, Savana S.A. et CDC Bomtock S.A. Ce d&eacute;s&eacute;quilibre t&eacute;moigne d&rsquo;un potentiel largement inexploit&eacute;.&nbsp;</p>
<p><strong>CONCRETEMENT, QUELS SONT LES LEVIERS QU&rsquo;IL FAUT ACTIVER ?</strong></p>
<p>1. Inclure les exclus du syst&egrave;me bancaire classique : Des millions de Camerounais s&rsquo;autoexcluent du syst&egrave;me bancaire par m&eacute;fiance vis-&agrave;-vis des int&eacute;r&ecirc;ts bancaires. La microfinance islamique peut les atteindre l&agrave; o&ugrave; le cr&eacute;dit classique &eacute;choue. La plateforme Savana Diaspora Connect, lanc&eacute;e par Savana Finance en 2026, illustre cette dynamique : adoss&eacute;e aux principes islamiques, elle cible les transferts de la diaspora camerounaise qui a achemin&eacute; 652 milliards FCFA vers le pays en 2024.<br />2. Financer les PME autrement : Les PME camerounaises se heurtent &agrave; un mur : garanties insuffisantes, taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t prohibitifs, d&eacute;lais d&rsquo;instruction interminables. La finance islamique propose une alternative fond&eacute;e non pas sur la solvabilit&eacute; du client mais sur la viabilit&eacute; du projet. La banque islamique n&rsquo;est pas un pr&ecirc;teur ; elle est un partenaire. Elle partage le risque, ce qui l&rsquo;incite &agrave; s&rsquo;impliquer dans la r&eacute;ussite du projet.<br />3. Financer les infrastructures publiques par les Sukuk : Le Cameroun a besoin de routes, de centrales &eacute;lectriques, d&rsquo;&eacute;coles, d&rsquo;h&ocirc;pitaux. Mais l&rsquo;espace budg&eacute;taire est contraint et la dette conventionnelle d&eacute;j&agrave; significative. Les Sukuk qui sont des obligations islamiques adoss&eacute;es &agrave; des actifs tangibles, permettent de lever des capitaux sur les march&eacute;s du Golfe Persique et d&rsquo;Asie du Sud-Est sans alourdir la dette souveraine classique. Des pays comme le Maroc, la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et le S&eacute;n&eacute;gal ont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; emprunt&eacute; cette voie. Le Cameroun doit y venir.<br />4. R&eacute;duire la vuln&eacute;rabilit&eacute; aux chocs financiers : En interdisant les instruments sp&eacute;culatifs et en ancrant chaque transaction dans l&rsquo;&eacute;conomie r&eacute;elle, la finance islamique r&eacute;duit m&eacute;caniquement l&rsquo;exposition de l&rsquo;architecture financi&egrave;re aux bulles et aux crises syst&eacute;miques. Ce n&rsquo;est pas de la pruderie financi&egrave;re ; c&rsquo;est de la robustesse macro&eacute;conomique.<br />5. Capter les capitaux islamiques mondiaux : Les actifs de la finance islamique mondiale d&eacute;passent 3 500 milliards de dollars. Ces capitaux cherchent des destinations conformes &agrave; leurs crit&egrave;res &eacute;thiques. Le Cameroun, avec sa stabilit&eacute; relative, son potentiel agricole et industriel, et sa position g&eacute;ostrat&eacute;gique en Afrique centrale, repr&eacute;sente une destination cr&eacute;dible &agrave; condition de cr&eacute;er le cadre r&eacute;glementaire et institutionnel ad&eacute;quat.</p>
<p><strong>LES CONDITIONS DU SUCC&Egrave;S : CE QU&rsquo;IL FAUT FAIRE</strong></p>
<p>Pour que la finance islamique tienne ses promesses au Cameroun, quatre actions sont indispensables :<br />1. Communiquer et d&eacute;confessionnaliser : la finance islamique n&rsquo;est pas l&rsquo;apanage de la communaut&eacute; musulmane. Une strat&eacute;gie de communication offensive doit en faire un produit universel, &eacute;thique, solide et accessible &agrave; tous les Camerounais.<br />2. Adapter le cadre r&eacute;glementaire : la COBAC (Commission Bancaire de l&rsquo;Afrique Centrale) doit &eacute;laborer des normes prudentielles sp&eacute;cifiques aux produits islamiques, &agrave; l&rsquo;image de ce que la Banque Centrale du Maroc a accompli en deux d&eacute;cennies. Si la COBAC tra&icirc;ne le pas, alors le gouvernement camerounais doit prendre ses responsabilit&eacute;s comme sur les fonds en d&eacute;sh&eacute;rence.<br />3. Former les ressources humaines : la finance islamique exige des comp&eacute;tences sp&eacute;cifiques aujourd&rsquo;hui absentes dans les cursus universitaires camerounais. Mais, on peut commencer avec des ateliers de renforcement des capacit&eacute;s sur ses instruments vari&eacute;s et adaptables qui sont : la Mourabaha (achat-revente avec marge), la Moucharaka (partenariat), la Moudaraba (capital-risque islamique), l&rsquo;Ijara (cr&eacute;dit-bail), l&rsquo;Istisna&rsquo;a (financement de construction), le Salam (paiement anticip&eacute; pour l&rsquo;agriculture), les Sukuk (obligations islamiques) et le Takaful (assurance mutuelle islamique).<br />4. Cr&eacute;er des incitations fiscales : l&rsquo;administration fiscale doit garantir la neutralit&eacute; fiscale entre la Mourabaha et un cr&eacute;dit classique, pour &eacute;viter la double imposition qui p&eacute;nalise actuellement les produits islamiques.</p>
<p>Le Cameroun est &agrave; un tournant. La strat&eacute;gie nationale de d&eacute;veloppement (SND30) a identifi&eacute; la diversification des sources de financement comme une priorit&eacute;. La finance islamique n&rsquo;est pas une option ; c&rsquo;est un compl&eacute;ment structurant, document&eacute;, op&eacute;rationnel, qui a fait ses preuves dans des dizaines de pays &eacute;mergents. Le pays dispose de tous les atouts pour en b&eacute;n&eacute;ficier. Ce qui manque, c&rsquo;est la volont&eacute; politique de construire le cadre institutionnel qui permettra &agrave; ces capitaux de se d&eacute;ployer.</p>
<p>La vraie question n&rsquo;est pas de savoir si le Cameroun peut se permettre de d&eacute;velopper la finance islamique. C&rsquo;est de savoir s&rsquo;il peut se permettre de ne pas le faire.</p>
<p><em>Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD &amp; HDR</em><br /><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident Nationale SDF</em></p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Par Louis Marie Kakdeu</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-19 09:00:46</pubDate>
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                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[Chemin de fer Cameroun-Tchad : au-delà du tracé, une crise de crédibilité :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93670/30:27/chemin-de-fer-cameroun-tchad-au-dela-du-trace-une-crise-de-credibilite-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Le refus du Tchad face au tracé du chemin de fer Cameroun-Tchad
révèle une pathologie profonde : un système de gouvernance qui
décide verticalement plutôt que d...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le refus du Tchad face au trac&eacute; du chemin de fer Cameroun-Tchad r&eacute;v&egrave;le une pathologie profonde : un syst&egrave;me de gouvernance qui d&eacute;cide verticalement plut&ocirc;t que de construire un consensus r&eacute;gional.</p>
<p>C'&eacute;tait cens&eacute; &ecirc;tre un projet d'int&eacute;gration r&eacute;gionale.</p>
<p>Une simple question de trac&eacute; ferroviaire. Une infrastructure pour servir les deux &Eacute;tats. Un corridor commercial cr&eacute;ant de la richesse commune.</p>
<p>Mais le Tchad a dit non.</p>
<p>Et maintenant, tous les observateurs se posent la m&ecirc;me question : <strong>pourquoi un projet cens&eacute; &ecirc;tre gagnant-gagnant devient-il un enjeu de pouvoir ?</strong></p>
<p>La r&eacute;ponse r&eacute;v&egrave;le bien plus qu'une dispute technique.</p>
<p>Elle expose les <strong>fractures profondes</strong> dans la mani&egrave;re dont le Cameroun gouverne ses relations avec ses partenaires r&eacute;gionaux. Depuis soixante ans d'ind&eacute;pendance, le pays r&eacute;p&egrave;te le m&ecirc;me sch&eacute;ma : <strong>d&eacute;cider en haut, annoncer publiquement, puis d&eacute;couvrir trop tard les objections</strong>.</p>
<p>Aujourd'hui, cette pratique revient le rattraper.</p>
<h2>UN REFUS QUI EN DIT LONG</h2>
<p>Le Tchad a clairement signal&eacute; son opposition au trac&eacute; propos&eacute; du chemin de fer Cameroun-Tchad.</p>
<p>Ce n'est pas qu'un d&eacute;saccord technique.</p>
<p>C'est un message politique.</p>
<p>N'Djamena affirme : <strong>les projets r&eacute;gionaux ne se d&eacute;cident plus de mani&egrave;re unilat&eacute;rale.</strong></p>
<p>Un partenaire strat&eacute;gique n'est pas un simple consommateur d'infrastructure. C'est un copropri&eacute;taire des d&eacute;cisions qui le concernent.</p>
<p>Le Tchad envoie le signal qu'il attend une coop&eacute;ration v&eacute;ritable, pas une imposition d&eacute;guis&eacute;e.</p>
<h2>LE PROJET : BIEN PLUS QU'UN RAIL</h2>
<p>Pour le Cameroun et le Tchad, ce chemin de fer repr&eacute;sente bien plus qu'une ligne de transport.</p>
<p>C'est :</p>
<p><strong>Un corridor commercial strat&eacute;gique</strong> permettant l'acheminement des marchandises sans passer par d'autres pays</p>
<p><strong>Un outil d'int&eacute;gration r&eacute;gionale</strong> renfor&ccedil;ant les liens &eacute;conomiques et politiques entre &Eacute;tats</p>
<p><strong>Un levier de d&eacute;senclavement</strong> pour le Tchad, pays sans acc&egrave;s maritime, c'est vital</p>
<p><strong>Un instrument de comp&eacute;titivit&eacute;</strong> placer les deux &Eacute;tats en position centrale des routes commerciales africaines</p>
<p><strong>Un facteur de stabilit&eacute; r&eacute;gionale</strong> les infrastructures r&eacute;duisent les tensions en cr&eacute;ant l'interd&eacute;pendance</p>
<p>Mais ici g&icirc;t le probl&egrave;me fondamental : <strong>si le Tchad ne se sent pas copilote de ce projet, il ne peut pas y adh&eacute;rer.</strong></p>
<h2>III. LA PREMI&Egrave;RE TARE : LA CULTURE DE LA D&Eacute;CISION VERTICALE</h2>
<p>Pendant des d&eacute;cennies, l'administration camerounaise a fonctionn&eacute; selon un mod&egrave;le profond&eacute;ment centralis&eacute;.</p>
<p>Les d&eacute;cisions se prennent en haut. Elles deviennent des faits accomplis. On les annonce. On s'attend &agrave; ce qu'elles soient accept&eacute;es.</p>
<p>Ce syst&egrave;me produit toujours les m&ecirc;mes r&eacute;sultats :</p>
<p><strong>Concertation insuffisante</strong> les partenaires ne sont consult&eacute;s qu'apr&egrave;s coup</p>
<p><strong>Appropriation faible</strong> on ne se sent pas propri&eacute;taire d'une d&eacute;cision impos&eacute;e</p>
<p><strong>Blocages ult&eacute;rieurs</strong> les objections apparaissent trop tard pour &ecirc;tre int&eacute;gr&eacute;es</p>
<p><strong>Contestations &eacute;ternelles</strong> les d&eacute;saccords s'&eacute;ternisent parce qu'on ne les a pas anticip&eacute;s</p>
<p>Le dossier du rail Cameroun-Tchad semble reproduire exactement ce sch&eacute;ma.</p>
<p>La r&egrave;gle d'or de la gouvernance moderne est simple : on n&eacute;gocie avant de tracer. On ne trace pas avant de n&eacute;gocier.</p>
<h2>LA DEUXI&Egrave;ME TARE : L'ABSENCE DE VISION R&Eacute;GIONALE COH&Eacute;RENTE</h2>
<p>Le Cameroun aime se pr&eacute;senter comme la <strong>locomotive &eacute;conomique de l'Afrique centrale</strong>.</p>
<p>Une belle image. Un r&ocirc;le prestigieux.</p>
<p>Mais une locomotive ne peut avancer seule. Elle doit entra&icirc;ner les autres wagons.</p>
<p>Or, trop souvent, les projets r&eacute;gionaux camerounais fonctionnent &agrave; l'inverse : ils partent des int&eacute;r&ecirc;ts camerounais d'abord, cherchent ensuite &agrave; convaincre les partenaires.</p>
<p>Quand un projet devient per&ccedil;u comme "camerounais" plut&ocirc;t que "commun", les r&eacute;sistances apparaissent naturellement.</p>
<p>Le Tchad ne refuse pas un projet &eacute;quitable. Le Tchad refuse de se voir imposer les termes d'un projet.</p>
<h2>LA TROISI&Egrave;ME TARE : ANNONCER AVANT D'&Eacute;TUDIER</h2>
<p>L'une des pathologies les plus visibles de la gouvernance camerounaise est l'<strong>inversion des priorit&eacute;s</strong>.</p>
<p>L'ordre normal devrait &ecirc;tre :<br />1. <strong>&Eacute;tude approfondie</strong> (techniques, &eacute;conomiques, environnementales)<br />2. <strong>Concertation r&eacute;gionale</strong> (&eacute;coute des partenaires)<br />3. <strong>Validation</strong> (accord sur les termes)<br />4. <strong>Ex&eacute;cution</strong> (mise en &oelig;uvre)</p>
<p>Mais trop souvent, le Cameroun suit cet ordre :<br />1. <strong>Annonce politique</strong> ("Nous construisons un rail!")<br />2. <strong>Communication m&eacute;diatique</strong> (communiqu&eacute;s de presse enthousiastes)<br />3. <strong>Recherche de financement</strong> (on cherche l'argent apr&egrave;s avoir parl&eacute;)<br />4. <strong>D&eacute;couverte des obstacles</strong> (on apprend &agrave; tard que le partenaire s'oppose)</p>
<p>Les r&eacute;sultats sont pr&eacute;visibles.</p>
<p>Les projets prennent du retard. Les co&ucirc;ts explosent. Les partenaires deviennent m&eacute;fiants. Les tensions montent.</p>
<h2>LA QUATRI&Egrave;ME TARE : UN D&Eacute;FICIT CHRONIQUE DE CR&Eacute;DIBILIT&Eacute;</h2>
<p>Le Cameroun accumule un lourd historique de projets annonc&eacute;s avec beaucoup d'enthousiasme, puis ralentis ou abandonn&eacute;s :</p>
<p><strong>Infrastructures promises</strong> Retards administratifs chroniques</p>
<p><strong>Investissements engag&eacute;s</strong> Financement d&eacute;couvert tardivement</p>
<p><strong>Couloirs commerciaux</strong> Conflits institutionnels internes</p>
<p><strong>Grands chantiers</strong> Probl&egrave;mes de gouvernance</p>
<p>Cette accumulation cr&eacute;e un probl&egrave;me majeur : <strong>la perte de confiance</strong>.</p>
<p>Quand un &Eacute;tat partenaire observe l'historique des grands projets camerounais, il devient naturellement plus exigeant. Il demande des garanties. Il v&eacute;rfie davantage. Il dit "prouvez-le".</p>
<p><strong>Le Tchad ne refuse pas par nostalgie. Il refuse parce qu'il a appris &agrave; &ecirc;tre prudent.</strong></p>
<h2>LA CINQUI&Egrave;ME TARE : POLITIQUE D'ABORD, TECHNIQUE ENSUITE</h2>
<p>Au Cameroun, les grands projets sont souvent pr&eacute;sent&eacute;s comme des <strong>victoires politiques</strong> avant m&ecirc;me leur maturation technique.</p>
<p>Le discours politique prend le pas sur l'ing&eacute;nierie.</p>
<p>Mais voil&agrave; le probl&egrave;me : <strong>un chemin de fer ne fonctionne pas avec des communiqu&eacute;s de presse.</strong></p>
<p>Il fonctionne avec :<br />- Des <strong>&eacute;tudes s&eacute;rieuses</strong> et ind&eacute;pendantes<br />- Des <strong>projections &eacute;conomiques cr&eacute;dibles</strong><br />- Des <strong>analyses environnementales robustes</strong><br />- Des <strong>n&eacute;gociations &eacute;quilibr&eacute;es</strong><br />- Des <strong>engagements financiers clairs</strong></p>
<p>Si l'une de ces briques manque, les contestations deviennent in&eacute;vitables.</p>
<p>Le Tchad ne dit pas "non" au rail. Le Tchad dit "non &agrave; un projet qui n'a pas les fondations techniques et diplomatiques n&eacute;cessaires".</p>
<h2>CE QUE LE TCHAD ESSAIE DE DIRE</h2>
<p>&Agrave; travers son opposition, N'Djamena envoie plusieurs signaux forts :</p>
<p><strong>Signal 1</strong> : "Nous ne sommes pas des satellites"<br />Les projets r&eacute;gionaux ne peuvent plus &ecirc;tre con&ccedil;us comme des extensions des int&eacute;r&ecirc;ts camerounais.</p>
<p><strong>Signal 2</strong> : "Nous voulons de l'&eacute;quit&eacute;"<br />Pas d'imposition. Pas de logique unilat&eacute;rale. Une v&eacute;ritable coop&eacute;ration.</p>
<p><strong>Signal 3 </strong>: "Prouvez-nous que c'est viable"<br />Pas de promesses politiques. Des faits. De la technique. De la transparence.</p>
<p><strong>Signal 4</strong> : "Respectez-nous comme partenaire"<br />Nous ne sommes pas juste des utilisateurs. Nous sommes copropri&eacute;taires de cette vision.</p>
<p>C'est une revendication diplomatique l&eacute;gitime.</p>
<h2>LE RISQUE POUR LE CAMEROUN</h2>
<p>Le danger d&eacute;passe largement cette ligne ferroviaire.</p>
<p>Chaque d&eacute;saccord de ce type affaiblit :</p>
<p><strong>L'int&eacute;gration r&eacute;gionale</strong> quand les &Eacute;tats s'opposent, le projet du bloc s'affaiblit</p>
<p><strong>L'attractivit&eacute; des investisseurs</strong> pourquoi investir si les projets ne sont pas stables ?</p>
<p><strong>La cr&eacute;dibilit&eacute; diplomatique</strong> comment n&eacute;gocier dans d'autres domaines quand on perd la confiance ici ?</p>
<p><strong>La position g&eacute;ostrat&eacute;gique</strong> dans un contexte o&ugrave; la Chine, la Turquie et d'autres puissances multiplient les initiatives en Afrique, le Cameroun ne peut pas se permettre de perdre ses partenaires</p>
<p>Dans un continent o&ugrave; les corridors logistiques se multiplient, les &Eacute;tats qui imposent plut&ocirc;t que ceux qui concertent risquent de perdre leur influence.</p>
<h2>CE QUE CELA R&Eacute;V&Egrave;LE VRAIMENT</h2>
<p>Ce dossier n'est pas seulement un d&eacute;bat sur un trac&eacute; ferroviaire.</p>
<p>C'est un <strong>r&eacute;v&eacute;lateur</strong> des fragilit&eacute;s profondes de la gouvernance publique camerounaise :</p>
<p>1. <strong>Une administration qui peine &agrave; ma&icirc;triser les processus techniques</strong> (les &eacute;tudes arrivent trop tard)</p>
<p>2. <strong>Une diplomatie qui ignore les sensibilit&eacute;s r&eacute;gionales</strong> (on d&eacute;cide sans &eacute;couter)</p>
<p>3. <strong>Une culture politique qui privil&eacute;gie l'annonce au consensus</strong> (communiqu&eacute;s avant n&eacute;gociation)</p>
<p>4. <strong>Une absence de planning strat&eacute;gique partag&eacute;</strong> (chacun sait ce qui vient du Cameroun, pas ce qui vient ensemble)</p>
<p>5. <strong>Un d&eacute;ficit chronique de cr&eacute;dibilit&eacute;</strong> (60 ans apr&egrave;s l'ind&eacute;pendance, on d&eacute;couvre les objections trop tard)</p>
<h2>XI. LA LE&Ccedil;ON POUR LE CAMEROUN</h2>
<p>Le vrai probl&egrave;me n'est pas que le Tchad dise non.</p>
<p>Le vrai probl&egrave;me est que le Cameroun continue de d&eacute;couvrir trop tard pourquoi le Tchad doit dire non.</p>
<p>Depuis 1960, le mod&egrave;le est le m&ecirc;me :<br />- Annoncer avant d'&eacute;couter<br />- D&eacute;cider avant de consulter<br />- Communiquer avant de convaincre</p>
<p>Et chaque fois, on rencontre les m&ecirc;mes r&eacute;sistances.</p>
<p>&Agrave; un moment, ce n'est plus une co&iuml;ncidence. C'est une pathologie.</p>
<h2>VERS UNE GOUVERNANCE R&Eacute;GIONALE NOUVELLE</h2>
<p>Si le Cameroun veut retrouver son influence r&eacute;gionale, il doit transformer profond&eacute;ment sa mani&egrave;re de concevoir les projets transfrontaliers.</p>
<p>Cela exige :</p>
<p>1. <strong>Inversion des priorit&eacute;s</strong><br />Technique d'abord (&eacute;tudes robustes), politique ensuite (annonces publiques)</p>
<p>2. <strong>Concertation pr&eacute;alable</strong><br />&Eacute;couter les partenaires avant de tracer la carte</p>
<p>3. <strong>Transparence totale</strong><br />Partager les &eacute;tudes, les donn&eacute;es, les projections</p>
<p>4. <strong>Coop&eacute;ration v&eacute;ritable</strong><br />Construire des projets "avec" les partenaires, pas "pour" eux</p>
<p>5. <strong>Engagement financier clair</strong><br />Montrer que le Cameroun investit r&eacute;ellement, pas seulement qu'il parle</p>
<p>6. <strong>Respect institutionnel</strong><br />Reconna&icirc;tre que les partenaires ont des int&eacute;r&ecirc;ts l&eacute;gitimes</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Avec Armel MBATCHOU</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-17 13:54:29</pubDate>
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      <title><![CDATA[MONDE ENTIER  :: Coupe du monde 2026 : la stigmatisation de trop :: WORLD]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
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      <description><![CDATA[La Coupe du monde 2026 se tient simultanément aux États-Unis, au
Canada et au Mexique. Le temps s’arrête pour le monde et c’est le
football (« sport roi ») qui...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La Coupe du monde 2026 se tient simultan&eacute;ment aux &Eacute;tats-Unis, au Canada et au Mexique. Le temps s&rsquo;arr&ecirc;te pour le monde et c&rsquo;est le football (&laquo; sport roi &raquo;) qui fait vibrer les c&oelig;urs. Chaque victoire est c&eacute;l&eacute;br&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle d&rsquo;un pays, voire d&rsquo;un continent.</p>
<p>Derri&egrave;re cette effervescence qui m&ecirc;le sport et culture, les promesses d&rsquo;un tournoi historique sont g&acirc;ch&eacute;es par des d&eacute;cisions politiques qui questionnent et f&acirc;chent. Des d&eacute;cisions pr&eacute;occupantes donnent un coup de froid &agrave; cette comp&eacute;tition qui a toujours pr&ocirc;n&eacute; et port&eacute; des valeurs d&rsquo;universalit&eacute;, d&rsquo;inclusion et de rapprochement des peuples. Comme dans la r&eacute;volution m&eacute;diatique &agrave; travers l&rsquo;internet, le football rassemble le monde autour d&rsquo;un village plan&eacute;taire.</p>
<p>Pour ce qui s&rsquo;est pass&eacute;, notamment aux &Eacute;tats-Unis, et qui est intol&eacute;rable, l&rsquo;opinion publique internationale ne semble pas avoir mesur&eacute; toute la gravit&eacute; de certaines situations survenues en marge de l&rsquo;organisation de cet &eacute;v&eacute;nement. Les restrictions d&rsquo;acc&egrave;s impos&eacute;es par les autorit&eacute;s am&eacute;ricaines &agrave; plusieurs acteurs directement concern&eacute;s par la comp&eacute;tition soul&egrave;vent des interrogations l&eacute;gitimes sur le respect des principes fondamentaux qui gouvernent le sport mondial.</p>
<p>Parmi les cas les plus stigmatisants, figure celui d&rsquo;Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien d&eacute;sign&eacute; meilleur arbitre de la Conf&eacute;d&eacute;ration africaine de football (CAF) en 2025, auquel l&rsquo;entr&eacute;e sur le territoire am&eacute;ricain a &eacute;t&eacute; refus&eacute;e. M&ecirc;me si ce dernier a &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute; dans son pays comme un mod&egrave;le de r&eacute;ussite et d&rsquo;excellence au moment de son retour, il n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;il s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;une d&eacute;cision difficilement compr&eacute;hensible lorsqu&rsquo;elle concerne un officiel appel&eacute; &agrave; contribuer au bon d&eacute;roulement de la plus prestigieuse comp&eacute;tition du football mondial.</p>
<p>&Agrave; cela s&rsquo;ajoutent les difficult&eacute;s rencontr&eacute;es par les supporters de certains pays qualifi&eacute;s pour obtenir des visas, ainsi que les contraintes particuli&egrave;res impos&eacute;es &agrave; certaines s&eacute;lections nationales. Ces situations cr&eacute;ent une in&eacute;galit&eacute; de traitement qui va &agrave; l&rsquo;encontre des valeurs de neutralit&eacute;, d&rsquo;&eacute;quit&eacute; et de fair-play que la FIFA revendique pourtant comme le socle de son action.<br />Face &agrave; ces faits &eacute;minemment graves, le silence ou la r&eacute;serve affich&eacute;s par les instances dirigeants du football mondial interrogent. La FIFA ne peut se contenter d&rsquo;&ecirc;tre l&rsquo;organisatrice d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement sportif ; elle a &eacute;galement la responsabilit&eacute; morale de garantir que chaque acteur &ndash; joueur, arbitre, officiel ou supporter &ndash; b&eacute;n&eacute;ficie des m&ecirc;mes droits et du m&ecirc;me respect, ind&eacute;pendamment de sa nationalit&eacute; ou de son origine.</p>
<p>Le sport a toujours &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; comme un espace de rencontre, de dialogue et de d&eacute;passement des fronti&egrave;res. Toute mesure susceptible d&rsquo;exclure ou de stigmatiser certains participants fragilise cet id&eacute;al et porte atteinte &agrave; l&rsquo;esprit m&ecirc;me de la comp&eacute;tition.</p>
<p>Plus que jamais, l&rsquo;inclusion, l&rsquo;&eacute;galit&eacute; de traitement et le respect de la dignit&eacute; humaine doivent demeurer au c&oelig;ur de l&rsquo;organisation de la Coupe du monde. Car la grandeur du football ne se mesure pas seulement &agrave; la qualit&eacute; du spectacle offert sur le terrain, mais aussi &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; rassembler les peuples dans un esprit de fraternit&eacute; et de respect mutuel.<br />La FIFA a trouv&eacute; une alternative pour contenter le jeune arbitre, en le d&eacute;signant arbitre de la Super coupe de l&rsquo;UEFA. C&rsquo;est une bonne chose, mais les &Eacute;tats-Unis devraient pouvoir faire le distinguo entre politique et sport.&nbsp;</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Par Joël Constant Tchoegnia</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-17 10:00:46</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[AFRIQUE :: La politique s'invite sur le terrain:  Le match Sénégal-France et les concessions de Faye à Macron :: AFRICA]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93641/30:27/afrique-la-politique-sinvite-sur-le-terrain-le-match-senegal-france-et-les-concessions-de-faye-a-macron-africa.html</link>
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      <description><![CDATA[Le 16 juin 2026, tous les regards des fans de football du monde entier
seront tournés vers le stade « MetLife » à New Jersey, aux
États-Unis, où se déroulera un...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le 16 juin 2026, tous les regards des fans de football du monde entier seront tourn&eacute;s vers le stade &laquo; MetLife &raquo; &agrave; New Jersey, aux &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; se d&eacute;roulera un match tr&egrave;s attendu et de grande envergure opposant la s&eacute;lection s&eacute;n&eacute;galaise &agrave; son homologue fran&ccedil;aise dans le cadre de la Coupe du monde. Cette confrontation n&rsquo;est pas seulement 90 minutes de course apr&egrave;s le ballon rond, mais un h&eacute;ritage historique qui remonte au s&eacute;isme de 2002, lorsque les &laquo; Lions de la Teranga &raquo; ont stup&eacute;fi&eacute; les Bleus lors de l&rsquo;ouverture de la Coupe du monde en Cor&eacute;e et au Japon.</p>
<p>Mais cette fois-ci, l&rsquo;ambiance dans le camp s&eacute;n&eacute;galais est tout autre ; une ambiance tendue par les concessions politiques et strat&eacute;giques impos&eacute;es par les calculs du palais pr&eacute;sidentiel de Dakar.</p>
<p>Des sources bien inform&eacute;es et proches des coulisses de la s&eacute;lection s&eacute;n&eacute;galaise affirment que le pr&eacute;sident Bassirou Diomaye Faye, lors de sa traditionnelle r&eacute;union avec les joueurs pour leur apporter son soutien et leur dire au revoir avant le d&eacute;part de la d&eacute;l&eacute;gation pour la Coupe du monde, ne s'est pas content&eacute; des discours d'encouragement habituels. Il a en effet adress&eacute; un message subtil et singulier, demandant aux &laquo; Lions &raquo; de jouer &agrave; &laquo; moiti&eacute; de leur capacit&eacute; &raquo; et de ne pas se pr&eacute;cipiter face &agrave; l'&eacute;quipe de France sur le sol am&eacute;ricain.</p>
<p>Faye veille aujourd&rsquo;hui &agrave; &eacute;viter toute initiative &ndash; m&ecirc;me une victoire lors d&rsquo;un match de football de la Coupe du monde &ndash; qui pourrait heurter la fiert&eacute; de l&rsquo;alli&eacute; fran&ccedil;ais et raviver le souvenir du match de 2002 lors de la Coupe du monde en Cor&eacute;e, dont l&rsquo;&eacute;cho r&eacute;sonne encore plus de vingt ans apr&egrave;s.</p>
<p>Cette orientation politique timor&eacute;e refl&egrave;te le revirement radical de la ligne politique de Bassirou Diomaye Faye. Apr&egrave;s &ecirc;tre arriv&eacute; au pouvoir port&eacute; par des discours sur la souverainet&eacute; et la lib&eacute;ration totale de l'influence fran&ccedil;aise, Faye a choisi une voie tout &agrave; fait diff&eacute;rente apr&egrave;s avoir limog&eacute; son Premier ministre et ancien alli&eacute;, Ousmane Sonko.</p>
<p>Au lieu de concr&eacute;tiser la s&eacute;paration &eacute;conomique et politique promise vis-&agrave;-vis de Paris, Faye a fait passer ses int&eacute;r&ecirc;ts personnels de maintien au pouvoir et&nbsp; a commis ce que la rue s&eacute;n&eacute;galaise qualifie de &laquo; trahison majeure &raquo; en se pr&eacute;sentant comme un fid&egrave;le de la France et de Macron.</p>
<p>Ce soutien fran&ccedil;ais dont a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; Faye n'&eacute;tait pas gratuit ; il s'inscrivait plut&ocirc;t dans un r&eacute;ajustement de l'influence fran&ccedil;aise au S&eacute;n&eacute;gal. Alors que Paris perdait de son influence dans les pays du Sahel tels que le Mali, le Niger et le Burkina Faso, le ralliement de Faye &agrave; la France a constitu&eacute; une bou&eacute;e de sauvetage pour la strat&eacute;gie fran&ccedil;aise en Afrique de l'Ouest.</p>
<p>La demande du pr&eacute;sident Faye &agrave; la s&eacute;lection s&eacute;n&eacute;galaise de ne pas jouer &agrave; pleine puissance face &agrave; la France lors du match du 16 juin &agrave; New Jersey constitue une preuve irr&eacute;futable de l'emprise des calculs politiques &eacute;triqu&eacute;s sur la fiert&eacute; nationale et sportive du S&eacute;n&eacute;gal. Pour Faye, le maintien des &eacute;quilibres du pouvoir &agrave; Dakar passe d&eacute;sormais in&eacute;vitablement par la satisfaction des Fran&ccedil;ais, m&ecirc;me si cela implique de sacrifier &laquo; l&rsquo;honneur des Lions &raquo; sur la pelouse du New Jersey.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">AGBEGNIGAN YAOVI</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-15 08:24:22</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Barrages, autoroutes, port en eaux profondes : le Cameroun bâtit son avenir :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93638/30:27/barrages-autoroutes-port-en-eaux-profondes-le-cameroun-batit-son-avenir-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Derrière les critiques faciles sur le "retard" du Cameroun, les
données infrastructurelles des 40 dernières années racontent une
autre histoire celle d'un pays...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Derri&egrave;re les critiques faciles sur le "retard" du Cameroun, les donn&eacute;es infrastructurelles des 40 derni&egrave;res ann&eacute;es racontent une autre histoire celle d'un pays qui a doubl&eacute; son r&eacute;seau routier dans un contexte que nul autre pays d&eacute;velopp&eacute; n'a jamais eu &agrave; traverser.</p>
<p>En 1980, le Cameroun disposait d'environ 55 000 kilom&egrave;tres de routes. H&eacute;ritage de 70 ans de colonisation : des pistes en lat&eacute;rite, peu d'infrastructures durables, et une &eacute;conomie structur&eacute;e pour exporter des mati&egrave;res premi&egrave;res pas pour se d&eacute;velopper.</p>
<p>Quarante ans plus tard : 121 873 kilom&egrave;tres.</p>
<p>Pas un miracle. Pas une fiction. Une progression de 121 % document&eacute;e, construite malgr&eacute; une crise s&eacute;curitaire dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, malgr&eacute; les attaques de Boko Haram dans l'Extr&ecirc;me-Nord, malgr&eacute; des budgets contraints et des comparaisons souvent injustes avec des pays qui ont eu 150 ans et un empire colonial pour b&acirc;tir leurs fondations.</p>
<p>Ce texte ne pr&eacute;tend pas que tout va bien au Cameroun. Il dit autre chose : que le Cameroun avance. Et que cette v&eacute;rit&eacute; m&eacute;rite d'&ecirc;tre regard&eacute;e en face, avec les chiffres.</p>
<h2>Cameroun : les donn&eacute;es qui nuancent le r&eacute;cit du "pays en retard"</h2>
<p>Il est devenu presque banal de comparer le Cameroun aux grandes puissances industrielles pour en souligner les manques. Densit&eacute; routi&egrave;re insuffisante, couverture &eacute;lectrique encore partielle, r&eacute;seau ferroviaire limit&eacute;. Les constats sont r&eacute;els. Mais la grille de lecture, elle, m&eacute;rite d'&ecirc;tre questionn&eacute;e.</p>
<p>Car comparer le Cameroun de 2025 &agrave; la France de 2025, c'est ignorer d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment 150 ans d'histoire industrielle, coloniale et financi&egrave;re qui ont fa&ccedil;onn&eacute; l'une et retard&eacute; l'autre.</p>
<h2>Ce que les chiffres disent r&eacute;ellement</h2>
<p>Le r&eacute;seau routier total du Cameroun s'&eacute;tablit aujourd'hui &agrave; environ 121 873 kilom&egrave;tres, dont 10 576 kilom&egrave;tres de routes bitum&eacute;es, soit 8,6 % du total. La densit&eacute; routi&egrave;re est de 4,7 kilom&egrave;tres pour 1 000 habitants. En France, ce ratio atteint 16 kilom&egrave;tres pour 1 000 habitants, sur un r&eacute;seau quasi int&eacute;gralement rev&ecirc;tu.</p>
<p>L'&eacute;cart est r&eacute;el. Mais il faut le lire dans sa dynamique. En 1980, le Cameroun partait de 55 000 kilom&egrave;tres de voiries, largement h&eacute;rit&eacute;es de pistes coloniales non rev&ecirc;tues. En quarante ans, ce r&eacute;seau a plus que doubl&eacute; une progression de 121 %. Sur la m&ecirc;me p&eacute;riode, le r&eacute;seau fran&ccedil;ais a progress&eacute; d'environ 17 %. Pas parce que la France a ralenti, mais parce qu'elle avait d&eacute;j&agrave; tout construit.</p>
<p>Ces chiffres sont issus des donn&eacute;es disponibles du Minist&egrave;re des Travaux Publics camerounais et des comparaisons avec les statistiques de l'OCDE. (Note &eacute;ditoriale : les m&eacute;thodologies de calcul des r&eacute;seaux peuvent varier selon les sources ; les ordres de grandeur restent significatifs.)</p>
<h2>Une construction en contexte de crise</h2>
<p>Ce qui rend la progression camerounaise particuli&egrave;rement notable, c'est le contexte dans lequel elle s'est op&eacute;r&eacute;e. Depuis 2016, la crise anglophone dans les r&eacute;gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a provoqu&eacute; des d&eacute;placements massifs, des destructions d'infrastructures et un ralentissement &eacute;conomique localis&eacute;. Dans l'Extr&ecirc;me-Nord, les incursions de Boko Haram ont durablement perturb&eacute; la vie &eacute;conomique et les chantiers. Pr&egrave;s de 1,3 million de personnes ont &eacute;t&eacute; &agrave; un moment ou un autre hors de port&eacute;e des services de base.</p>
<p>Aucun pays qui figure aujourd'hui parmi les grandes puissances infrastructurelles n'a b&acirc;ti son r&eacute;seau dans ces conditions. La France a construit le sien sur un si&egrave;cle et demi de paix int&eacute;rieure relative, appuy&eacute;e sur les ressources de son empire colonial et, apr&egrave;s 1945, sur les transferts du Plan Marshall am&eacute;ricain.</p>
<h2>Les grands chantiers en cours</h2>
<p>Au-del&agrave; des routes, le Cameroun conduit simultan&eacute;ment plusieurs projets d'infrastructure majeurs. Le barrage de Nachtigal, financ&eacute; notamment par EDF et la Banque Africaine de D&eacute;veloppement &agrave; hauteur d'environ 1,05 milliard d'euros, est une centrale hydro&eacute;lectrique de 420 MW sur la Sanaga. Le barrage de Lom Pangar, achev&eacute; en 2016, r&eacute;gule un volume de 6 milliards de m&egrave;tres cubes et stabilise le potentiel hydro&eacute;lectrique du bassin. Le Port en eaux profondes de Kribi est op&eacute;rationnel et positionne le Cameroun comme hub logistique sous-r&eacute;gional. L'autoroute Yaound&eacute;-Douala est en cours de finalisation sur l'axe &eacute;conomique majeur du pays.</p>
<p>Sur la p&eacute;riode 2020-2025, les investissements en infrastructures ont mobilis&eacute; l'&eacute;quivalent d'environ 3,3 milliards USD, avec la participation de la BAD, de la Banque mondiale, de l'AFD fran&ccedil;aise, de la JICA japonaise, de la BID et de l'Union europ&eacute;enne.</p>
<h2>La SND30 : un cap chiffr&eacute;</h2>
<p>La Strat&eacute;gie Nationale de D&eacute;veloppement 2020-2030 fixe des objectifs pr&eacute;cis pour la d&eacute;cennie : 6 000 kilom&egrave;tres de routes bitum&eacute;es suppl&eacute;mentaires, une densit&eacute; du r&eacute;seau rev&ecirc;tu port&eacute;e de 0,32 &agrave; 0,48 kilom&egrave;tre pour 1 000 habitants, et un r&eacute;seau ferroviaire &eacute;tendu &agrave; 5 500 kilom&egrave;tres. Le Plan 2025-2026 pr&eacute;voit 650 kilom&egrave;tres de routes bitum&eacute;es suppl&eacute;mentaires en cours d'ex&eacute;cution.</p>
<p>Ces objectifs sont ambitieux. Leur r&eacute;alisation d&eacute;pendra de la stabilit&eacute; du financement, du contexte s&eacute;curitaire, et de la capacit&eacute; d'ex&eacute;cution des march&eacute;s publics des variables qui restent des d&eacute;fis document&eacute;s.</p>
<h2>Ce que cette lecture change</h2>
<p>L'enjeu n'est pas de nier les difficult&eacute;s r&eacute;elles du Cameroun. L'acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;lectricit&eacute; reste in&eacute;gal. Le r&eacute;seau ferroviaire est vieillissant. La gouvernance des march&eacute;s publics fait l'objet de critiques r&eacute;currentes. Ces r&eacute;alit&eacute;s sont connues et m&eacute;ritent d'&ecirc;tre adress&eacute;es.</p>
<p>Mais l'enjeu est aussi de refuser une comparaison intellectuellement malhonn&ecirc;te. Mesurer un pays de 65 ans d'ind&eacute;pendance formelle &agrave; l'aune d'une puissance industrielle b&eacute;n&eacute;ficiant de 150 ans d'avance historique et d'un empire colonial n'est pas une analyse. C'est un biais.</p>
<p>Le Cameroun construit. Dans la dur&eacute;e, dans la complexit&eacute;, et &agrave; un rythme que ses propres ressources rendent remarquable. C'est une v&eacute;rit&eacute; qui m&eacute;rite d'&ecirc;tre dite avec rigueur, sans complaisance, et sans les raccourcis dans un sens comme dans l'autre.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Avec Dr Momo Jean de Dieu</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-14 22:38:30</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Infrastructures Cameroun : pourquoi les délais ne sont jamais tenus :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93629/30:27/infrastructures-cameroun-pourquoi-les-delais-ne-sont-jamais-tenus-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Autoroutes, barrages, ponts : plusieurs grands projets
d'infrastructure au Cameroun cumulent retards et dépassements de
budget, parfois sur plus d'une décennie....]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Autoroutes, barrages, ponts : plusieurs grands projets d'infrastructure au Cameroun cumulent retards et d&eacute;passements de budget, parfois sur plus d'une d&eacute;cennie.</p>
<p>Trois heures d'embouteillage quotidien sur l'axe Nsimalen. Une facture qui est pass&eacute;e de 154 &agrave; 434 milliards de FCFA en douze ans. Une section urbaine toujours en attente, malgr&eacute; une premi&egrave;re pierre pos&eacute;e il y a plusieurs ann&eacute;es. Les grands projets d'infrastructure camerounais avancent, mais souvent bien plus lentement et bien plus cher que pr&eacute;vu initialement.</p>
<h2>Des investissements massifs, mais des calendriers qui glissent</h2>
<p>Selon le minist&egrave;re de l'&Eacute;conomie, de la planification et de l'am&eacute;nagement du territoire, environ 7 500 milliards de FCFA ont &eacute;t&eacute; mobilis&eacute;s sur 15 ans pour renforcer les infrastructures du pays. Plus de 3 000 kilom&egrave;tres de routes ont &eacute;t&eacute; construits ou r&eacute;habilit&eacute;s, et plusieurs grands ouvrages ont effectivement &eacute;t&eacute; livr&eacute;s. Mais une grande partie de ces projets ont connu des d&eacute;lais largement sup&eacute;rieurs aux pr&eacute;visions initiales.</p>
<h2>Yaound&eacute;-Nsimalen : un cas embl&eacute;matique</h2>
<p>L'autoroute reliant la capitale &agrave; son a&eacute;roport international illustre bien cette dynamique. Lanc&eacute;e en 2013 pour un co&ucirc;t initial estim&eacute; &agrave; 154 milliards de FCFA, la premi&egrave;re phase a vu son enveloppe grimper &agrave; 276 milliards en 2019, puis atteindre environ 434 milliards de FCFA en 2025. Sur le terrain, une section de 23 kilom&egrave;tres en rase campagne a &eacute;t&eacute; livr&eacute;e apr&egrave;s huit ann&eacute;es de travaux, tandis que la section urbaine n'est attendue qu'&agrave; l'horizon 2030.</p>
<p>Concernant cette section urbaine, la premi&egrave;re pierre a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e en d&eacute;cembre 2023, mais selon des observateurs cit&eacute;s par la presse locale, le retard dans le d&eacute;marrage effectif des travaux est li&eacute; au manque de financement ainsi qu'&agrave; des probl&egrave;mes administratifs li&eacute;s aux expropriations et &agrave; l'indemnisation des populations affect&eacute;es par le trac&eacute;. Un financement de 154,4 milliards de FCFA a &eacute;t&eacute; sign&eacute; en novembre 2025 avec la banque MUFG de Londres pour relancer un premier tron&ccedil;on.</p>
<h2>La phase 2 : huit mois apr&egrave;s la premi&egrave;re pierre, rien n'a boug&eacute;</h2>
<p>Sur un autre volet du m&ecirc;me projet, huit mois apr&egrave;s la pose de la premi&egrave;re pierre, aucun coup de pioche n'avait encore &eacute;t&eacute; donn&eacute;. Les causes identifi&eacute;es sont l&agrave; encore d'ordre administratif : les indemnisations des populations affect&eacute;es, le recasement et l'obtention de l'avis de maturit&eacute; se sont r&eacute;v&eacute;l&eacute;s plus longs et plus complexes que pr&eacute;vu. Ce projet est en outre li&eacute; &agrave; l'initiative "Yaound&eacute; C&oelig;ur de Ville", et les retards sur l'un des deux chantiers ont des r&eacute;percussions sur l'autre, avec des co&ucirc;ts suppl&eacute;mentaires li&eacute;s &agrave; la r&eacute;vision des devis et &agrave; la prolongation des &eacute;tudes.</p>
<h2>L'autoroute Yaound&eacute;-Douala, autre serpent de mer</h2>
<p>L'axe Yaound&eacute;-Douala, art&egrave;re &eacute;conomique majeure du pays, est r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;crit dans la presse comme un projet qui peine &agrave; avancer. Des observateurs notent que d'autres grands projets, comme le barrage de Lom Pangar ou le port en eau profonde de Kribi, ont suivi des trajectoires similaires : annonces, financements obtenus, puis enlisement et surco&ucirc;ts.</p>
<h2>Un poids budg&eacute;taire qui se prolonge apr&egrave;s la livraison</h2>
<p>Les retards ne sont pas le seul enjeu : le financement de projets pourtant achev&eacute;s continue de peser sur les finances publiques. Selon une annexe &agrave; la loi de finances 2026, l'&Eacute;tat camerounais devra mobiliser environ 150 milliards de FCFA d&egrave;s 2026 pour honorer des engagements li&eacute;s au barrage de Nachtigal, &agrave; Memve'ele et aux autoroutes Kribi-Lolab&eacute; et Yaound&eacute;-Douala. Une part importante de cette somme, environ 75 milliards de FCFA, concerne des factures d'&eacute;lectricit&eacute; impay&eacute;es par Eneo &agrave; l'exploitant du barrage de Nachtigal, pourtant entr&eacute; en service commercial en mars 2025.</p>
<h2>Tous les projets ne sont pas &agrave; l'arr&ecirc;t</h2>
<p>Il faut nuancer : certains chantiers avancent. L'autoroute Yaound&eacute;-Obala, lanc&eacute;e en 2024, est toujours en cours avec une livraison attendue fin 2026 ou d&eacute;but 2027, et l'axe Yaound&eacute;-Nsimalen est globalement op&eacute;rationnel, m&ecirc;me si certaines finitions restent attendues.</p>
<h2>Ce que ces retards r&eacute;v&egrave;lent</h2>
<p>Au-del&agrave; des chiffres, ces dossiers pointent vers des causes structurelles r&eacute;currentes : proc&eacute;dures d'expropriation et d'indemnisation longues, financements boucl&eacute;s tardivement, et coordination difficile entre projets li&eacute;s. Ce sont ces obstacles, plus que la volont&eacute; politique en elle-m&ecirc;me, qui sont le plus souvent cit&eacute;s par la presse et les acteurs du secteur pour expliquer l'&eacute;cart entre les annonces et les livraisons.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-12 17:39:19</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Texticules de Hugues SEUMO: La gestion des catastrophes... Manquements ou préventions inexistantes ? :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93619/30:27/cameroun-texticules-de-hugues-seumo-la-gestion-des-catastrophes-manquements-ou-preventions-inexistantes-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Depuis quelques années, le Cameroun ne cesse d'enregistrer un certain
nombre de catastrophes, dont trois pour les  cinq dernières années.
La fréquence devient r...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques ann&eacute;es, le Cameroun ne cesse d'enregistrer un certain nombre de catastrophes, dont trois pour les &nbsp;cinq derni&egrave;res ann&eacute;es. La fr&eacute;quence devient r&eacute;guli&egrave;re au fur et &agrave; mesure que les ann&eacute;es avancent. Notre pays n'est donc pas en marge de ces ph&eacute;nom&egrave;nes naturels qui &eacute;branlent actuellement le monde et c'est la ville de Douala qui ne nous d&eacute;mentira pas car, plusieurs quartiers de la ville ont subi le terrible d&eacute;luge d&eacute;clench&eacute; dans la nuit de vendredi &agrave; samedi avec au menu de nombreux d&eacute;g&acirc;ts.</p>
<p>"La recrudescence des inondations dans les villes camerounaises oblige sans doute &agrave; devoir revoir notre politique de gestion et de pr&eacute;vention des catastrophes naturelles. Est ce que nos autorit&eacute;s nous lisent? Bient&ocirc;t plus de trois d&eacute;cennies que nous attirons leur attention sur ces manquements au<strong> Cameroun</strong>, sans succ&egrave;s. Faudra t il attendre 2035 pour qu'elles nous &eacute;coutent?&nbsp;</p>
<p>Le Cameroun comme ces pays du monde n'est malheureusement pas &eacute;pargn&eacute; des catastrophes puisqu'elles sont enregistr&eacute;es dans diverses r&eacute;gions du pays. En effet, les inondations, les tremblements de terre, les &eacute;boulements de terrains, les &eacute;croulements des batiments, les incendies diverses pour ne citer que celles l&agrave; sont le lot des catastrophes environnementales auxquels doit r&eacute;agir le Cameroun parmi d'autres pays sur le globe terrestre.&nbsp;</p>
<p>A chaque inondation, incendie, glissement de terrain etc. au Cameroun, ces catastrophes laissent sur le carreau si ce n'est des morts par centaines, ce sont des d&eacute;g&acirc;ts mat&eacute;riels suffisamment importants poussant les populations &agrave; se d&eacute;placer et &agrave; se recaser parfois &agrave; des endroits tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;s de leur r&eacute;sidence habituelle.</p>
<p>Au regard de l'urgence de ce ph&eacute;nom&egrave;ne, il a paru indispensable de prendre des mesures appropri&eacute;es pour emp&ecirc;cher ou tout au moins r&eacute;duire la survenance ainsi que les effets de ces catastrophes environnementales. &nbsp;</p>
<p><strong>S'agissant du feu</strong></p>
<p>A Douala, la capitale &eacute;conomique du Cameroun, deux grands incendies ont emport&eacute; il y a de cela quelques temps deux maisons d'habitation. le 10 juin dernier aux environs de 14 heures au quartier New Bell de Douala, Un court-circuit provoqu&eacute; par le retour brusque de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; a &eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;origine de l'incendie d'une grande batisse. Cet incendie, il faut le rappeler survenait 7 mois apr&egrave;s un autre qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;clar&eacute; la veille. Et avait consum&eacute; une bonne partie des maisons environnantes. Un court-circuit en &eacute;tait la principale cause avanc&eacute;e par les t&eacute;moins.&nbsp;</p>
<p>Les incendies des maisons sont parfois survenus en s&eacute;rie, comme s&rsquo;ils avaient &eacute;t&eacute; commandit&eacute;s. Les uns surviennent quand les enqu&ecirc;tes des autres n&rsquo;ont pas encore rendu leur rapport. Incivisme des habitants, d&eacute;sordre notoire et caract&eacute;ris&eacute;, indiscipline, insalubrit&eacute;, promiscuit&eacute;, n&eacute;gligence. Point n&rsquo;est besoin de rentrer dans les d&eacute;tails pour savoir que des branchements &agrave; ciel ouvert, frauduleux, &agrave; fils d&eacute;nud&eacute;s, se font dans les quartiers au vu et au su de tout le monde.</p>
<p>Ces derniers mois &agrave; Yaound&eacute;, l'on assiste &agrave; des s&eacute;ries d'incendies. Des mesures appropri&eacute;es sont t-elles prises pour barrer la voie &agrave; la furie des flammes dans nos b&acirc;tissent? Que nenni</p>
<p>Quand vient le malheur, on se met alors &agrave; penser &agrave; ce qu&rsquo;on aurait pu faire pour l&rsquo;&eacute;viter. Avant ? On pense que Dieu peut g&eacute;rer jusqu&rsquo;&agrave; nos irresponsabilit&eacute;s. Il ne faut quand m&ecirc;me pas exag&eacute;rer.&nbsp;</p>
<p>Il y a un service minimum que chaque m&eacute;nage, chaque entreprise, chaque propri&eacute;taire d&rsquo;immeuble accueillant du public, doit pouvoir accomplir en respectant les principes de la s&eacute;curit&eacute; incendie.<br />&nbsp;<br />Prenons les m&eacute;nages. Chacun se l&egrave;ve et va construire sa villa sans consulter ni un bon architecte, ni un bon &eacute;lectricien. A l&rsquo;arriv&eacute;e, c&rsquo;est un bunker qui part en fum&eacute;e au moindre court-circuit, inaccessible de l&rsquo;ext&eacute;rieur. Vous qui nous lisez en ce moment, y a-t-il chez vous un petit extincteur, un tout petit pour faire face au feu de cuisine ? Pensez-y.</p>
<p>On ne peut investir des millions de F CFA et faire la moindre petite &eacute;conomie de leur s&eacute;curisation. C&rsquo;est un manque de bon sens. Mais le manque d&rsquo;information plaide en faveur de certaines personnes. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;il faut une campagne permanente d&rsquo;information et de sensibilisation.</p>
<p>Depuis quand, y a-t-il eu un exercice de feu dans un minist&egrave;re. Combien de d&eacute;partements minist&eacute;riels disposent d&rsquo;&eacute;quipes de s&eacute;curit&eacute; incendie ou m&ecirc;me d&rsquo;extincteurs pr&ecirc;ts &agrave; servir ? On les compte sur le bout des doigts. N&rsquo;attendons pas le jour du malheur pour penser &agrave; ce qu&rsquo;on aurait d&ucirc; faire. Pr&eacute;venir vaut mieux que gu&eacute;rir. Alors, bonnes gens, au boulot !</p>
<p>De concert avec la communaut&eacute; internationale, le <strong>Cameroun </strong>c&eacute;l&egrave;bre chaque ann&eacute;e, la journ&eacute;e internationale de pr&eacute;vention des catastrophes naturelles. Chaque deuxi&egrave;me mercredi du mois d&rsquo;octobre a &eacute;t&eacute; consacr&eacute; pour la journ&eacute;e de pr&eacute;vention des catastrophes naturelles. Les autorit&eacute;s locales ont toujours organis&eacute; des c&eacute;r&eacute;monies festives &agrave; forte envol&eacute;es &eacute;thyliques sans jamais penser &agrave; mettre sur pied une politique de gestion et de pr&eacute;vention des catastrophes naturelles</p>
<p>Au Cameroun, l'on constate plut&ocirc;t qu'apr&egrave;s les catastrophes, beaucoup de tapages m&eacute;diatiques se font autour des op&eacute;rations de secours et du retour &agrave; la vie normale, que sur les mesures pr&eacute;ventives.&nbsp;</p>
<p>Le Cameroun a donc int&eacute;r&ecirc;t &agrave; d&eacute;velopper une politique de pr&eacute;vention des d&eacute;sastres par un programme de sensibilisation, d'&eacute;ducation et de formation adapt&eacute; aux situations locales, tenant en compte les barri&egrave;res culturelles et traditionnelles susceptibles d'emp&ecirc;cher les populations d'adopter les mesures pr&eacute;ventives car&hellip;&hellip;.. pr&eacute;venir vaut toujours mieux que gu&eacute;rir.&nbsp;</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Hugues SEUMO</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-12 10:09:52</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Les Bamilékés, boucs émissaires d'un État en faillite :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93611/30:27/cameroun-les-bamilekes-boucs-emissaires-dun-etat-en-faillite-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Derrière la montée du discours anti-Bamiléké et l'émergence de
concepts comme « Littoraliens », une mécanique politique vieille de
soixante ans : diviser pour m...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Derri&egrave;re la mont&eacute;e du discours anti-Bamil&eacute;k&eacute; et l'&eacute;mergence de concepts comme &laquo; Littoraliens &raquo;, une m&eacute;canique politique vieille de soixante ans : diviser pour mieux r&eacute;gner, pendant que les ressources du pays disparaissent dans l'ombre.</p>
<p>Ils sont camerounais. Ils sont n&eacute;s sur ce sol. Ils paient leurs imp&ocirc;ts, tiennent leurs commerces, &eacute;l&egrave;vent leurs enfants.</p>
<p><em>Et pourtant, on les appelle &laquo; &eacute;trangers &raquo;.</em></p>
<p>Au Cameroun, des commer&ccedil;ants originaires de la r&eacute;gion de l'Ouest subissent des agressions cibl&eacute;es. Des discours de haine circulent librement. Des figures politiques font de la x&eacute;nophobie int&eacute;rieure leur fonds de commerce. Et des marches hostiles aux Bamil&eacute;k&eacute;s sont parfois autoris&eacute;es par des autorit&eacute;s administratives cens&eacute;es les interdire.</p>
<p>Comment en est-on arriv&eacute; l&agrave; ?</p>
<p>La r&eacute;ponse est vieille de soixante ans. Et elle commence bien avant l'ind&eacute;pendance.</p>
<h2>Le legs empoisonn&eacute; : quand la colonisation devient un mode de gouvernance permanent</h2>
<p>Il existe une m&eacute;canique politique aussi ancienne que la domination elle-m&ecirc;me. Diviser les domin&eacute;s. Coopter quelques-uns. D&eacute;signer les autres comme menaces. Et laisser la tension monter jusqu'&agrave; ce qu'elle serve d'&eacute;cran de fum&eacute;e.</p>
<p>Au Cameroun, cette m&eacute;canique n'a jamais vraiment &eacute;t&eacute; d&eacute;mont&eacute;e. Elle a simplement chang&eacute; de mains.</p>
<p>&Agrave; l'&eacute;poque coloniale, l'administration s&eacute;lectionnait des interlocuteurs au sein de certains groupes sociologiques. Cette cooptation cr&eacute;ait l'illusion d'une repr&eacute;sentation, sans jamais remettre en cause l'essentiel : qui d&eacute;tient le pouvoir, qui contr&ocirc;le les ressources, qui d&eacute;cide de la loi et de son application s&eacute;lective.</p>
<p>Les groupes laiss&eacute;s &agrave; l'&eacute;cart m&eacute;fiants, frustr&eacute;s, concurrents entre eux devenaient les instruments involontaires de leur propre domination. Chacun voyait dans l'autre une menace, l&agrave; o&ugrave; le v&eacute;ritable ennemi festoyait tranquillement en coulisses.</p>
<h2>Ahidjo, Biya : deux r&eacute;gimes, une m&ecirc;me d&eacute;signation des ennemis</h2>
<p>Depuis l'ind&eacute;pendance formelle de 1960, le Cameroun a connu deux pr&eacute;sidents. Paul Biya a succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ahmadou Ahidjo en 1982 et dirige le pays depuis plus de quatre d&eacute;cennies. Deux noms, un seul syst&egrave;me.</p>
<p><em>Et ce syst&egrave;me a besoin d'ennemis.</em></p>
<p>Deux groupes ont &eacute;t&eacute;, historiquement et syst&eacute;matiquement, plac&eacute;s dans ce r&ocirc;le : les Bamil&eacute;k&eacute;s, originaires des hauts plateaux de l'Ouest, r&eacute;put&eacute;s pour leur dynamisme &eacute;conomique et leur coh&eacute;sion communautaire ; et les Anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dont la marginalisation a fini par engendrer une guerre civile toujours en cours.</p>
<p>Ces d&eacute;signations ne sont pas accidentelles. Elles r&eacute;pondent &agrave; une logique de contr&ocirc;le. Toute communaut&eacute; trop autonome, trop organis&eacute;e, trop susceptible de contester le statu quo, devient potentiellement dangereuse pour un pouvoir fond&eacute; sur l'extraction et la redistribution s&eacute;lective.</p>
<h2>La haine qui se d&eacute;complexe</h2>
<p>Quelque chose a chang&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es. Le discours anti-Bamil&eacute;k&eacute;, qui existait depuis longtemps dans les marges, s'est install&eacute; dans l'espace public avec une audace nouvelle.</p>
<p>Des commer&ccedil;ants originaires de l'Ouest sont agress&eacute;s dans d'autres r&eacute;gions du pays. Des figures politiques font ouvertement de la x&eacute;nophobie envers ce groupe leur cheval de bataille &eacute;lectoral. Et des concepts comme celui de &laquo; Littoraliens &raquo; terme d&eacute;signant une revendication d'exclusivit&eacute; territoriale sur la r&eacute;gion du Littoral, au d&eacute;triment des Camerounais d'autres origines qui y r&eacute;sident &eacute;mergent et trouvent des relais m&eacute;diatiques et politiques.</p>
<p>Ce qui &eacute;tait chuchot&eacute; se dit d&eacute;sormais &agrave; voix haute. Ce qui &eacute;tait marginalis&eacute; se normalise.</p>
<p>Certaines marches hostiles aux Bamil&eacute;k&eacute;s ont &eacute;t&eacute;, selon plusieurs t&eacute;moignages et sources locales, autoris&eacute;es ou tol&eacute;r&eacute;es par des autorit&eacute;s administratives qui auraient d&ucirc; les interdire. Un signal inqui&eacute;tant sur la complicit&eacute;, au moins passive, de l'&Eacute;tat dans cette dynamique.</p>
<h2>La m&eacute;canique du bouc &eacute;missaire</h2>
<p>Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette radicalisation ?</p>
<p>L'explication est tristement classique. Dans une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; l'&Eacute;tat est incapable de garantir les besoins fondamentaux : emploi, sant&eacute;, &eacute;ducation, s&eacute;curit&eacute; la frustration cherche une cible. Et le pouvoir, plut&ocirc;t que d'affronter sa propre faillite, encourage discr&egrave;tement ce transfert de col&egrave;re.</p>
<p>La haine de l'autre devient une th&eacute;rapie bon march&eacute; pour ceux qui n'ont pas les moyens d'analyser leur situation. Et un outil de gestion politique pour ceux qui veulent d&eacute;tourner l'attention de leur propre irresponsabilit&eacute;.</p>
<p>Cette dynamique a un effet pervers suppl&eacute;mentaire : elle g&eacute;n&egrave;re un ressentiment en retour. La communaut&eacute; cibl&eacute;e d&eacute;veloppe une m&eacute;fiance croissante envers ses pers&eacute;cuteurs. Les fractures s'approfondissent. La coh&eacute;sion nationale d&eacute;j&agrave; fragile s'&eacute;rode.</p>
<p>&laquo; Le r&eacute;gime souffle sur les braises comme s'il avait du p&eacute;trole dans la bouche &raquo;, r&eacute;sume une analyse qui circule dans les cercles de la soci&eacute;t&eacute; civile camerounaise. L'image est brutale. Elle est juste.</p>
<h2>La d&eacute;flagration annonc&eacute;e</h2>
<p>Les historiens et les politologues connaissent cette s&eacute;quence. Elle s'est jou&eacute;e dans d'autres pays africains, avec des cons&eacute;quences tragiques. La normalisation du discours de haine. La tol&eacute;rance institutionnelle face aux violences cibl&eacute;es. La d&eacute;signation progressive d'un groupe comme probl&egrave;me &agrave; r&eacute;soudre.</p>
<p>Chaque &eacute;tape franchie rend la suivante plus facile. Chaque silence officiel devient une autorisation implicite.</p>
<p>Le Cameroun n'est pas condamn&eacute; &agrave; ce sc&eacute;nario. Mais les signaux d'alerte s'accumulent. Et ceux qui les voient ont la responsabilit&eacute; de les nommer.</p>
<p>Parce que &laquo; Littoraliens &raquo;, &laquo; &eacute;trangers chez eux &raquo;, marches de haine tol&eacute;r&eacute;es tout cela n'est pas le probl&egrave;me. Tout cela est le sympt&ocirc;me. Le probl&egrave;me, c'est un &Eacute;tat qui depuis soixante ans choisit la division plut&ocirc;t que le d&eacute;veloppement, le contr&ocirc;le plut&ocirc;t que le contrat social, et l'ennemi int&eacute;rieur plut&ocirc;t que la responsabilit&eacute;.</p>
<p>Et pendant que certains se battent entre eux, les ressources du pays continuent de dispara&icirc;tre dans des directions que personne, officiellement, ne cherche vraiment &agrave; &eacute;clairer.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-11 11:34:14</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Affaire Bonateki : Cabral Libii remonte à la racine du problème :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93598/30:27/cameroun-affaire-bonateki-cabral-libii-remonte-a-la-racine-du-probleme-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[À travers l'affaire Bonateki, Cabral Libii ouvre un débat de fond
sur la distorsion coloniale des chefferies traditionnelles
camerounaises et appelle à une réfo...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>&Agrave; travers l'affaire Bonateki, Cabral Libii ouvre un d&eacute;bat de fond sur la distorsion coloniale des chefferies traditionnelles camerounaises et appelle &agrave; une r&eacute;forme structurelle que six d&eacute;cennies d'ind&eacute;pendance n'ont pas encore produite.</p>
<p>Il ne parle pas de l'incident. Il parle de ce qui l'a rendu possible.</p>
<p>Quand Cabral Libii prend la parole sur l'affaire Bonateki, il ne s'arr&ecirc;te pas &agrave; la pol&eacute;mique du moment. Il remonte. Loin. Jusqu'au d&eacute;cret de 1977. Jusqu'au si&egrave;cle colonial. Jusqu'&agrave; la question que personne ne pose jamais vraiment : qu'est-ce qu'une chefferie traditionnelle au Cameroun ?</p>
<p>Un Kotoko nomm&eacute; chef de quartier &agrave; Ebolowa. Chef de qui ? Des Kotoko du quartier ? Des Bulu qui y vivent ? De tous les r&eacute;sidents, venus du monde entier ?</p>
<p>La question semble simple. La r&eacute;ponse r&eacute;v&egrave;le un syst&egrave;me bris&eacute;.</p>
<h2>Chefferies traditionnelles : Cabral Libii d&eacute;monte le "non-sens colonial" qui ronge le Cameroun</h2>
<p>En marge de l'affaire Bonateki rebaptis&eacute;e "affaire Chen Gang" par certains commentateurs le pr&eacute;sident du PCRN Cabral Libii a publi&eacute; une analyse qui d&eacute;passe largement le fait divers initial. En quelques paragraphes denses, le d&eacute;put&eacute;-pr&eacute;sident pointe ce qu'il appelle "le mal qui ronge la racine" : la distorsion profonde et jamais corrig&eacute;e des chefferies traditionnelles camerounaises, h&eacute;rit&eacute;e directement de l'administration coloniale.</p>
<h2>Le diagnostic : une institution d&eacute;natur&eacute;e depuis 1977</h2>
<p>Tout part du d&eacute;cret de 1977, toujours en vigueur, qui r&eacute;git les chefferies dites traditionnelles en les hi&eacute;rarchisant en degr&eacute;s premier, deuxi&egrave;me, troisi&egrave;me et en les territorialisant selon des circonscriptions administratives : d&eacute;partements, arrondissements, quartiers.</p>
<p>Pour Cabral Libii, cette architecture est fondamentalement illogique.</p>
<p>"Depuis quel si&egrave;cle la tradition est-elle d&eacute;finie par les circonscriptions administratives ?" demande-t-il. La r&eacute;ponse qu'il apporte est sans appel : "&Eacute;videmment depuis le si&egrave;cle colonial."</p>
<p>La tradition, dans sa d&eacute;finition authentique, est une institution communautaire. Elle s'exerce sur une communaut&eacute; qui se reconna&icirc;t en elle, par un chef que cette communaut&eacute; reconna&icirc;t comme le d&eacute;positaire de son autorit&eacute; morale et culturelle. Elle n'est pas une circonscription g&eacute;ographique. Elle n'est pas un d&eacute;coupage administratif.</p>
<p>Le Sultan des Bamoun est chef de la tradition des Bamoun. Il n'est pas, et ne peut pas &ecirc;tre, l'autorit&eacute; traditionnelle des Ewondo ou des Guiziga qui vivent &agrave; Foumban. Ces derniers doivent le respect &agrave; l'autorit&eacute; de la tradition en vigueur dans leur localit&eacute; d'accueil pas plus.</p>
<p>C'est, selon Cabral Libii, "totalement logique". Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que le syst&egrave;me h&eacute;rit&eacute; de la colonisation a cass&eacute;.</p>
<h2>L'absurde concret : un Kotoko chef &agrave; Ebolowa</h2>
<p>Pour illustrer l'absurdit&eacute; du syst&egrave;me, Cabral Libii prend un exemple volontairement parlant : un ressortissant Kotoko d&eacute;sign&eacute; chef traditionnel de troisi&egrave;me degr&eacute; &agrave; Ebolowa, dans un quartier &agrave; majorit&eacute; Bulu.</p>
<p>"Il est le chef de la tradition des qui l&agrave;-bas au juste ?"</p>
<p>La question n'est pas rh&eacute;torique. Elle met le doigt sur une contradiction structurelle que le syst&egrave;me n'a jamais r&eacute;solue : en territorialisant la chefferie en faisant du chef traditionnel le responsable d'un espace g&eacute;ographique plut&ocirc;t que d'une communaut&eacute; culturelle l'&Eacute;tat colonial, puis l'&Eacute;tat postcolonial qui a reconduit ses d&eacute;crets, a cr&eacute;&eacute; une fiction institutionnelle.</p>
<p>Un chef sans communaut&eacute; r&eacute;elle. Une tradition sans substance. Une autorit&eacute; sans l&eacute;gitimit&eacute; organique.</p>
<h2>Le c&oelig;ur du probl&egrave;me : l'auxiliarisation de la tradition</h2>
<p>Pour Cabral Libii, la confusion fondamentale est l&agrave; : les chefs traditionnels ont &eacute;t&eacute; transform&eacute;s en auxiliaires de l'administration. L'&Eacute;tat leur a confi&eacute; des fonctions administratives recensement, m&eacute;diation, relais de l'autorit&eacute; publique en &eacute;change d'une l&eacute;gitimit&eacute; institutionnelle octroy&eacute;e d'en haut plut&ocirc;t que reconnue d'en bas.</p>
<p>"L'administration ne peut pas s'auxiliariser la tradition. Cela n'a aucun sens."</p>
<p>Et c'est ce "non-sens", dit-il, qui g&eacute;n&egrave;re tous les conflits de quartier, toutes les tensions intercommunautaires, toutes les "affaires" comme celle de Bonateki. Les protagonistes de ces conflits ne sont, selon lui, que des "boucs &eacute;missaires" d'un syst&egrave;me cass&eacute;.</p>
<p>Sa proposition : que l'&Eacute;tat cr&eacute;e un corps de "commis administratifs des quartiers et villages" s'il a besoin d'auxiliaires locaux et qu'il lib&egrave;re la tradition du carcan colonial.</p>
<h2>L'argument des monarchies occidentales</h2>
<p>Cabral Libii termine sur une observation qui m&eacute;rite attention : les communaut&eacute;s camerounaises les plus coh&eacute;sives, les plus respect&eacute;es, les plus "puissantes" au sens sociologique, sont pr&eacute;cis&eacute;ment celles dans lesquelles le colon n'a pas r&eacute;ussi &agrave; dissocier la chefferie administrative de l'autorit&eacute; traditionnelle r&eacute;elle. Dans ces communaut&eacute;s, le chef de premier degr&eacute; est rest&eacute; simultan&eacute;ment le vrai chef de tradition.</p>
<p>Il note &eacute;galement que les nations occidentales Belgique, Espagne, Royaume-Uni, Allemagne, Isra&euml;l n'ont pas supprim&eacute; leurs monarchies et quasi-monarchies. Le colon savait la force de l'autorit&eacute; morale dans la coh&eacute;sion des soci&eacute;t&eacute;s. Il l'a utilis&eacute;e ailleurs. Il l'a affaiblie ici.</p>
<h2>Un d&eacute;bat qui d&eacute;passe l'affaire Bonateki</h2>
<p>L'analyse de Cabral Libii transforme un fait divers aussi grave soit-il en question de politique publique de fond. La r&eacute;forme des chefferies traditionnelles au Cameroun est un chantier que l'&Eacute;tat postcolonial a syst&eacute;matiquement &eacute;vit&eacute;.</p>
<p>Le d&eacute;cret de 1977 a 49 ans. Les tensions qu'il g&eacute;n&egrave;re, elles, sont permanentes.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-10 15:32:00</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Et si Biya ne revenait pas ? Le Cameroun sans vice-président :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93596/30:27/et-si-biya-ne-revenait-pas-le-cameroun-sans-vice-president-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[La révision constitutionnelle camerounaise a créé le poste de
vice-président pour sécuriser la succession mais le poste reste non
pourvu, exposant le pays à un...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La r&eacute;vision constitutionnelle camerounaise a cr&eacute;&eacute; le poste de vice-pr&eacute;sident pour s&eacute;curiser la succession mais le poste reste non pourvu, exposant le pays &agrave; un vide juridique critique &agrave; chaque d&eacute;placement du chef de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Et si l'avion ne revenait pas ?</p>
<p>La question est brutale. Elle est taboue. Et pourtant, elle occupe en silence les esprits de ceux qui connaissent les rouages du pouvoir camerounais.</p>
<p>Paul Biya est une nouvelle fois en Suisse. Ce d&eacute;placement, comme tous les autres, suit le protocole rod&eacute; d'une gouvernance habitu&eacute;e aux absences. Yaound&eacute; attend. Le pays tourne au ralenti.</p>
<p>Mais cette fois, quelque chose a chang&eacute;.</p>
<p>La Constitution r&eacute;vis&eacute;e pr&eacute;voit d&eacute;sormais un vice-pr&eacute;sident pour assurer la transition en cas de vacance du pouvoir. Sur le papier, le m&eacute;canisme de s&eacute;curit&eacute; existe. Dans la r&eacute;alit&eacute;, le poste est vide. Pas de titulaire. Pas de d&eacute;cret. Pas de visage.</p>
<p>Si le pire survenait aujourd'hui qui prendrait le relais ?</p>
<p>Personne ne peut r&eacute;pondre clairement &agrave; cette question. Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; que r&eacute;side le danger.</p>
<h2>Vice-pr&eacute;sidence non pourvue : le Cameroun face &agrave; son angle mort constitutionnel</h2>
<p>Paul Biya est en d&eacute;placement en Suisse. Une fois encore. Le Cameroun observe, comme &agrave; son habitude, cette absence pr&eacute;sidentielle avec ce m&eacute;lange de r&eacute;signation et d'anxi&eacute;t&eacute; contenue qui caract&eacute;rise la vie politique nationale depuis des d&eacute;cennies.</p>
<p>Mais ce d&eacute;placement intervient dans un contexte juridique in&eacute;dit et pr&eacute;occupant.</p>
<h2>Une r&eacute;forme constitutionnelle &agrave; moiti&eacute; appliqu&eacute;e</h2>
<p>La r&eacute;vision constitutionnelle r&eacute;cemment adopt&eacute;e a introduit dans le droit camerounais un m&eacute;canisme de succession longtemps attendu : la vice-pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. Selon les nouvelles dispositions, c'est le vice-pr&eacute;sident et non plus le pr&eacute;sident du S&eacute;nat comme le pr&eacute;voyait l'ancienne configuration qui est constitutionnellement habilit&eacute; &agrave; assurer l'int&eacute;rim et la transition en cas de vacance du pouvoir, qu'il s'agisse d'un d&eacute;c&egrave;s, d'une d&eacute;mission ou d'un emp&ecirc;chement d&eacute;finitif.</p>
<p>L'intention du l&eacute;gislateur &eacute;tait claire : s&eacute;curiser la cha&icirc;ne de commandement, d&eacute;signer &agrave; l'avance un successeur l&eacute;gitime, et couper court aux guerres de succession qui ont historiquement fragilis&eacute; d'autres &Eacute;tats africains dans des moments de vuln&eacute;rabilit&eacute;.</p>
<p>Probl&egrave;me fondamental : le d&eacute;cret de nomination du vice-pr&eacute;sident n'a toujours pas &eacute;t&eacute; sign&eacute;.</p>
<p>La fonction existe dans la loi fondamentale. Elle n'existe nulle part ailleurs.</p>
<h2>Un paradoxe juridique in&eacute;dit</h2>
<p>Ce d&eacute;calage entre le texte constitutionnel r&eacute;vis&eacute; et la r&eacute;alit&eacute; politique cr&eacute;e ce que les juristes constitutionnalistes pourraient qualifier de paradoxe normatif : une disposition centrale de la loi fondamentale est techniquement inapplicable, faute d'acteur d&eacute;sign&eacute; pour l'incarner.</p>
<p>Si une vacance du pouvoir survenait aujourd'hui, deux sc&eacute;narios se dessinent, aucun n'&eacute;tant satisfaisant.</p>
<p>Le premier : revenir &agrave; l'ancienne formule et confier l'int&eacute;rim au pr&eacute;sident du S&eacute;nat. Ce serait appliquer des dispositions constitutionnelles abrog&eacute;es, au m&eacute;pris de la loi fondamentale en vigueur. Un tel acte ouvrirait imm&eacute;diatement la voie &agrave; des contestations juridiques et politiques d'une gravit&eacute; extr&ecirc;me.</p>
<p>Le second : tenter d'appliquer les nouvelles dispositions constitutionnelles en d&eacute;signant dans l'urgence un vice-pr&eacute;sident. Dans le contexte d'une vacance du pouvoir, une telle nomination par qui ? selon quel processus ? avec quelle l&eacute;gitimit&eacute; ? serait contest&eacute;e de toutes parts.</p>
<p>Dans les deux cas, le vide juridique ne serait pas combl&eacute;. Il serait seulement contourn&eacute;. Et les contestations qui s'ensuivraient menaceraient directement la stabilit&eacute; institutionnelle.</p>
<h2>Quand la loi ne suffit plus, les rapports de force parlent</h2>
<p>L'histoire politique africaine offre de nombreux exemples de ce que produit l'absence de m&eacute;canisme de succession clair au moment o&ugrave; il serait n&eacute;cessaire. Ce ne sont pas les textes qui dictent alors la suite des &eacute;v&eacute;nements ce sont les rapports de force entre clans, appareils s&eacute;curitaires, et ambitions personnelles.</p>
<p>Le Cameroun, fort de ses propres fragilit&eacute;s internes la crise anglophone dans les r&eacute;gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les tensions sociales, les &eacute;quilibres ethnor&eacute;gionaux complexes ne peut se permettre d'ajouter &agrave; cela une incertitude constitutionnelle au sommet de l'&Eacute;tat.</p>
<p>&laquo; On ne peut pas graver un m&eacute;canisme de secours aussi important dans la Constitution et le laisser ind&eacute;finiment &agrave; l'&eacute;tat de concept &raquo;, r&eacute;sument sobrement les observateurs de la sc&egrave;ne politique nationale.</p>
<h2>Un retard qui n'en est peut-&ecirc;tre pas un</h2>
<p>Dans un r&eacute;gime aussi centralis&eacute; que le syst&egrave;me camerounais, aucun "retard" n'est vraiment fortuit. Le non-pourvoi de la vice-pr&eacute;sidence peut s'analyser comme une d&eacute;cision politique implicite maintenir la nomination comme variable d'ajustement, carte &agrave; jouer en temps voulu, instrument de contr&ocirc;le des ambitions.</p>
<p>Cette logique est compr&eacute;hensible du point de vue de la gestion du pouvoir &agrave; court terme. Elle est dangereuse du point de vue de la stabilit&eacute; institutionnelle &agrave; long terme.</p>
<p>Car chaque jour qui passe sans nomination est un jour o&ugrave; le Cameroun reste expos&eacute;.</p>
<h2>L'urgence de s&eacute;curit&eacute; nationale</h2>
<p>Compte tenu de la position strat&eacute;gique du Cameroun en Afrique centrale pays pivot entre les zones sah&eacute;lienne, &eacute;quatoriale et c&ocirc;ti&egrave;re, acteur incontournable de la stabilit&eacute; r&eacute;gionale les partenaires internationaux, les institutions financi&egrave;res et les organisations r&eacute;gionales ne peuvent pas ignorer ce vide.</p>
<p>La nomination du vice-pr&eacute;sident n'est plus une question de calendrier politique interne. Elle est une urgence de s&eacute;curit&eacute; nationale.</p>
<p>La nouvelle Constitution doit cesser d'&ecirc;tre une promesse th&eacute;orique. Elle doit devenir une r&eacute;alit&eacute; pleinement appliqu&eacute;e. Le d&eacute;cret de nomination ne peut pas attendre ind&eacute;finiment. Le Cameroun m&eacute;rite mieux qu'une architecture constitutionnelle &agrave; moiti&eacute; construite.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-10 13:39:12</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Yaoundé : la capitale qui envahit les Camerounais de honte :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93580/30:27/yaounde-la-capitale-qui-envahit-les-camerounais-de-honte-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Insalubrité chronique, axes routiers dévastés, inondations
récurrentes et aéroport d'un autre siècle : Yaoundé, vitrine
supposée du Cameroun, est devenue le sym...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Insalubrit&eacute; chronique, axes routiers d&eacute;vast&eacute;s, inondations r&eacute;currentes et a&eacute;roport d'un autre si&egrave;cle : Yaound&eacute;, vitrine suppos&eacute;e du Cameroun, est devenue le symbole vivant d'une gouvernance urbaine &agrave; l'abandon.</p>
<p>Il suffit d'une pluie pour transformer Yaound&eacute; en pi&egrave;ge.</p>
<p>Les rues se noient. Les ordures flottent. Les voitures s'immobilisent dans des orni&egrave;res que personne ne comble. Et le lendemain matin, la ville reprend sa respiration difficile, comme si de rien n'&eacute;tait jusqu'&agrave; la prochaine averse.</p>
<p>C'est &ccedil;a, Yaound&eacute; en 2026. Pas une ville en d&eacute;veloppement. Une ville en r&eacute;gression.</p>
<p>La question que tout le monde pose &agrave; voix basse, certains m&eacute;dias d&eacute;cident enfin de la crier : <strong>qui est responsable ?</strong> Et surtout <strong>pourquoi &ccedil;a dure ?</strong></p>
<h2>YAOUND&Eacute;, CAPITALE &Agrave; L'ABANDON : ENQU&Ecirc;TE SUR UNE D&Eacute;CR&Eacute;PITUDE ORGANIS&Eacute;E</h2>
<p>Elle devrait &ecirc;tre une vitrine. Un symbole de ce que le Cameroun est capable d'accomplir. Au lieu de cela, la capitale politique du pays s'enfonce chaque ann&eacute;e un peu plus dans un &eacute;tat de d&eacute;gradation que ses propres habitants ont cess&eacute; de d&eacute;crire parce que les mots, disent-ils, ne suffisent plus.</p>
<h2>Une ville sous les eaux, sous les ordures, sous l'obscurit&eacute;</h2>
<p>Chaque saison des pluies, le sc&eacute;nario se r&eacute;p&egrave;te avec une pr&eacute;cision tragique. Les quartiers inondent. Les axes secondaires disparaissent sous l'eau boueuse. Les caniveaux, mal entretenus ou inexistants, d&eacute;bordent en quelques heures. Et les habitants, habitu&eacute;s &agrave; cet enfer saisonnier, adaptent leurs trajets, leurs horaires, leur vie enti&egrave;re non pas parce qu'ils ont trouv&eacute; des solutions, mais parce qu'ils ont perdu espoir d'en trouver une autre.</p>
<p>&Agrave; cela s'ajoute l'insalubrit&eacute; visible, document&eacute;e, photographi&eacute;e des dizaines de milliers de fois sur les r&eacute;seaux sociaux, sans jamais d&eacute;clencher une r&eacute;ponse structurelle s&eacute;rieuse. Les d&eacute;p&ocirc;ts sauvages d'ordures prolif&egrave;rent dans des quartiers entiers. L'&eacute;clairage public est d&eacute;faillant, transformant des avenues enti&egrave;res en zones d'ins&eacute;curit&eacute; nocturne.</p>
<h2>L'a&eacute;roport : la honte internationale</h2>
<p>Pour tout visiteur &eacute;tranger arrivant &agrave; l'A&eacute;roport International de Yaound&eacute;-Nsimalen, le message est imm&eacute;diat. Les infrastructures, vieillissantes, contrastent violemment avec les standards des hubs continentaux modernes Kigali, Abidjan, Addis-Abeba, Nairobi. Ce que le visiteur voit n'est pas seulement un b&acirc;timent. C'est une m&eacute;taphore de l'ambition nationale diff&eacute;r&eacute;e.</p>
<h2>Les chantiers-esbroufe : quand les cam&eacute;ras d&eacute;cident du calendrier des travaux</h2>
<p>L'une des constantes les plus cyniques de la gestion urbaine yaound&eacute;enne est ce ph&eacute;nom&egrave;ne bien document&eacute; par les observateurs locaux : les chantiers qui surgissent pr&eacute;cis&eacute;ment lors de visites officielles, de sommets internationaux, ou de p&eacute;riodes d'attention m&eacute;diatique accrue avant de s'interrompre aussi subitement qu'ils ont commenc&eacute;.</p>
<p>Des axes routiers sont inaugur&eacute;s en fanfare. Les pelleteuses arrivent, les cameras aussi. Puis les cameras repartent. Et les chantiers, souvent, avec elles.</p>
<p><em>Ce n'est pas de la n&eacute;gligence. C'est un syst&egrave;me.</em></p>
<h2>La question du commandement : maire, maires d'arrondissement, &Eacute;tat central qui d&eacute;cide ?</h2>
<p>L'une des particularit&eacute;s les plus paralysantes de la gouvernance de Yaound&eacute; est la confusion institutionnelle qui r&egrave;gne sur son administration. La Communaut&eacute; Urbaine de Yaound&eacute; (CUY), les sept mairies d'arrondissement, les d&eacute;l&eacute;gations r&eacute;gionales des minist&egrave;res techniques, et la pr&eacute;sidence elle-m&ecirc;me exercent des comp&eacute;tences qui se chevauchent, se contredisent, et surtout se renvoient mutuellement la responsabilit&eacute;.</p>
<p>R&eacute;sultat : personne ne d&eacute;cide. Ou plut&ocirc;t, quand quelqu'un d&eacute;cide, l'autre bloque. Et dans cet espace d'inaction institutionnalis&eacute;e, la ville se d&eacute;grade.</p>
<p>Les Agents de D&eacute;veloppement Communautaire (ADC) sont r&eacute;guli&egrave;rement point&eacute;s du doigt pour leur immobilisme op&eacute;rationnel. L'ex&eacute;cutif municipal est accus&eacute; de manquer de vision manag&eacute;riale r&eacute;elle. Et les autorit&eacute;s administratives sup&eacute;rieures, qui pourraient trancher, semblent pr&eacute;f&eacute;rer l'ambigu&iuml;t&eacute; qui leur pr&eacute;serve les marges de man&oelig;uvre politiques.</p>
<h2>L'incivisme comme bouc-&eacute;missaire commode</h2>
<p>Il est habituel, dans les discours officiels, d'invoquer l'incivisme des usagers pour expliquer l'&eacute;tat de la ville. Les citoyens jettent leurs ordures. Les conducteurs d&eacute;truisent la voirie. Les commer&ccedil;ants envahissent les trottoirs.</p>
<p>Ces constats ne sont pas faux. Mais ils sont instrumentalis&eacute;s.</p>
<p>L'incivisme est r&eacute;el. Mais il prosp&egrave;re dans un vide : celui de l'absence d'infrastructures adapt&eacute;es, de collecte des ordures insuffisante, de signal&eacute;tique inexistante, de sanctions jamais appliqu&eacute;es. Le comportement des citadins est en partie le reflet de ce que la ville leur offre ou ne leur offre pas.</p>
<h2>Ce que Yaound&eacute; aurait pu &ecirc;tre et peut encore devenir</h2>
<p>Yaound&eacute; n'est pas condamn&eacute;e. Elle dispose d'atouts r&eacute;els : un positionnement g&eacute;ographique central, une population jeune et instruite, une diaspora active, et une &eacute;conomie de services en croissance. Des villes africaines dans des situations comparables ont op&eacute;r&eacute; des transformations spectaculaires en moins d'une d&eacute;cennie avec de la volont&eacute; politique, de la transparence budg&eacute;taire et une gouvernance coh&eacute;rente.</p>
<p>Ce dont Yaound&eacute; manque n'est pas l'argent. Les budgets existent. Les coop&eacute;rations internationales existent. Ce dont elle manque, c'est d'une cha&icirc;ne de responsabilit&eacute; claire, d'&eacute;lus qui r&eacute;pondent de leurs actes, et d'une presse assez libre pour les y contraindre.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-09 10:31:17</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Magistrats en attente depuis 6 ans : le décret Biya change-t-il vraiment quelque chose ? :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93573/30:27/cameroun-magistrats-en-attente-depuis-6-ans-le-decret-biya-change-t-il-vraiment-quelque-chose-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Six ans de paralysie, des centaines de dossiers gelés, des magistrats
sans affectation : le décret du 2 juin 2026 renouvelle les membres du
CSM, mais ne garanti...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Six ans de paralysie, des centaines de dossiers gel&eacute;s, des magistrats sans affectation : le d&eacute;cret du 2 juin 2026 renouvelle les membres du CSM, mais ne garantit pas que l'institution reprenne enfin vie.</p>
<p>Six ans. Sans une seule r&eacute;union. Sans une seule d&eacute;cision rendue.</p>
<p>Pendant six ans, le Conseil Sup&eacute;rieur de la Magistrature du Cameroun l'organe qui d&eacute;cide des carri&egrave;res, des promotions et des sanctions des juges a fonctionn&eacute; dans un silence institutionnel quasi absolu. Des magistrats ont attendu leur int&eacute;gration dans le corps. Des avancements ont stagn&eacute;. Des proc&eacute;dures disciplinaires sont rest&eacute;es ouvertes, sans issue, comme des plaies b&eacute;antes dans le tissu judiciaire du pays.</p>
<p>Puis, le 2 juin 2026, un d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel. Les membres sont renouvel&eacute;s. L'institution existe &agrave; nouveau officiellement.</p>
<p>Mais une question s'impose, avec la brutalit&eacute; du bon sens : &agrave; quoi sert de renouveler un organe qui n'a pas fonctionn&eacute; pendant tout un mandat de cinq ans, et ce dix mois apr&egrave;s l'expiration des mandats ?</p>
<h2>Un organe strat&eacute;gique r&eacute;duit au silence</h2>
<p>Le Conseil Sup&eacute;rieur de la Magistrature n'est pas une institution d&eacute;corative. C'est la colonne vert&eacute;brale de l'ind&eacute;pendance judiciaire au Cameroun. Il statue sur les nominations, les mutations, les avancements et les sanctions disciplinaires des magistrats. Sans lui, la justice ne peut ni se renouveler, ni se corriger, ni progresser.</p>
<p>Or, pendant six ans, le CSM a fonctionn&eacute; dans un silence institutionnel presque total. Des magistrats ont attendu leur int&eacute;gration. Des promotions ont stagn&eacute;. Des proc&eacute;dures disciplinaires sont rest&eacute;es ouvertes, sans issue.</p>
<p>Ce n'est pas une anomalie passag&egrave;re. C'est une paralysie structurelle qui s'est install&eacute;e dans la dur&eacute;e, au d&eacute;triment de centaines de professionnels du droit et, en derni&egrave;re analyse, des justiciables camerounais.</p>
<h2>Le signal d'alarme avait &eacute;t&eacute; tir&eacute;</h2>
<p>La situation n'est pas pass&eacute;e inaper&ccedil;ue. En juin 2024, la d&eacute;put&eacute;e Djeumeni Benilde avait interpell&eacute; le Ministre de la Justice Laurent Esso lors d'une session pl&eacute;ni&egrave;re de l'Assembl&eacute;e nationale, d&eacute;non&ccedil;ant l'absence de r&eacute;union du CSM depuis plusieurs mois. Cinq promotions de magistrats se trouvaient "au quartier", en attente d'affectation et d'avancement une situation qui, selon elle, portait pr&eacute;judice aux carri&egrave;res des magistrats et plombait le bon fonctionnement de la justice camerounaise.</p>
<p>La r&eacute;ponse du ministre fut laconique. Les dossiers continu&egrave;rent de s'accumuler.</p>
<h2>Le d&eacute;cret du 2 juin 2026 : une formalit&eacute;, pas une r&eacute;forme</h2>
<p>Par d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel du 2 juin 2026, Paul Biya a proc&eacute;d&eacute; au renouvellement partiel des membres du CSM, mettant formellement fin &agrave; une situation d'incertitude juridique et administrative qui durait depuis l'expiration des mandats en 2025 mandats eux-m&ecirc;mes arriv&eacute;s &agrave; terme sans renouvellement imm&eacute;diat, dans le prolongement d'une l&eacute;thargie institutionnelle entam&eacute;e d&egrave;s 2020.</p>
<p>Le retard est donc double : le CSM n'a pas fonctionn&eacute; pendant son mandat, et les mandats n'ont pas &eacute;t&eacute; renouvel&eacute;s dans les d&eacute;lais l&eacute;gaux, ajoutant dix mois d'un vide juridique suppl&eacute;mentaire.</p>
<p>Le d&eacute;cret reconduit dix des quatorze membres titulaires. Le principal changement concerne la sortie d'Ali Mamouda, remplac&eacute; par Goni Mariam, jusque-l&agrave; membre suppl&eacute;ante.</p>
<p>Une composition qui, pour l'essentiel, perp&eacute;tue le statu quo.</p>
<h2>Nouveaux visages, vieilles questions</h2>
<p>Les nominations incluent Claude Francis Moukouri, magistrat hors hi&eacute;rarchie et ancien vice-pr&eacute;sident du Tribunal criminel sp&eacute;cial, per&ccedil;u comme un apport d'exp&eacute;rience dans les questions de discipline et d'organisation. C&ocirc;t&eacute; parlementaire, la d&eacute;put&eacute;e Soppo Toute Marlyse et Mariam Goni rejoignent l'instance, aux c&ocirc;t&eacute;s de Rolande Ngo Issi, du PCRN, qui introduit une repr&eacute;sentation issue de l'opposition.</p>
<p>Cette ouverture &agrave; l'opposition, d&eacute;j&agrave; amorc&eacute;e en 2020, reste symbolique. Elle ne r&eacute;pond pas &agrave; la question fondamentale : comment garantir que le CSM si&eacute;gera effectivement, et &agrave; quelle fr&eacute;quence ?</p>
<h2>Un contexte institutionnel plus large</h2>
<p>Depuis sa r&eacute;&eacute;lection en 2025, Paul Biya n'a toujours pas annonc&eacute; le remaniement gouvernemental &eacute;voqu&eacute; depuis plusieurs mois. Le poste de vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, cr&eacute;&eacute; lors des r&eacute;centes r&eacute;formes institutionnelles, demeure vacant. La r&eacute;activation du CSM pourrait pr&eacute;figurer une nouvelle phase institutionnelle, alors que plusieurs d&eacute;cisions sont attendues dans les toutes prochaines semaines.</p>
<p>Le renouvellement du CSM s'inscrit ainsi dans un mouvement plus large de r&eacute;activation institutionnelle mais son rythme et son ampleur restent insuffisants au regard de l'arri&eacute;r&eacute; accumul&eacute;.</p>
<h2>Ce que dit la loi, ce que fait la pratique</h2>
<p>La loi camerounaise pr&eacute;voit que le CSM tienne au minimum deux sessions par an en juin et en d&eacute;cembre. Cette obligation n'a pas &eacute;t&eacute; respect&eacute;e pendant des ann&eacute;es. Aucune sanction. Aucune proc&eacute;dure. Aucun m&eacute;canisme correctif.</p>
<p>C'est l&agrave; le c&oelig;ur du probl&egrave;me : renouveler des membres ne r&eacute;sout pas l'absence de m&eacute;canismes contraignants qui forcent l'institution &agrave; fonctionner. Sans calendrier de sessions impos&eacute; et contr&ocirc;l&eacute;, le nouveau CSM peut parfaitement reproduire le silence de l'ancien.</p>
<h2>Les victimes invisibles : les magistrats et les justiciables</h2>
<p>Derri&egrave;re les d&eacute;crets et les nominations se trouvent des hommes et des femmes concrets. Des magistrats dont les carri&egrave;res ont &eacute;t&eacute; mises en suspens pendant six ans. Des promotions enti&egrave;res bloqu&eacute;es. Des affaires disciplinaires sans conclusion. Et, au bout de cette cha&icirc;ne, des justiciables camerounais face &agrave; des tribunaux dont le personnel ne peut &ecirc;tre ni renouvel&eacute;, ni mobilis&eacute;, ni sanctionn&eacute; efficacement.</p>
<p>La paralysie du CSM n'est pas une question abstraite de gouvernance. Elle a un co&ucirc;t humain r&eacute;el.</p>
<h2>Que faut-il attendre maintenant ?</h2>
<p>Les nominations interviennent alors que les prochaines assises du Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature sont attendues pour statuer sur plusieurs dossiers majeurs li&eacute;s &agrave; la carri&egrave;re des magistrats.</p>
<p>La tenue effective de ces assises sera le v&eacute;ritable test. Si le nouveau CSM se r&eacute;unit, traite l'arri&eacute;r&eacute;, et &eacute;tablit un calendrier r&eacute;gulier de sessions, le d&eacute;cret du 2 juin aura eu un sens. Dans le cas contraire, il ne sera qu'un acte de plus dans la longue s&eacute;rie des formalit&eacute;s institutionnelles qui n'engagent &agrave; rien.</p>
<p>Le Cameroun a un Conseil Sup&eacute;rieur de la Magistrature. Il lui manque encore une justice qui fonctionne.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-08 10:52:20</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: CONTRE L’OUBLI ET L’INGRATITUDE FACE  AUX SYMBOLES ET AUX VALEURS FORTES :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93568/30:27/cameroun-contre-loubli-et-lingratitude-face-aux-symboles-et-aux-valeurs-fortes-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Du sanctuaire marial à la Basilique mineure de Mvolyé. Une mémoire
qui interpelle, et une œuvre testamentaire pour l’éternité :
MONSEIGNEUR JEAN ZOA
 
Combien l...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Du sanctuaire marial &agrave; la Basilique mineure de Mvoly&eacute;. Une m&eacute;moire qui interpelle, et une &oelig;uvre testamentaire pour l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; : MONSEIGNEUR JEAN ZOA<br />&nbsp;<br />Combien le savent ? Combien peuvent l&rsquo;imaginer ou m&ecirc;me simplement le soup&ccedil;onner ? Combien lui rendent sa v&eacute;ritable signification, sa fiert&eacute; et son importance dans le paysage divers port&eacute; par notre conscience et notre esprits volatiles ? Ce n&rsquo;&eacute;tait pas qu&rsquo;une maison et un lieu d&rsquo;expression et de magnificence de la foi chr&eacute;tienne pour l&rsquo;&eacute;glise catholique romaine qui est au Cameroun et principalement &agrave; Yaound&eacute;. L&rsquo;homme de coeur, le berger des fid&egrave;les, mais &eacute;galement des hommes, des femmes et des enfants de toutes les chapelles, r&ecirc;vait d&rsquo;un haut lieu de culture, de rassemblement, de pri&egrave;res, de solidarit&eacute;, de foi polyvalente et de paix. Voil&agrave; ce qui tr&ocirc;nait dans l&rsquo;esprit de Monseigneur Jean Zoa. Voil&agrave; comment lui &eacute;tait venue en r&eacute;v&eacute;lation divine, l&rsquo;id&eacute;e du Sanctuaire &eacute;lev&eacute; en basilique mineure par le Vatican. Tout le plateau de Mvoly&eacute; devait devenir un chemin de p&egrave;lerinage de la fraternit&eacute; sans fronti&egrave;res.<br />&nbsp;<br />Rendons au Berger ses honneurs, la paternit&eacute; de son &oelig;uvre et sa place dans son &oelig;uvre.&nbsp;</p>
<p>&laquo; Nous commen&ccedil;ons, les autres continueront &raquo;. Ainsi s&rsquo;adressa l&rsquo;Archev&ecirc;que lors d&rsquo;une s&eacute;ance de travail historique au p&egrave;re Procureur et principal collaborateur. Ainsi fut lanc&eacute; la phase finale du chantier du Sanctuaire marial de Mvoly&eacute; en 1996.</p>
<p>Chaque matin, Monseigneur arpentait les talus qui longent le plateau, marchant doucement dans le vent glacial et innocent de 6hs, les mains crois&eacute;es dans le dos, de sa r&eacute;sidence situ&eacute;e &agrave; trois cent m&egrave;tres, jusqu&rsquo;au vaste chantier du sanctuaire. Il n&rsquo;existe pas de moment de m&eacute;ditation et de p&eacute;nitence plus fort que celui-l&agrave; pour un responsable, pour un homme dont toute la vie &eacute;tait commise &agrave; la promotion pas seulement de la foi chr&eacute;tienne, mais globalement des &oelig;uvres humaines.&nbsp;</p>
<p>Mais nous voici aujourd&rsquo;hui, dans ce qui est le meilleur symbole de cette passion pour le bien-&ecirc;tre spirituel et social des chr&eacute;tiens sous la conduite de leur berger, la basilique mineure de Mvoly&eacute;. La conception m&ecirc;me de l&rsquo;&oelig;uvre comme le disait ce grand homme parmi les hommes, &eacute;tait le r&eacute;sultat de ses voyages, de ses observations, de ses enseignements &agrave; travers le Cameroun, l&rsquo;Afrique et le monde. L&rsquo;ouvrage devait repr&eacute;senter toutes les cultures de l&rsquo;universel. Et pour ceux qui ont du sens de l&rsquo;observation, allez analyser, chercher et conclure, et vous ne verrez que cela, une majestueuse fresque architecturale r&eacute;alis&eacute;e avec toutes les essences de nos for&ecirc;ts, couverte de cuivre. Je n&rsquo;en dirai plus, je n&rsquo;en r&eacute;v&eacute;lerai pas d&rsquo;avantage. Il faut laisser &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre et &agrave; son auteur, le myst&egrave;re sublime, leur myst&egrave;re, en fragments d&rsquo;intelligences, de foi et des spiritualit&eacute;s aussi plurielles qu&rsquo;insondables.&nbsp;</p>
<p>Pour qui comprendra l&rsquo;interpellation, la r&eacute;paration devra &ecirc;tre soudaine, pas prochaine ni sujet de d&eacute;bat. A chaque c&eacute;r&eacute;monie ou &eacute;v&eacute;nement heureux ou malheureux en ce lieu, ma peine est immense, profonde, cruelle et insoutenable. Nulle part je ne vois quelque chose qui annonce, indique, conforte, rassure, alerte, pr&ocirc;ne ou associe l&rsquo;image de <strong>Monseigneur Jean ZOA</strong>.</p>
<p>O&ugrave; est pass&eacute; le b&acirc;tisseur, le concepteur, le r&ecirc;veur, le rassembleur, le polisseur, le donateur et cons&eacute;crateur ? L&rsquo;Afrique serait-elle vraiment maudite, contre sa propre histoire, ses propres symboles et valeurs ? Ni racisme ni sectarisme, mais y voir tr&ocirc;ner des images de blancs, des figures ou repr&eacute;sentations diverses, dans l&rsquo;ignorance totale des mains et de la volont&eacute; par lesquelles et avec lesquelles, l&rsquo;&oelig;uvre est debout me choque, me d&eacute;sole, me consterne, me trouble et me bouleverse &agrave; l&rsquo;infini.&nbsp;</p>
<p>Sans doute, il savait, riche de curiosit&eacute;s, de d&eacute;couvertes, d&rsquo;annonces et d&rsquo;anticipation qu&rsquo;il &eacute;tait, combien nous ne donnons pas &agrave; nous-m&ecirc;mes et &agrave; notre &ecirc;tre, sa dimension spirituelle propre, indig&egrave;ne, originelle et progressiste. &laquo; Ne g&acirc;tez pas notre cath&eacute;drale, la cath&eacute;drale de tous les chr&eacute;tiens quand ce sera mon tour, enterrez-moi au cimeti&egrave;re de Mvoly&eacute;, parmi les fid&egrave;les, et mon pauvre corps aidera comme des engrais, &agrave; faire pousser quelques herbes &raquo;. Voil&agrave; ce qu&rsquo;il disait alors que nous pr&eacute;parions les obs&egrave;ques de Mgr Etoga. Il m&eacute;ritait de reposer dans un espace du sanctuaire, mais l&rsquo;homme profond&eacute;ment symbole et source d&rsquo;humilit&eacute; et de progr&egrave;s, n&rsquo;&eacute;tait pas des &eacute;coles de l&rsquo;ostentation et de la pens&eacute;e unique, ce que t&eacute;moigne son combat, le seul combat des derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie, sur la n&eacute;cessit&eacute; de l&rsquo;inculturation et l&rsquo;association absolue des projets concrets de d&eacute;veloppement &agrave; la promotion de la foi chr&eacute;tienne et de la pastorale.&nbsp;</p>
<p>Monseigneur JEAN ZOA repose en paix parmi les siens au cimeti&egrave;re de Mvoly&eacute;, et non image ni son souvenir m&ecirc;me implicite, ne sont nulle part visible &agrave; la basilique mineure situ&eacute;e juste en face, une r&eacute;alisation magnifique pour laquelle, il avait tant r&ecirc;v&eacute;. Tout un message pour l&rsquo;humanit&eacute;./.&nbsp;</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Shanda Tonme</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-08 07:25:28</pubDate>
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