<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" ?>
<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:webfeeds="http://webfeeds.org/rss/1.0" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/">
  <channel>
    <title>Le flux rss de camer.be : ECONOMIE</title>
    <link>https://www.camer.be/economie</link>
    <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
    <atom:link href="https://www.camer.be/economie" rel="self" type="application/rss+xml" />
                        <webfeeds:logo>https://www.camer.be/images/logo.png</webfeeds:logo>
    <image>
      <url>https://www.camer.be/images/logo.png</url>
      <title>Le flux rss de camer.be : ECONOMIE</title>
      <link>https://www.camer.be/economie</link>
    </image>
                <language>fr</language>
    <lastBuildDate>Thu, 04 Jun 2026 16:51:26 +0200</lastBuildDate>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Faux enfants à charge : le gouvernement sort les griffes contre les fraudeurs]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93543/12:1/cameroun-faux-enfants-a-charge-le-gouvernement-sort-les-griffes-contre-les-fraudeurs-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93543/12:1/cameroun-faux-enfants-a-charge-le-gouvernement-sort-les-griffes-contre-les-fraudeurs-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Face à une explosion de 55% des enfants déclarés en seulement 21
mois, le gouvernement camerounais engage une opération sans
précédent pour débusquer les fraude...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Face &agrave; une explosion de 55% des enfants d&eacute;clar&eacute;s en seulement 21 mois, le gouvernement camerounais engage une op&eacute;ration sans pr&eacute;c&eacute;dent pour d&eacute;busquer les fraudes aux allocations familiales et r&eacute;cup&eacute;rer les sommes ind&ucirc;ment vers&eacute;es aux agents de la Fonction publique.</p>
<p>Ils s'appellent Paul, Marie ou Junior. Ils figurent dans les fichiers de l'&Eacute;tat, ouvrent droit &agrave; des allocations familiales, font gonfler des bulletins de salaire depuis des mois, parfois des ann&eacute;es. Sauf qu'ils n'existent peut-&ecirc;tre pas.</p>
<p><em>Ou plus exactement : ils existent, mais pas l&agrave; o&ugrave; on les d&eacute;clare.</em></p>
<p>En 21 mois, le nombre d'enfants d&eacute;clar&eacute;s &agrave; charge dans la Fonction publique camerounaise a bondi de 55%. Un chiffre que le gouvernement juge impossible &agrave; expliquer par la seule d&eacute;mographie. Un chiffre qui sent la fraude.</p>
<p>Ce lundi &agrave; Yaound&eacute;, l'&Eacute;tat a d&eacute;cid&eacute; d'en finir.</p>
<h2>L'&Eacute;tat sonne l'alerte</h2>
<p>Le signal &eacute;tait l&agrave; depuis plusieurs trimestres, discret mais implacable dans les tableaux de bord du minist&egrave;re des Finances : une courbe qui grimpe, r&eacute;guli&egrave;re, anormale. En l'espace de vingt et un mois, le nombre d'enfants d&eacute;clar&eacute;s &agrave; charge par les agents de la Fonction publique camerounaise a augment&eacute; de 55%.</p>
<p><em>Cinquante-cinq pour cent. En moins de deux ans.</em></p>
<p>Pour un gouvernement dont la masse salariale repr&eacute;sente l'un des plus lourds postes budg&eacute;taires, l'anomalie ne pouvait plus &ecirc;tre ignor&eacute;e.</p>
<p>Ce lundi, r&eacute;uni en s&eacute;ance inaugurale &agrave; Yaound&eacute;, le Comit&eacute; de pilotage de l'Op&eacute;ration d'Audit des Allocations Familiales baptis&eacute;e AALFA a officiellement lanc&eacute; ses travaux. Une initiative port&eacute;e au plus haut niveau de l'ex&eacute;cutif, sous la pr&eacute;sidence du ministre des Finances.</p>
<h2>Ce que l'op&eacute;ration veut faire</h2>
<p>La mission de l'AALFA est clairement d&eacute;finie : v&eacute;rifier l'authenticit&eacute; de chaque d&eacute;claration ouvrant droit aux allocations familiales vers&eacute;es aux agents de l'&Eacute;tat. Chaque enfant d&eacute;clar&eacute; &agrave; charge sera soumis &agrave; un contr&ocirc;le rigoureux. Chaque dossier sera &eacute;pluch&eacute;.</p>
<p>L'objectif est quadruple :<br />- D&eacute;busquer et &eacute;liminer du fichier solde les enfants align&eacute;s frauduleusement.<br />- Assainir durablement le fichier de paie de l'&Eacute;tat.<br />- Garantir l'&eacute;quit&eacute; entre tous les agents publics.<br />- Recouvrer les sommes ind&ucirc;ment vers&eacute;es aux fraudeurs.</p>
<p>Le ministre des Finances a &eacute;t&eacute; sans ambigu&iuml;t&eacute; lors de la c&eacute;r&eacute;monie de lancement : "L'objectif est d'extirper du fichier solde tous les enfants align&eacute;s frauduleusement et de recouvrer les sommes ind&ucirc;ment pay&eacute;es."</p>
<p><em>Un message direct, sans fioritures, adress&eacute; &agrave; l'ensemble des agents de l'&Eacute;tat.</em></p>
<h2>Comment fonctionne la fraude aux allocations ?</h2>
<p>Dans la Fonction publique camerounaise, les allocations familiales constituent une composante du salaire. Plus un agent d&eacute;clare d'enfants &agrave; charge, plus ses &eacute;moluments mensuels sont &eacute;lev&eacute;s. Le m&eacute;canisme, con&ccedil;u pour soutenir les familles nombreuses, est devenu, pour certains, une opportunit&eacute; de gonfler artificiellement leur r&eacute;mun&eacute;ration.</p>
<p>Les proc&eacute;d&eacute;s sont vari&eacute;s : d&eacute;claration d'enfants d&eacute;c&eacute;d&eacute;s toujours inscrits au fichier, enfants d'autres membres de la famille d&eacute;clar&eacute;s comme enfants biologiques, ou encore d&eacute;clarations multiples du m&ecirc;me enfant par deux agents diff&eacute;rents.</p>
<p>Le r&eacute;sultat est le m&ecirc;me : l'&Eacute;tat paie pour des ayants droit fictifs, et les caisses publiques saignent silencieusement.</p>
<h2>L'enjeu financier : des milliards en jeu</h2>
<p>Si l'ex&eacute;cutif n'a pas encore communiqu&eacute; de chiffre global sur les sommes en jeu, la tendance observ&eacute;e parle d'elle-m&ecirc;me. Une hausse de 55% des d&eacute;clarations en 21 mois, si elle est en partie frauduleuse, repr&eacute;sente des dizaines voire des centaines de millions de francs CFA vers&eacute;s ind&ucirc;ment chaque mois.</p>
<p>&Agrave; l'&eacute;chelle d'une ann&eacute;e, et sur plusieurs ann&eacute;es de pratique, le manque &agrave; gagner pour les finances publiques pourrait atteindre des montants significatifs. Le recouvrement des sommes ind&ucirc;ment vers&eacute;es constitue donc un enjeu budg&eacute;taire autant qu'un enjeu de justice sociale.</p>
<h2>Un signal fort envoy&eacute; &agrave; la Fonction publique</h2>
<p>Au-del&agrave; des chiffres, l'op&eacute;ration AALFA envoie un message clair &agrave; l'ensemble du corps de la Fonction publique : l'&egrave;re de la permissivit&eacute; est r&eacute;volue.</p>
<p>Plusieurs observateurs des finances publiques camerounaises notent que cette initiative s'inscrit dans un effort plus global de rationalisation et d'assainissement de la masse salariale de l'&Eacute;tat, un chantier r&eacute;current mais souvent entrav&eacute; par des r&eacute;sistances institutionnelles et administratives.</p>
<blockquote>
<p>"C'est une op&eacute;ration de v&eacute;rit&eacute;", r&eacute;sume un expert en gouvernance financi&egrave;re sous couvert d'anonymat. "Elle permettra non seulement de r&eacute;cup&eacute;rer des fonds, mais surtout d'envoyer un signal dissuasif pour l'avenir."</p>
</blockquote>
<h2>Ce qui attend les agents fraudeurs</h2>
<p>Si les travaux de l'AALFA confirment les soup&ccedil;ons de l'ex&eacute;cutif, les agents reconnus coupables de fraudes pourraient faire face &agrave; plusieurs types de sanctions : radiation du fichier des &eacute;l&eacute;ments frauduleux, obligation de remboursement des sommes per&ccedil;ues ind&ucirc;ment, et potentiellement des poursuites disciplinaires, voire judiciaires, selon la nature et l'ampleur des irr&eacute;gularit&eacute;s constat&eacute;es.</p>
<p>Le Comit&eacute; de pilotage n'a pas encore pr&eacute;cis&eacute; les modalit&eacute;s exactes du recouvrement ni le calendrier de l'op&eacute;ration. Ces d&eacute;tails devraient &ecirc;tre communiqu&eacute;s au fil de l'avancement des travaux.</p>
<h2>Un test pour la gouvernance camerounaise</h2>
<p>L'op&eacute;ration AALFA sera observ&eacute;e de pr&egrave;s, tant par les partenaires techniques et financiers du Cameroun que par la soci&eacute;t&eacute; civile et les syndicats de fonctionnaires. Son issue dira beaucoup sur la capacit&eacute; r&eacute;elle de l'&Eacute;tat &agrave; se r&eacute;former de l'int&eacute;rieur, &agrave; sanctionner ses propres agents et &agrave; prot&eacute;ger les ressources publiques face aux pratiques frauduleuses.</p>
<p>Une chose est certaine : la chasse aux enfants fant&ocirc;mes a officiellement commenc&eacute;.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-04 12:00:54</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Bebe-noir230524500.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="16444" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Délestage massif au Cameroun : quand l'État étouffe l'électricité qu'il est censé financer]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93532/12:1/delestage-massif-au-cameroun-quand-letat-etouffe-lelectricite-quil-est-cense-financer-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93532/12:1/delestage-massif-au-cameroun-quand-letat-etouffe-lelectricite-quil-est-cense-financer-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Pris en étau entre les impayés chroniques d'SOCADEL et le blocage
fiscal de l'État, le producteur britannique Globeleq a débranché
304 MW du réseau entraînant u...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Pris en &eacute;tau entre les impay&eacute;s chroniques d'SOCADEL et le blocage fiscal de l'&Eacute;tat, le producteur britannique Globeleq a d&eacute;branch&eacute; 304 MW du r&eacute;seau entra&icirc;nant un d&eacute;lestage massif qui expose les fractures profondes du syst&egrave;me &eacute;nerg&eacute;tique camerounais.</p>
<p><em>Ce n'est pas une panne. Ce n'est pas un accident technique. C'est une d&eacute;cision.</em></p>
<p>Du jour au lendemain, 304 m&eacute;gawatts ont disparu du R&eacute;seau interconnect&eacute; Sud du Cameroun. Derri&egrave;re ce chiffre froid se cache une r&eacute;alit&eacute; br&ucirc;lante : des quartiers entiers de Douala plong&eacute;s dans le noir, des usines &agrave; l'arr&ecirc;t, des entrepreneurs qui regardent leurs machines s'&eacute;teindre sans comprendre pourquoi.</p>
<p>La r&eacute;ponse, elle, est d'une logique implacable et d'une absurdit&eacute; totale.</p>
<h2>Globeleq coupe le courant : quand la dette crois&eacute;e paralyse le moteur &eacute;conomique du Cameroun</h2>
<p>Il a suffi d'une d&eacute;cision administrative pour d&eacute;clencher une crise en cha&icirc;ne. Les filiales du producteur britannique Globeleq ont d&eacute;branch&eacute; 304 MW du R&eacute;seau interconnect&eacute; Sud (RIS). Cons&eacute;quence imm&eacute;diate : 40 % des abonn&eacute;s du Littoral et de l'Ouest se retrouvent en d&eacute;lestage. Le bassin industriel de Douala, poumon &eacute;conomique du pays, vacille.</p>
<p>Mais pour comprendre ce qui s'est pass&eacute;, il faut remonter le fil d'une dette qui s'est nou&eacute;e sur plusieurs ann&eacute;es.</p>
<h2>Le fisc serre la vis Globeleq coupe le courant</h2>
<p>L'administration fiscale camerounaise a bloqu&eacute; les comptes bancaires de Globeleq afin de forcer le recouvrement de cr&eacute;ances fiscales. Face &agrave; cette paralysie de tr&eacute;sorerie, l'entreprise a pris une d&eacute;cision radicale : suspendre la livraison d'&eacute;lectricit&eacute; au r&eacute;seau national.</p>
<p><em>C'est techniquement l&eacute;gal. C'est &eacute;conomiquement d&eacute;vastateur.</em></p>
<p>En quelques heures, des quartiers r&eacute;sidentiels, des PME, des unit&eacute;s industrielles se sont retrouv&eacute;s priv&eacute;s d'alimentation &eacute;lectrique stable. Les g&eacute;n&eacute;rateurs sont repartis. Les pertes de production ont commenc&eacute; &agrave; s'accumuler.</p>
<h2>La m&eacute;canique d'un cercle vicieux</h2>
<p>Ce que ce conflit met en lumi&egrave;re d&eacute;passe largement la querelle entre un producteur &eacute;tranger et l'administration fiscale. Il r&eacute;v&egrave;le une architecture financi&egrave;re profond&eacute;ment dysfonctionnelle.</p>
<p>Globeleq produit et injecte de l'&eacute;lectricit&eacute; dans le r&eacute;seau. Son unique client est SOCADEL, le distributeur national. Or, SOCADEL accumule des impay&eacute;s chroniques envers Globeleq. R&eacute;sultat : la tr&eacute;sorerie du producteur est fragilis&eacute;e, sa capacit&eacute; &agrave; honorer ses obligations fiscales compromise.</p>
<p>L'&Eacute;tat, via le fisc, r&eacute;clame alors ce que Globeleq ne peut pas payer pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu'une entit&eacute; largement li&eacute;e &agrave; l'&Eacute;tat, SOCADEL, ne l'a pas pay&eacute;.</p>
<p>Le cercle est parfait. Et parfaitement destructeur.</p>
<h2>Un risque syst&eacute;mique, pas un incident isol&eacute;</h2>
<p>Les &eacute;conomistes ont un nom pour ce ph&eacute;nom&egrave;ne : le risque de contrepartie. Lorsqu'un acteur central d'une cha&icirc;ne de valeur fait d&eacute;faut, la contagion se propage vers l'amont et l'aval simultan&eacute;ment.</p>
<p>Ici, SOCADEL est cet acteur central. Distributeur en situation de quasi-monopole, il est le seul acheteur de l'&eacute;lectricit&eacute; produite par les ind&eacute;pendants comme Globeleq. Si SOCADEL ne paie pas, les producteurs s'asphyxient. Si les producteurs s'asphyxient, ils ne peuvent plus ni investir, ni honorer leurs charges, ni continuer &agrave; produire dans les m&ecirc;mes conditions.</p>
<p>L'&Eacute;tat se retrouve alors dans une position paradoxale : en cherchant &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer des imp&ocirc;ts d'un c&ocirc;t&eacute;, il aggrave une p&eacute;nurie d'&eacute;lectricit&eacute; qui freine la croissance &eacute;conomique et r&eacute;duit m&eacute;caniquement les recettes fiscales futures.</p>
<h2>Douala paye la facture</h2>
<p>Pour les habitants et les entreprises du Littoral et de l'Ouest, le calcul est plus simple et plus brutal. Des heures sans courant. Des frigos qui d&eacute;g&egrave;lent. Des lignes de production stopp&eacute;es. Des contrats perdus.</p>
<p>Le co&ucirc;t &eacute;conomique d'une heure de d&eacute;lestage dans le bassin industriel de Douala se mesure en dizaines de millions de francs CFA. Multipli&eacute; par la dur&eacute;e de la crise, le pr&eacute;judice devient consid&eacute;rable.</p>
<p>Pour les petits commer&ccedil;ants, les artisans, les micro-entrepreneurs qui ne peuvent pas se payer un groupe &eacute;lectrog&egrave;ne, c'est une journ&eacute;e de revenus &eacute;vapor&eacute;e. Sans compensation. Sans recours.</p>
<h2>Que peut-on attendre maintenant ?</h2>
<p>La r&eacute;solution imm&eacute;diate de ce type de crise passe g&eacute;n&eacute;ralement par une intervention politique directe : n&eacute;gociation d'un &eacute;chelonnement fiscal, d&eacute;blocage partiel des comptes, accord de paiement entre SOCADEL et Globeleq sous supervision gouvernementale.</p>
<p>Mais la solution structurelle est autrement plus complexe. Elle suppose une r&eacute;forme en profondeur de la cha&icirc;ne de paiement du secteur &eacute;lectrique : m&eacute;canismes de garantie, fonds de r&eacute;gulation, discipline budg&eacute;taire des distributeurs, transparence des flux financiers entre acteurs publics et priv&eacute;s.</p>
<p>Sans cela, cette crise ne sera pas la derni&egrave;re. Elle sera simplement la plus r&eacute;cente d'une s&eacute;rie qui s'allonge.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-03 14:54:49</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/26/Monde/Electricite211223600.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="83380" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Atepa : « J'ai refusé 400 millions et j'ai obtenu 1 milliard pour le Sénégal »]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93518/12:1/afrique-atepa-jai-refuse-400-millions-et-jai-obtenu-1-milliard-pour-le-senegal-africa.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93518/12:1/afrique-atepa-jai-refuse-400-millions-et-jai-obtenu-1-milliard-pour-le-senegal-africa.html</guid>
      <description><![CDATA[Pierre Goudiaby Atepa, architecte et figure publique sénégalaise,
révèle comment un contrat d'exploitation du zircon, initialement
signé pour 80 millions de dol...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Pierre Goudiaby Atepa, architecte et figure publique s&eacute;n&eacute;galaise, r&eacute;v&egrave;le comment un contrat d'exploitation du zircon, initialement sign&eacute; pour 80 millions de dollars sur 50 ans, a &eacute;t&eacute; ren&eacute;goci&eacute; &agrave; plus d'un milliard et d&eacute;nonce la m&eacute;canique de la corruption qui vide l'Afrique de ses richesses.</p>
<p>Le pr&eacute;sident l'appelle. Il pose une seule question. Et tout bascule.</p>
<p><em>"Le S&eacute;n&eacute;gal gagne combien dans ce contrat ?"</em></p>
<p>La r&eacute;ponse du ministre tombe comme un couperet : 80 millions de dollars. Pour 50 ans d'exploitation.</p>
<p>Pierre Goudiaby Atepa, lui, n'en croit pas ses oreilles. Un demi-si&egrave;cle de ressources naturelles s&eacute;n&eacute;galaises. Brad&eacute;es. Pour une somme que certaines multinationales d&eacute;pensent en frais de communication annuels.</p>
<p>Ce jour-l&agrave;, l'architecte le plus c&eacute;l&egrave;bre du S&eacute;n&eacute;gal va entrer dans une salle de n&eacute;gociation avec une seule certitude : <strong>il repartira avec un milliard ou il repartira sans rien.</strong></p>
<h2>Un contrat qui n'aurait jamais d&ucirc; exister tel quel</h2>
<p>L'affaire commence par un coup de t&eacute;l&eacute;phone pr&eacute;sidentiel. Pierre Goudiaby Atepa architecte de renomm&eacute;e internationale, conseiller informel des cercles du pouvoir est sollicit&eacute; pour examiner un contrat d'exploitation du zircon, minerai strat&eacute;gique pr&eacute;sent en quantit&eacute;s significatives sur le territoire s&eacute;n&eacute;galais.</p>
<p><em>Ce que le pr&eacute;sident lui soumet le laisse sans voix.</em></p>
<p>Le contrat, d&eacute;j&agrave; sign&eacute;, pr&eacute;voit 50 ann&eacute;es d'exploitation pour une contrepartie de 80 millions de dollars. Une dur&eacute;e extraordinairement longue. Une somme extraordinairement basse.</p>
<p>"Monsieur le Pr&eacute;sident, il y a un probl&egrave;me", dit-il simplement.</p>
<p>Il demande alors la permission de ren&eacute;gocier. Elle lui est accord&eacute;e.</p>
<h2>La m&eacute;canique de la spoliation</h2>
<p>Avant d'entrer dans le vif du sujet, Atepa prend le soin de poser le d&eacute;cor. Car ce contrat n'est pas une exception. C'est, selon lui, un sympt&ocirc;me.</p>
<p>"Le probl&egrave;me de l'Afrique, c'est la corruption", affirme-t-il. "Certains responsables peuvent brader et attribuer un march&eacute; de 1 milliard de dollars en &eacute;change d'un simple pot-de-vin de 50 000 dollars."</p>
<p>Le calcul est vertigineux. Un fonctionnaire re&ccedil;oit 50 000 dollars. Son pays perd, lui, des centaines de millions parfois des milliards en revenus sur des d&eacute;cennies. Ce n'est pas de la n&eacute;gligence. C'est un syst&egrave;me.</p>
<p>Un syst&egrave;me que des g&eacute;n&eacute;rations d'&eacute;conomistes africains, de journalistes d'investigation et d'organisations comme Global Financial Integrity documentent depuis des ann&eacute;es : selon diverses estimations, le continent africain perd chaque ann&eacute;e des dizaines de milliards de dollars via les flux financiers illicites li&eacute;s &agrave; l'exploitation des ressources naturelles.</p>
<h2>Face &agrave; la multinationale : le bras de fer</h2>
<p>Atepa entre en n&eacute;gociation avec la soci&eacute;t&eacute; exploitante. Il annonce sa position d'embl&eacute;e : <strong>1 milliard de dollars.</strong></p>
<p>La r&eacute;action de l'entreprise est imm&eacute;diate. Elle contre-propose 400 millions. Un montant qui, en lui-m&ecirc;me, r&eacute;v&egrave;le l'&eacute;tendue du d&eacute;s&eacute;quilibre initial : si la soci&eacute;t&eacute; accepte sans sourciller de passer de 80 &agrave; 400 millions, c'est que la marge &eacute;tait colossale.</p>
<p><em>Atepa refuse.</em></p>
<p>"Je leur ai dit : vous ne pouvez pas me payer. Il n'y a que Dieu qui puisse me payer."</p>
<p>Cette phrase n'est pas une posture rh&eacute;torique. C'est un signal clair envoy&eacute; &agrave; la table de n&eacute;gociation : cet homme n'est pas l&agrave; pour s'enrichir. Il n'a pas de prix. Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cela qu'il est dangereux &agrave; affronter.</p>
<p>Trois jours plus tard, la multinationale capitule. Le contrat est sign&eacute; &agrave; plus d'un milliard de dollars.</p>
<h2>Ce que r&eacute;v&egrave;le cette histoire</h2>
<p>L'anecdote racont&eacute;e par Atepa soul&egrave;ve plusieurs questions fondamentales, au-del&agrave; du cas s&eacute;n&eacute;galais.</p>
<p><strong>Premi&egrave;re question </strong>: comment un contrat aussi d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute; a-t-il pu &ecirc;tre sign&eacute; en premier lieu ? Qui l'a n&eacute;goci&eacute; ? Avec quelles garanties ? Ces interrogations restent, &agrave; ce stade, sans r&eacute;ponse publique document&eacute;e.</p>
<p><strong>Deuxi&egrave;me question</strong> : combien de contrats similaires n'ont pas eu d'Atepa pour les ren&eacute;gocier ? Le S&eacute;n&eacute;gal n'est pas un cas isol&eacute;. Des dizaines de pays africains ont sign&eacute;, au fil des d&eacute;cennies, des accords d'exploitation mini&egrave;re, p&eacute;troli&egrave;re ou gazi&egrave;re dont les clauses ont &eacute;t&eacute; jug&eacute;es ult&eacute;rieurement d&eacute;favorables par des &eacute;conomistes ind&eacute;pendants.</p>
<p><strong>Troisi&egrave;me question</strong> : quelle est la port&eacute;e syst&eacute;mique de ce t&eacute;moignage ? Atepa ne d&eacute;nonce pas un individu. Il d&eacute;crit un m&eacute;canisme. Et c'est l&agrave; que r&eacute;side la force et la limite de son r&eacute;cit : il offre un exemple concret, mais ne nomme ni les signataires du contrat initial, ni la soci&eacute;t&eacute; concern&eacute;e, ni les &eacute;ventuels interm&eacute;diaires.</p>
<h2>Un signal fort, &agrave; l'heure des transitions politiques</h2>
<p>Le t&eacute;moignage d'Atepa intervient dans un contexte africain en mutation. Au S&eacute;n&eacute;gal, comme dans plusieurs pays de la r&eacute;gion, les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations politiques revendiquent une souverainet&eacute; &eacute;conomique renforc&eacute;e sur les ressources naturelles. La ren&eacute;gociation de contrats miniers et p&eacute;troliers est devenue un enjeu &eacute;lectoral majeur.</p>
<p>Dans ce climat, la parole d'un homme qui dit avoir refus&eacute; 400 millions pour en obtenir un milliard r&eacute;sonne comme un symbole celui d'une Afrique qui commence, lentement, &agrave; valoriser ce qu'elle poss&egrave;de.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-02 14:05:44</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/26/Afrique2/Pierre-Goudiaby-Atepa020626500.webp" 
            type="image/jpeg" 
            length="92125" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Les dessous troubles du recensement au Cameroun]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93513/12:1/les-dessous-troubles-du-recensement-au-cameroun-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93513/12:1/les-dessous-troubles-du-recensement-au-cameroun-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Prolongé jusqu’en juillet 2026, le quatrième recensement général
camerounais vacille entre retards de paiement des agents, résistances
populaires et craintes su...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Prolong&eacute; jusqu&rsquo;en juillet 2026, le quatri&egrave;me recensement g&eacute;n&eacute;ral camerounais vacille entre retards de paiement des agents, r&eacute;sistances populaires et craintes sur la fiabilit&eacute; des donn&eacute;es . Une op&eacute;ration cruciale pour l&rsquo;avenir du pays.</p>
<p><em>Il devait compter chaque Camerounain. Il finit par compter ses bless&eacute;s.</em></p>
<p>Le 29 mai 2026 restera comme une date avort&eacute;e. Celle o&ugrave; le recensement devait s&rsquo;achever. Mais les agents de terrain, eux, n&rsquo;ont pas vu la couleur de leur salaire. Certains ont tout simplement rang&eacute; leurs tablettes. Dans plusieurs localit&eacute;s, les enqu&ecirc;teurs n&rsquo;ont jamais pos&eacute; le premier pied chez l&rsquo;habitant.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, le Premier ministre Joseph Dion Ngute annonce une prolongation jusqu&rsquo;au 31 juillet. Officiellement pour &laquo; achever le travail &raquo;. Officieusement, parce que le terrain a dit non.</p>
<p>Et si cette crise silencieuse rendait caduques toutes les donn&eacute;es &agrave; venir ?</p>
<h2>Un d&eacute;lai, trois probl&egrave;mes</h2>
<p>Le Cameroun n&rsquo;avait plus r&eacute;alis&eacute; de recensement g&eacute;n&eacute;ral de la population et de l&rsquo;habitat depuis 2005. Vingt et un ans de silence d&eacute;mographique. Un si&egrave;cle en mati&egrave;re de planification publique.</p>
<p>L&rsquo;op&eacute;ration de 2026 devait &ecirc;tre La grande remise &agrave; jour. Mais sur le terrain, trois verrous ont saut&eacute; :</p>
<p>1. <strong>Des paiements en retard</strong>. Des agents recenseurs, r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s &agrave; la t&acirc;che, menacent de suspendre le travail faute de fonds. Certains ont d&eacute;j&agrave; cess&eacute;.<br />2. <strong>Des r&eacute;sistances locales.</strong> Dans plusieurs zones, une partie de la population refuse de r&eacute;pondre, aliment&eacute;e par m&eacute;fiance envers l&rsquo;administration ou rumeurs.<br />3. <strong>Des traitements inacceptables.</strong> Des enqu&ecirc;teurs auraient &eacute;t&eacute; victimes d&rsquo;agressions verbales et physiques, selon des sources de terrain non officielles.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; On nous a promis 500 francs par foyer. Apr&egrave;s trois semaines, toujours rien. Comment voulez-vous qu&rsquo;on continue ? &raquo; t&eacute;moignage recueilli aupr&egrave;s d&rsquo;un agent de Douala.</p>
</blockquote>
<h2>Une fiabilit&eacute; d&eacute;j&agrave; en question</h2>
<p>Des observateurs, sous couvert d&rsquo;anonymat, s&rsquo;interrogent &agrave; voix haute :</p>
<p><strong>Des donn&eacute;es partielles.</strong> Si des zones enti&egrave;res n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; couvertes, les extrapolations deviennent hasardeuses.</p>
<p><strong>Des r&eacute;ponses biais&eacute;es.</strong> Une population m&eacute;fiante peut d&eacute;clarer moins d&rsquo;enfants, sous-estimer ses revenus, ou refuser toute information.</p>
<p><strong>Des agents pressuris&eacute;s.</strong> Une course contre la montre en juillet (mois de pluies) risque de favoriser la rapidit&eacute; sur l&rsquo;exactitude.</p>
<p>&Agrave; titre de comparaison, le recensement agricole et du cheptel camerounais n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; mis &agrave; jour depuis plusieurs d&eacute;cennies. Un trou noir statistique qui fragilise encore l&rsquo;image globale.</p>
<h2>Pourquoi c&rsquo;est grave</h2>
<p>Un recensement n&rsquo;est pas qu&rsquo;un empilement de chiffres. C&rsquo;est la cl&eacute; qui ouvre :</p>
<p>- le d&eacute;coupage &eacute;lectoral,<br />- la r&eacute;partition des subventions aux communes,<br />- le nombre d&rsquo;&eacute;coles, d&rsquo;h&ocirc;pitaux, de routes,<br />- l&rsquo;acc&egrave;s aux financements internationaux (FMI, Banque mondiale),<br />- et jusqu&rsquo;&agrave; la repr&eacute;sentation parlementaire.</p>
<p>Si les donn&eacute;es sont fauss&eacute;es, ce sont des millions de Camerounains qui pourraient &ecirc;tre invisiblement exclus des d&eacute;cisions publiques.</p>
<h2>Que faire ?</h2>
<p>L&rsquo;ex&eacute;cutif camerounais assure que les retards de paiement seront r&eacute;gularis&eacute;s &laquo; rapidement &raquo;. Une cellule de crise aurait &eacute;t&eacute; activ&eacute;e au sein de l&rsquo;Institut national de la statistique (INS). Mais aucune communication officielle chiffr&eacute;e n&rsquo;a encore filtr&eacute; sur le taux de couverture r&eacute;el.</p>
<p>Prochaine &eacute;ch&eacute;ance : le rapport pr&eacute;liminaire, attendu pour septembre 2026. Les experts craignent d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;il ne mentionne un &laquo; taux d&rsquo;omission &eacute;lev&eacute; &raquo; sans le quantifier.</p>
<p>En attendant, la prolongation jusqu&rsquo;au 31 juillet est autant une bou&eacute;e qu&rsquo;un aveu : le terrain n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; ma&icirc;tris&eacute;.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-02 09:44:32</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Agents-recenseurs150526500.webp" 
            type="image/jpeg" 
            length="62699" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Coupures de courant, ports saturés, fiscalité instable : l'industrie camerounaise à l'arrêt]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93508/12:1/coupures-de-courant-ports-satures-fiscalite-instable-lindustrie-camerounaise-a-larret-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93508/12:1/coupures-de-courant-ports-satures-fiscalite-instable-lindustrie-camerounaise-a-larret-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Malgré un PIB de 53 milliards de dollars, le plus élevé d'Afrique
centrale, le Cameroun se retrouve en queue de peloton sur l'indice
d'industrialisation de la B...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Malgr&eacute; un PIB de 53 milliards de dollars, le plus &eacute;lev&eacute; d'Afrique centrale, le Cameroun se retrouve en queue de peloton sur l'indice d'industrialisation de la BAD, d&eacute;pass&eacute; par le Gabon et la Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale. Un paradoxe r&eacute;v&eacute;lateur d'un mod&egrave;le &eacute;conomique qui produit de la masse sans cr&eacute;er de la valeur pour ses citoyens.</p>
<p><em>53 milliards de dollars.</em></p>
<p>C'est le PIB du Cameroun. Le plus grand de toute l'Afrique centrale. Le chiffre qui fait de lui, sur le papier, le moteur incontest&eacute; de la sous-r&eacute;gion.</p>
<p>Maintenant, divisez ce chiffre par la population.</p>
<p>R&eacute;sultat : <strong>1 984 dollars par habitant et par an</strong>. Moins de 170 dollars par mois.</p>
<p>Pendant ce temps, un Gabonais vit avec plus de <strong>6 600 dollars</strong>. Un &Eacute;quato-Guin&eacute;en, avec <strong>6 700 </strong>dollars.</p>
<p>Et selon la Banque Africaine de D&eacute;veloppement, c'est le Gabon et la Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale pas le Cameroun qui dominent le classement de l'industrialisation en Afrique centrale.</p>
<p>Comment un g&eacute;ant d&eacute;mographique avec autant de ressources peut-il &ecirc;tre devanc&eacute; par deux pays dont la population totale ne d&eacute;passe pas celle d'une grande ville camerounaise ?</p>
<p>La r&eacute;ponse est &agrave; la fois simple et vertigineuse.</p>
<h2>Industrialisation : le Cameroun, g&eacute;ant &eacute;conomique aux pieds d'argile</h2>
<p>Le paradoxe camerounais m&eacute;rite d'&ecirc;tre nomm&eacute; clairement. Le pays dispose du <strong>PIB le plus &eacute;lev&eacute; d'Afrique centrale</strong> environ <strong>53 milliards de dollars</strong>. Il produit du cacao, du caf&eacute;, du coton, du bois, du p&eacute;trole, du gaz. Il poss&egrave;de deux ports majeurs, des barrages hydro&eacute;lectriques, une fa&ccedil;ade atlantique strat&eacute;gique.</p>
<p>Et pourtant, selon les donn&eacute;es de la <strong>Banque Africaine de D&eacute;veloppement (BAD)</strong>, il se classe <strong>dernier en industrialisation</strong> dans sa sous-r&eacute;gion, derri&egrave;re le <strong>Gabon</strong> et la <strong>Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale</strong>.</p>
<h2>Le mirage du PIB</h2>
<p>Tout commence par une &eacute;quation d&eacute;mographique brutale. Le Cameroun compte environ <strong>28 millions d'habitants</strong>. Ramen&eacute; &agrave; cette r&eacute;alit&eacute;, son PIB spectaculaire s'effondre : <strong>1 984 dollars par habitant par an</strong>. Soit trois fois moins que le Gabon (<strong>plus de 6 600 dollars</strong>) et la Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale (<strong>plus de 6 700 dollars</strong>).</p>
<p>Cette comparaison est, certes, partiellement biais&eacute;e par la nature des &eacute;conomies voisines : le Gabon et la Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale sont des &Eacute;tats-rentes p&eacute;troli&egrave;res &agrave; faible d&eacute;mographie, ce qui gonfle m&eacute;caniquement leur revenu par t&ecirc;te. Mais ce contexte n'explique pas tout.</p>
<p>Car ce que r&eacute;v&egrave;le surtout cet &eacute;cart, c'est l'incapacit&eacute; du mod&egrave;le camerounais &agrave; transformer sa population nombreuse et ses ressources abondantes en puissance industrielle &agrave; haute valeur ajout&eacute;e.</p>
<h2>Une industrie de surface, sans champions nationaux</h2>
<p>Dans les zones industrielles de <strong>Douala</strong> ou dans l'espace industrialo-portuaire de <strong>Kribi</strong>, le diagnostic est pos&eacute;. Le tissu manufacturier camerounais excelle dans la <strong>petite industrie</strong> : agro-alimentaire de premi&egrave;re transformation, plasturgie l&eacute;g&egrave;re, cimenteries d'assemblage, traitement du bois &agrave; faible technologie.</p>
<p>La BAD le souligne sans ambigu&iuml;t&eacute; : le Cameroun aligne une multitude de <strong>Petites et Moyennes Industries (PMI) l&eacute;g&egrave;res</strong>, mais manque de <strong>champions industriels lourds</strong> capables de rivaliser sur les march&eacute;s internationaux ou de s'imposer dans la <strong>Zone de Libre-&Eacute;change Continentale Africaine (ZLECAF)</strong>.</p>
<p>Le contraste avec ses voisins est saisissant. Le <strong>Gabon</strong> a impos&eacute; sa <strong>Zone &Eacute;conomique Sp&eacute;ciale de Nkok</strong> comme un hub mondial d'exportation de bois transform&eacute; en interdisant purement et simplement l'exportation de grumes brutes, for&ccedil;ant ainsi l'industrialisation locale. La <strong>Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale</strong> a d&eacute;velopp&eacute; des infrastructures p&eacute;trochimiques massives.</p>
<p>Pendant ce temps, le Cameroun peine &agrave; faire &eacute;merger sa sid&eacute;rurgie, sa grande chimie ou une transformation avanc&eacute;e de ses mati&egrave;res premi&egrave;res.</p>
<h2>Trois verrous qui bloquent le moteur</h2>
<p>Pourquoi cet enlisement ? La BAD et les analystes du secteur identifient trois facteurs structurels.</p>
<p><strong>Premier verrou : l'&eacute;nergie.</strong> L'industrie lourde est une d&eacute;voreuse de m&eacute;gawatts. Malgr&eacute; la mise en service de barrages hydro&eacute;lectriques majeurs, le r&eacute;seau de transport d'&eacute;lectricit&eacute; reste v&eacute;tuste. Les coupures de courant sont chroniques. La quasi-totalit&eacute; des usines maintient des g&eacute;n&eacute;rateurs de secours un investissement colossal qui <strong>plombe directement la comp&eacute;titivit&eacute;-prix</strong> des produits camerounais &agrave; l'export.</p>
<p><strong>Deuxi&egrave;me verrou : la logistique.</strong> Le port de Douala souffre d'un <strong>tirant d'eau limit&eacute;</strong>, n&eacute;cessitant un dragage permanent qui alourdit les co&ucirc;ts de passage portuaire. Le port en eau profonde de Kribi offre une alternative moderne, mais la <strong>connectivit&eacute; routi&egrave;re et ferroviaire avec l'arri&egrave;re-pays industriel</strong> reste insuffisante pour fluidifier les flux de marchandises lourdes.</p>
<p><strong>Troisi&egrave;me verrou : le climat des affaires.</strong> L'industrie lourde exige des investissements &agrave; tr&egrave;s long terme. Or, la fiscalit&eacute; camerounaise souvent jug&eacute;e instable par le patronat et les investisseurs &eacute;trangers et les tracasseries administratives <strong>dissuadent les capitaux technologiques d'envergure</strong>. Le secteur priv&eacute; national se replie ainsi sur le commerce de court terme ou l'industrie l&eacute;g&egrave;re, moins risqu&eacute;e, moins transformatrice.</p>
<h2>Un signal d'alarme que l'on ne peut plus ignorer</h2>
<p>&Ecirc;tre class&eacute; dernier en industrialisation dans sa propre sous-r&eacute;gion, alors que l'on en est le plus grand PIB, n'est pas une mauvaise performance conjoncturelle. C'est un <strong>avertissement structurel</strong>.</p>
<p>Le Cameroun ne pourra pas ind&eacute;finiment s'appuyer sur la taille de sa population et la diversit&eacute; de son agriculture pour revendiquer son leadership sous-r&eacute;gional. Dans le cadre de la ZLECAF, les pays qui exporteront de la valeur transform&eacute;e et non des mati&egrave;res premi&egrave;res brutes seront ceux qui capteront les emplois, les investissements et la croissance de demain.</p>
<p>La question n'est plus de savoir si le Cameroun peut devenir une puissance industrielle. C'est de savoir <strong>s'il en a encore la volont&eacute; politique et le temps</strong>.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-01 14:28:43</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/26/Monde/Dette210126500.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="89456" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: SNH : huit ans de location, zéro infrastructure — le réveil brutal]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93503/12:1/cameroun-snh-huit-ans-de-location-zero-infrastructure-le-reveil-brutal-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93503/12:1/cameroun-snh-huit-ans-de-location-zero-infrastructure-le-reveil-brutal-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Golar LNG retire son navire-usine Hilli Episeyo des eaux camerounaises
dès juillet 2026, mettant fin à l'aventure du projet Cameroon FLNG
après huit ans. La SNH...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Golar LNG retire son navire-usine Hilli Episeyo des eaux camerounaises d&egrave;s juillet 2026, mettant fin &agrave; l'aventure du projet Cameroon FLNG apr&egrave;s huit ans. La SNH, qui n'a jamais b&acirc;ti d'infrastructure propre, se retrouve sans outil de production, sans partenaire de secours et face &agrave; un vide financier qui menace directement les recettes gazi&egrave;res de l'&Eacute;tat.</p>
<p><em>Il y a des d&eacute;parts qui ressemblent &agrave; des abandons.</em></p>
<p>En juillet 2026, un navire-usine de plusieurs centaines de m&egrave;tres quittera silencieusement les eaux de Kribi. Il s'appellera encore le <strong>Hilli Episeyo</strong>. Il appartient &agrave; Golar LNG, une soci&eacute;t&eacute; bas&eacute;e aux Bermudes. Et il emportera avec lui une part significative des ambitions gazi&egrave;res du Cameroun.</p>
<p>Pendant huit ans, ce navire a fait la fiert&eacute; de la Soci&eacute;t&eacute; Nationale des Hydrocarbures. On se f&eacute;licitait d'avoir rejoint le club des exportateurs de GNL sans construire la moindre usine &agrave; terre.</p>
<p><em>Aujourd'hui, le club ferme ses portes.</em></p>
<p>Et la SNH regarde partir. Sans plan B. Sans infrastructure propre. Sans solution.</p>
<h2>Cameroun FLNG : le Hilli Episeyo prend le large, la SNH reste &agrave; quai</h2>
<p>Le rapport financier du premier trimestre 2026, publi&eacute; le <strong>19 mai 2026</strong> par <strong>Golar LNG</strong>, a la s&eacute;cheresse d'un document comptable. Mais pour le Cameroun, il sonne comme un coup de tonnerre.</p>
<p>Le groupe bermud&eacute;en y confirme le retrait <strong>irr&eacute;versible</strong> de son navire-usine, le <strong>Hilli Episeyo</strong>, actuellement positionn&eacute; au large de Kribi dans le cadre du projet <strong>Cameroon FLNG</strong>. Le d&eacute;part est programm&eacute; pour <strong>juillet 2026</strong>. Les remorqueurs sont contract&eacute;s. L'ing&eacute;nierie est boucl&eacute;e. Une &eacute;quipe de supervision est d&eacute;j&agrave; sur place. Le navire rejoindra <strong>Singapour</strong>, puis <strong>l'Argentine</strong>.</p>
<p><em>La <strong>Soci&eacute;t&eacute; Nationale des Hydrocarbures (SNH)</strong>, elle, n'a qu'&agrave; regarder.</em></p>
<h2>Une strat&eacute;gie de facilit&eacute; qui se referme comme un pi&egrave;ge</h2>
<p>Depuis 2018, le Cameroun s'enorgueillissait d'avoir int&eacute;gr&eacute; le cercle des exportateurs de gaz naturel liqu&eacute;fi&eacute; (GNL) sans avoir investi dans une usine terrestre. La formule &eacute;tait s&eacute;duisante : s'associer &agrave; <strong>Perenco</strong> pour exploiter le champ <strong>Sanaga Sud</strong>, louer le navire-usine de Golar LNG pour &eacute;purer et liqu&eacute;fier le gaz &agrave; <strong>-162&deg;C</strong>, et exporter.</p>
<p>Z&eacute;ro infrastructure nationale. Z&eacute;ro comp&eacute;tence interne d&eacute;velopp&eacute;e. Z&eacute;ro risque de construction.</p>
<p><em>Et z&eacute;ro p&eacute;rennit&eacute;, comme le r&eacute;v&egrave;le aujourd'hui ce d&eacute;part.</em></p>
<p>Car pendant huit ans d'activit&eacute;, la SNH n'a pas b&acirc;ti d'alternative. Pas d'usine de liqu&eacute;faction &agrave; terre. Pas de capacit&eacute; propre de traitement. Pas de strat&eacute;gie de sortie. L'enti&egrave;ret&eacute; du processus technologique &eacute;puration, refroidissement, liqu&eacute;faction reposait sur un navire dont le Cameroun n'&eacute;tait pas propri&eacute;taire.</p>
<h2>Golar LNG n'a pas attendu</h2>
<p>Le partenaire &eacute;tranger, lui, a agi avec une rigueur que l'on pourrait presque saluer pour sa clart&eacute;. D&egrave;s que l'opportunit&eacute; argentine s'est pr&eacute;sent&eacute;e plus lucrative, plus attractive Golar n'a pas h&eacute;sit&eacute;. La soci&eacute;t&eacute; investit <strong>350 millions de dollars</strong> dans ce repositionnement, dont <strong>50 millions d&eacute;j&agrave; d&eacute;caiss&eacute;s</strong> au 31 mars 2026.</p>
<p>Ce montant colossal dit tout : Golar LNG ne part pas &agrave; contrec&oelig;ur. Il fuit vers des cieux plus rentables, confirmant au passage le <strong>manque d'attractivit&eacute; contractuelle</strong> de la partie camerounaise, incapable d'aligner une contre-offre ou de retenir l'op&eacute;rateur.</p>
<h2>Des recettes d'&Eacute;tat directement menac&eacute;es</h2>
<p>Les cons&eacute;quences financi&egrave;res pour le Cameroun sont concr&egrave;tes et imm&eacute;diates. Le projet Cameroon FLNG repr&eacute;sentait une source de revenus gaziers pour l'&Eacute;tat. Avec l'arr&ecirc;t de la production de GNL, c'est une partie des recettes publiques qui s'&eacute;vapore dans un contexte o&ugrave; les finances nationales sont d&eacute;j&agrave; sous pression.</p>
<p>Sans nouveau partenaire technique d'envergure pr&ecirc;t &agrave; intervenir avant juillet, la SNH entre dans une zone d'incertitude industrielle et fiscale dont nul ne conna&icirc;t encore la profondeur.</p>
<h2>Un aveu d'&eacute;chec strat&eacute;gique</h2>
<p>Ce qui frappe dans cette affaire, c'est moins le d&eacute;part de Golar que ce qu'il r&eacute;v&egrave;le : <strong>huit ann&eacute;es d'occasion manqu&eacute;e</strong>. Huit ans pendant lesquels la SNH aurait pu d&eacute;velopper des comp&eacute;tences, construire des infrastructures, n&eacute;gocier des garanties de continuit&eacute;.</p>
<p><em>Elle ne l'a pas fait.</em></p>
<p>Et aujourd'hui, la souverainet&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique camerounaise se retrouve suspendue aux d&eacute;cisions d'un armateur priv&eacute; bas&eacute; aux Bermudes, qui a pli&eacute; bagage au premier signal opportuniste.</p>
<p>La question qui s'impose : la SNH avait-elle un plan pour l'apr&egrave;s-Golar ? &Agrave; ce stade, rien n'indique qu'une r&eacute;ponse s&eacute;rieuse soit en cours.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-06-01 11:24:09</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/SNH010626500.webp" 
            type="image/jpeg" 
            length="17477" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Rachat du capital de la sgc: le rôle trouble du ministre des finances.]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93478/12:1/cameroun-rachat-du-capital-de-la-sgc-le-role-trouble-du-ministre-des-finances-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93478/12:1/cameroun-rachat-du-capital-de-la-sgc-le-role-trouble-du-ministre-des-finances-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Le 12 mai 2026, dans les salons de l'hôtel Hilton de Yaoundé, le
ministre des Finances Louis Paul Motaze a présidé la cérémonie de
clôture d'une transaction iné...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le 12 mai 2026, dans les salons de l'h&ocirc;tel Hilton de Yaound&eacute;, le ministre des Finances Louis Paul Motaze a pr&eacute;sid&eacute; la c&eacute;r&eacute;monie de cl&ocirc;ture d'une transaction in&eacute;dite dans l'histoire bancaire camerounaise.</p>
<p>L'acquisition par l'&Eacute;tat du<strong> Cameroun</strong> de 58,08 % du capital de Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale Cameroun (SGC), pour un montant de 129 milliards de FCFA toutes taxes comprises. La banque, active dans le pays depuis plus de soixante ans, a &eacute;t&eacute; rebaptis&eacute;e General Bank of Cameroon (GBC). Ce faisant, l'&Eacute;tat porte sa participation au capital &agrave; 83,68 %, faisant de cet &eacute;tablissement la deuxi&egrave;me plus grande banque publique du pays.</p>
<p><strong>Le d&eacute;part De la SGC et les op&eacute;rations de rachat.</strong></p>
<p>La d&eacute;cision de Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale de quitter le continent africain date de 2023. &nbsp;En ce qui concerne le Cameroun, la banque amorce des discussions avec plusieurs repreneurs potentiels, parmi lesquels Coris Bank International, groupe financier burkinab&eacute;, avec lequel un accord de principe est conclu. Des acteurs comme Zenith Bank, Access Holding, UBA, le groupe nig&eacute;rian Guaranty Trust Holding, ou encore BGFIBank du Gabon, manifestent &eacute;galement leur int&eacute;r&ecirc;t. Au d&eacute;part, si Les contours officiels de l'op&eacute;ration de rachat sont clairs, des &eacute;l&eacute;ments recueillis indiquent que le montage financier retenu par le ministre des Finances diverge avec les instructions de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique..</p>
<p><strong>L&rsquo;instruction de la Pr&eacute;sidence</strong></p>
<p>&nbsp;&Agrave; la mi-2024, des sources gouvernementales confirment que la pr&eacute;sidence a mandat&eacute; la Caisse nationale de pr&eacute;voyance sociale (CNPS) pour &eacute;tudier la possibilit&eacute; d'une acquisition de ces actifs. La CNPS est alors pr&eacute;sent&eacute;e comme le v&eacute;hicule financier d&eacute;sign&eacute; par les hautes autorit&eacute;s pour conduire cette op&eacute;ration. Le groupe bancaire NSIA, d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent au Cameroun dans le secteur des assurances, est &eacute;galement mentionn&eacute; comme partenaire potentiel de ce consortium. Aussi, Une correspondance dat&eacute;e du 27 avril 2026 et sign&eacute;e de Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, adress&eacute;e au ministre des Finances prescrit la conclusion d'un partenariat avec le consortium CNPS/NSIA-Bank en vue de la gestion de la phase de transition (TSA) cons&eacute;cutive &agrave; l'acquisition des actions de Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale.</p>
<p><strong>Le r&ocirc;le trouble du ministre des Finances</strong></p>
<p>Le 16 janvier 2025, le ministre Louis Paul Motaze adresse au conseil d'administration de Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale Cameroun une correspondance officielle dans laquelle il notifie l'exercice par l'&Eacute;tat camerounais de son droit de pr&eacute;emption, tel que pr&eacute;vu par l'article 10.2 des statuts de la soci&eacute;t&eacute;. Cette lettre rend caduc l'accord de principe conclu avec Coris Bank International. L'&Eacute;tat se positionne alors comme acheteur exclusif des 58,08 % d&eacute;tenus par le groupe fran&ccedil;ais.</p>
<p><strong>Ecart entre prescription et l&rsquo;ex&eacute;cution&nbsp;</strong></p>
<p>C'est &agrave; ce stade que l'information exclusive recueillie par notre r&eacute;daction prend tout son relief. Selon une source interne au processus, dont les propos ont pu &ecirc;tre recoup&eacute;s avec d'autres &eacute;l&eacute;ments disponibles, le ministre des Finances aurait, dans la conduite du financement, contourn&eacute; le sch&eacute;ma prescrit par la pr&eacute;sidence. Au lieu de mobiliser les fonds aupr&egrave;s du consortium CNPS/NSIA-Bank tel qu'instruit par &Eacute;toudi, le minist&egrave;re, selon nos informations, aurait eu recours &agrave; BGFIBank pour assurer le financement de l'acquisition.</p>
<p><strong>La CNPS hors course</strong></p>
<p>La trajectoire de la CNPS dans ce dossier m&eacute;rite attention. En juin 2024, la pr&eacute;sidence la d&eacute;signe comme acteur central du montage. Quelques mois plus tard, en d&eacute;but 2025, plusieurs sources font &eacute;tat de ce que le directeur g&eacute;n&eacute;ral de la CNPS, No&euml;l Olivier Mekulu Mvondo, s'est alli&eacute; &agrave; des chefs d'entreprises locales pour formuler une offre de rachat. Cette offre, de sources concordantes, est rest&eacute;e sans suite. Fin janvier 2025, un m&eacute;dia sp&eacute;cialis&eacute; rapporte que l'option CNPS n'est plus &agrave; l'ordre du jour. La caisse de pension, dont la vocation premi&egrave;re est de g&eacute;rer les cotisations retraite des salari&eacute;s du secteur formel, se voit ainsi &eacute;cart&eacute;e d'une op&eacute;ration pour laquelle elle avait re&ccedil;u mandat.</p>
<p><strong>NSIA Bank, maintenue &agrave; distance</strong></p>
<p>Quant &agrave; NSIA-Bank, groupe de bancassurance ivoirien pr&eacute;sent au Cameroun via ses activit&eacute;s d'assurance, ses intentions sur le march&eacute; bancaire camerounais sont claires depuis 2024. Son directeur g&eacute;n&eacute;ral, L&eacute;once Yac&eacute;, avait annonc&eacute; un d&eacute;nouement attendu pour le premier semestre 2025. Jean Kacou Diagou, PDG du groupe, a &eacute;t&eacute; re&ccedil;u en audience au minist&egrave;re des Finances le 5 juin 2025, o&ugrave; il a affich&eacute; l'int&eacute;r&ecirc;t de son groupe pour reprendre le r&eacute;seau de SGC. NSIA figure aujourd'hui, aux c&ocirc;t&eacute;s de BGFIBank et Zenith Bank, parmi les trois groupes panafricains positionn&eacute;s pour entrer dans le capital de la nouvelle General Bank of Cameroon. Mais elle n'a pas particip&eacute; au financement initial du rachat.</p>
<p><strong>Les enjeux d&rsquo;un montage financier peu ordinaire &nbsp;</strong></p>
<p>L&rsquo;opacit&eacute; qui entoure le montage financier de cette acquisition fragilise sa port&eacute;e politique. Lorsque les instructions pr&eacute;sidentielles prescrivent un financement par le consortium CNPS/NSIA-Bank, et que le minist&egrave;re de tutelle recourt &agrave; un autre m&eacute;canisme- en l'esp&egrave;ce un acteur bancaire priv&eacute; qui postule simultan&eacute;ment &agrave; une entr&eacute;e dans le capital de la banque rachet&eacute;e- la question de la gouvernance se pose avec acuit&eacute;. Les 129 milliards de FCFA engag&eacute;s dans cette op&eacute;ration sont des fonds publics, ou mobilis&eacute;s pour le compte de l'&Eacute;tat. Leur origine m&eacute;rite d'&ecirc;tre document&eacute;e publiquement. L'absence de communication sur ce point, &agrave; l'heure o&ugrave; la General Bank of Cameroon prend ses marques sur le march&eacute;, est une lacune que les autorit&eacute;s comp&eacute;tentes ont l'obligation de combler.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Franck Bafeli</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-29 07:15:15</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Louis-Paul-Motaze180324500.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="89330" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: SCB Cameroun: le crédit n’est plus une réponse ponctuelle, mais un outil d’accompagnement continu]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93470/12:1/scb-cameroun-le-credit-nest-plus-une-reponse-ponctuelle-mais-un-outil-daccompagnement-continu-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93470/12:1/scb-cameroun-le-credit-nest-plus-une-reponse-ponctuelle-mais-un-outil-daccompagnement-continu-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[La Societe Commerciale de Banque Cameroun SCB vient de mettre sur pied
SCB FAN 2026. Un programme qui sort des sentiers battus de credit des
saisons pour l’adap...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La Societe Commerciale de Banque Cameroun SCB vient de mettre sur pied SCB FAN 2026. Un programme qui sort des sentiers battus de credit des saisons pour l&rsquo;adapter au rythme de la vie des fonctionnaires. Une capacit&eacute; pouvant aller jusqu&rsquo;&agrave; 25 millionS pour un delai de remboursement pouvant s&rsquo;&eacute;taller &agrave; 84 mois.</p>
<p>&nbsp;Une revolution qui vient bousculer les habitudes et donner une visibilit&eacute; aux clients de la banque.</p>
<p>Avec SCB FAN, <strong>SCB</strong> <strong>Cameroun</strong> propose une lecture renouvel&eacute;e du cr&eacute;dit : non plus comme une limite impos&eacute;e par le revenu, mais comme un prolongement de celui-ci.Dans cette &nbsp;cette logique SCB Cameroun veut romper avec un rythme de plus en plus dessuet pour adopter une mesure reactive et adapt&eacute;e aux exigences de gestion moderne. &Agrave;ussi, &agrave; travers son initiative SCB FAN pour Fonctionnaires No Stress, la banque introduit une approche diff&eacute;rente : celle d&rsquo;un cr&eacute;dit permanent, disponible au fil des besoins, plut&ocirc;t qu&rsquo;un cr&eacute;dit saisonnier dict&eacute; par le calendrier.</p>
<p>Une reponse &agrave; une preoccupation seculaire chez les clients-fonctionnaires. Comment &laquo; Construire, investir, anticiper&rdquo; ?. Pour de nombreux fonctionnaires camerounais, ces projets structurants s&rsquo;inscrivent souvent dans un calendrier contraint, rythm&eacute; par les p&eacute;riodes jug&eacute;es &ldquo;favorables&rdquo; : rentr&eacute;e scolaire, f&ecirc;tes de fin d&rsquo;ann&eacute;e, ou opportunit&eacute;s ponctuelles. Entre deux campagnes bancaires, les ambitions sont parfois mises en pause.</p>
<p>Autre point cl&eacute; de cette initiative: la simplification administrative. En limitant les exigences &agrave; trois documents essentiels Pi&egrave;ce d&rsquo;identit&eacute;, Bulletin de paie, Attestation de service de moins de 3 mois.</p>
<p>Il fallait sortir des sentiers battus. Traditionnellement, les offres de cr&eacute;dit sont associ&eacute;es &agrave; des moments pr&eacute;cis de l&rsquo;ann&eacute;e. Avec SCB FAN 2026, la banque propose une lecture plus proche des r&eacute;alit&eacute;s quotidiennes : les besoins ne pr&eacute;viennent pas, et les projets n&rsquo;attendent pas.</p>
<p>Dans cette approche, le cr&eacute;dit n&rsquo;est plus une r&eacute;ponse ponctuelle, mais un outil d&rsquo;accompagnement continu. Une mani&egrave;re pour la banque de s&rsquo;inscrire dans le parcours de vie de ses clients, au-del&agrave; d&rsquo;une simple logique commerciale. Le client n&rsquo;est plus un simple demendeur mais un acteur dans le processus de la banque.</p>
<p>Cependant l&rsquo;offre repose sur des fondamentaux chiffr&eacute;s, pens&eacute;s pour un public pragmatique. C&rsquo;est la raison pour laquelle, le premier marqueur est celui de la capacit&eacute; : jusqu&rsquo;&agrave; 25 millions de FCFA, un montant qui d&eacute;passe largement le cadre d&rsquo;un simple besoin de tr&eacute;sorerie pour s&rsquo;inscrire dans des projets de vie, construction immobili&egrave;re, investissement ou consolidation financi&egrave;re. la dur&eacute;e de remboursement, pouvant aller jusqu&rsquo;&agrave; 84 mois, introduit une dimension de confort. Elle permet d&rsquo;&eacute;taler l&rsquo;effort financier et de pr&eacute;server l&rsquo;&eacute;quilibre du budget du foyer.</p>
<p>Au finish et pour SCB Cameroun, Le choix de la d&eacute;nomination Fonctionnaires No Stress n&rsquo;est pas anodin. Il sugg&egrave;re une logique d&rsquo;appartenance, presque communautaire, o&ugrave; le client n&rsquo;est plus un simple demandeur, mais un acteur accompagn&eacute;. Pour cr&eacute;dibiliser cette promesse, la banque met en avant plusieurs &eacute;l&eacute;ments structurants. Le rachat de cr&eacute;ances figure parmi les plus significatifs. Il offre aux clients d&eacute;j&agrave; engag&eacute;s ailleurs la possibilit&eacute; de regrouper ou d&rsquo;all&eacute;ger leurs engagements, traduisant une capacit&eacute; financi&egrave;re et une volont&eacute; d&rsquo;assainissement.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Franck Bafeli</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-28 09:55:22</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroon/Scb_Cameroun_28052026.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="22182" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Dette du Cameroun : le FMI dit « élevé », Yaoundé dit « soutenable » — qui ment ?]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93466/12:1/dette-du-cameroun-le-fmi-dit-eleve-yaounde-dit-soutenable-qui-ment-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93466/12:1/dette-du-cameroun-le-fmi-dit-eleve-yaounde-dit-soutenable-qui-ment-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Derrière les chiffres rassurants de la CAA se cache une réalité
brutale : le Cameroun consacre autant d'argent au remboursement de sa
dette extérieure qu'à l'en...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Derri&egrave;re les chiffres rassurants de la CAA se cache une r&eacute;alit&eacute; brutale : le Cameroun consacre autant d'argent au remboursement de sa dette ext&eacute;rieure qu'&agrave; l'ensemble de ses investissements publics et ce sont les citoyens ordinaires qui en absorbent le choc.</p>
<p>Il y a ce que disent les tableaux Excel du minist&egrave;re des Finances. Et il y a ce que ressentent les Camerounais chaque matin au march&eacute;, &agrave; la pompe &agrave; essence, au bureau de transfert Mobile Money.</p>
<p><em>Entre les deux, un gouffre de 15 416 milliards de FCFA.</em></p>
<p>Ce chiffre, c'est la dette publique officielle du Cameroun. Sur le papier, elle est &laquo; soutenable &raquo;. Le ratio reste sous le plafond autoris&eacute; par la CEMAC. Les fonctionnaires de la Caisse Autonome d'Amortissement dorment tranquilles.</p>
<p>Mais le FMI, lui, ne dort pas. Depuis son bureau install&eacute; au c&oelig;ur m&ecirc;me du minist&egrave;re des Finances &agrave; Yaound&eacute;, il classe le risque de surendettement du Cameroun comme <strong>&eacute;lev&eacute;</strong>. Pas mod&eacute;r&eacute;. Pas &agrave; surveiller. &Eacute;lev&eacute;.</p>
<p>Pourquoi cette contradiction ? Et surtout : qui paie, concr&egrave;tement, pour cette dette ?</p>
<p><em>La r&eacute;ponse est inconfortable. Elle s'appelle vous.</em></p>
<h2>Le mirage de la soutenabilit&eacute;</h2>
<p>La Caisse Autonome d'Amortissement (CAA) est formelle : le Cameroun peut techniquement s'endetter jusqu'&agrave; 18 000 milliards de FCFA d'ici 2030 sans franchir le plafond de 70 % du PIB fix&eacute; par la Communaut&eacute; &Eacute;conomique et Mon&eacute;taire de l'Afrique Centrale (CEMAC). Ratio respect&eacute;, cases coch&eacute;es, tableau de bord dans le vert.</p>
<p>Sauf que cette arithm&eacute;tique officielle gomme une r&eacute;alit&eacute; structurelle fondamentale : contrairement &agrave; la France ou au Japon, qui s'endettent massivement aupr&egrave;s de leurs propres citoyens en monnaie nationale, le Cameroun emprunte en devises &eacute;trang&egrave;res: dollars, euros, yuans. Chaque fluctuation du franc CFA alourdit m&eacute;caniquement la facture. Chaque trimestre, les int&eacute;r&ecirc;ts s'accumulent dans une monnaie que le pays ne contr&ocirc;le pas.</p>
<p>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment pour cette raison que le Fonds Mon&eacute;taire International, pourtant partenaire institutionnel du gouvernement camerounais, classe le risque de surendettement du pays dans la cat&eacute;gorie &laquo; &eacute;lev&eacute; &raquo;. Pas par pessimisme. Par arithm&eacute;tique.</p>
<h2>Le mur budg&eacute;taire de 2 100 milliards</h2>
<p>Le danger le plus imm&eacute;diat n'est pas abstrait. Il a une date et un montant pr&eacute;cis.</p>
<p>Dans les deux prochaines ann&eacute;es, le Cameroun doit rembourser 2 100 milliards de FCFA &agrave; ses cr&eacute;anciers &eacute;trangers. Une somme qui n'est pas anodine : elle &eacute;quivaut, franc pour franc, &agrave; l'int&eacute;gralit&eacute; du Budget d'Investissement Public (BIP) national. Autrement dit, pour honorer ses traites, l'&Eacute;tat devrait th&eacute;oriquement renoncer &agrave; construire une seule route, un seul h&ocirc;pital, une seule &eacute;cole pendant deux ans.</p>
<p>Et ce n'est pas une anomalie passag&egrave;re. C'est le r&eacute;sultat d'ann&eacute;es d'emprunts dont le rendement n'a pas &eacute;t&eacute; &agrave; la hauteur des promesses.</p>
<h2>Le cimeti&egrave;re des milliards</h2>
<p>Le journaliste &eacute;conomique Albin Michel Njilo pose la question qui d&eacute;range : qu'a-t-on r&eacute;ellement fait de cet argent emprunt&eacute; ?</p>
<p><em>L'inventaire est accablant.</em></p>
<p><strong>Le barrage de Memve'ele</strong>. 410 milliards de FCFA ont &eacute;t&eacute; inject&eacute;s dans cette infrastructure hydro&eacute;lectrique cens&eacute;e illuminer une partie du pays. Pendant des ann&eacute;es, le d&eacute;bit r&eacute;el a stagn&eacute; entre 35 et 80 m&eacute;gawatts loin des 211 MW promis lors de la signature des contrats. Des kilom&egrave;tres de lignes &agrave; haute tension ont &eacute;t&eacute; construits avant m&ecirc;me que la centrale ne soit op&eacute;rationnelle.</p>
<p><strong>L'autoroute Kribi-Lolab&eacute;.</strong> Factur&eacute;e &agrave; pr&egrave;s de 7 millions de FCFA le kilom&egrave;tre, cette infrastructure d&eacute;tient un record peu enviable sur le continent africain. &Agrave; titre de comparaison, des pays voisins construisent des routes &eacute;quivalentes pour deux &agrave; trois fois moins. La diff&eacute;rence ? Elle s'appelle surfacturation.</p>
<p><strong>Les ordinateurs &laquo; PB &raquo;.</strong> 75 milliards de FCFA emprunt&eacute;s &agrave; la Chine pour &eacute;quiper les &eacute;tudiants camerounais en outils informatiques. Aujourd'hui, la grande majorit&eacute; de ces appareils est hors d'usage, victimes d'une maintenance inexistante et d'une logistique d&eacute;faillante. L'argent, lui, reste d&ucirc;.</p>
<p>Ces cas ne sont pas des accidents isol&eacute;s. Ils r&eacute;v&egrave;lent un syst&egrave;me o&ugrave; l'emprunt sert davantage &agrave; financer la rente et la surfacturation qu'&agrave; cr&eacute;er de la valeur &eacute;conomique durable.</p>
<h2>La Chine dans la chambre</h2>
<p>Parmi les cr&eacute;anciers du Cameroun, un acteur domine la sc&egrave;ne : la Chine d&eacute;tient plus de 60 % de la dette bilat&eacute;rale du pays. Cette concentration n'est pas sans cons&eacute;quences.</p>
<p>P&eacute;kin ne pratique pas la rh&eacute;torique de l'aide au d&eacute;veloppement. Il pratique le business. Les remboursements sont trimestriels, sans n&eacute;gociation possible, sans r&eacute;&eacute;chelonnement discr&eacute;tionnaire. Quand l'&Eacute;tat camerounais manque de liquidit&eacute;s, la Chine n'attend pas.</p>
<p>Cette d&eacute;pendance cr&eacute;e une asym&eacute;trie de pouvoir que les manuels d'&eacute;conomie appellent prudemment &laquo; vuln&eacute;rabilit&eacute; structurelle &raquo;. Dans la vie r&eacute;elle, elle se traduit par une marge de man&oelig;uvre budg&eacute;taire r&eacute;duite &agrave; peau de chagrin.</p>
<h2>Vous &ecirc;tes la solution de dernier recours</h2>
<p>Face &agrave; ce mur financier, l'&Eacute;tat a besoin de liquidit&eacute;s. Et le contribuable camerounais est la variable d'ajustement la plus accessible.</p>
<p><em>Plusieurs m&eacute;canismes sont d&eacute;j&agrave; &agrave; l'&oelig;uvre.</em></p>
<p>La traque au secteur informel s'intensifie. Les march&eacute;s, longtemps &eacute;pargn&eacute;s par la fiscalit&eacute; formelle, font face &agrave; des contr&ocirc;les accrus et &agrave; une augmentation des taxes sur les petits commerces. Pour les vendeurs qui survivent avec des marges d&eacute;j&agrave; minces, chaque nouvelle taxe est une ponction directe sur leur subsistance.</p>
<p>La taxe sur les transferts Mobile Money reste en place malgr&eacute; les protestations. Elle touche l'ensemble de la population, y compris les plus pauvres, qui n'ont pas acc&egrave;s aux services bancaires traditionnels. Elle est, par nature, impossible &agrave; &eacute;viter.</p>
<p>La r&eacute;duction des subventions sur le carburant, engag&eacute;e pour satisfaire les conditions du FMI, produit un effet domino imm&eacute;diat : le prix des transports augmente, celui des denr&eacute;es alimentaires suit. La tomate qui co&ucirc;tait cent francs hier en co&ucirc;te cent cinquante aujourd'hui. Pas &agrave; cause du march&eacute; mondial. &Agrave; cause d'un remboursement d'emprunt.</p>
<h2>L'&eacute;quation du d&eacute;veloppement rat&eacute;</h2>
<p>L'endettement n'est pas en soi une pathologie &eacute;conomique. Tous les pays qui se d&eacute;veloppent empruntent. La France est endett&eacute;e &agrave; plus de 110 % de son PIB. Le Japon fr&ocirc;le les 260 %. Mais leur dette finance des infrastructures qui g&eacute;n&egrave;rent de la croissance, des syst&egrave;mes &eacute;ducatifs qui forment du capital humain, des industries qui exportent de la valeur.</p>
<p>La diff&eacute;rence fondamentale est celle-ci : quand on s'endette pour construire une usine qui produit et exporte, la dette se rembourse elle-m&ecirc;me. Quand on s'endette pour construire un barrage qui ne tourne pas &agrave; pleine capacit&eacute;, une route sur&eacute;valu&eacute;e et des ordinateurs qui finissent &agrave; la d&eacute;charge, la dette reste enti&egrave;re et quelqu'un d'autre doit la payer.</p>
<p>Au Cameroun, ce quelqu'un, c'est le citoyen ordinaire. C'est la m&egrave;re de famille qui paie plus cher son transport. C'est l'&eacute;tudiant sans ordinateur fonctionnel. C'est l'entrepreneur du secteur informel que le fisc vient d&eacute;sormais chercher.</p>
<h2>La perspective</h2>
<p>Le Cameroun n'est pas condamn&eacute;. D'autres nations africaines ont r&eacute;ussi &agrave; restructurer leur dette, &agrave; n&eacute;gocier avec leurs cr&eacute;anciers, &agrave; r&eacute;orienter leurs emprunts vers des secteurs r&eacute;ellement productifs. Mais cela exige deux conditions que le pays peine encore &agrave; r&eacute;unir : une gouvernance financi&egrave;re transparente et une volont&eacute; politique de rompre avec les logiques de surfacturation et de corruption qui ont transform&eacute; les emprunts en gouffres.</p>
<p>Tant que ces conditions ne sont pas r&eacute;unies, chaque nouveau milliard emprunt&eacute; sera moins un levier de d&eacute;veloppement qu'une charge suppl&eacute;mentaire pour les g&eacute;n&eacute;rations qui n'ont pas encore eu voix au chapitre.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-28 01:20:28</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/26/Monde/Dette210126500.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="61838" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Taxe téléphone : le régulateur gèle la coupure]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93464/12:1/cameroun-taxe-telephone-le-regulateur-gele-la-coupure-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93464/12:1/cameroun-taxe-telephone-le-regulateur-gele-la-coupure-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Face au risque de paralysie des réseaux et à une fronde sociale
redoutée, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) a
gelé le blocage des téléphones n...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Face au risque de paralysie des r&eacute;seaux et &agrave; une fronde sociale redout&eacute;e, l&rsquo;Agence de r&eacute;gulation des t&eacute;l&eacute;communications (ART) a gel&eacute; le blocage des t&eacute;l&eacute;phones non d&eacute;douan&eacute;s pr&eacute;vu le 25 mai 2026, renvoyant Douane et op&eacute;rateurs &agrave; une nouvelle n&eacute;gociation apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;chec technique et juridique de l&rsquo;op&eacute;ration.</p>
<p>Imaginez : vous vous r&eacute;veillez un matin, vous attrapez votre t&eacute;l&eacute;phone. Plus rien. Pas de r&eacute;seau, pas d&rsquo;appels, pas d&rsquo;internet. Votre portable, celui qui vous relie au monde, devient une brique inutile.</p>
<p><em>700 000 Camerounais auraient v&eacute;cu ce cauchemar &agrave; partir du 25 mai 2026.</em></p>
<p>La Direction g&eacute;n&eacute;rale des douanes avait tout pr&eacute;par&eacute;. La liste des &laquo; terminaux fant&ocirc;mes &raquo; ces mobiles entr&eacute;s sans payer la taxe &eacute;tait pr&ecirc;te. Le signal de blocage devait tomber. Mais &agrave; la derni&egrave;re minute, le r&eacute;gulateur des t&eacute;l&eacute;coms a coup&eacute; l&rsquo;herbe sous le pied du fisc.</p>
<p><em>&laquo; Gel imm&eacute;diat &raquo;, a ordonn&eacute; le Pr Phil&eacute;mon Zoo Zame, directeur g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ART.</em></p>
<p>Raisons invoqu&eacute;es ? Un op&eacute;rateur public historique, Camtel, qui avoue son incapacit&eacute; technique. Et deux g&eacute;ants priv&eacute;s, Orange et MTN, qui sortent l&rsquo;argument juridique et agitent le spectre d&rsquo;une crise sociale majeure.</p>
<p><em>L&rsquo;&Eacute;tat recule. Les contribuables respirent. Mais pour combien de temps ?</em></p>
<p>Le grand m&eacute;nage num&eacute;rique attendra. Alors que l&rsquo;horloge tournait, que le 25 mai 2026 approchait, l&rsquo;Agence de r&eacute;gulation des t&eacute;l&eacute;communications (ART) a siffl&eacute; la fin de la partie. Dans une r&eacute;union de crise arbitr&eacute;e par son directeur g&eacute;n&eacute;ral, le Pr Phil&eacute;mon Zoo Zame, la suspension imm&eacute;diate de la mesure de blocage des t&eacute;l&eacute;phones non d&eacute;douan&eacute;s a &eacute;t&eacute; act&eacute;e.</p>
<h2>L&rsquo;op&eacute;ration avort&eacute;e</h2>
<p>Derri&egrave;re cette d&eacute;cision, un bras de fer technique et juridique qui aura tenu en haleine les op&eacute;rateurs, les douanes et des millions d&rsquo;abonn&eacute;s.</p>
<p>L&rsquo;objectif initial de la Douane : d&eacute;connecter pr&egrave;s de 700 000 terminaux jamais enregistr&eacute;s aupr&egrave;s du fisc. Une op&eacute;ration cens&eacute;e rapporter des recettes estim&eacute;es &agrave; 25 milliards de FCFA de manque &agrave; gagner, selon les projections officieuses.</p>
<p><em>Mais tr&egrave;s vite, les obstacles se sont accumul&eacute;s.</em></p>
<p><strong>Camtel, l&rsquo;op&eacute;rateur public, a jet&eacute; l&rsquo;&eacute;ponge le premier.</strong> Son syst&egrave;me d&rsquo;information actuel, a-t-il expliqu&eacute;, ne permet pas d&rsquo;appliquer le blocage sans des mises &agrave; jour logicielles co&ucirc;teuses, non budg&eacute;tis&eacute;es. &laquo; Techniquement impossible pour l&rsquo;instant &raquo;, r&eacute;sume une source interne.</p>
<p><strong>Orange et MTN, eux, ont dit &laquo; non &raquo;.</strong> Pourtant dot&eacute;s d&rsquo;outils capables de couper le signal, les deux leaders du march&eacute; ont oppos&eacute; un refus cat&eacute;gorique. Leur argument principal : un vide juridique. La loi ne leur donne pas explicitement le pouvoir de se substituer &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat pour confisquer l&rsquo;acc&egrave;s au r&eacute;seau de centaines de milliers de citoyens. Autre motivation, plus politique : la crainte d&rsquo;une crise sociale majeure. Couper 700 000 t&eacute;l&eacute;phones, c&rsquo;est priver des familles, des commer&ccedil;ants, des &eacute;tudiants, des personnes &acirc;g&eacute;es de leur outil de communication vital.</p>
<h2>Un feuilleton qui dure depuis 2020</h2>
<p>Ce n&rsquo;est pas la premi&egrave;re fois que l&rsquo;&Eacute;tat camerounais tente de mettre la main sur les recettes douani&egrave;res des t&eacute;l&eacute;phones mobiles.</p>
<p>- <strong>2020</strong> : premi&egrave;re tentative de pr&eacute;l&egrave;vement direct sur le cr&eacute;dit de communication des abonn&eacute;s. Toll&eacute; g&eacute;n&eacute;ral, abandon pr&eacute;cipit&eacute;.<br />- <strong>Loi de finances 2023</strong> : r&eacute;activation de l&rsquo;article 6, fixant un taux de d&eacute;douanement &agrave; 33,33 %. Nouvelle tentative.<br />- <strong>Mars 2026</strong> : application annonc&eacute;e, puis report&eacute;e au 25 mai.<br />- <strong>25 mai 2026</strong> : finalement, gel.</p>
<p><em>&Agrave; chaque fois, le m&ecirc;me mur : la r&eacute;alit&eacute; &eacute;conomique et technique rattrape la volont&eacute; fiscale.</em></p>
<h2>La r&egrave;gle qui rassure (et qui complique)</h2>
<p>Dans sa d&eacute;cision de gel, l&rsquo;ART a tenu &agrave; rassurer les abonn&eacute;s : <strong>aucune r&eacute;troactivit&eacute;</strong>. Tous les t&eacute;l&eacute;phones connect&eacute;s au moins une fois &agrave; un r&eacute;seau camerounais avant le 16 mars 2026 sont d&eacute;finitivement immunis&eacute;s. Ils sont consid&eacute;r&eacute;s comme r&eacute;gularis&eacute;s.</p>
<p>En clair, si vous utilisez votre mobile depuis plusieurs mois ou ann&eacute;es, vous ne risquez rien. La mesure ne visait que les appareils introduits apr&egrave;s cette date fatidique.</p>
<p>Reste le cas des terminaux arriv&eacute;s apr&egrave;s le 16 mars. Leur sort est d&eacute;sormais suspendu &agrave; une future &laquo; concertation tripartite &eacute;largie &raquo; entre l&rsquo;ART, les op&eacute;rateurs et la Douane.</p>
<h2>Et maintenant ?</h2>
<p>Cette volte-face est un camouflet pour la Direction g&eacute;n&eacute;rale des douanes, mais aussi un aveu de faiblesse de l&rsquo;administration fiscale. Le gouvernement camerounais cherche d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment &agrave; renflouer ses caisses, mais ses m&eacute;thodes se heurtent aux r&eacute;alit&eacute;s du terrain.</p>
<p>Les op&eacute;rateurs, eux, ont marqu&eacute; des points. Mais ils savent que l&rsquo;&Eacute;tat finira par revenir &agrave; la charge, peut-&ecirc;tre par une autre voie : augmentation des taxes sur les importations, durcissement des contr&ocirc;les physiques, ou nouvelle tentative de blocage technique avec des d&eacute;lais rallong&eacute;s.</p>
<p>Les abonn&eacute;s, pour l&rsquo;instant, peuvent souffler. Leur t&eacute;l&eacute;phone ne sera pas transform&eacute; en brique. Mais ils restent vigilants : apr&egrave;s 2020, 2023, 2026&hellip; la prochaine &eacute;ch&eacute;ance sera peut-&ecirc;tre la bonne pour l&rsquo;&Eacute;tat.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-27 16:03:12</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde/Afrique_Convergence03052024.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="63800" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Pétrole camerounais : quand le pouvoir passe du bureau au lit conjugal]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93457/12:1/petrole-camerounais-quand-le-pouvoir-passe-du-bureau-au-lit-conjugal-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93457/12:1/petrole-camerounais-quand-le-pouvoir-passe-du-bureau-au-lit-conjugal-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[À 85 ans passés, Adolphe Moudiki dirige officiellement la SNH sans
jamais y mettre les pieds et c'est son épouse qui tient les rênes
d'un empire pétrolier pesan...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>&Agrave; 85 ans pass&eacute;s, Adolphe Moudiki dirige officiellement la SNH sans jamais y mettre les pieds et c'est son &eacute;pouse qui tient les r&ecirc;nes d'un empire p&eacute;trolier pesant des milliards.</p>
<p><em>Le fauteuil est l&agrave;. Vide. Comme &agrave; chaque r&eacute;union.</em></p>
<p>Au si&egrave;ge de la Soci&eacute;t&eacute; Nationale des Hydrocarbures de Yaound&eacute;, les cadres ont appris &agrave; faire sans lui. Sans sa voix. Sans sa pr&eacute;sence. Sans m&ecirc;me un message. Adolphe Moudiki, Administrateur Directeur G&eacute;n&eacute;ral de la SNH depuis plus de trente ans, n'assiste plus aux conseils d'administration de l'institution qu'il est cens&eacute; diriger.</p>
<p>Il n'&eacute;tait pas &agrave; la f&ecirc;te nationale. Il n'est pas aux r&eacute;unions strat&eacute;giques. Il n'est, &agrave; vrai dire, nulle part.</p>
<p><em>Sauf sur l'organigramme officiel.</em></p>
<p>Et dans les couloirs du palais d'Etoudi, o&ugrave; un seul homme a le pouvoir de le remplacer et choisit, r&eacute;union apr&egrave;s r&eacute;union, de ne pas le faire.</p>
<p>Il y a des absences qui font du bruit. Celle d'Adolphe Moudiki en fait une quantit&eacute; industrielle en silence.</p>
<p>N&eacute; en 1938, l'homme a travers&eacute; les d&eacute;cennies &agrave; la t&ecirc;te de la Soci&eacute;t&eacute; Nationale des Hydrocarbures comme d'autres traversent un couloir : sans encombre, sans t&eacute;moin, et sans jamais sembler press&eacute; d'en ressortir. Aujourd'hui &acirc;g&eacute; de plus de 85 ans, il demeure officiellement le premier responsable du poumon &eacute;conomique du Cameroun. L'institution qui g&egrave;re les revenus p&eacute;troliers et gaziers d'un pays qui en d&eacute;pend structurellement.</p>
<p><em>Mais Adolphe Moudiki a disparu.</em></p>
<h2>Le fauteuil vide comme rituel</h2>
<p>Le sc&eacute;nario se r&eacute;p&egrave;te avec une r&eacute;gularit&eacute; que les initi&eacute;s d&eacute;crivent d&eacute;sormais comme presque comique. &Agrave; chaque conseil d'administration, les rumeurs enflent dans les salons de la capitale : cette fois, c'est la bonne. Moudiki va &ecirc;tre remplac&eacute;. Une nouvelle t&ecirc;te va prendre les commandes. Et puis, immanquablement, tombe la sentence : maintenu.</p>
<p>Maintenu, alors qu'il n'assiste pas aux travaux. Maintenu, alors que son si&egrave;ge reste vide lors des r&eacute;unions strat&eacute;giques qui engagent l'avenir &eacute;nerg&eacute;tique du pays. Maintenu, alors que m&ecirc;me la f&ecirc;te de l'Unit&eacute; du 20 mai grand-messe r&eacute;publicaine o&ugrave; le Tout-Yaound&eacute; se doit de parader s'est tenue sans lui.</p>
<p><em>Quand un dirigeant dispara&icirc;t, le pouvoir ne dispara&icirc;t pas avec lui. Il se d&eacute;place.</em></p>
<h2>L'ascension de Nathalie</h2>
<p>Dans le cas de la SNH, le pouvoir a fait un chemin court. Il a travers&eacute; le couloir familial.</p>
<p>Pour de nombreux cadres et observateurs de l'institution, c'est d&eacute;sormais Nathalie Moudiki, &eacute;pouse du DG fant&ocirc;me, qui assure la gestion quotidienne de l'entreprise publique. Une omnipr&eacute;sence manag&eacute;riale d'abord informelle, puis officialis&eacute;e par sa nomination au poste de Conseiller Num&eacute;ro 2 de la SNH. Position strat&eacute;gique qui lui conf&egrave;re une autorit&eacute; institutionnelle sur le fonctionnement de l'entit&eacute;.</p>
<p>En langage clair : le premier responsable est absent, et son &eacute;pouse g&egrave;re &agrave; sa place avec un titre qui le dit sans le dire.</p>
<p>Ce glissement dynastique au sommet d'une soci&eacute;t&eacute; d'&Eacute;tat de cette importance n'aurait pu perdurer sans une protection de haut niveau. Elle se trouve, comme souvent au Cameroun, &agrave; Etoudi.</p>
<h2>Le verrou pr&eacute;sidentiel</h2>
<p>Adolphe Moudiki n'est pas simplement un directeur g&eacute;n&eacute;ral. Il est un homme de confiance de Paul Biya de la m&ecirc;me g&eacute;n&eacute;ration, porteur des m&ecirc;mes secrets d'&Eacute;tat, garant des m&ecirc;mes &eacute;quilibres politiques. Depuis des d&eacute;cennies, il appartient &agrave; ce cercle de fid&egrave;les dont la loyaut&eacute; absolue est la premi&egrave;re qualit&eacute; requise, bien avant la comp&eacute;tence manag&eacute;riale.</p>
<p>Le remplacer, pour le pr&eacute;sident Biya, ne serait pas une simple d&eacute;cision administrative. Ce serait ouvrir une bo&icirc;te de Pandore : redistribuer les cartes du pouvoir p&eacute;trolier, fragiliser les &eacute;quilibres d'une oligarchie construite sur des d&eacute;cennies de confiance mutuelle, et signaler peut-&ecirc;tre involontairement que les fid&egrave;les de la premi&egrave;re heure ne sont plus intouchables.</p>
<p><em>Dans ce syst&egrave;me, Moudiki survit pr&eacute;cis&eacute;ment parce qu'il ne peut pas tomber.</em></p>
<p>Il a d'ailleurs travers&eacute; des temp&ecirc;tes qui auraient emport&eacute; d'autres. L'affaire Glencore, le scandale de corruption internationale qui a &eacute;clabouss&eacute; le secteur p&eacute;trolier africain et impliqu&eacute; des pratiques pr&eacute;sum&eacute;es de pots-de-vin vers&eacute;s &agrave; des responsables camerounais, n'a pas &eacute;branl&eacute; sa position. Les audits r&eacute;clam&eacute;s par des observateurs ind&eacute;pendants n'ont pas franchi les murs de la SNH. Et les rumeurs de disgr&acirc;ce se sont, &agrave; chaque fois, &eacute;vapor&eacute;es avant d'atteindre la d&eacute;cision.</p>
<h2>Les cons&eacute;quences d'un empire fant&ocirc;me</h2>
<p><em>Derri&egrave;re l'anecdote du dirigeant invisible se cache un enjeu de s&eacute;curit&eacute; &eacute;conomique nationale.</em></p>
<p>Premier probl&egrave;me : l'asym&eacute;trie de l'information. Comment mener des n&eacute;gociations de contrats p&eacute;troliers et gaziers internationaux pesant potentiellement plusieurs milliards de dollars quand le premier signataire de l'institution est une ombre ? Qui engage r&eacute;ellement la parole de la SNH dans une salle de n&eacute;gociation &agrave; Londres ou &agrave; Gen&egrave;ve ?</p>
<p>Deuxi&egrave;me probl&egrave;me : le blocage structurel. La SNH est devenue une citadelle imperm&eacute;able aux r&eacute;formes. La direction de fait par un clan familial rend tout audit s&eacute;rieux politiquement p&eacute;rilleux, et toute modernisation institutionnelle pratiquement impossible.</p>
<p>Troisi&egrave;me probl&egrave;me : la cr&eacute;dibilit&eacute; internationale. Aux yeux des investisseurs et partenaires &eacute;trangers, la situation de la SNH incarne jusqu'&agrave; la caricature les travers de la g&eacute;rontocratie camerounaise. Elle envoie un signal clair : ici, la fid&eacute;lit&eacute; prime sur la comp&eacute;tence, et les institutions servent d'abord les hommes qui les occupent.</p>
<h2>Le miroir d'un syst&egrave;me</h2>
<p><em>L'histoire de la SNH sous l'&egrave;re Moudiki n'est pas une anomalie. C'est un reflet.</em></p>
<p>Le reflet d'un Cameroun o&ugrave; le maintien du statu quo prime sur l'efficacit&eacute; &eacute;conomique. O&ugrave; la long&eacute;vit&eacute; au pouvoir est une valeur en soi. O&ugrave; les dirigeants, &agrave; d&eacute;faut de vaincre le temps, choisissent de s'y soustraire en disparaissant de la vue tout en restant sur l'organigramme.</p>
<p>La chaise vide d'Adolphe Moudiki n'est pas qu'un symbole. C'est une politique.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-27 02:44:06</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Adolphe_Moudiki270526500.webp" 
            type="image/jpeg" 
            length="38129" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Port de Douala : -11% d'escales, Kribi +19% . La crise qui menace 350 milliards FCFA]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93424/12:1/cameroun-port-de-douala-11-descales-kribi-19-la-crise-qui-menace-350-milliards-fcfa-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93424/12:1/cameroun-port-de-douala-11-descales-kribi-19-la-crise-qui-menace-350-milliards-fcfa-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[En un an, le nombre d'escales au Port Autonome de Douala a chuté de
11 %, passant de 293 à 260 rotations. Les importations reculent de
8,1 %. Les exportations d...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>En un an, le nombre d'escales au Port Autonome de Douala a chut&eacute; de 11 %, passant de 293 &agrave; 260 rotations. Les importations reculent de 8,1 %. Les exportations de 1,8 %. La r&eacute;alit&eacute; op&eacute;rationnelle est critique, quoi qu'en dise le bilan comptable.</p>
<p>Car ce bilan affiche 529,26 milliards FCFA en trompe-l'&oelig;il. Les hausses de revenus trimestrielles reposent sur des encaissements anticip&eacute;s de loyers pas sur le passage r&eacute;el de marchandises.</p>
<h2>Ce qui se passe : Kribi cannibale, Douala saigne</h2>
<p>Pendant que Douala recule, <strong>le port de Kribi</strong> enregistre une hausse de son trafic conteneurs de 19 %. La concurrence interne est d&eacute;sormais frontale. Kribi dispose d'infrastructures modernes, de tirants d'eau sup&eacute;rieurs et d'une capacit&eacute; d'accueil que Douala ne peut plus &eacute;galer dans son &eacute;tat actuel.</p>
<p>La cannibalisation du march&eacute; est en cours. Elle n'est plus une menace future elle est une r&eacute;alit&eacute; comptable.</p>
<h2>Pourquoi &ccedil;a s'acc&eacute;l&egrave;re : le corridor plomb&eacute;</h2>
<p>Le mal vient aussi de l'arri&egrave;re-pays. Les importateurs tchadiens, exc&eacute;d&eacute;s par les lenteurs de Douala et par les co&ucirc;ts d'un corridor encombr&eacute; de 60 postes de contr&ocirc;le, testent de nouvelles routes vers le Nigeria et la Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale. Ce pivot menace directement les 350 milliards FCFA que le trafic tchadien g&eacute;n&egrave;re habituellement pour le Cameroun.</p>
<p>Un accord bilat&eacute;ral d'urgence a d&ucirc; &ecirc;tre sign&eacute; ce mois-ci pour tenter de stopper l'h&eacute;morragie. Le signal est grave : quand un partenaire historique cherche des alternatives, la confiance est d&eacute;j&agrave; entam&eacute;e.</p>
<h2>Les dommages collat&eacute;raux : dockers, transitaires, emploi local</h2>
<p>La crise ne reste pas dans les bilans. &Agrave; Bonab&eacute;ri, la baisse de la manutention r&eacute;duit les journ&eacute;es de travail des dockers. Les <strong>transitaires locaux</strong> sont asphyxi&eacute;s. L'&eacute;conomie informelle qui gravite autour du port souffre en silence, sans que les chiffres officiels ne le mesurent encore pleinement.</p>
<p>C'est l&agrave; la dimension sociale d'une crise pr&eacute;sent&eacute;e comme purement logistique.</p>
<h2>La riposte : 122 milliards FCFA pour se r&eacute;inventer</h2>
<p>Le Port Autonome de Douala refuse l'immobilisme. Pour 2026, son Conseil d'Administration a valid&eacute; un <strong>budget offensif de 122 milliards FCFA</strong>. Les chantiers sont ambitieux : modernisation du quai Boscam avec le groupe Jan De Nul, cr&eacute;ation de la zone logistique de la Dibamba, r&eacute;fection du r&eacute;seau ferroviaire portuaire.</p>
<p>L'objectif est de repositionner Douala comme hub de cabotage r&eacute;gional. Un cr&eacute;neau que Kribi, orient&eacute; vers les grands navires intercontinentaux, ne peut pas occuper seul.</p>
<p>Douala joue sa survie logistique. Le plan existe. Le budget est vot&eacute;. Mais entre les chantiers annonc&eacute;s et la reconqu&ecirc;te effective des parts de march&eacute; perdues, le d&eacute;lai d'ex&eacute;cution sera d&eacute;cisif.</p>
<p>La vraie question est celle-ci : est-ce que le Port de Douala a encore le temps de se r&eacute;inventer avant que ses clients historiques ne deviennent d&eacute;finitivement les clients de ses concurrents ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-23 20:09:45</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/PAD270724500.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="86140" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Le mur de la dette de 3,54 milliards de dollars en 2026]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93410/12:1/cameroun-le-mur-de-la-dette-de-354-milliards-de-dollars-en-2026-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93410/12:1/cameroun-le-mur-de-la-dette-de-354-milliards-de-dollars-en-2026-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[Le Cameroun devra mobiliser 2 100 milliards de FCFA uniquement pour
honorer son service de la dette dans les deux prochaines années. Ce
chiffre, équivalent à 3,...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le Cameroun devra mobiliser 2 100 milliards de FCFA uniquement pour honorer son service de la dette dans les deux prochaines ann&eacute;es. Ce chiffre, &eacute;quivalent &agrave; 3,54 milliards de dollars, repr&eacute;sente une pression in&eacute;dite sur les finances publiques. L&rsquo;&eacute;tau budg&eacute;taire se resserre autour de l&rsquo;&Eacute;tat, contraint de puiser massivement dans ses recettes fiscales et ses r&eacute;serves de devises.</p>
<h2>Quoi, qui, quand : le calendrier implacable de la dette souveraine</h2>
<p>L&rsquo;obligation financi&egrave;re p&egrave;se sur l&rsquo;&Eacute;tat camerounais d&rsquo;ici 2026. Le remboursement des cr&eacute;anciers tant multilat&eacute;raux (FMI, Banque mondiale) que bilat&eacute;raux et priv&eacute;s atteint un pic historique. Le <strong>besoin de financement</strong> global d&eacute;passe la capacit&eacute; ordinaire de g&eacute;n&eacute;ration de recettes. Cette &eacute;ch&eacute;ance n&rsquo;est pas une pr&eacute;vision alarmiste mais un engagement contractuel inscrit dans la trajectoire de la dette publique camerounaise.</p>
<h2>Pourquoi les racines du mal plongent dans la structure budg&eacute;taire</h2>
<p>Le m&eacute;canisme de l&rsquo;<strong>effet d&rsquo;&eacute;viction</strong> explique la gravit&eacute; de la situation. Lorsqu&rsquo;un &Eacute;tat consacre une part massive de ses ressources au remboursement, il retire m&eacute;caniquement ces liquidit&eacute;s aux investissements productifs. Les infrastructures logistiques, le soutien &agrave; l&rsquo;industrie locale et les secteurs sociaux (sant&eacute;, &eacute;ducation) se trouvent sous-financ&eacute;s. Cette ponction aggrave le sous-investissement chronique et freine la croissance potentielle du pays.</p>
<h2>Comment l&rsquo;&Eacute;tat peut-il boucler l&rsquo;&eacute;quation ? Les leviers disponibles</h2>
<p>Pour combler le trou de 3,54 milliards de dollars, l&rsquo;ex&eacute;cutif dispose de deux outils historiques, tous deux douloureux. Le premier consiste &agrave; augmenter drastiquement la <strong>pression fiscale</strong> sur les entreprises et les m&eacute;nages. Une hausse des imp&ocirc;ts ou des taxes p&egrave;serait directement sur les PME et le pouvoir d&rsquo;achat. Le second levier repose sur l&rsquo;emprunt int&eacute;rieur via les bons du Tr&eacute;sor (BTA) et les obligations du Tr&eacute;sor (OTA). Cette option ass&egrave;che les <strong>liquidit&eacute;s des banques locales</strong> : les &eacute;tablissements pr&ecirc;tent moins aux entrepreneurs, et le cr&eacute;dit se rar&eacute;fie ou rench&eacute;rit.</p>
<h2>Enjeux &agrave; court terme et transformations structurelles sur trois &agrave; cinq ans</h2>
<p>D&rsquo;ici six &agrave; douze mois, le risque imm&eacute;diat est une contraction du cr&eacute;dit priv&eacute;. Les PME camerounaises, d&eacute;j&agrave; fragiles, verront leurs conditions de financement se d&eacute;grader. L&rsquo;investissement productif ralentira, avec des r&eacute;percussions sur l&rsquo;emploi et la consommation. &Agrave; l&rsquo;horizon 2029-2031, l&rsquo;enjeu est plus syst&eacute;mique. Si l&rsquo;&Eacute;tat r&eacute;p&egrave;te ce cycle d&rsquo;endettement pour rembourser la dette existante, il s&rsquo;enfonce dans une trappe &agrave; liquidit&eacute;. La marge de man&oelig;uvre budg&eacute;taire pour financer la transition &eacute;nerg&eacute;tique, le num&eacute;rique ou l&rsquo;industrialisation s&rsquo;annulera. Le pays risque une r&eacute;allocation permanente des ressources : de la croissance vers les cr&eacute;anciers.</p>
<h2>Une question ouverte sur la soutenabilit&eacute; du mod&egrave;le camerounais</h2>
<p>Le Cameroun peut-il encore investir dans son avenir tout en honorant son pass&eacute; d&rsquo;endettement ? La r&eacute;ponse d&eacute;pend de la capacit&eacute; &agrave; ren&eacute;gocier certaines &eacute;ch&eacute;ances, &agrave; diversifier les sources de financement non inflationnistes, ou &agrave; accro&icirc;tre les recettes sans tuer le tissu &eacute;conomique. L&rsquo;ann&eacute;e 2026 servira de test de r&eacute;sistance. Sans r&eacute;forme en amont, le mur de la dette deviendra un plafond de verre.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-22 15:45:40</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/26/Monde/Impots201124500.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="99833" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Socadel : le nouveau DG face à 850 milliards de dettes et un contrat de performance radical]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93401/12:1/cameroun-socadel-le-nouveau-dg-face-a-850-milliards-de-dettes-et-un-contrat-de-performance-radical-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93401/12:1/cameroun-socadel-le-nouveau-dg-face-a-850-milliards-de-dettes-et-un-contrat-de-performance-radical-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[La Société camerounaise d'électricité hérite d'une ardoise de
près de 850 milliards de FCFA. C'est dans ce contexte d'urgence
financière qu'Oumarou Hamandjoda p...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La Soci&eacute;t&eacute; camerounaise d'&eacute;lectricit&eacute; h&eacute;rite d'une ardoise de pr&egrave;s de 850 milliards de FCFA. C'est dans ce contexte d'urgence financi&egrave;re qu'Oumarou Hamandjoda prend la t&ecirc;te de la Socadel, avec un mandat de trois ans, renouvelable une fois, conditionn&eacute; &agrave; des r&eacute;sultats mesurables et dat&eacute;s.</p>
<h2>Un contrat de performance in&eacute;dit structur&eacute; autour de 20 indicateurs</h2>
<p>Le <strong>contrat de performance</strong> qui encadre ce mandat est b&acirc;ti sur vingt indicateurs r&eacute;partis en cinq piliers. La qualit&eacute; du service p&egrave;se 33 % de l'&eacute;valuation globale. Les finances repr&eacute;sentent 27 %. Le volet commercial compte pour 20 %, la gouvernance pour 15 %, et la s&eacute;curit&eacute; avec les ressources humaines pour 5 %.</p>
<p>Ce d&eacute;coupage traduit une priorit&eacute; claire : redresser un op&eacute;rateur &eacute;lectrique en crise profonde, sans sacrifier la qualit&eacute; de fourniture aux abonn&eacute;s.</p>
<h2>Les racines du mal : d&eacute;ficit chronique et recouvrement insuffisant</h2>
<p>Le <strong>taux de recouvrement</strong> actuel de Socadel stagne &agrave; 77,5 %. Ce chiffre signifie qu'une facture sur quatre n'est pas r&eacute;gl&eacute;e. R&eacute;sultat : un d&eacute;ficit de tr&eacute;sorerie r&eacute;current de 13 milliards de FCFA par mois.</p>
<p>Le contrat impose une remont&eacute;e progressive et document&eacute;e : 78 % en 2026, 84 % en 2027, 90 % en 2028. La croissance du chiffre d'affaires est &eacute;galement exig&eacute;e, &agrave; hauteur de 4 % d&egrave;s la premi&egrave;re ann&eacute;e, puis 6 % sur la p&eacute;riode suivante.</p>
<h2>Les leviers commerciaux : compteurs pr&eacute;pay&eacute;s et lutte contre la fraude</h2>
<p>La migration vers les <strong>compteurs pr&eacute;pay&eacute;s</strong> constitue l'un des axes commerciaux prioritaires du mandat. L'objectif fix&eacute; pour 2026 est pr&eacute;cis : 60 668 conversions. Ce basculement permet &agrave; Socadel d'encaisser avant de livrer, &eacute;liminant m&eacute;caniquement une partie du risque d'impay&eacute;s.</p>
<p>L'autre levier est la lutte contre la fraude sur le r&eacute;seau &eacute;lectrique. Les gains attendus sont chiffr&eacute;s &agrave; 500 millions de FCFA par mois d&egrave;s 2026. C'est un montant consid&eacute;rable, qui suppose une capacit&eacute; de contr&ocirc;le de terrain renforc&eacute;e et des outils de d&eacute;tection efficaces.</p>
<h2>Qualit&eacute; de service : des objectifs techniques chiffr&eacute;s et contraignants</h2>
<p>Sur le plan technique, Oumarou Hamandjoda devra r&eacute;duire la dur&eacute;e moyenne des <strong>interruptions de courant</strong> par client, en la faisant passer de 51,5 &agrave; 45,8 heures annuelles. Les <strong>pertes techniques et commerciales</strong> devront reculer de 12,5 % &agrave; 8,5 % d'ici 2028.</p>
<p>En parall&egrave;le, le taux d'ex&eacute;cution du plan d'investissement ne pourra jamais descendre sous 80 % sur une ann&eacute;e donn&eacute;e. Ces seuils sont directement li&eacute;s &agrave; l'&eacute;valuation du directeur g&eacute;n&eacute;ral et, in fine, au renouvellement de son mandat.</p>
<h2>Cr&eacute;dibilit&eacute; institutionnelle et acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;nergie pour des millions de Camerounais</h2>
<p>Les prochains mois d&eacute;termineront si Socadel est capable de stabiliser sa tr&eacute;sorerie et d'amorcer la migration vers les compteurs pr&eacute;pay&eacute;s &agrave; l'&eacute;chelle pr&eacute;vue. Un premier signal de recouvrement positif en 2026 constituerait une rupture symbolique forte.</p>
<p>L'enjeu d&eacute;passe la seule entreprise. Une <strong>Socadel assainie</strong> conditionne la capacit&eacute; du Cameroun &agrave; attirer des investissements dans son secteur &eacute;nerg&eacute;tique, &agrave; financer de nouvelles infrastructures et &agrave; garantir un acc&egrave;s fiable &agrave; l'&eacute;lectricit&eacute; dans les zones p&eacute;riurbaines et rurales.</p>
<h2>La question qui restera ouverte</h2>
<p>Un contrat de performance peut fixer des chiffres. Il ne peut pas, seul, r&eacute;soudre les causes structurelles d'un secteur &eacute;lectrique sous-financ&eacute; depuis des d&eacute;cennies. Oumarou Hamandjoda disposera-t-il des leviers institutionnels et budg&eacute;taires r&eacute;els pour transformer ces indicateurs en r&eacute;sultats tangibles pour les abonn&eacute;s ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-22 01:05:22</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Socadel160526500.webp" 
            type="image/jpeg" 
            length="96843" 
            />
                                                    </item>
        <item>
      <title><![CDATA[ :: Des millions de téléphones bloqués dès le 25 mai 2026 par les Douanes]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/93400/12:1/cameroun-des-millions-de-telephones-bloques-des-le-25-mai-2026-par-les-douanes-cameroon.html</link>
      <guid isPermaLink="true">https://www.camer.be/93400/12:1/cameroun-des-millions-de-telephones-bloques-des-le-25-mai-2026-par-les-douanes-cameroon.html</guid>
      <description><![CDATA[À partir du lundi 25 mai 2026, tout terminal mobile non enregistré
sur la plateforme officielle d'identification sera coupé du réseau.
La mesure est signée par...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>&Agrave; partir du lundi 25 mai 2026, tout terminal mobile non enregistr&eacute; sur la plateforme officielle d'identification sera coup&eacute; du r&eacute;seau. La mesure est sign&eacute;e par le Directeur G&eacute;n&eacute;ral des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, et adress&eacute;e directement aux trois op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms du pays : <strong>Camtel</strong>, <strong>MTN Cameroun</strong> et <strong>Orange Cameroun</strong>.</p>
<h2>La d&eacute;cision : qui, quoi, quand ?</h2>
<p>La lettre r&eacute;f&eacute;renc&eacute;e N&deg;&hellip;/MINFI/DGD3/CDL, dat&eacute;e du 19 mai 2026, ordonne le <strong>blocage effectif des terminaux import&eacute;s</strong> non r&eacute;pertori&eacute;s par la plateforme d'identification mat&eacute;rielle. Elle s'appuie sur l'article 6 de la <strong>loi de finances 2023</strong> et sur la d&eacute;cision conjointe N&deg; 0000145/MINFI/MINPOSTEL du 25 mars 2026.</p>
<p>Sont concern&eacute;s : t&eacute;l&eacute;phones portables, tablettes et terminaux num&eacute;riques import&eacute;s au Cameroun sans avoir acquitt&eacute; les droits et taxes de douane correspondants.</p>
<h2>Pourquoi maintenant ? Le cadre l&eacute;gal en jeu</h2>
<p>L'article 6 de la loi de finances 2023 impose la collecte des droits de douane sur les terminaux import&eacute;s via une plateforme centralis&eacute;e d'identification. Le m&eacute;canisme avait &eacute;t&eacute; communiqu&eacute; au public d&egrave;s mars 2026. Le blocage du 25 mai constitue la phase d'ex&eacute;cution forc&eacute;e, apr&egrave;s une p&eacute;riode de mise en conformit&eacute;.</p>
<p>La d&eacute;cision conjointe du 25 mars 2026, sign&eacute;e par le MINFI et le MINPOSTEL, fixait les modalit&eacute;s pr&eacute;cises de collecte. Les op&eacute;rateurs &eacute;taient pr&eacute;venus. Le d&eacute;lai est d&eacute;sormais &eacute;puis&eacute;.</p>
<h2>Comment le blocage fonctionne-t-il concr&egrave;tement ?</h2>
<p>Tout terminal non d&eacute;douan&eacute; qui tente de se connecter &agrave; un r&eacute;seau local camerounais Camtel, MTN ou Orange sera techniquement bloqu&eacute;. L'op&eacute;rateur qui autoriserait cette connexion engage sa propre responsabilit&eacute;, aux termes de l'article 7 de la d&eacute;cision conjointe pr&eacute;cit&eacute;e.</p>
<p>Le m&eacute;canisme repose sur l'identification par IMEI le num&eacute;ro unique de chaque appareil crois&eacute;e avec la <strong>plateforme d'identification mat&eacute;rielle</strong> des douanes. Si l'appareil n'y est pas enregistr&eacute;, il ne passe pas.</p>
<h2>Fiscalit&eacute; num&eacute;rique, march&eacute; gris et souverainet&eacute; des donn&eacute;es</h2>
<p>La mesure cible directement le <strong>march&eacute; gris des t&eacute;l&eacute;phones import&eacute;s</strong> sans taxation. Des centaines de milliers d'appareils pourraient &ecirc;tre concern&eacute;s, notamment dans les march&eacute;s informels de Yaound&eacute;, Douala et des grandes villes de province.</p>
<p>&Agrave; long terme, c'est un signal fort sur la <strong>fiscalit&eacute; num&eacute;rique au Cameroun</strong>. L'&Eacute;tat affirme sa capacit&eacute; &agrave; contr&ocirc;ler l'acc&egrave;s au r&eacute;seau comme levier de recouvrement fiscal. Pour les op&eacute;rateurs, la responsabilit&eacute; est d&eacute;sormais explicitement engag&eacute;e en cas de permissivit&eacute;.</p>
<h2>Question ouverte</h2>
<p>Dans un pays o&ugrave; l'acc&egrave;s au mobile est le premier vecteur de communication, d'information et de transaction financi&egrave;re, le blocage des terminaux non d&eacute;douan&eacute;s est-il un outil de justice fiscale ou un risque d'exclusion num&eacute;rique pour les populations les plus vuln&eacute;rables ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-05-22 00:36:07</pubDate>
            <enclosure
            url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Kamerun/Tecno21032025.jpg" 
            type="image/jpeg" 
            length="74217" 
            />
                                                    </item>
      </channel>
</rss>
