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    <title>Le flux rss de camer.be : ECONOMIE</title>
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    <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
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      <title>Le flux rss de camer.be : ECONOMIE</title>
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    <lastBuildDate>Wed, 16 Sep 2026 12:13:55 +0200</lastBuildDate>
        <item>
      <title><![CDATA[ - La diaspora camerounaise prévient : « Aucun investissement sûr sous Biya »]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94760/12:1/la-diaspora-camerounaise-previent-aucun-investissement-sur-sous-biya.html</link>
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      <description><![CDATA[La diaspora camerounaise a saisi les partenaires du Commonwealth pour
dénoncer le risque politique et la corruption sous Biya. Récit d'un
contre-lobbying.

Pend...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La diaspora camerounaise a saisi les partenaires du Commonwealth pour d&eacute;noncer le risque politique et la corruption sous Biya. R&eacute;cit d'un contre-lobbying.</p>
<p>Pendant que Louis Paul Motaz&eacute; vantait les fondamentaux &eacute;conomiques du Cameroun &agrave; Marlborough House, la diaspora activait ses r&eacute;seaux pour retourner les m&ecirc;mes interlocuteurs contre le r&eacute;gime de Paul Biya.</p>
<p>Le 10 septembre 2026, &agrave; Marlborough House, Louis Paul Motaz&eacute; a parl&eacute; d'une &laquo; &eacute;conomie r&eacute;siliente &raquo;, de &laquo; fondamentaux solides &raquo;, d'un pays qui a &laquo; d&eacute;croch&eacute; du p&eacute;trole &raquo;. Dans la salle, des banquiers, des assureurs, des repr&eacute;sentants d'institutions de financement. Le message &eacute;tait calibr&eacute;. Le vocabulaire, ma&icirc;tris&eacute;.</p>
<p>Quelques jours plus t&ocirc;t, ces m&ecirc;mes interlocuteurs avaient re&ccedil;u un autre son de cloche.</p>
<p>Des associations de la diaspora camerounaise dont les noms n'ont pas tous &eacute;t&eacute; rendus publics &agrave; ce stade les avaient saisis directement. Message : le Cameroun n'est pas un pays s&ucirc;r pour investir tant que Paul Biya reste au pouvoir. Le r&eacute;gime est contest&eacute;. Le jeu &eacute;lectoral est fauss&eacute;. La corruption est enracin&eacute;e. Et les 40 000 milliards de FCFA que Motaz&eacute; est venu chercher &agrave; Londres ne financeront pas le d&eacute;veloppement ils financeront un syst&egrave;me.</p>
<h2>Londres, Marlborough House : ce que le Cameroun est venu chercher</h2>
<p>Le rendez-vous &eacute;tait pr&eacute;par&eacute; de longue date. Les 9 et 10 septembre 2026, une d&eacute;l&eacute;gation camerounaise conduite par le ministre des Finances, Louis Paul Motaz&eacute;, s'est rendue &agrave; Marlborough House, &agrave; Londres, pour un &laquo; market sounding &raquo; organis&eacute; avec le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC). Dans le langage financier, un market sounding n'est pas une lev&eacute;e de fonds. C'est une op&eacute;ration de reconnaissance. On teste l'app&eacute;tit du march&eacute; avant de solliciter formellement les capitaux. On mesure l'&eacute;cart entre ce que le pays voudrait emprunter et ce que les cr&eacute;anciers sont pr&ecirc;ts &agrave; pr&ecirc;ter et &agrave; quel prix.</p>
<p>La d&eacute;l&eacute;gation &eacute;tait fournie : Paul Tasong, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la Planification ; F&eacute;lix Mbayu, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; charg&eacute; de la Coop&eacute;ration avec le Commonwealth ; Sylvester Moh Tangongho, directeur g&eacute;n&eacute;ral du Tr&eacute;sor ; Adolphe Noah Ndongo, directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Caisse autonome d'amortissement. Derri&egrave;re les visages, un chiffre : 88 000 &agrave; 89 000 milliards de FCFA d'investissements requis par la Strat&eacute;gie nationale de d&eacute;veloppement (SND30). Dont 45 % attendus du secteur priv&eacute; et des partenaires au d&eacute;veloppement.</p>
<p>Traduction : environ 1 500 milliards de FCFA &agrave; mobiliser chaque ann&eacute;e. Trois fois le stock actuel d'investissements directs &eacute;trangers du pays.</p>
<h2>Le chiffre que Motaz&eacute; n'a pas mis en avant</h2>
<p>Le ministre a d&eacute;roul&eacute; ses arguments. Croissance maintenue &agrave; 3,5 % en 2025, pour la troisi&egrave;me ann&eacute;e cons&eacute;cutive. Activit&eacute;s hors p&eacute;trole repr&eacute;sentant pr&egrave;s de 98 % du PIB. Poids du Cameroun dans l'&eacute;conomie de la CEMAC : 44 %. Dette publique &agrave; environ 43 % du PIB, loin du plafond communautaire de 70 %.</p>
<p>Ces chiffres sont exacts. Ils racontent une partie de l'histoire.</p>
<p>L'autre partie, celle que les investisseurs les plus prudents avaient d&eacute;j&agrave; identifi&eacute;e : les investissements directs &eacute;trangers sont en chute. Le stock d'IDE, qui culminait autour de 560 milliards de FCFA en 2022, est retomb&eacute; &agrave; environ 473 milliards en 2026, soit 1,2 % du PIB. Le foss&eacute; entre les besoins de la SND30 et la r&eacute;alit&eacute; des flux entrants ne cesse de se creuser.</p>
<p>Et ce n'est pas tout. En mars 2026, le FMI a publi&eacute; son rapport de consultations au titre de l'article IV. Le diagnostic est s&eacute;v&egrave;re : &laquo; la situation des finances publiques s'est d&eacute;t&eacute;rior&eacute;e en 2025, en raison de recettes non p&eacute;troli&egrave;res inf&eacute;rieures aux attentes et d'un d&eacute;rapage des d&eacute;penses courantes &raquo;. Le Fonds pointe des &laquo; retards dans l'ex&eacute;cution des programmes pr&eacute;c&eacute;dents &raquo; et un &laquo; risque &eacute;lev&eacute; de surendettement &raquo;. Fitch Ratings a confirm&eacute; la note du Cameroun &agrave; B avec perspective n&eacute;gative en novembre 2025.</p>
<p>Les agences de notation ne sanctionnent pas les r&eacute;gimes. Elles sanctionnent les risques. Et au Cameroun, en 2026, le risque politique est devenu le principal.</p>
<h2>La diaspora entre en sc&egrave;ne</h2>
<p>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; que la contre-offensive s'est jou&eacute;e. Inform&eacute;es du market sounding, plusieurs associations de la diaspora camerounaise ont saisi les partenaires concern&eacute;s. Elles ne l'ont pas fait par voie de presse, ni par communiqu&eacute; public. Elles ont &eacute;crit. Appel&eacute;. Activ&eacute; des r&eacute;seaux &eacute;tablis de longue date dans les milieux financiers londoniens et aupr&egrave;s des institutions du Commonwealth.</p>
<p>Leur message, reconstitu&eacute; &agrave; partir de plusieurs sources concordantes : le Cameroun est dirig&eacute; par un r&eacute;gime fortement contest&eacute;, d&eacute;cr&eacute;dibilis&eacute;, d&eacute;pourvu de l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique. Elles d&eacute;noncent les conditions dans lesquelles Paul Biya se maintient au pouvoir par un jeu &eacute;lectoral syst&eacute;matiquement fauss&eacute;, une base &eacute;lectorale qu'elles estiment inf&eacute;rieure &agrave; 25 % des suffrages, un maintien par la force. Elles attirent l'attention sur l'ampleur de la corruption, qu'elles estiment profond&eacute;ment enracin&eacute;e dans tous les secteurs de la vie publique et &eacute;conomique.</p>
<p>Et leur conclusion est sans ambigu&iuml;t&eacute; : aucun investissement v&eacute;ritablement s&ucirc;r et s&eacute;curis&eacute; ne saurait &ecirc;tre envisag&eacute; sereinement au Cameroun tant que ce r&eacute;gime, qualifi&eacute; de liberticide, restera aux affaires.</p>
<p>Ce n'est pas un cri de rue. C'est une note d'alerte adress&eacute;e &agrave; des pr&ecirc;teurs.</p>
<h2>Le pr&eacute;c&eacute;dent Achille Mbembe</h2>
<p>La d&eacute;marche diasporique ne sort pas de nulle part. En janvier 2026, l'historien et politologue Achille Mbembe avait pos&eacute; les bases intellectuelles de cette strat&eacute;gie sur le plateau de &laquo; D&eacute;crypter l'Afrique &raquo;. Son diagnostic : &laquo; L'&egrave;re Paul Biya est termin&eacute;e &raquo;. Son constat : &laquo; Le Cameroun est en passe d'&ecirc;tre hors jeu sur presque tous les plans &eacute;conomique, financier, diplomatique &raquo;.</p>
<p>Sa proposition, formul&eacute;e devant des millions de t&eacute;l&eacute;spectateurs : mobiliser les &eacute;conomistes et avocats de la diaspora pour &laquo; alerter les cr&eacute;anciers du Cameroun sur le risque qu'ils courent en donnant leur poids &agrave; des dettes dont on sait tr&egrave;s bien que l'argent finira dans les poches des uns et des autres dans des paradis fiscaux &raquo;.</p>
<p>Le market sounding de Londres a &eacute;t&eacute; le premier test grandeur r&eacute;elle de cette strat&eacute;gie. Et la diaspora a r&eacute;pondu pr&eacute;sent.</p>
<h2>Pourquoi le timing compte</h2>
<p>Les 9 et 10 septembre 2026 ne sont pas des dates anodines. Le Cameroun doit faire face, en 2026, &agrave; un mur de dette de 3,54 milliards de dollars, selon les donn&eacute;es compil&eacute;es par AllAfrica. Le remboursement des cr&eacute;anciers multilat&eacute;raux (FMI, Banque mondiale), bilat&eacute;raux et priv&eacute;s atteint un pic historique. Les r&eacute;serves de change s'amenuisent. Un d&eacute;faut technique sur les &eacute;ch&eacute;ances n'est plus une hypoth&egrave;se d'&eacute;cole.</p>
<p>Dans ce contexte, chaque nouvel emprunt est une op&eacute;ration &agrave; haut risque. Chaque investisseur qui entre est un cr&eacute;ancier qui devra &ecirc;tre rembours&eacute; par un r&eacute;gime dont la survie politique est elle-m&ecirc;me incertaine.</p>
<p>La question pos&eacute;e par la diaspora aux investisseurs n'est pas morale. Elle est pratique : <strong>qui remboursera, et sous quel r&eacute;gime juridique ?</strong></p>
<h2>Ce que le gouvernement r&eacute;pond</h2>
<p>Le market sounding, par d&eacute;finition, ne contracte aucune dette. Mais sur le fond, l'objectif &eacute;tait bien de pr&eacute;parer le terrain &agrave; de futures &eacute;missions obligataires. Motaz&eacute; a lui-m&ecirc;me &eacute;voqu&eacute; l'exploration d'instruments in&eacute;dits Panda Bonds sur le march&eacute; chinois, Samurai Bonds au Japon, Sukuk pour la finance islamique. Aucun montant, aucune date n'a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;. Mais le message &eacute;tait clair : le Cameroun cherche de nouveaux pr&ecirc;teurs.</p>
<h2>Le vrai enjeu : la confiance</h2>
<p>Un march&eacute; financier fonctionne &agrave; la confiance. Pas &agrave; la croissance du PIB. Pas aux taux de change. &Agrave; la confiance. C'est une mati&egrave;re fragile, qui se construit sur des ann&eacute;es et se brise en quelques jours.</p>
<p>Le Cameroun a un probl&egrave;me de confiance. Les agences de notation le disent. Le FMI le dit. Les IDE le disent, en reculant. Et maintenant, une partie de la diaspora le dit, directement, aux investisseurs.</p>
<p>Ce que la diaspora camerounaise a fait &agrave; Londres, ce n'est pas de la politique. C'est du contre-lobbying financier. Et c'est, de l'avis de plusieurs observateurs des march&eacute;s africains, une premi&egrave;re &agrave; cette &eacute;chelle. La diaspora camerounaise a longtemps &eacute;t&eacute; per&ccedil;ue comme une source de devises 400 milliards de FCFA de transferts annuels, selon la Banque mondiale. Elle est en train de devenir une force d'influence sur la fa&ccedil;on dont le pays est financ&eacute;.</p>
<p>Le gouvernement peut ignorer ce signal. Il peut aussi le lire comme ce qu'il est : le d&eacute;but d'une &egrave;re o&ugrave; les capitaux ne viendront plus sans conditions politiques.</p>
<p>La question n'est plus de savoir si le Cameroun peut emprunter. La question est de savoir &agrave; quel prix et de savoir combien de temps encore les cr&eacute;anciers accepteront de ne pas regarder ce qu'il y a derri&egrave;re la signature de l'&Eacute;tat.</p>
<hr />
<p><strong>Qu'est-ce qu'un market sounding ?</strong><br />Un market sounding est une op&eacute;ration de consultation du march&eacute;. Avant de lancer un emprunt, un &Eacute;tat ou une entreprise teste l'app&eacute;tit des investisseurs : combien sont-ils pr&ecirc;ts &agrave; pr&ecirc;ter, &agrave; quel taux, sous quelles conditions. Ce n'est pas une lev&eacute;e de fonds en soi, mais une &eacute;tape pr&eacute;paratoire.</p>
<p><strong>Pourquoi la diaspora camerounaise s'oppose-t-elle aux emprunts du gouvernement ?</strong><br />Les associations de la diaspora estiment que le r&eacute;gime de Paul Biya n'offre pas de garanties d&eacute;mocratiques suffisantes pour que les investissements soient s&eacute;curis&eacute;s. Elles d&eacute;noncent la corruption, le manque de l&eacute;gitimit&eacute; &eacute;lectorale et le risque que les fonds emprunt&eacute;s ne b&eacute;n&eacute;ficient pas au d&eacute;veloppement du pays.</p>
<p><strong>Le Cameroun est-il un pays s&ucirc;r pour investir en 2026 ?</strong><br />Les indicateurs &eacute;conomiques du Cameroun restent stables (croissance de 3,5 %, dette &agrave; 43 % du PIB), mais le FMI signale un risque &eacute;lev&eacute; de surendettement et Fitch maintient une perspective n&eacute;gative. Le principal facteur d'incertitude est politique : l'absence de successeur d&eacute;sign&eacute; &agrave; Paul Biya, 93 ans, et la contestation de la l&eacute;gitimit&eacute; du r&eacute;gime.</p>
<p><strong>Qui est Paul Biya et depuis quand est-il au pouvoir ?</strong><br />Paul Biya, n&eacute; en 1933, dirige le Cameroun depuis 1982. Il a &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;lu en 2025 pour un huiti&egrave;me mandat lors d'une &eacute;lection contest&eacute;e par l'opposition. Il est le chef d'&Eacute;tat en exercice le plus &acirc;g&eacute; du monde.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-16 00:26:41</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Enugu Airlines débarque à Douala : la guerre des compagnies nigérianes s'intensifie]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94757/12:1/cameroun-enugu-airlines-debarque-a-douala-la-guerre-des-compagnies-nigerianes-sintensifie.html</link>
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      <description><![CDATA[Enugu Airlines lance ses vols directs Enugu-Douala dès le 23
septembre 2026. Embraer E170, 76 sièges. La troisième compagnie
nigériane à s'installer au Cameroun...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Enugu Airlines lance ses vols directs Enugu-Douala d&egrave;s le 23 septembre 2026. Embraer E170, 76 si&egrave;ges. La troisi&egrave;me compagnie nig&eacute;riane &agrave; s'installer au Cameroun.</p>
<p>Embraer E170, 76 si&egrave;ges, 57 minutes de vol. Enugu Airlines ouvre le corridor Nigeria-Cameroun et rejoint Air Peace et NG Eagle sur un march&eacute; o&ugrave; Camair-Co reste au sol.</p>
<p>23 septembre 2026. Un Embraer E170 aux couleurs d'Enugu Airlines posera ses roues sur le tarmac de l'a&eacute;roport international de Douala. 76 si&egrave;ges. 57 minutes de vol depuis Enugu. Un vol direct qui n'existait pas il y a encore un mois.</p>
<p>Enugu Airlines devient la troisi&egrave;me compagnie nig&eacute;riane &agrave; desservir le Cameroun, apr&egrave;s Air Peace et NG Eagle. Le pr&eacute;sident-directeur g&eacute;n&eacute;ral par int&eacute;rim de la CCAA n'a pas encore confirm&eacute; l'obtention des certificats camerounais par le transporteur. Mais l'annonce est officielle : &laquo; Bonjour le Cameroun &raquo;, a &eacute;crit Enugu Airlines le 12 septembre.</p>
<p>Le ciel camerounais n'avait pas connu une telle densit&eacute; de compagnies nig&eacute;rianes depuis une d&eacute;cennie.</p>
<h2>Une annonce en forme de d&eacute;claration de guerre commerciale</h2>
<p>Le vol inaugural est annonc&eacute; pour le 23 septembre. Les Embraer E170 de la flotte 76 si&egrave;ges en configuration standard assureront la rotation.&nbsp;</p>
<p>Ce que la compagnie n'a pas pr&eacute;cis&eacute; : les fr&eacute;quences hebdomadaires. Les jours d'exploitation. Les tarifs. Et l'obtention d&eacute;finitive des certificats d'exploitation aupr&egrave;s de l'Autorit&eacute; a&eacute;ronautique du Cameroun (CCAA). Nous avons tent&eacute; de joindre le service communication d'Enugu Airlines &agrave; Abuja et &agrave; Enugu. Sans r&eacute;ponse au moment d'&eacute;crire ces lignes.</p>
<h2>Air Peace, NG Eagle, Enugu Airlines : trois sur le m&ecirc;me corridor</h2>
<p>Le Cameroun n'avait jamais vu &ccedil;a.</p>
<p>Jusqu'en 2024, Air Peace &eacute;tait la seule compagnie nig&eacute;riane &agrave; desservir r&eacute;guli&egrave;rement Douala et Yaound&eacute; depuis Lagos. NG Eagle est arriv&eacute;e fin 2025, apr&egrave;s avoir lou&eacute; un appareil &agrave; Camair-Co dans le cadre d'un accord de coop&eacute;ration technique.&nbsp;</p>
<p>Enugu Airlines compl&egrave;te le trio.&nbsp;</p>
<p>&laquo; Cette concentration d'acteurs renforce directement la concurrence sur le corridor a&eacute;rien Nigeria-Cameroun &raquo;, note Ecomatin. Les transporteurs r&eacute;gionaux ASKY, Air C&ocirc;te d'Ivoire, Afrijet et Ethiopian Airlines op&egrave;rent d&eacute;j&agrave; sur le segment.&nbsp;</p>
<p>La bataille pour les parts de march&eacute; fait rage. Et Camair-Co, la compagnie nationale camerounaise, regarde.</p>
<h2>Camair-Co : la grande absente</h2>
<p>C'est l'histoire dans l'histoire.&nbsp;</p>
<p>Camair-Co devait reprendre ses vols vers Lagos apr&egrave;s trois ans d'interruption. Des dessertes vers Kinshasa, Abuja et Malabo &eacute;taient pr&eacute;vues pour fin 2025.&nbsp;</p>
<p>Le calendrier a gliss&eacute;.&nbsp;</p>
<p>Dans le m&ecirc;me temps, trois compagnies nig&eacute;rianes se partagent le ciel camerounais. La compagnie nationale camerounaise, elle, a transport&eacute; 549 303 passagers sur le segment national en 2024, selon les donn&eacute;es d'A&eacute;roports du Cameroun.&nbsp;</p>
<p>Un chiffre qui contraste avec la croissance globale du trafic. Le Cameroun a accueilli 1,77 million de passagers en 2024, en hausse de 5,6 % par rapport &agrave; 2023. La plateforme de Douala a trait&eacute; 1 144 841 voyageurs la m&ecirc;me ann&eacute;e, soit 54,6 % du trafic national.&nbsp;</p>
<p>La question que personne ne pose &agrave; haute voix : combien de temps Camair-Co pourra-t-elle regarder les compagnies nig&eacute;rianes se partager son march&eacute; ?</p>
<h2>Pourquoi cette route va marcher</h2>
<p>Le Nigeria repr&eacute;sente 69,7 % des importations du Cameroun en provenance d'Afrique occidentale, estim&eacute;es &agrave; 492,7 milliards de FCFA en 2025.&nbsp;</p>
<p>Les &eacute;changes commerciaux sont intenses. Les deux pays partagent une fronti&egrave;re de 1 690 kilom&egrave;tres. L'exemption r&eacute;ciproque de visas facilite la mobilit&eacute;.&nbsp;</p>
<p>Mais jusqu'ici, relier Enugu &agrave; Douala relevait du parcours du combattant. Un vol avec escale &agrave; Lagos. Ou &agrave; Abuja. Parfois six heures de trajet pour une distance que l'Embraer d'Enugu Airlines couvrira en 57 minutes.&nbsp;</p>
<p>La demande existe. Elle &eacute;tait mal desservie.&nbsp;</p>
<h2>L'ombre de l'accord bilat&eacute;ral de f&eacute;vrier</h2>
<p>En f&eacute;vrier 2026, le Cameroun et le Nigeria ont sign&eacute; un accord bilat&eacute;ral sur la recherche et le sauvetage a&eacute;rien. Le texte pr&eacute;voit des proc&eacute;dures sp&eacute;ciales pour permettre aux secours d'un pays d'entrer ou de survoler le territoire de l'autre &laquo; aussi rapidement que possible &raquo; en cas d'urgence.&nbsp;</p>
<p>Cet accord n'est pas un trait&eacute; de ciel ouvert. Il ne lib&eacute;ralise pas les droits de trafic. Mais il signale une volont&eacute; politique de rapprochement dans le domaine a&eacute;rien.&nbsp;</p>
<p>Enugu Airlines en profite. Pour combien de temps ?</p>
<h2>Ce que &ccedil;a change pour le voyageur camerounais</h2>
<p>Concr&egrave;tement, trois choses.</p>
<p>Un : une option directe entre Douala et le sud-est du Nigeria, sans passer par Lagos. Deux : une pression tarifaire &agrave; la baisse sur le corridor, m&eacute;caniquement, avec l'arriv&eacute;e d'un troisi&egrave;me op&eacute;rateur. Trois : des correspondances potentielles vers Kano, Owerri, Asaba, Warri et Benin City depuis le hub d'Enugu.&nbsp;</p>
<p>Ce que &ccedil;a ne change pas : le prix des billets. Les tarifs Enugu-Douala n'ont pas &eacute;t&eacute; communiqu&eacute;s. Les plateformes de r&eacute;servation affichent des vols avec escale &agrave; des prix qui varient du simple au double selon la date.&nbsp;</p>
<p>Nous avons consult&eacute; trois comparateurs en ligne. Aucun ne proposait encore de vol direct Enugu-Douala au 15 septembre 2026.</p>
<h2>Enugu Airlines, une compagnie qui monte</h2>
<p>Enugu Air a obtenu son certificat de transporteur a&eacute;rien (AOC) de la Nigerian Civil Aviation Authority (NCAA) le 10 mars 2026. En cinq mois et trois semaines. Un record dans l'industrie nig&eacute;riane, o&ugrave; la proc&eacute;dure dure habituellement entre 15 et 24 mois.&nbsp;</p>
<p>Elle a commenc&eacute; ses op&eacute;rations commerciales le 7 juillet 2025 avec une flotte compl&egrave;te de six Embraer E170, E190 et E195. Elle dessert six destinations domestiques : Abuja, Lagos, Port Harcourt, Benin City, Kano et Owerri.&nbsp;</p>
<p>En ao&ucirc;t 2026, l'Association des compagnies a&eacute;riennes africaines (AFRAA) l'a admise comme 50e membre.&nbsp;</p>
<p>Le directeur g&eacute;n&eacute;ral de l'AFRAA, Abd&eacute;rahmane Berth&eacute;, a salu&eacute; &laquo; le type d'investissement local vital pour construire une connectivit&eacute; a&eacute;rienne r&eacute;siliente &agrave; travers notre continent &raquo;.&nbsp;</p>
<p>L'ambition affich&eacute;e : 20 appareils, des vols r&eacute;gionaux avant fin 2026, puis l'Europe.&nbsp;</p>
<p>Le 23 septembre, l'Embraer E170 d'Enugu Airlines d&eacute;collera d'Enugu. Destination Douala.&nbsp;</p>
<p>Ce jour-l&agrave;, le ciel camerounais comptera une compagnie nig&eacute;riane de plus. Air Peace et NG Eagle sauront &agrave; quoi s'en tenir.&nbsp;</p>
<p>Une question demeure : la CCAA a-t-elle d&eacute;livr&eacute; &agrave; Enugu Airlines les autorisations n&eacute;cessaires pour exploiter cette liaison ? Nous avons pos&eacute; la question &agrave; l'autorit&eacute; a&eacute;ronautique camerounaise. Sans r&eacute;ponse au moment d'&eacute;crire ces lignes.</p>
<hr />
<p><strong>Enugu Airlines va-t-elle vraiment desservir Douala ?</strong><br />Oui. La compagnie a annonc&eacute; le lancement de ses vols vers le Cameroun d&egrave;s le 23 septembre 2026 dans une communication officielle du 12 septembre. Les certificats camerounais n'ont pas &eacute;t&eacute; confirm&eacute;s publiquement par la CCAA.</p>
<p><strong>Combien de temps dure le vol Enugu-Douala ?</strong><br />Environ 57 minutes en vol direct, selon les calculateurs de temps de vol. Jusqu'ici, les liaisons avec escale prenaient entre 6 et 17 heures selon les correspondances.</p>
<p><strong>Quelles compagnies a&eacute;riennes desservent le Cameroun depuis le Nigeria ?</strong><br />Air Peace (depuis 2024, vols Lagos-Douala et Lagos-Yaound&eacute;), NG Eagle (depuis fin 2025), et d&eacute;sormais Enugu Airlines. Camair-Co devait reprendre Lagos mais le calendrier a gliss&eacute;.</p>
<p><strong>Quel avion Enugu Airlines utilisera-t-elle sur cette route ?</strong><br />Des Embraer E170, d'une capacit&eacute; standard de 76 si&egrave;ges. La compagnie dispose &eacute;galement d'E190 et E195 dans sa flotte.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-15 15:59:26</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Motazé à Londres : le Cameroun cherche 40 000 milliards]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94747/12:1/motaze-a-londres-le-cameroun-cherche-40-000-milliards.html</link>
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      <description><![CDATA[Louis-Paul Motazé a présenté à Londres les besoins de financement
du Cameroun. La SND30 nécessite 88 000 milliards FCFA. Le pays
explore de nouveaux instruments...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Louis-Paul Motaz&eacute; a pr&eacute;sent&eacute; &agrave; Londres les besoins de financement du Cameroun. La SND30 n&eacute;cessite 88 000 milliards FCFA. Le pays explore de nouveaux instruments.</p>
<p>Le ministre des Finances a d&eacute;fendu l'image d'une &eacute;conomie diversifi&eacute;e, mais les IDE sont en baisse et les int&eacute;r&ecirc;ts de la dette absorbent une part croissante des recettes.</p>
<p>Louis-Paul Motaz&eacute; a fait le voyage. Les 9 et 10 septembre 2026, le ministre camerounais des Finances s'est rendu &agrave; Marlborough House, &agrave; Londres, pour un &laquo; market sounding &raquo; organis&eacute; par le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC). Objectif : sonder l'app&eacute;tit des banquiers, assureurs et bailleurs de fonds avant de nouvelles op&eacute;rations de financement.</p>
<p>&laquo; Nous ne sommes pas venus vous pr&eacute;senter un Cameroun o&ugrave; tout serait d&eacute;j&agrave; accompli. Mais nous pouvons regarder avec confiance le chemin parcouru &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute; devant l'auditoire.</p>
<p>Le chemin parcouru, oui. Le chemin restant, aussi. La Strat&eacute;gie nationale de d&eacute;veloppement (SND30) n&eacute;cessite 88 000 &agrave; 89 000 milliards de FCFA d'investissements. 45 % doivent venir du priv&eacute; et des partenaires. Et les investissements directs &eacute;trangers, eux, sont en baisse.</p>
<h2>Ce que Motaz&eacute; a dit aux investisseurs</h2>
<p>Le ministre des Finances a d&eacute;roul&eacute; les chiffres. La croissance s'est maintenue &agrave; 3,5 % en 2025, pour la troisi&egrave;me ann&eacute;e cons&eacute;cutive. Les activit&eacute;s hors p&eacute;trole repr&eacute;sentent d&eacute;sormais pr&egrave;s de 98 % du PIB. Le Cameroun p&egrave;se 44 % de l'&eacute;conomie de la CEMAC. La dette publique ressort &agrave; environ 43 % du PIB, loin du plafond communautaire de 70 %.</p>
<p>Autour de lui, une d&eacute;l&eacute;gation fournie : Paul Tasong, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la Planification, F&eacute;lix Mbayu, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; charg&eacute; de la Coop&eacute;ration avec le Commonwealth, Sylvester Moh Tangongho, directeur g&eacute;n&eacute;ral du Tr&eacute;sor, et Adolphe Noah Ndongo, directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Caisse autonome d'amortissement.</p>
<h2>Le chiffre qui f&acirc;che : les IDE en baisse</h2>
<p>Motaz&eacute; n'a pas tout dit. Ou plut&ocirc;t, il n'a pas mis en avant un chiffre qui complique son discours.</p>
<p>Le stock d'investissements directs &eacute;trangers (IDE) du Cameroun culminait autour de 560 milliards de FCFA en 2022. Il est retomb&eacute; &agrave; environ 473 milliards en 2026, soit 1,2 % du PIB.</p>
<p>La SND30 exige de mobiliser environ 1 500 milliards de FCFA par an. C'est plus de trois fois le stock actuel d'IDE.</p>
<p>Le foss&eacute; est l&agrave;. Motaz&eacute; le sait. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment pour le combler qu'il a fait le d&eacute;placement de Londres.</p>
<h2>Panda Bonds, Samurai Bonds, Sukuk : les nouveaux outils</h2>
<p>Pour &eacute;largir sa base d'investisseurs, le Cameroun explore des instruments in&eacute;dits.&nbsp; Louis-Paul Motaz&eacute; a indiqu&eacute; que le pays &eacute;tudiait le recours aux <strong>Panda Bonds</strong> (obligations &eacute;mises sur le march&eacute; chinois, en yuan), aux <strong>Samurai Bonds</strong> (march&eacute; japonais, en yen) et aux <strong>Sukuk</strong> (finance islamique, adoss&eacute;e &agrave; des actifs).</p>
<p>Aucun montant, aucun calendrier. Le ministre a simplement pr&eacute;cis&eacute; que le pays y recourrait &laquo; lorsque les conditions seront r&eacute;unies &raquo;.</p>
<p>&laquo; L'int&eacute;r&ecirc;t commun de ces trois instruments est surtout d'aller chercher des investisseurs diff&eacute;rents de ceux qui souscrivent traditionnellement &agrave; sa dette &raquo;</p>
<h2>Ce que les chiffres ne disent pas</h2>
<p>Le ratio de dette &agrave; 43 % du PIB est un chiffre rassurant. Il ne dit pas tout.</p>
<p>Les int&eacute;r&ecirc;ts de la dette devraient absorber 9,5 % des recettes publiques en <strong>2026</strong>, contre 6,9 % en 2021. Une part croissante des ressources de l'&Eacute;tat sert &agrave; payer le co&ucirc;t des emprunts, pas &agrave; investir.</p>
<p>Moody's, dans sa note du 21 ao&ucirc;t 2026, a maintenu la note souveraine du Cameroun &agrave; <strong>Caa1</strong>, avec perspective stable. L'agence pointe &laquo; des tensions de liquidit&eacute; &raquo;, &laquo; la progression de l'endettement public &raquo; et &laquo; un historique d'arri&eacute;r&eacute;s de paiement &raquo;. Elle anticipe une dette &agrave; 45 % du PIB en 2026.</p>
<p>Moody's &eacute;voque aussi, dans une note distincte, le risque d'une &laquo; transition pr&eacute;sidentielle chaotique &raquo; li&eacute;e &agrave; la r&eacute;forme constitutionnelle du 14 avril 2026 cr&eacute;ant un poste de vice-pr&eacute;sident nomm&eacute;. Un facteur politique qui p&egrave;se sur la perception du risque Cameroun.</p>
<h2>Le climat des affaires : le non-dit de Londres</h2>
<p>Le ministre a parl&eacute; d'une &eacute;conomie &laquo; diversifi&eacute;e &raquo; et &laquo; moins d&eacute;pendante du p&eacute;trole &raquo;. Il n'a pas &eacute;voqu&eacute; les obstacles que les investisseurs rencontrent une fois arriv&eacute;s.</p>
<p>Une enqu&ecirc;te de la Banque mondiale men&eacute;e entre juin 2024 et f&eacute;vrier 2025 aupr&egrave;s de 615 entreprises camerounaises identifie les principaux freins : <strong>l'acc&egrave;s au financement</strong> (28,8 % des entreprises), <strong>l'acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;lectricit&eacute;</strong> (16,8 %), <strong>la concurrence du secteur informel</strong> (12,9 %) et la corruption (7,3 %).</p>
<p>Au Nord, la corruption est le premier obstacle cit&eacute; (17,8 %). Dans le Littoral, 46,7 % des entreprises se plaignent de l'acc&egrave;s au financement. &Agrave; l'Ouest, 36 % citent le financement et 19 % l'instabilit&eacute; politique.</p>
<p>Le taux de pression fiscale effectif dans le secteur formel atteint 57 %, selon les donn&eacute;es pr&eacute;sent&eacute;es lors de la Cameroon-UE Business Week 2026. C'est le plus &eacute;lev&eacute; de la zone CEMAC.</p>
<p>Des observateurs, , &eacute;voquent &eacute;galement des difficult&eacute;s r&eacute;currentes : lenteur de la justice commerciale, opacit&eacute; fonci&egrave;re, insuffisance des infrastructures portuaires et routi&egrave;res, co&ucirc;ts logistiques prohibitifs. Ces critiques sont document&eacute;es par plusieurs rapports d'organisations patronales et d'institutions internationales.</p>
<h2>La SND30 &agrave; mi-parcours : 49,6 % des objectifs atteints</h2>
<p>Un rapport du Comit&eacute; national de suivi-&eacute;valuation (CNSE), publi&eacute; en ao&ucirc;t 2026, dresse un bilan en demi-teinte de la SND30. &Agrave; quatre ans de l'&eacute;ch&eacute;ance de 2030, seuls <strong>49,6 % des besoins identifi&eacute;s</strong> ont &eacute;t&eacute; satisfaits.</p>
<p>L'&eacute;cart entre investissements attendus et r&eacute;alis&eacute;s entre 2021 et 2030 atteint <strong>44 432 milliards de FCFA</strong>, selon le CNSE. Le rapport indique que &laquo; le relais attendu du secteur priv&eacute; peine &agrave; se mat&eacute;rialiser &raquo;.</p>
<p>Le cr&eacute;dit au secteur productif ne repr&eacute;sente que 17,6 % du PIB, contre une cible de 23,2 %.</p>
<p>Ces chiffres dessinent un tableau plus nuanc&eacute; que le discours londonien. Le Cameroun a des atouts. Il a aussi des contraintes que les investisseurs d&eacute;couvriront en lisant les rapports, pas seulement les pr&eacute;sentations PowerPoint.</p>
<p>Motaz&eacute; a promis que le Cameroun &laquo; regarde avec confiance le chemin parcouru &raquo;. Il a raison sur un point : le pays a fait des progr&egrave;s. La croissance r&eacute;siste. La d&eacute;pendance au p&eacute;trole diminue.</p>
<p>Mais le chemin restant est long. 88 000 milliards &agrave; financer. Des IDE en baisse. Des int&eacute;r&ecirc;ts de dette qui grignotent les recettes. Un climat des affaires qui d&eacute;courage.</p>
<p>Londres a &eacute;cout&eacute;. Les investisseurs d&eacute;cideront. Et ils ne d&eacute;cideront pas sur la base des discours, mais des chiffres, des contrats et des risques.</p>
<p>La SND30 a besoin de 1 500 milliards par an. Le stock d'IDE est de 473 milliards. L'&eacute;quation ne se r&eacute;sout pas avec des Panda Bonds seuls.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi Motaz&eacute; est-il all&eacute; &agrave; Londres ?</strong><br />Pour participer &agrave; un &laquo; market sounding &raquo; organis&eacute; par le CWEIC. Objectif : sonder l'int&eacute;r&ecirc;t des banquiers, assureurs et bailleurs avant de nouvelles op&eacute;rations de financement.</p>
<p><strong>Combien le Cameroun a-t-il besoin pour financer la SND30 ?</strong><br />Entre 88 000 et 89 000 milliards de FCFA. 45 % doivent provenir du secteur priv&eacute; et des partenaires au d&eacute;veloppement.</p>
<p><strong>Qu'est-ce qu'un Panda Bond ?</strong><br />Une obligation &eacute;mise sur le march&eacute; chinois, libell&eacute;e en yuan. Le Cameroun explore ce type d'instrument pour diversifier ses sources de financement.</p>
<p><strong>Le Cameroun est-il surendett&eacute; ?</strong><br />La dette est &agrave; 43 % du PIB, sous le plafond CEMAC de 70 %. Mais les int&eacute;r&ecirc;ts absorbent 9,5 % des recettes en 2026, contre 6,9 % en 2021. Moody's maintient la note &agrave; Caa1.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-14 19:36:51</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Sans le FMI, le budget 2027 du Cameroun vacille]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94743/12:1/sans-le-fmi-le-budget-2027-du-cameroun-vacille.html</link>
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      <description><![CDATA[Le Cameroun espère 300 milliards FCFA du FMI pour boucler son budget
2027. Sans accord, les finances publiques s'exposent à un risque
majeur.

Avec un déficit p...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le Cameroun esp&egrave;re 300 milliards FCFA du FMI pour boucler son budget 2027. Sans accord, les finances publiques s'exposent &agrave; un risque majeur.</p>
<p>Avec un d&eacute;ficit projet&eacute; &agrave; plus de 1 000 milliards FCFA, Yaound&eacute; parie sur un nouveau programme du FMI. Mais Moody's s'inqui&egrave;te et les n&eacute;gociations tra&icirc;nent.</p>
<p>Le Cameroun a inscrit 300 milliards de FCFA dans son budget 2027. Cet argent n'existe pas encore. Il d&eacute;pend d'un accord avec le FMI qui n'a pas &eacute;t&eacute; sign&eacute;.</p>
<p>Le d&eacute;ficit budg&eacute;taire projet&eacute; pour 2027 s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; 1 018 milliards de FCFA. Les 300 milliards attendus du FMI en couvriraient pr&egrave;s de 30 %.</p>
<p>Mais les n&eacute;gociations pi&eacute;tinent. Et Moody's vient de confirmer la note Caa1 du Cameroun, synonyme de risque de cr&eacute;dit tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;.</p>
<h2>L'argent qui manque au budget 2027</h2>
<p>Le Document de programmation &eacute;conomique et budg&eacute;taire &agrave; moyen terme (DPEB) 2027-2029, &eacute;labor&eacute; par le minist&egrave;re des Finances et pr&eacute;sent&eacute; au Parlement dans le cadre du D&eacute;bat d'orientation budg&eacute;taire, le confirme : &laquo; le bouclage financier des budgets des exercices 2027 &agrave; 2029 repose sur des appuis budg&eacute;taires attendus de la conclusion d'un nouveau Programme &eacute;conomique et financier avec le FMI &raquo;.</p>
<p>Traduction : le gouvernement camerounais a d&eacute;j&agrave; int&eacute;gr&eacute; dans ses pr&eacute;visions un argent qu'il n'a pas encore obtenu. Les 300 milliards de FCFA attendus du FMI repr&eacute;sentent 9,5 % des besoins globaux de financement pour 2027, &eacute;valu&eacute;s &agrave; 3 161,5 milliards de FCFA.</p>
<p>Rapport&eacute;s au seul d&eacute;ficit budg&eacute;taire projet&eacute; &agrave; 1 018 milliards ces appuis p&egrave;sent pr&egrave;s du tiers.</p>
<p>Le DPEB qualifie l'absence d'accord de &laquo; risque majeur &raquo; pour la soutenabilit&eacute; des finances publiques &agrave; moyen terme. Le mot est l&acirc;ch&eacute;.</p>
<h2>Un pr&eacute;c&eacute;dent programme qui s'est &eacute;teint en juillet 2025</h2>
<p>Le Cameroun sort d'un cycle d'assistance ouvert en 2021 avec la Facilit&eacute; &eacute;largie de cr&eacute;dit et le M&eacute;canisme &eacute;largi de cr&eacute;dit, compl&eacute;t&eacute;s par la Facilit&eacute; pour la r&eacute;silience et la durabilit&eacute;. En juillet 2025, le FMI a conclu les huiti&egrave;mes revues des deux premiers accords.</p>
<p>Entre 2017 et 2025, ces programmes ont permis au Cameroun de mobiliser environ 2 600 milliards de FCFA d'appuis budg&eacute;taires, selon le minist&egrave;re des Finances. Quarante et un rep&egrave;res structurels ont &eacute;t&eacute; atteints, affirme Yaound&eacute;.</p>
<p>Mais le robinet s'est ferm&eacute;. Et depuis, le minist&egrave;re des Finances plaide pour la reconduction d'un partenariat.</p>
<p>&laquo; Nous ne les aurions plus en cas de non-conclusion d'un nouveau programme avec le FMI. Cela signifie qu'il faudrait trouver d'autres ressources. C'est pourquoi nous estimons n&eacute;cessaire d'ouvrir une r&eacute;flexion sur un nouvel accord &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; Louis Paul Motaz&eacute;, ministre des Finances, &agrave; l'issue du Conseil de cabinet du 30 octobre 2025.</p>
<h2>Le blocage : un arbitrage pr&eacute;sidentiel qui n'arrive pas</h2>
<p>Les n&eacute;gociations avec le FMI ne sont pas rompues. Elles sont bloqu&eacute;es.</p>
<p>Le Premier ministre Joseph Dion Ngut&eacute; a renvoy&eacute; la d&eacute;cision d'ouvrir formellement les n&eacute;gociations &agrave; la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. L'arbitrage de Paul Biya est attendu. Il ne vient pas.</p>
<p>Ce retard a des cons&eacute;quences concr&egrave;tes. Moody's, dans sa note du 21 ao&ucirc;t 2026, pointe explicitement &laquo; l'incertitude politique et les retards dans la prise de d&eacute;cision du gouvernement &raquo; qui ont &laquo; ralenti l'ex&eacute;cution du budget et les progr&egrave;s des n&eacute;gociations avec le FMI &raquo;.</p>
<p>Le FMI lui-m&ecirc;me, dans le communiqu&eacute; de la consultation au titre de l'article IV publi&eacute; en f&eacute;vrier 2026, avait d&eacute;j&agrave; alert&eacute; sur &laquo; des pressions budg&eacute;taires et de la dette croissantes &raquo;.</p>
<h2>Moody's confirme le Caa1 et abaisse sa pr&eacute;vision de croissance</h2>
<p>Le 21 ao&ucirc;t 2026, Moody's a confirm&eacute; la note souveraine du Cameroun &agrave; Caa1, avec perspective stable. Le Caa1 est le septi&egrave;me &eacute;chelon de la cat&eacute;gorie sp&eacute;culative. Il signifie que l'emprunteur pr&eacute;sente un risque de cr&eacute;dit tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;.</p>
<p>L'agence pointe &laquo; des conditions de liquidit&eacute; tendues &raquo;, compte tenu de &laquo; la saturation du march&eacute; r&eacute;gional de la dette de la CEMAC &raquo;. Elle &eacute;voque aussi &laquo; la vuln&eacute;rabilit&eacute; aux chocs sur les cours mondiaux du p&eacute;trole, les d&eacute;penses de s&eacute;curit&eacute; non budg&eacute;tis&eacute;es et la fragilit&eacute; financi&egrave;re des entreprises publiques &raquo;.</p>
<p>Moody's a revu &agrave; la baisse sa pr&eacute;vision de croissance pour 2026, &agrave; 3,4 %. L'agence anticipe un d&eacute;ficit budg&eacute;taire &agrave; 2,5 % du PIB et une dette publique autour de 45 % du PIB apr&egrave;s la prise en charge des engagements de la compagnie nationale d'&eacute;lectricit&eacute;.</p>
<p>Un autre signal inqui&egrave;te : Moody's a abaiss&eacute; le score de solidit&eacute; institutionnelle et de gouvernance du Cameroun, de B3 &agrave; Caa1. L'agence cite &laquo; les mauvaises performances selon les indicateurs mondiaux de gouvernance &raquo; et &laquo; des ant&eacute;c&eacute;dents de d&eacute;fauts sur la dette &raquo;.</p>
<h2>La CEMAC dans l'&eacute;quation</h2>
<p>Les appuis budg&eacute;taires du FMI ne servent pas uniquement &agrave; &eacute;quilibrer les finances camerounaises. Ils contribuent au renforcement des r&eacute;serves de change de l'ensemble de la zone CEMAC.</p>
<p>Ces avoirs en devises sont centralis&eacute;s dans un compte d'op&eacute;rations ouvert au Tr&eacute;sor fran&ccedil;ais, conform&eacute;ment aux accords liant les six pays de la CEMAC &agrave; la France. Ce m&eacute;canisme assure la solidarit&eacute; mon&eacute;taire r&eacute;gionale : un pays peut temporairement puiser dans les r&eacute;serves d'un autre pour honorer ses paiements ext&eacute;rieurs.</p>
<p>Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a alert&eacute; sur &laquo; une baisse acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e des r&eacute;serves de change entre juin et ao&ucirc;t 2025 &raquo;, due notamment &agrave; la diminution des appuis budg&eacute;taires dans un contexte de fin de programmes avec le FMI.</p>
<p>L'interruption des appuis fragiliserait donc non seulement l'&eacute;quilibre budg&eacute;taire du Cameroun, mais aussi celui de toute la sous-r&eacute;gion. Le Cameroun, locomotive &eacute;conomique de la CEMAC, figure parmi les principaux contributeurs au compte d'op&eacute;rations.</p>
<p>Par ailleurs, les programmes soutenus par le FMI dans la CEMAC n&eacute;cessitent des garanties au niveau r&eacute;gional, notamment sur la coordination des politiques budg&eacute;taires et mon&eacute;taires. La revue commune des politiques de la CEMAC, initialement pr&eacute;vue en d&eacute;cembre 2025, a &eacute;t&eacute; report&eacute;e en raison de &laquo; l'insuffisance de coordination entre les politiques budg&eacute;taires nationales et la strat&eacute;gie r&eacute;gionale &raquo;, selon les autorit&eacute;s.</p>
<h2>Ce que le Cameroun devrait faire sans le FMI</h2>
<p>En cas de non-conclusion du programme, le gouvernement devrait compenser les 300 milliards attendus par &laquo; davantage d'emprunts, une mobilisation suppl&eacute;mentaire de ressources int&eacute;rieures, des pr&eacute;l&egrave;vements plus importants sur sa tr&eacute;sorerie ou une r&eacute;duction de certaines d&eacute;penses &raquo;.</p>
<p>Le DPEB pr&eacute;voit d&eacute;j&agrave; un emprunt ext&eacute;rieur d'environ 1 000 milliards de FCFA, apr&egrave;s une op&eacute;ration de m&ecirc;me ampleur programm&eacute;e en 2026.</p>
<p>Le minist&egrave;re des Finances rel&egrave;ve &laquo; le rench&eacute;rissement des ressources sur le march&eacute; int&eacute;rieur, le niveau &eacute;lev&eacute; des taux d'int&eacute;r&ecirc;t et la profondeur encore limit&eacute;e du march&eacute; financier domestique &raquo;. Ces contraintes r&eacute;duisent les marges de man&oelig;uvre.</p>
<p>Le Cameroun est &agrave; la crois&eacute;e des chemins. D'un c&ocirc;t&eacute;, il a besoin du FMI pour boucler son budget et maintenir la stabilit&eacute; de la zone CEMAC. De l'autre, l'arbitrage politique tarde.</p>
<p>Moody's r&eacute;sume la situation : le principal risque pour la note souveraine du Cameroun &laquo; n'est pas la taille de sa dette, mais la capacit&eacute; du gouvernement &agrave; lever des liquidit&eacute;s et &agrave; honorer ses paiements &agrave; temps &raquo;.</p>
<p>La question n'est plus de savoir si le Cameroun a besoin du FMI. Elle est de savoir quand il obtiendra l'accord et ce qu'il devra conc&eacute;der pour l'obtenir.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi le Cameroun a-t-il besoin du FMI en 2027 ?</strong><br />Parce que son d&eacute;ficit budg&eacute;taire projet&eacute; d&eacute;passe 1 000 milliards FCFA et que ses besoins globaux de financement atteignent 3 161,5 milliards. Les 300 milliards attendus du FMI couvriraient pr&egrave;s de 30 % du d&eacute;ficit.</p>
<p><strong>Que signifie la note Caa1 attribu&eacute;e au Cameroun ?</strong><br />C'est une note de cr&eacute;dit tr&egrave;s sp&eacute;culative. Elle signifie que le pays pr&eacute;sente un risque &eacute;lev&eacute; de ne pas honorer ses dettes. C'est la septi&egrave;me note la plus basse sur l'&eacute;chelle de Moody's.</p>
<p><strong>Combien le Cameroun a-t-il re&ccedil;u du FMI entre 2017 et 2025 ?</strong><br />Environ 2 600 milliards de FCFA dans le cadre de deux programmes successifs, selon le minist&egrave;re des Finances.</p>
<p><strong>Le Cameroun peut-il se passer du FMI ?</strong><br />Techniquement, oui, mais &agrave; un co&ucirc;t &eacute;lev&eacute;. Il devrait emprunter davantage sur les march&eacute;s, puiser dans ses r&eacute;serves ou r&eacute;duire les d&eacute;penses publiques dans un contexte d&eacute;j&agrave; tendu.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-14 16:28:28</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - L'Afrique ne paiera plus la « prime africaine »]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94740/12:1/lafrique-ne-paiera-plus-la-prime-africaine.html</link>
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      <description><![CDATA[L'Afrique perd 74,5 milliards $/an à cause des notations biaisées.
L'AfCRA, le PAPSS et la dédollarisation dessinent une riposte
concrète.

Des notations de cré...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>L'Afrique perd 74,5 milliards $/an &agrave; cause des notations biais&eacute;es. L'AfCRA, le PAPSS et la d&eacute;dollarisation dessinent une riposte concr&egrave;te.</p>
<p>Des notations de cr&eacute;dit biais&eacute;es aux armes de SWIFT, l'Afrique transforme une critique abstraite en m&eacute;canismes concrets de souverainet&eacute; financi&egrave;re.</p>
<p>L'Afrique paie ses emprunts trois fois plus cher que les &eacute;conomies d&eacute;velopp&eacute;es. Chaque ann&eacute;e, 74,5 milliards de dollars s'&eacute;vaporent dans ce que les dirigeants appellent la &laquo; prime africaine &raquo;. C'est plus que le PIB de la C&ocirc;te d'Ivoire.</p>
<p>Ce n'est pas un accident. C'est un syst&egrave;me.</p>
<p>Trois agences occidentales notent la dette du continent. Un syst&egrave;me de paiement am&eacute;ricain peut d&eacute;connecter un pays du commerce mondial. Et le dollar reste le p&eacute;age obligatoire de presque chaque transaction.</p>
<p>Mais quelque chose est en train de changer. L'Afrique ne se contente plus de d&eacute;noncer. Elle construit.</p>
<h2>Le &laquo; big three &raquo; dans le viseur</h2>
<p>Trois agences contr&ocirc;lent 93 % du march&eacute; mondial de la notation de cr&eacute;dit : S&amp;P Global Ratings, Moody's et Fitch Ratings. Leurs notes d&eacute;terminent le taux d'int&eacute;r&ecirc;t que chaque pays paie pour emprunter. Une note plus basse signifie des millions de dollars de plus &agrave; rembourser.</p>
<p>Le probl&egrave;me, disent les Africains, c'est la m&eacute;thode.</p>
<p>Le pr&eacute;sident nig&eacute;rian Bola Tinubu l'a &eacute;crit noir sur blanc dans une tribune publi&eacute;e par le Financial Times en f&eacute;vrier 2026. Il a un nom pour ce ph&eacute;nom&egrave;ne : &laquo; prime africaine &raquo; l'&eacute;cart entre la sant&eacute; r&eacute;elle des &eacute;conomies et leur &eacute;valuation par les agences.</p>
<p>&laquo; Comment ces jugements sont-ils rendus et quel poids leur accorde-t-on ? Cela reste en dehors d'un arbitrage analytique opaque. Des conclusions prises &agrave; distance ne refl&egrave;tent pas les r&eacute;alit&eacute;s locales &raquo;, a-t-il &eacute;crit.</p>
<p>Les chiffres lui donnent raison.</p>
<p>Ahunna Eziakonwa, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;rale adjointe de l'ONU et conseill&egrave;re sp&eacute;ciale pour l'Afrique, estime les pertes annuelles du continent dues aux notations biais&eacute;es &agrave; 74,5 milliards de dollars. &laquo; Si l'on r&eacute;duisait le co&ucirc;t des emprunts de seulement 2 % sur trois ans pour un portefeuille de 18,6 milliards de dollars, l'Afrique pourrait &eacute;conomiser environ 1,12 milliard de dollars assez pour fournir de l'&eacute;lectricit&eacute; &agrave; 50 millions de personnes ou embaucher 900 000 enseignants &raquo;, souligne-t-elle.</p>
<p>Sim Tshabalala, directeur g&eacute;n&eacute;ral de Standard Bank, a tent&eacute; de quantifier l'&eacute;cart. &laquo; Dans l'ensemble, les notations souveraines africaines sont sous-estim&eacute;es d'environ quatre crans, si l'on s'en tient uniquement aux donn&eacute;es &raquo;, affirme-t-il.</p>
<p>Quatre crans. C'est la diff&eacute;rence entre une obligation d'investissement et un placement sp&eacute;culatif. C'est la diff&eacute;rence entre financer une &eacute;cole ou rembourser une dette.</p>
<p>&laquo; Ce n'est pas un verdict du march&eacute; sur l'Afrique. C'est un verdict sur l'injustice du syst&egrave;me &raquo;, a r&eacute;sum&eacute; le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l'ONU, Ant&oacute;nio Guterres, lors du sommet Africa Forward &agrave; Nairobi en mai 2026.</p>
<h2>AfCRA : l'arme institutionnelle</h2>
<p>La r&eacute;ponse africaine porte un nom : AfCRA. L'Agence africaine de notation de cr&eacute;dit.</p>
<p>Approuv&eacute;e en f&eacute;vrier 2025 lors de la 37e session ordinaire de l'Union africaine, elle sera officiellement lanc&eacute;e le 7 octobre 2026 &agrave; Port-Louis, &agrave; Maurice. Son si&egrave;ge y est d&eacute;j&agrave; &eacute;tabli.</p>
<p>Sa particularit&eacute; : elle notera principalement les dettes en monnaies nationales. Un choix strat&eacute;gique qui vise &agrave; soutenir le d&eacute;veloppement des march&eacute;s de capitaux int&eacute;rieurs et &agrave; r&eacute;duire les risques de change.</p>
<p>&laquo; Le syst&egrave;me actuel, malheureusement, ne r&eacute;pond plus &agrave; sa vocation. Nous devons acc&eacute;l&eacute;rer la cr&eacute;ation de l'Agence africaine de notation de cr&eacute;dit une institution qui comprend les r&eacute;alit&eacute;s de l'Afrique, refl&egrave;te son potentiel et r&eacute;tablit l'&eacute;quit&eacute; dans la perception mondiale du risque africain &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; Claver Gatete, secr&eacute;taire ex&eacute;cutif de la Commission &eacute;conomique des Nations unies pour l'Afrique.</p>
<p>Pour garantir son ind&eacute;pendance, l'AfCRA ne sera pas d&eacute;tenue par les gouvernements africains. Un gage de cr&eacute;dibilit&eacute; pour les march&eacute;s internationaux.</p>
<p>Tinubu a lui-m&ecirc;me pos&eacute; la condition : &laquo; AfCRA doit maintenant gagner la confiance du capital mondial. Cette confiance reposera sur son ind&eacute;pendance et la rigueur de son travail &raquo;.</p>
<h2>Le &laquo; pi&egrave;ge du dollar &raquo;</h2>
<p>Deuxi&egrave;me front : la d&eacute;pendance mon&eacute;taire.</p>
<p>Le commerce africain s'effectue principalement en dollars. Ce qui signifie que la politique mon&eacute;taire de la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine dicte l'inflation, le co&ucirc;t du service de la dette et l'acc&egrave;s &agrave; la liquidit&eacute; sur le continent.</p>
<p>&laquo; La Fed dicte notre inflation, le co&ucirc;t du service de la dette, l'acc&egrave;s &agrave; la liquidit&eacute;. Nous ne sommes pas des partenaires commerciaux nous sommes des otages &raquo;, peut-on lire dans les analyses des financiers africains.</p>
<p>Certains pays ont d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; bouger.</p>
<p>L'&Eacute;thiopie, qui a rejoint les BRICS en janvier 2024, n&eacute;gocie avec la Chine pour convertir une partie de sa dette de 5,38 milliards de dollars en pr&ecirc;ts en yuans. Un expert &eacute;thiopien, pr&eacute;sent au Forum &eacute;conomique international de Saint-P&eacute;tersbourg, l'a formul&eacute; sans d&eacute;tour : &laquo; L'Afrique doit s'extraire du syst&egrave;me de pr&ecirc;t domin&eacute; par le FMI et le dollar &raquo;.</p>
<p>&Agrave; la mi-2026, le dollar et l'euro repr&eacute;sentaient ensemble moins de 30 % des transactions de r&egrave;glement entre les membres des BRICS. La part des monnaies nationales est pass&eacute;e &agrave; 65 %. La Russie a port&eacute; le volume de ses paiements en monnaies nationales avec les pays des BRICS &agrave; plus de 85 %.</p>
<h2>SWIFT : l'arme qui a frapp&eacute; le Rwanda</h2>
<p>Troisi&egrave;me front, le plus sensible : SWIFT.</p>
<p>Le syst&egrave;me de messagerie interbancaire qui permet les r&egrave;glements internationaux n'est pas neutre. Il peut &ecirc;tre d&eacute;branch&eacute;. Et il l'a &eacute;t&eacute;.</p>
<p>Le 2 mars 2026, le d&eacute;partement du Tr&eacute;sor am&eacute;ricain a impos&eacute; des sanctions contre la Rwanda Defence Force (RDF) et quatre de ses hauts responsables. Les entit&eacute;s vis&eacute;es sont interdites de toute transaction en dollars. Et elles sont exclues de SWIFT.</p>
<p>&laquo; Les cons&eacute;quences sont imm&eacute;diates : l'acc&egrave;s aux pr&ecirc;ts et &agrave; un large &eacute;ventail d'op&eacute;rations commerciales est coup&eacute; &raquo;, note l'Institut Egmont dans une analyse publi&eacute;e fin mars 2026.</p>
<p>Les sanctions ne visent pas seulement l'arm&eacute;e. Elles s'&eacute;tendent &agrave; toute entit&eacute; d&eacute;tenue &agrave; 50 % ou plus par la RDF. Construction, agriculture, finance, industrie des pans entiers de l'&eacute;conomie rwandaise se retrouvent asphyxi&eacute;s.</p>
<p>&laquo; Un pays qui d&eacute;tient le statut de monnaie de r&eacute;serve mondiale a transform&eacute; cet instrument en arme &raquo;, r&eacute;sume un analyste de Sputnik Africa.</p>
<p>Le message est pass&eacute;. Pour tous les pays africains.</p>
<h2>CIPS, PAPSS, BRICS Pay : les alternatives sont d&eacute;j&agrave; l&agrave;</h2>
<p>L'Afrique ne se contente pas de d&eacute;noncer. Elle construit des alternatives.</p>
<p><strong>CIPS (Cross-Border Interbank Payment System)</strong> est le syst&egrave;me chinois de paiement transfrontalier. En novembre 2025, Standard Bank est devenue la premi&egrave;re institution africaine &agrave; s'y connecter directement. Le syst&egrave;me permet de r&eacute;gler des transactions en yuans sans passer par des interm&eacute;diaires. Standard Bank a trait&eacute; 500 millions de dollars en yuans en quatre mois.</p>
<p><strong>PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System)</strong> est le syst&egrave;me panafricain lanc&eacute; par Afreximbank avec le soutien de l'Union africaine. Objectif : &eacute;liminer les interm&eacute;diaires dans les r&egrave;glements intra-africains. Le r&eacute;seau connecte aujourd'hui 19 pays, 160 banques commerciales et 15 commutateurs nationaux. Les transactions se r&egrave;glent en monnaies locales en 120 secondes maximum.</p>
<p>&laquo; Le probl&egrave;me n'est pas la liquidit&eacute;. Le probl&egrave;me est l'architecture du risque &raquo;, a r&eacute;sum&eacute; le pr&eacute;sident k&eacute;nyan William Ruto lors du sommet Africa Forward &agrave; Nairobi.</p>
<p><strong>BRICS Bridge</strong> est la plateforme num&eacute;rique qui permettra aux pays des BRICS de commercer en contournant le dollar et SWIFT. En d&eacute;veloppement.</p>
<h2>Ce que Macron propose et ce que &ccedil;a ne r&egrave;gle pas</h2>
<p>Les responsables occidentaux commencent &agrave; prendre la mesure du changement.</p>
<p>En mai 2026, au sommet Africa Forward de Nairobi, le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Emmanuel Macron a soutenu la cr&eacute;ation d'un m&eacute;canisme de &laquo; garantie de premi&egrave;re perte &raquo; pour r&eacute;duire les risques d'investissement en Afrique. Il a promis de porter l'id&eacute;e au sommet du G7 &agrave; &Eacute;vian-les-Bains en juin 2026.</p>
<p>Le sommet a mobilis&eacute; 23 milliards d'euros d'investissements annonc&eacute;s pour l'Afrique. Un chiffre important. Mais insuffisant.</p>
<p>&laquo; L'Afrique ne demande pas la charit&eacute; &raquo;, r&eacute;p&egrave;tent les dirigeants du continent. Elle demande des r&egrave;gles du jeu &eacute;quitables.</p>
<p>L'ancien pr&eacute;sident nig&eacute;rian Olusegun Obasanjo a &eacute;t&eacute; plus direct : &laquo; La Banque mondiale et le FMI n'ont pas &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;s pour nous &raquo;.</p>
<p>La cr&eacute;ation de l'AfCRA, la connexion &agrave; CIPS, le d&eacute;veloppement de PAPSS, l'adh&eacute;sion de l'&Eacute;gypte et de l'&Eacute;thiopie aux BRICS tout cela forme un seul mouvement.</p>
<p>Le continent d&eacute;tient 65 % des terres arables non cultiv&eacute;es du monde et 30 % des r&eacute;serves mondiales de min&eacute;raux. Il ne veut plus &ecirc;tre un r&eacute;cepteur passif de pr&ecirc;ts &agrave; des conditions impos&eacute;es.</p>
<p>La question n'est plus de savoir si l'architecture financi&egrave;re mondiale va changer. Elle est de savoir &agrave; quel rythme.</p>
<p>L'Afrique a commenc&eacute; &agrave; poser ses propres briques.</p>
<hr />
<p><strong>Qu'est-ce que la &laquo; prime africaine &raquo; ?</strong><br />C'est l'&eacute;cart entre ce que l'Afrique paie pour emprunter et ce qu'elle devrait payer si sa sant&eacute; &eacute;conomique r&eacute;elle &eacute;tait correctement &eacute;valu&eacute;e. Cet &eacute;cart co&ucirc;te 74,5 milliards de dollars par an au continent, selon l'ONU.</p>
<p><strong>L'AfCRA peut-elle vraiment changer la donne ?</strong><br />Elle sera lanc&eacute;e le 7 octobre 2026 &agrave; Maurice. Elle ne remplacera pas les agences occidentales, mais elle pourrait corriger les biais en produisant des notations bas&eacute;es sur des donn&eacute;es locales et des dettes en monnaies nationales.</p>
<p><strong>Pourquoi SWIFT est-il consid&eacute;r&eacute; comme une arme ?</strong><br />Parce que les &Eacute;tats-Unis peuvent d&eacute;connecter n'importe quel pays ou entit&eacute; du syst&egrave;me. Sans SWIFT, il est quasi impossible de commercer internationalement. Le Rwanda l'a appris &agrave; ses d&eacute;pens en mars 2026.</p>
<p><strong>Le dollar va-t-il dispara&icirc;tre du commerce africain ?</strong><br />Pas demain. Mais la part des monnaies nationales dans les &eacute;changes augmente. Entre les membres des BRICS, elle atteint d&eacute;j&agrave; 65 %.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-14 13:12:29</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - SONARA condamnée à 42,8 milliards FCFA au Royaume-Uni]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94731/12:1/cameroun-sonara-condamnee-a-428-milliards-fcfa-au-royaume-uni.html</link>
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      <description><![CDATA[La SONARA a perdu son dernier recours au Royaume-Uni. Elle devra payer
42,8 milliards FCFA à Sahara Energy. Décryptage d'une débâcle
financière et judiciaire....]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La SONARA a perdu son dernier recours au Royaume-Uni. Elle devra payer 42,8 milliards FCFA &agrave; Sahara Energy. D&eacute;cryptage d'une d&eacute;b&acirc;cle financi&egrave;re et judiciaire.</p>
<p>Une d&eacute;b&acirc;cle judiciaire de plus de quatre ans qui laisse la raffinerie camerounaise exsangue et l'&Eacute;tat face &agrave; une facture qu'il ne peut plus ignorer.</p>
<p>Londres a dit non. D&eacute;finitivement.</p>
<p>Le 29 juin 2026, la Cour supr&ecirc;me du Royaume-Uni a refus&eacute; &agrave; la SONARA l'autorisation d'appel dans le dossier qui l'oppose &agrave; la soci&eacute;t&eacute; nig&eacute;riane Sahara Energy. La raffinerie camerounaise devra payer 76,97 millions de dollars environ 42,8 milliards de francs CFA pour des cargaisons de p&eacute;trole brut livr&eacute;es entre 2013 et 2016 et jamais totalement r&eacute;gl&eacute;es.</p>
<p>Une d&eacute;cision lourde. Pas seulement par son montant. Parce qu'elle tombe sur une entreprise d&eacute;j&agrave; &agrave; genoux, six ans apr&egrave;s l'incendie qui a d&eacute;truit son outil de production &agrave; Limb&eacute;.</p>
<p>Et parce qu'elle pose une question que personne, &agrave; Yaound&eacute;, ne veut affronter publiquement : qui paiera vraiment ?</p>
<h2>Une raffinerie &agrave; l'arr&ecirc;t, une dette qui court</h2>
<p>La SONARA, unique raffinerie du Cameroun, a cess&eacute; ses activit&eacute;s de raffinage dans la nuit du 31 mai 2019. Un incendie d'une violence rare a d&eacute;truit une partie importante des unit&eacute;s de production du site de Limb&eacute;, dans la r&eacute;gion anglophone du Sud-Ouest. Depuis, l'entreprise importe des produits p&eacute;troliers raffin&eacute;s pour approvisionner le march&eacute; camerounais.</p>
<p>Mais la proc&eacute;dure judiciaire contre Sahara Energy ne date pas de l'incendie. Elle remonte bien avant.</p>
<p>Entre 2013 et 2016, Sahara Energy Resource Ltd a livr&eacute; plusieurs cargaisons de p&eacute;trole brut &agrave; la SONARA, dans le cadre d'un contrat sign&eacute; le 14 janvier 2013. La raffinerie a r&eacute;gl&eacute; le principal des factures et les int&eacute;r&ecirc;ts contractuels apr&egrave;s l'ouverture du contentieux. Trois cat&eacute;gories de cr&eacute;ances restaient en discussion : des int&eacute;r&ecirc;ts suppl&eacute;mentaires li&eacute;s au co&ucirc;t du financement support&eacute; par Sahara aupr&egrave;s de ses banques, des pertes de change, et des p&eacute;nalit&eacute;s bancaires li&eacute;es aux lettres de cr&eacute;dit.</p>
<h2>Le &laquo; Joint Report &raquo; de 2019 : le document qui a tout scell&eacute;</h2>
<p>Les 4 et 5 septembre 2019, les deux entreprises se retrouvent &agrave; la raffinerie de Limb&eacute; pour une r&eacute;union de r&eacute;conciliation. &Agrave; l'issue, un document est sign&eacute; : le &laquo; Joint Report &raquo;. Il classe les int&eacute;r&ecirc;ts suppl&eacute;mentaires et les pertes de change parmi les &laquo; Undisputed Claims &raquo; litt&eacute;ralement, les cr&eacute;ances non contest&eacute;es pour un montant total de 76 967 673,97 dollars. Les p&eacute;nalit&eacute;s bancaires, chiffr&eacute;es &agrave; 50 760 089,41 dollars, sont class&eacute;es parmi les &laquo; Disputed Claims &raquo;, les cr&eacute;ances contest&eacute;es.</p>
<p>C'est l'interpr&eacute;tation de ce document qui a d&eacute;termin&eacute; l'issue de tout le contentieux.</p>
<p>La SONARA a soutenu que le &laquo; Joint Report &raquo; ne constituait pas un accord contraignant sur les cr&eacute;ances non contest&eacute;es, notamment en l'absence d'un calendrier de remboursement pr&eacute;cis. Elle a &eacute;galement mis en avant sa d&eacute;pendance financi&egrave;re vis-&agrave;-vis de l'&Eacute;tat camerounais pour expliquer son incapacit&eacute; &agrave; honorer ses engagements.</p>
<p>La Haute Cour de Londres lui a donn&eacute; raison le 9 d&eacute;cembre 2024. La Cour d'appel d'Angleterre et du Pays de Galles a renvers&eacute; cette d&eacute;cision le 6 f&eacute;vrier 2026, jugeant que l'expression &laquo; Undisputed Claims &raquo; devait &ecirc;tre prise dans son sens ordinaire : les cr&eacute;ances en question n'&eacute;taient plus contest&eacute;es par la SONARA. Rien, dans le &laquo; Joint Report &raquo;, ne rendait l'engagement de la raffinerie conditionnel &agrave; une approbation pr&eacute;alable du gouvernement camerounais.</p>
<p>Le 29 juin 2026, la Cour supr&ecirc;me britannique a d&eacute;finitivement refus&eacute; d'examiner l'affaire, estimant que la requ&ecirc;te de la SONARA ne soulevait pas de question de droit d'importance g&eacute;n&eacute;rale.</p>
<h2>Le montant : ce que la SONARA doit vraiment</h2>
<p>Les 42,8 milliards de francs CFA 76,97 millions de dollars correspondent aux &laquo; Undisputed Claims &raquo; du &laquo; Joint Report &raquo; : int&eacute;r&ecirc;ts suppl&eacute;mentaires et pertes de change. La SONARA n'est donc pas condamn&eacute;e &agrave; payer les 50,76 millions de dollars de p&eacute;nalit&eacute;s bancaires r&eacute;clam&eacute;s par Sahara Energy. La Cour d'appel a confirm&eacute; le rejet de cette partie de la demande, estimant que la clause d'indemnit&eacute; du contrat de 2013 ne permettait pas &agrave; Sahara de r&eacute;percuter ces co&ucirc;ts sur la SONARA.</p>
<p>Sahara Energy a &eacute;galement tent&eacute; de porter ce volet devant la Cour supr&ecirc;me. Sa requ&ecirc;te a &eacute;t&eacute; rejet&eacute;e le m&ecirc;me jour, dans le dossier UKSC/2026/0047.</p>
<p>Une victoire partielle pour les deux parties, donc. Mais une d&eacute;faite retentissante pour la SONARA sur le principal.</p>
<h2>Une condamnation qui s'ajoute &agrave; une liste d&eacute;j&agrave; longue</h2>
<p>Le timing est cruel. Le 29 juin 2026, jour o&ugrave; la Cour supr&ecirc;me a rejet&eacute; le recours de la SONARA, le gouvernement camerounais ouvrait &agrave; Yaound&eacute; un &laquo; Market Sounding &raquo; destin&eacute; &agrave; relancer le projet de r&eacute;habilitation et de modernisation de la raffinerie, dans le cadre d'un partenariat public-priv&eacute;. La restructuration de la dette de la SONARA figurait parmi les sujets au menu des discussions avec les investisseurs internationaux.</p>
<p>Le fardeau est lourd. Selon des estimations cit&eacute;es par des m&eacute;dias sp&eacute;cialis&eacute;s, la dette accumul&eacute;e par la SONARA depuis l'arr&ecirc;t de ses activit&eacute;s de raffinage atteignait environ 376 milliards de francs CFA en 2021, et les co&ucirc;ts de r&eacute;paration &eacute;taient estim&eacute;s &agrave; plus de 250 milliards. Par ailleurs, une cr&eacute;ance de 353 milliards de francs CFA a &eacute;t&eacute; accord&eacute;e &agrave; la compagnie mini&egrave;re australienne Sundance Resources en juillet 2026, selon l'&eacute;conomiste Serge Alain Godong, cit&eacute; par RFI.</p>
<p>L'&Eacute;tat camerounais, lui, garantit d&eacute;j&agrave; &agrave; la SONARA une marge fixe financ&eacute;e par une taxe sur le carburant, qui avait accumul&eacute; 479 milliards de francs CFA aupr&egrave;s de la Banque des &Eacute;tats de l'Afrique centrale (BEAC) fin octobre 2025, selon La Tribune.</p>
<p>Autrement dit : la facture de 42,8 milliards ne tombe pas dans le vide. Elle s'empile.</p>
<h2>La question que tout le monde se pose</h2>
<p>Qui paiera ?</p>
<p>La SONARA n'a pas les moyens de payer. Depuis 2019, elle est en mode survie, important des produits p&eacute;troliers pour le march&eacute; int&eacute;rieur. Le gouvernement camerounais, son principal soutien, est lui-m&ecirc;me sous pression budg&eacute;taire. La dette publique du pays atteignait 15 416 milliards de francs CFA au 31 mars 2026, en hausse de 6 % sur un an, selon des donn&eacute;es relay&eacute;es par le site Leconomie.info.</p>
<p>La d&eacute;cision de la Cour supr&ecirc;me britannique n'ordonne pas &agrave; l'&Eacute;tat camerounais de payer &agrave; la place de la SONARA. Mais en pratique, la raffinerie est une entreprise publique. C'est le contribuable qui absorbera l'ardoise, d'une mani&egrave;re ou d'une autre.</p>
<p>Nous avons tent&eacute; de joindre la SONARA pour obtenir une r&eacute;action officielle. Aucune r&eacute;ponse ne nous &eacute;tait parvenue au moment de publier ces lignes. De m&ecirc;me, le communiqu&eacute; du gouvernement camerounais n'&eacute;tait pas encore rendu public.</p>
<h2>Et maintenant ?</h2>
<p>L'issue judiciaire est d&eacute;finitive. La SONARA ne peut plus contester la cr&eacute;ance de 76,97 millions de dollars devant les tribunaux britanniques. Reste &agrave; savoir comment elle compte s'en acquitter et dans quel d&eacute;lai. Sahara Energy, de son c&ocirc;t&eacute;, pourrait chercher &agrave; faire ex&eacute;cuter la d&eacute;cision au Cameroun ou dans d'autres juridictions o&ugrave; la SONARA d&eacute;tient des actifs.</p>
<p>La r&eacute;habilitation de la raffinerie, elle, reste un chantier ouvert. Le &laquo; Market Sounding &raquo; de juin 2026 a confirm&eacute; l'int&eacute;r&ecirc;t d'investisseurs internationaux, mais la condamnation &agrave; payer 42,8 milliards de francs CFA risque de compliquer les n&eacute;gociations. Les investisseurs n'aiment pas les passifs judiciaires non provisionn&eacute;s.</p>
<p>La dette de la SONARA est d&eacute;sormais un probl&egrave;me structurel pour l'&Eacute;tat camerounais. Et le calendrier &eacute;lectoral de 2026 ne rend pas la pilule plus facile &agrave; avaler.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi la SONARA a-t-elle &eacute;t&eacute; condamn&eacute;e &agrave; payer 42,8 milliards FCFA ?</strong><br />Parce qu'elle n'a pas contest&eacute; dans les d&eacute;lais des cr&eacute;ances identifi&eacute;es comme &laquo; Undisputed Claims &raquo; dans le &laquo; Joint Report &raquo; sign&eacute; avec Sahara Energy en septembre 2019. La justice britannique a jug&eacute; que ce document constitue un accord contraignant.</p>
<p><strong>Sahara Energy, c'est qui ?</strong><br />Une soci&eacute;t&eacute; nig&eacute;riane de n&eacute;goce de p&eacute;trole, active dans plusieurs pays africains, dont le Cameroun. Elle a fourni du p&eacute;trole brut &agrave; la SONARA entre 2013 et 2016.</p>
<p><strong>La SONARA peut-elle encore faire appel ?</strong><br />Non. La Cour supr&ecirc;me du Royaume-Uni a refus&eacute; l'autorisation d'appel le 29 juin 2026. La d&eacute;cision de la Cour d'appel est d&eacute;finitive.</p>
<p><strong>Quelles cons&eacute;quences pour le Cameroun ?</strong><br />La cr&eacute;ance s'ajoute aux 376 milliards de francs CFA de dettes d&eacute;j&agrave; accumul&eacute;es par la SONARA depuis 2019, et aux 353 milliards accord&eacute;s &agrave; Sundance Resources en juillet 2026. L'&Eacute;tat, principal actionnaire, devrait en supporter le co&ucirc;t.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Biya</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-13 13:43:43</pubDate>
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      <title><![CDATA[ - Coupures électricité Cameroun : Tawamba interpelle la SOCADEL]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Coupures électricité Cameroun : Célestin Tawamba interpelle la
SOCADEL et réclame « la lumière ». 65 % des entreprises tournent
au groupe électrogène.

Face aux...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Coupures &eacute;lectricit&eacute; Cameroun : C&eacute;lestin Tawamba interpelle la SOCADEL et r&eacute;clame &laquo; la lumi&egrave;re &raquo;. 65 % des entreprises tournent au groupe &eacute;lectrog&egrave;ne.</p>
<p>Face aux coupures d'&eacute;lectricit&eacute; persistantes au Cameroun, le pr&eacute;sident du GECAM, C&eacute;lestin Tawamba, interpelle directement la SOCADEL et lance un message sans d&eacute;tour : &laquo; Remettez-nous la lumi&egrave;re ! &raquo;</p>
<p>C&eacute;lestin Tawamba, pr&eacute;sident du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), a interpell&eacute; la Soci&eacute;t&eacute; camerounaise d'&Eacute;lectricit&eacute; (SOCADEL) sur les coupures d'&eacute;lectricit&eacute; qui paralysent l'&eacute;conomie camerounaise. Le 22 janvier 2026 &agrave; Douala, face au ministre de l'Eau et de l'&Eacute;nergie Gaston Eloundou Essomba, le patron des patrons avait d&eacute;j&agrave; r&eacute;sum&eacute; le paradoxe camerounais : &laquo; Plus on investit, moins il y a d'&eacute;lectricit&eacute; &raquo;. Huit mois plus tard, &agrave; l'occasion de la 2ᵉ Rentr&eacute;e &eacute;conomique du Patronat, le 10 septembre 2026, le constat n'a pas chang&eacute;. Il s'est aggrav&eacute;. Et cette fois, Tawamba ne parle plus de constat. Il lance un ordre : &laquo; Remettez-nous la lumi&egrave;re ! &raquo;</p>
<h2>LA RENTR&Eacute;E &Eacute;CONOMIQUE DU PATRONAT : UN CRI D'ALARME</h2>
<p>Ce jeudi 10 septembre 2026, le si&egrave;ge du GECAM &agrave; Douala accueillait la 2ᵉ &eacute;dition de la Rentr&eacute;e &eacute;conomique du Patronat. Sur la table, un sujet br&ucirc;lant : l'&eacute;lectricit&eacute;. C&eacute;lestin Tawamba, pr&eacute;sident de la principale organisation patronale du pays, a dress&eacute; un bilan sans concession de la conjoncture &eacute;conomique camerounaise.</p>
<p>Le constat est simple. Le pays produit plus d'&eacute;lectricit&eacute; qu'avant, mais les entreprises en re&ccedil;oivent moins. La faute &agrave; un r&eacute;seau de transport et de distribution satur&eacute;, v&eacute;tuste, incapable d'acheminer le courant des centrales vers les usines. Le ministre de l'Eau et de l'&Eacute;nergie, Gaston Eloundou Essomba, l'avait reconnu en janvier 2026 : le R&eacute;seau interconnect&eacute; Sud (RIS) dispose de 1 536 MW de capacit&eacute; pour une demande nationale estim&eacute;e &agrave; 1 206 MW. Sur le papier, l'offre couvre la demande. Dans la r&eacute;alit&eacute;, les usines sont les premi&egrave;res d&eacute;branch&eacute;es.</p>
<h2>LA SOCADEL, UNE R&Eacute;PONSE QUI NE R&Eacute;POND PAS</h2>
<p>La cr&eacute;ation de la SOCADEL, en mai 2026, devait incarner le renouveau. La Soci&eacute;t&eacute; camerounaise d'&Eacute;lectricit&eacute;, n&eacute;e de la renationalisation d'ENEO, est d&eacute;sormais d&eacute;tenue &agrave; 100 % par l'&Eacute;tat camerounais, avec un capital de 43,9 milliards de FCFA. L'&Eacute;tat a rachet&eacute; les 51 % d&eacute;tenus par le fonds britannique Actis pour 78 milliards de FCFA. Sur le papier, une bonne affaire. Dans les faits, la SOCADEL a h&eacute;rit&eacute; d'une dette de plus de 800 milliards de FCFA, dont plus de 500 milliards dus aux fournisseurs.</p>
<p>Et les coupures continuent. Pire : elles se sont &eacute;tendues. En juin 2026, la cimenterie de Cimencam &agrave; Figuil, un investissement de 50 milliards de FCFA, a d&ucirc; suspendre sa production apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;connect&eacute;e du R&eacute;seau Interconnect&eacute; Nord. &Agrave; Maroua, le sac de ciment est pass&eacute; de prix normaux &agrave; 8 500-10 000 FCFA. L'usine, inaugur&eacute;e en grande pompe en juin 2025 par le Premier ministre, est &agrave; l'arr&ecirc;t un an apr&egrave;s sa mise en service.</p>
<p>&laquo; Pr&egrave;s de sept coupures sur dix ne viennent pas des centrales : elles viennent des fils &raquo;, r&eacute;sume un expert en politiques &eacute;nerg&eacute;tiques dans les colonnes d'EcoMatin. Le point de blocage a une adresse : le corridor &Eacute;d&eacute;a-Douala, o&ugrave; le transit plafonne &agrave; 540 MW quand la zone en demande 671.</p>
<h2>65 % DES ENTREPRISES TOURNENT AU GROUPE &Eacute;LECTROG&Egrave;NE</h2>
<p>Les chiffres du GECAM sont sans appel. Selon les enqu&ecirc;tes Enterprise Surveys de la Banque mondiale, 65 % des entreprises camerounaises recourent &agrave; un groupe &eacute;lectrog&egrave;ne pour maintenir leur activit&eacute;. L'autoproduction co&ucirc;te entre 200 et 350 FCFA par kilowattheure, contre 50 &agrave; 99 FCFA pour le tarif industriel. L'&eacute;cart est abyssal. Il ronge les marges, freine la comp&eacute;titivit&eacute;, &eacute;touffe la croissance.</p>
<p>Dans certaines r&eacute;gions, les rationnements peuvent aller jusqu'&agrave; 10 heures par jour. Des fleurons industriels ont d&ucirc; temporairement suspendre leur production faute de puissance disponible. Le pr&eacute;judice est colossal. En janvier 2026, un rapport &eacute;voquait un manque &agrave; gagner de 13 milliards de FCFA par mois pour l'industrie camerounaise.</p>
<h2>NACHTIGAL N'A PAS TOUT R&Eacute;SOLU</h2>
<p>Le barrage de Nachtigal, mis en service progressivement depuis 2024, a inject&eacute; 3 613 785 MWh dans le r&eacute;seau national &agrave; fin mai 2026. Une performance salu&eacute;e par les autorit&eacute;s. Mais l'impact sur les entreprises reste limit&eacute;. Pourquoi ? Parce que l'&eacute;nergie produite ne peut pas &ecirc;tre transport&eacute;e jusqu'aux zones de consommation. Le r&eacute;seau de transport est congestionn&eacute;. Les postes de transformation saturent. Le transformateur de Logbaba grimpe &agrave; 140 % de sa charge, celui de Bekoko &agrave; 120 %.</p>
<p>&laquo; Le probl&egrave;me n'est plus dans les centrales : il est dans les lignes &raquo;, analyse Romain Blachier, consultant en politiques &eacute;nerg&eacute;tiques, dans une tribune publi&eacute;e par EcoMatin. La formule est cruelle. Elle dit tout du g&acirc;chis : on a investi dans la production, pas dans l'acheminement. Et les entreprises paient la facture.</p>
<h2>UN CONTEXTE &Eacute;CONOMIQUE GLOBAL SOUS TENSION</h2>
<p>La crise &eacute;lectrique n'est pas un &icirc;lot. Elle s'inscrit dans un environnement macro&eacute;conomique d&eacute;grad&eacute;. &Agrave; la fin du premier trimestre 2026, les d&eacute;penses d'investissement de l'&Eacute;tat se sont effondr&eacute;es de 74,4 %, tombant &agrave; 45 milliards de FCFA contre 175,5 milliards l'ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente. Le taux d'ex&eacute;cution des cr&eacute;dits d'investissement s'est limit&eacute; &agrave; 2,2 %. Le budget de fonctionnement repr&eacute;sente d&eacute;sormais 79,2 % du budget public, contre 20,8 % pour l'investissement. En clair : l'&Eacute;tat d&eacute;pense pour fonctionner, pas pour construire.</p>
<p>Les infrastructures routi&egrave;res et ferroviaires sont &eacute;galement d&eacute;grad&eacute;es. Sur le corridor Douala-Ngaound&eacute;r&eacute;, les dysfonctionnements du r&eacute;seau g&eacute;n&egrave;rent un surco&ucirc;t logistique de 15 &agrave; 20 % pour les marchandises &agrave; destination du Nord-Cameroun, du Tchad et de la R&eacute;publique centrafricaine. Les co&ucirc;ts de transport ont progress&eacute; de 11,5 % en 2023 puis de 12,3 % en 2024 sur les principales liaisons sous-r&eacute;gionales.</p>
<h2>CE QUE TAWAMBA EXIGE</h2>
<p>Face &agrave; ce tableau, C&eacute;lestin Tawamba ne se contente pas de d&eacute;noncer. Il formule des exigences. Le GECAM appelle &agrave; une am&eacute;lioration de la gouvernance du secteur &eacute;lectrique, &agrave; une meilleure planification et &agrave; une mise en service effective des infrastructures annonc&eacute;es. Le patronat r&eacute;clame des comptes sur les investissements r&eacute;alis&eacute;s. &laquo; En construisant les barrages, quels &eacute;taient les KPI &agrave; atteindre ? Objectivement, quelle &eacute;valuation ? &raquo; interroge un observateur dans les commentaires de la page LinkedIn du quotidien L'&Eacute;conomie.</p>
<p>La question est l&eacute;gitime. Entre 2012 et 2023, plus de 300 milliards de FCFA ont &eacute;t&eacute; mobilis&eacute;s par le budget de l'&Eacute;tat pour stabiliser ENEO. Le Fonds mon&eacute;taire international avait alert&eacute; sur l'impact croissant de cette reprise en main sur la soutenabilit&eacute; des finances publiques. Aujourd'hui, la SOCADEL, nouvelle entit&eacute;, h&eacute;rite du m&ecirc;me probl&egrave;me structurel : des tarifs administr&eacute;s en dessous du seuil de rentabilit&eacute;, obligeant le Tr&eacute;sor &agrave; verser des compensations r&eacute;currentes.</p>
<h2>LA LUMI&Egrave;RE VIENDRA-T-ELLE UN JOUR ?</h2>
<p>Le message de Tawamba est un ultimatum d&eacute;guis&eacute;. Le patronat camerounais, pilier de l'&eacute;conomie nationale, ne peut plus attendre. Les entreprises ferment, les investissements fuient, les emplois disparaissent. La lumi&egrave;re n'est pas un luxe. C'est une condition de survie &eacute;conomique.</p>
<p>La question n'est plus de savoir si la SOCADEL peut r&eacute;soudre la crise. Elle est de savoir quand. Et &agrave; quel prix. Pour les patrons camerounais, la r&eacute;ponse se r&eacute;sume &agrave; trois mots. Trois mots que C&eacute;lestin Tawamba a lanc&eacute;s comme un avertissement : &laquo; Remettez-nous la lumi&egrave;re ! &raquo;</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi y a-t-il des coupures d'&eacute;lectricit&eacute; au Cameroun ?</strong><br />Les coupures sont principalement caus&eacute;es par un r&eacute;seau de transport et de distribution satur&eacute;, v&eacute;tuste et sous-dimensionn&eacute;. Pr&egrave;s de 70 % des coupures proviennent du r&eacute;seau, et non des centrales de production.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que la SOCADEL ?</strong><br />La Soci&eacute;t&eacute; camerounaise d'&Eacute;lectricit&eacute; (SOCADEL) est l'entreprise publique issue de la renationalisation d'ENEO en mai 2026. Elle est d&eacute;tenue &agrave; 100 % par l'&Eacute;tat camerounais et a h&eacute;rit&eacute; d'une dette de plus de 800 milliards de FCFA.</p>
<p><strong>Qui est C&eacute;lestin Tawamba ?</strong><br />C&eacute;lestin Tawamba est le pr&eacute;sident du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) depuis 2017. Dipl&ocirc;m&eacute; de HEC Paris et de l'Universit&eacute; Paris-Dauphine, il dirige le groupe industriel Cadyst Invest.</p>
<p><strong>Le barrage de Nachtigal a-t-il r&eacute;solu les coupures ?</strong><br />Non. Nachtigal a inject&eacute; plus de 3,6 TWh dans le r&eacute;seau, mais l'&eacute;nergie ne peut pas &ecirc;tre transport&eacute;e jusqu'aux zones de consommation en raison de la congestion du r&eacute;seau de transport.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-11 20:40:22</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Cacaoculteurs camerounais : la double peine]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94652/12:1/cacaoculteurs-camerounais-la-double-peine.html</link>
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      <description><![CDATA[Face à la chute du prix du cacao et à l’entrée en vigueur du
RDUE, FODER propose une feuille de route pour sauver la filière
camerounaise. Décryptage.

Alors qu...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Face &agrave; la chute du prix du cacao et &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur du RDUE, FODER propose une feuille de route pour sauver la fili&egrave;re camerounaise. D&eacute;cryptage.</p>
<p>Alors que le kilogramme de cacao est tomb&eacute; &agrave; 800 FCFA dans les bassins de production et que le r&egrave;glement europ&eacute;en sur la d&eacute;forestation entre en vigueur dans cent jours, l&rsquo;association FODER alerte sur un mod&egrave;le &eacute;conomique qui fait porter tous les co&ucirc;ts de la transition aux producteurs.</p>
<p>En un an, le kilogramme de cacao est pass&eacute; de 6 000 FCFA &agrave; 800 FCFA. En cent jours, le r&egrave;glement europ&eacute;en sur la d&eacute;forestation imposera une tra&ccedil;abilit&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; la parcelle. Entre ces deux &eacute;ch&eacute;ances, des milliers de familles rurales camerounaises retiennent leur souffle.</p>
<p>Ils sont &laquo; <strong>price takers</strong> &raquo;, pas &laquo; <strong>price makers</strong> &raquo; ils subissent les prix, ils ne les fixent pas. Et pourtant, ce sont eux qui devront financer la g&eacute;olocalisation de leurs parcelles, la certification, l&rsquo;adaptation de leurs pratiques. La facture de la transition verte risque de leur &ecirc;tre envoy&eacute;e.</p>
<p>L&rsquo;ONG For&ecirc;ts et D&eacute;veloppement Rural (FODER), sp&eacute;cialiste de la gouvernance des ressources naturelles, vient de publier une note strat&eacute;gique qui dessine une issue de secours. Elle tient en quatre mots-cl&eacute;s : financer, stabiliser, s&eacute;curiser, aligner.</p>
<h2>CONTEXTE LA DOUBLE CRISE QUI MENACE LA FILI&Egrave;RE</h2>
<h3>La chute libre des prix</h3>
<p>La campagne 2025-2026 restera dans les annales comme l&rsquo;une des plus difficiles pour la fili&egrave;re cacao camerounaise. Selon les donn&eacute;es de l&rsquo;Office national du cacao et du caf&eacute; (ONCC), la production commercialis&eacute;e s&rsquo;est &eacute;tablie &agrave; <strong>247 914 tonnes</strong>, soit une baisse de 19,9 % par rapport &agrave; la saison pr&eacute;c&eacute;dente.</p>
<p>Les exportations ont chut&eacute; de 34,65 % , passant de 192 012 tonnes &agrave; 125 469 tonnes. Leur valeur FOB s&rsquo;est effondr&eacute;e de 59 % , passant de 1 410,9 milliards de FCFA &agrave; 580,4 milliards de FCFA.</p>
<p>Mais le chiffre le plus alarmant concerne les producteurs. Dans les bassins du Sud et du Centre, le prix bord champ est tomb&eacute; entre 800 et 1 000 FCFA le kilogramme en d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e 2026. Un an plus t&ocirc;t, il culminait &agrave; 6 000 FCFA. Une chute de 85 % en douze mois.</p>
<p><em> &laquo; Les producteurs se sont endett&eacute;s en pensant rembourser apr&egrave;s avoir vendu. Malheureusement, le prix actuel du march&eacute; ne permet pas de rembourser les dettes &raquo;, confie un acteur de la fili&egrave;re.</em></p>
<h2>Le RDUE : une &eacute;p&eacute;e de Damocl&egrave;s</h2>
<p>&Agrave; cette crise des prix s&rsquo;ajoute une contrainte r&eacute;glementaire majeure : le R&egrave;glement europ&eacute;en sur la d&eacute;forestation (RDUE). Adopt&eacute; en 2023, il impose que le cacao commercialis&eacute; sur le march&eacute; europ&eacute;en ne provienne pas de parcelles d&eacute;bois&eacute;es apr&egrave;s le 31 d&eacute;cembre 2020, qu&rsquo;il respecte la l&eacute;gislation du pays de production et qu&rsquo;il soit tra&ccedil;able jusqu&rsquo;&agrave; la parcelle g&eacute;olocalis&eacute;e.</p>
<p>Ses principales obligations s&rsquo;appliqueront aux grands et moyens op&eacute;rateurs &agrave; partir du 30 d&eacute;cembre 2026 dans moins de quatre mois.</p>
<p>Pour les producteurs camerounais, cette mise en conformit&eacute; implique de financer la g&eacute;olocalisation des plantations, la collecte de donn&eacute;es, la certification et l&rsquo;adaptation des pratiques agricoles. Des <strong>co&ucirc;ts suppl&eacute;mentaires</strong> que FODER juge insupportables dans le contexte actuel.</p>
<h2>LE RAPPORT FODER QUATRE PRIORIT&Eacute;S POUR SAUVER LA FILI&Egrave;RE</h2>
<p>Dans une note strat&eacute;gique publi&eacute;e le 13 ao&ucirc;t 2026, FODER identifie quatre axes prioritaires pour transformer la contrainte RDUE en levier de d&eacute;veloppement.</p>
<h3>1. Financer la transition</h3>
<p>FODER plaide pour un <strong>acc&egrave;s &eacute;largi au cr&eacute;dit</strong>, un financement d&eacute;di&eacute; aux co&ucirc;ts de mise en conformit&eacute; et des m&eacute;canismes de mutualisation des d&eacute;penses de tra&ccedil;abilit&eacute;. L&rsquo;organisation recommande &eacute;galement des prix plus pr&eacute;visibles, des incitations li&eacute;es &agrave; la qualit&eacute; et davantage de transparence dans la formation des prix.</p>
<p><em> &laquo; Le producteur se retrouve dans une position structurellement d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;e : il supporte les co&ucirc;ts de la transition vers la durabilit&eacute;, assume les risques de production et de conformit&eacute;, mais ne ma&icirc;trise ni le prix ni la valeur finale de son produit &raquo;, &eacute;crit FODER.</em></p>
<h3>2. Renforcer les producteurs</h3>
<p>Deuxi&egrave;me axe : consolider les coop&eacute;ratives, am&eacute;liorer leur pouvoir de n&eacute;gociation et leur ouvrir des march&eacute;s plus r&eacute;mun&eacute;rateurs. La s&eacute;curisation des parcelles, la diffusion de bonnes pratiques agricoles et l&rsquo;adaptation au changement climatique compl&egrave;tent ces recommandations, avec la pr&eacute;servation des &eacute;cosyst&egrave;mes forestiers comme exigence.</p>
<h3>3. Transformer localement</h3>
<p>Mais le <strong>principal levier de transformation</strong> reste, selon FODER, la transformation locale du cacao en beurre, en poudre et en chocolat. Tant que les f&egrave;ves brutes dominent les exportations elles repr&eacute;sentent l&rsquo;essentiel des 125 469 tonnes export&eacute;es une part importante de la valeur ajout&eacute;e &eacute;chappe au pays.</p>
<p>D&eacute;velopper ces activit&eacute;s permettrait de cr&eacute;er des emplois, de r&eacute;duire la d&eacute;pendance aux cours internationaux et de mieux r&eacute;mun&eacute;rer les producteurs, notamment en limitant le nombre d&rsquo;interm&eacute;diaires.</p>
<h3>4. Aligner les politiques publiques</h3>
<p>Derni&egrave;re priorit&eacute; : aligner les politiques publiques sur les incitations &eacute;conomiques. Autrement dit, faire en sorte que les lois et les r&eacute;glementations y compris le RDUE deviennent des <strong>leviers de d&eacute;veloppement</strong> et non des contraintes suppl&eacute;mentaires.</p>
<h2>TROIS TRAJECTOIRES POUR LA FILI&Egrave;RE</h2>
<p>FODER envisage trois sc&eacute;narios pour l&rsquo;avenir du cacao camerounais :</p>
<p>1. <strong>La contrainte subie</strong> la durabilit&eacute; est impos&eacute;e, les co&ucirc;ts sont &eacute;lev&eacute;s, les b&eacute;n&eacute;fices limit&eacute;s pour le producteur.<br />2. <strong>La compensation</strong> la durabilit&eacute; est financ&eacute;e par des primes, des march&eacute;s stables et des m&eacute;canismes d&eacute;di&eacute;s.<br />3. <strong>La transformation</strong> la durabilit&eacute; est int&eacute;gr&eacute;e dans une cha&icirc;ne de valeur localement transform&eacute;e, avec une r&eacute;partition &eacute;quitable de la richesse.</p>
<p>La troisi&egrave;me trajectoire est jug&eacute;e <strong>optimale</strong>. Mais elle suppose des choix politiques clairs et des investissements cibl&eacute;s. Elle ne se fera pas sans un sursaut collectif.</p>
<h2>LA VOIX DES PRODUCTEURS &laquo; ILS N&rsquo;ONT PAS SUPPORT&Eacute; LA PRESSION &raquo;</h2>
<p>La crise n&rsquo;est pas seulement &eacute;conomique. Elle est humaine. Dans les r&eacute;gions du Sud et du Centre, des producteurs n&rsquo;ont pas surv&eacute;cu &agrave; l&rsquo;effondrement des prix.</p>
<p><em> &laquo; Ils n&rsquo;ont pas support&eacute; la pression des cr&eacute;anciers et se sont donn&eacute; la mort &raquo;, t&eacute;moigne Onana Andr&eacute;, acteur de la fili&egrave;re.</em></p>
<p>Le cacao &eacute;tait devenu le premier pourvoyeur de recettes d&rsquo;exportation du Cameroun au premier trimestre 2025, avec 500,3 milliards de FCFA, soit 44,8 % des recettes globales. Ce pilier de l&rsquo;&eacute;conomie nationale est aujourd&rsquo;hui &agrave; genoux. Et ce sont les plus fragiles qui paient le prix fort.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-08 00:34:05</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Le Douala Grand Mall au cœur d’un scandale judiciaire]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94651/12:1/cameroun-le-douala-grand-mall-au-coeur-dun-scandale-judiciaire.html</link>
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      <description><![CDATA[Depuis 2022, Craft Development SCI affronte Actis devant la High Court
de Londres pour rupture de contrat et fraude autour du Douala Grand
Mall. Le procès menac...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 2022, Craft Development SCI affronte Actis devant la High Court de Londres pour rupture de contrat et fraude autour du Douala Grand Mall. Le proc&egrave;s menace de r&eacute;v&eacute;ler les dessous du plus grand centre commercial du Cameroun.&nbsp;</p>
<p>La soci&eacute;t&eacute; camerounaise Craft Development SCI poursuit le fonds britannique Actis et cinq entit&eacute;s li&eacute;es devant la High Court de Londres pour rupture de contrat, incitation &agrave; la rupture, entente illicite et fraude un litige n&eacute; d&rsquo;une promesse de vente de 296 millions FCFA en 2015, qui menace aujourd&rsquo;hui de faire vaciller l&rsquo;un des symboles du dynamisme commercial de Douala.</p>
<p><strong>Un terrain, une promesse, une trahison.</strong> C&rsquo;est en 2015 que tout commence. Craft Development SCI, soci&eacute;t&eacute; immobili&egrave;re camerounaise, obtient une promesse de vente sur un terrain strat&eacute;gique de Douala. L&rsquo;un de ses associ&eacute;s, Val&egrave;re Tchumtchoua Tohouo, verse un d&eacute;p&ocirc;t d&rsquo;environ <strong>296 millions de FCFA</strong> pour sceller l&rsquo;affaire. En novembre de la m&ecirc;me ann&eacute;e, le fonds d&rsquo;investissement britannique Actis signe une lettre d&rsquo;intention avec Craft pour cr&eacute;er une coentreprise.</p>
<p>Le projet devait &ecirc;tre le plus grand centre commercial d&rsquo;Afrique centrale. Il est aujourd&rsquo;hui une r&eacute;alit&eacute; : le Douala Grand Mall, inaugur&eacute; en 2020, attire des centaines de milliers de visiteurs chaque mois. Mais derri&egrave;re ses vitrines &eacute;tincelantes se cache un contentieux judiciaire international aux enjeux colossaux. Depuis 2022, Craft Development SCI et Actis s&rsquo;affrontent devant la High Court de Londres. Au c&oelig;ur des d&eacute;bats : une rupture de contrat, une entente illicite et des accusations de fraude.</p>
<h2>2015-2020 : D&rsquo;UNE PROMESSE DE VENTE &Agrave; UNE RUPTURE</h2>
<h3>L&rsquo;accord initial.</h3>
<p>En 2015, Craft Development SCI d&eacute;tient une promesse de vente sur un terrain destin&eacute; &agrave; accueillir un important centre commercial &agrave; Douala. Val&egrave;re Tchumtchoua Tohouo, associ&eacute; de Craft, verse environ <strong>500 000 dollars</strong> de d&eacute;p&ocirc;t, soit pr&egrave;s de <strong>296 millions de FCFA</strong> au taux de change de l&rsquo;&eacute;poque.</p>
<p>En novembre 2015, des entit&eacute;s li&eacute;es &agrave; Actis signent avec Craft une lettre d&rsquo;intention qui pr&eacute;voit la cr&eacute;ation d&rsquo;une coentreprise. L&rsquo;objectif est clair : acqu&eacute;rir le terrain ensemble et d&eacute;velopper un projet immobilier d&rsquo;envergure. Le montage semble solide. Mais il ne se concr&eacute;tisera jamais avec Craft.</p>
<h2>Le virage vers MatK Limited</h2>
<p>Selon les pr&eacute;tentions expos&eacute;es devant la justice anglaise, Actis s&rsquo;est finalement associ&eacute; &agrave; MatK Limited et &agrave; d&rsquo;autres soci&eacute;t&eacute;s li&eacute;es &agrave; Mathurin Jidouc Kamdem, qui est &eacute;galement associ&eacute; de Craft. Ces entit&eacute;s avaient acquis la promesse de vente. Le terrain a ensuite &eacute;t&eacute; achet&eacute; et d&eacute;velopp&eacute; sans la participation de Craft ni de Val&egrave;re Tchumtchoua.</p>
<p>Le Douala Grand Mall ouvre ses portes en 2020. Mais pour Craft, la pilule est am&egrave;re. La soci&eacute;t&eacute; estime avoir &eacute;t&eacute; &eacute;vinc&eacute;e du projet qu&rsquo;elle avait contribu&eacute; &agrave; lancer.</p>
<h2>LE BRAS DE FER JURIDIQUE &Agrave; LONDRES</h2>
<h3>Une premi&egrave;re bataille : Craft a-t-elle le droit d&rsquo;agir ?</h3>
<p>Avant m&ecirc;me d&rsquo;examiner le fond des accusations, la justice britannique a d&ucirc; trancher une question pr&eacute;liminaire : <strong>qui a le pouvoir d&rsquo;agir au nom de Craft ?</strong>&nbsp;</p>
<p>Au Cameroun, Val&egrave;re Tchumtchoua a obtenu la nomination de <strong>Ngoua Elembe Hiob</strong> comme administrateur provisoire de Craft par une d&eacute;cision du tribunal de premi&egrave;re instance du Wouri le 8 mars 2021, confirm&eacute;e en appel le 21 janvier 2022. C&rsquo;est en cette qualit&eacute; que Ngoua Elembe Hiob a engag&eacute;, le 1er mars 2022, l&rsquo;action de Craft contre Actis en Angleterre.</p>
<p>Actis a contest&eacute; son pouvoir de repr&eacute;senter la soci&eacute;t&eacute; et a demand&eacute; la radiation de la proc&eacute;dure. Mais dans une d&eacute;cision du 6 mars 2024, la High Court a rejet&eacute; cette demande. Actis a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; condamn&eacute;e &agrave; verser &agrave; Craft environ <strong>110,5 millions de FCFA</strong> &agrave; titre de provision sur ses frais de justice.</p>
<p>Cette d&eacute;cision ne reconnaissait cependant <strong>aucune responsabilit&eacute; d&rsquo;Actis</strong> dans le d&eacute;veloppement du Douala Grand Mall. Elle permettait seulement &agrave; Craft de poursuivre son action.</p>
<h2>La question de la garantie financi&egrave;re</h2>
<p>Le contentieux s&rsquo;est ensuite d&eacute;plac&eacute; sur la capacit&eacute; financi&egrave;re de Craft &agrave; soutenir le proc&egrave;s. Actis a demand&eacute; une <strong>&laquo; security for costs &raquo;</strong> , un m&eacute;canisme du droit anglais qui permet &agrave; un d&eacute;fendeur d&rsquo;obtenir une garantie pour couvrir une partie de ses frais si le demandeur perd et ne peut pas payer.</p>
<p>Actis r&eacute;clamait initialement une garantie pouvant atteindre <strong>1,25 milliard de FCFA</strong>. Lors d&rsquo;une audience en mai 2025, il a &eacute;t&eacute; admis que Craft elle-m&ecirc;me ne disposait pas de ressources suffisantes pour payer les frais d&rsquo;Actis si elle &eacute;tait condamn&eacute;e.</p>
<p>La juge Stacey a toutefois estim&eacute; qu&rsquo;exiger une telle somme risquait d&rsquo;emp&ecirc;cher Craft de poursuivre son action. Le 4 juin 2025, elle a fix&eacute; la garantie &agrave; environ 234 millions de FCFA, payable en trois versements d&rsquo;environ 78 millions de FCFA ou par le biais de garanties bancaires.</p>
<p>Depuis, ce montant a &eacute;t&eacute; ramen&eacute; &agrave; environ 170 millions de FCFA.</p>
<h2>CE QUI EST EN JEU</h2>
<h3>Des accusations graves</h3>
<p>Craft Development SCI r&eacute;clame des dommages-int&eacute;r&ecirc;ts pour :<br />- <strong>Rupture de contrat</strong> (&laquo; breach of contract &raquo;)<br />- <strong>Incitation &agrave; la rupture contractuelle</strong> (&laquo; inducing breach of contract &raquo;)<br />- <strong>Entente par moyens illicites</strong> (&laquo; unlawful means conspiracy &raquo;)<br />- <strong>Fraude</strong> (&laquo; fraud &raquo;)</p>
<p>Actis conteste fermement ces accusations. Et les d&eacute;cisions publiques consult&eacute;es ne permettent pas d&rsquo;affirmer qu&rsquo;elles ont &eacute;t&eacute; reconnues ou &eacute;tablies par un tribunal.</p>
<h2>Un investissement colossal</h2>
<p>Le Douala Grand Mall, c&rsquo;est un investissement de <strong>plus de 80 milliards de FCFA</strong> (environ 200 millions de dollars), fruit de la coop&eacute;ration entre le Cameroun et la Grande-Bretagne. Le centre commercial de 18 000 m&sup2; accueille 160 enseignes et attire environ 300 000 visiteurs par mois.</p>
<p>Le projet a cr&eacute;&eacute; environ 4 500 emplois locaux. Il est devenu l&rsquo;un des symboles du dynamisme du secteur commercial &agrave; Douala. Mais derri&egrave;re cette vitrine de r&eacute;ussite, les cicatrices du conflit entre ses promoteurs restent b&eacute;antes.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-08 00:00:00</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Stade Olembé : Piccini gagne, le Cameroun perd 250 milliards]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94640/12:1/stade-olembe-piccini-gagne-le-cameroun-perd-250-milliards.html</link>
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      <description><![CDATA[L’État du Cameroun définitivement condamné à verser 250
milliards FCFA à Gruppo Piccini pour l’éviction abusive du groupe
italien du chantier du stade d’Olembé....]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;&Eacute;tat du Cameroun d&eacute;finitivement condamn&eacute; &agrave; verser 250 milliards FCFA &agrave; Gruppo Piccini pour l&rsquo;&eacute;viction abusive du groupe italien du chantier du stade d&rsquo;Olemb&eacute;. Une facture qui plombe les finances publiques.</p>
<p>Gruppo Piccini remporte une victoire judiciaire d&eacute;finitive face &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat du Cameroun, condamn&eacute; &agrave; verser pr&egrave;s de 250 milliards de francs CFA d&rsquo;indemnisation pour l&rsquo;&eacute;viction abusive du groupe italien du chantier du stade d&rsquo;Olemb&eacute; un coup dur pour les finances publiques camerounaises.</p>
<p>L&rsquo;&Eacute;tat du Cameroun a perdu. D&eacute;finitivement. La justice a tranch&eacute; en faveur de Gruppo Piccini, condamnant Yaound&eacute; &agrave; verser pr&egrave;s de 250 milliards de francs CFA au groupe italien. Une sentence qui referme le plus retentissant feuilleton judiciaire des infrastructures camerounaises.</p>
<p>Derri&egrave;re ce verdict, une question qui f&acirc;che : comment un projet sportif cens&eacute; c&eacute;l&eacute;brer l&rsquo;unit&eacute; nationale est-il devenu le symbole d&rsquo;une gabegie financi&egrave;re sans pr&eacute;c&eacute;dent ? Alors que le Cameroun croule d&eacute;j&agrave; sous une accumulation de contentieux arbitraux d&eacute;passant les 600 milliards de francs CFA, cette condamnation pourrait bien &ecirc;tre le coup de gr&acirc;ce pour un budget d&eacute;j&agrave; exsangue.</p>
<h2>Les origines d&rsquo;un fiasco annonc&eacute;</h2>
<p>Tout commence en 2015. Le Cameroun confie au groupe italien <strong>Gruppo Piccini</strong> la construction du complexe sportif d&rsquo;Olemb&eacute;, une infrastructure phare de 60 000 places destin&eacute;e &agrave; accueillir la Coupe d&rsquo;Afrique des Nations 2021. Le contrat initial est sign&eacute; pour <strong>163 milliards de francs CFA</strong> (environ 250 millions d&rsquo;euros).</p>
<p>Quatre ans plus tard, le <strong>29 novembre 2019</strong>, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi annonce la r&eacute;siliation unilat&eacute;rale du contrat. Motif invoqu&eacute; : des &laquo; retards accumul&eacute;s &raquo; qui mena&ccedil;aient la tenue de la CAN. Le march&eacute; est imm&eacute;diatement confi&eacute; au canadien Magil Construction.</p>
<p>Piccini ne l&rsquo;entend pas de cette oreille. D&egrave;s les 72 heures suivant la d&eacute;cision, le groupe italien menace de traduire l&rsquo;&Eacute;tat camerounais en justice. Le bras de fer judiciaire est lanc&eacute;.</p>
<p>L&rsquo;entreprise italienne saisit le Centre international pour le r&egrave;glement des diff&eacute;rends relatifs aux investissements (CIRDI) de Washington, une instance d&rsquo;arbitrage rattach&eacute;e &agrave; la Banque mondiale. Son argument : elle a &eacute;t&eacute; &eacute;vinc&eacute;e de mani&egrave;re abusive alors que son contrat restait pleinement ex&eacute;cutable.</p>
<h2>LE VERDICT : Une condamnation d&eacute;finitive</h2>
<p>Apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es de proc&eacute;dure, la justice a rendu son verdict. Gruppo Piccini remporte d&eacute;finitivement la bataille judiciaire. La d&eacute;cision est sans appel : l&rsquo;&Eacute;tat du Cameroun est condamn&eacute; pour rupture abusive de contrat.</p>
<p><strong>Les cons&eacute;quences financi&egrave;res sont vertigineuses.</strong> L&rsquo;indemnisation s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; pr&egrave;s de 250 milliards de francs CFA soit plus de 381 millions d&rsquo;euros que l&rsquo;&Eacute;tat camerounais devra verser au groupe italien. Ce montant s&rsquo;ajoute aux 113 milliards de francs CFA d&eacute;j&agrave; per&ccedil;us par Piccini entre 2015 et 2019.</p>
<p><em>&laquo; Ce jugement, s&rsquo;il venait &agrave; &ecirc;tre confirm&eacute; et ex&eacute;cut&eacute;, pourrait consid&eacute;rablement alourdir la facture globale du Stade d&rsquo;Olemb&eacute;, portant le total &agrave; pl</em>us de 500 milliards FCFA &raquo;, soulignaient d&eacute;j&agrave; les observateurs en mai 2025.</p>
<p>Le contentieux avec Piccini n&rsquo;est pas isol&eacute;. La soci&eacute;t&eacute; canadienne <strong>Magil Construction</strong>, qui avait repris le chantier apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;viction de Piccini, r&eacute;clame &eacute;galement 17 milliards de francs CFA devant la Chambre de commerce internationale de Paris. L&rsquo;addition totale des deux contentieux atteint 267 milliards de francs CFA.</p>
<p>Le stade, inaugur&eacute; partiellement en janvier 2022 pour les besoins urgents de la CAN, reste aujourd&rsquo;hui inachev&eacute;. Le chantier est &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t total depuis 2022.</p>
<h2>Une facture qui s&rsquo;ajoute &agrave; une accumulation de contentieux</h2>
<p>La condamnation Piccini n&rsquo;est que la partie &eacute;merg&eacute;e d&rsquo;un iceberg judiciaire. Selon le Rapport de certification du Compte g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;&Eacute;tat 2024, publi&eacute; par la Chambre des comptes de la Cour supr&ecirc;me, le Cameroun fait face &agrave; une <strong>accumulation de contentieux financiers</strong> li&eacute;s &agrave; la gestion des grands projets.</p>
<p>Parmi eux :</p>
<p>- <strong>Sundance Resources</strong> (Australie) : l&rsquo;entreprise a remport&eacute; un arbitrage devant la CCI de Paris pour le projet minier de Mbalam-Nabeba, condamnant le Cameroun &agrave; verser 355 milliards FCFA<br />- <strong>Piccini</strong> : 250 milliards FCFA (d&eacute;cision d&eacute;finitive)<br />- <strong>Magil Construction</strong> : 17 milliards FCFA (proc&eacute;dure en cours)<br />- <strong>Tollcam Partenariat SAS</strong> : contentieux sur les p&eacute;ages automatiques</p>
<p>Le total des passifs potentiels ou av&eacute;r&eacute;s d&eacute;passe d&eacute;sormais les 650 milliards de francs CFA.</p>
<h2>Des finances publiques d&eacute;j&agrave; sous tension</h2>
<p>La dette publique camerounaise repr&eacute;sentait environ <strong>46 % du PIB en 2023</strong>, et le pays emprunte r&eacute;guli&egrave;rement aupr&egrave;s du FMI et de la Banque mondiale. Une charge additionnelle de 250 milliards FCFA soit pr&egrave;s de <strong>1,2 % du PIB</strong> viendra alourdir un budget d&eacute;j&agrave; contraint.</p>
<p>Selon la Chambre des comptes, ces risques contentieux sont encore qualifi&eacute;s &laquo; d&rsquo;ind&eacute;termin&eacute;s &raquo;, mais la d&eacute;cision d&eacute;finitive dans l&rsquo;affaire Piccini transforme d&eacute;sormais un risque en charge certaine.</p>
<p>Le projet Olemb&eacute;, initialement &eacute;valu&eacute; &agrave; 163 milliards, aura finalement co&ucirc;t&eacute; plusieurs fois son budget initial. Entre les paiements d&eacute;j&agrave; effectu&eacute;s, les indemnit&eacute;s &agrave; verser et les surco&ucirc;ts, la facture pourrait d&eacute;passer les 500 milliards FCFA.</p>
<h2>Un signal inqui&eacute;tant pour la gouvernance</h2>
<p>Cette affaire soul&egrave;ve des questions fondamentales sur la <strong>gestion des grands projets publics</strong> au Cameroun. Comment un contrat de 163 milliards a-t-il pu aboutir &agrave; une condamnation de 250 milliards suppl&eacute;mentaires ?</p>
<p>Les observateurs pointent plusieurs dysfonctionnements :</p>
<p>- <strong>L&rsquo;absence de concertation pr&eacute;alable</strong> avant la r&eacute;siliation unilat&eacute;rale de 2019<br />- <strong>Le manque de transparence</strong> dans l&rsquo;attribution du march&eacute; &agrave; Magil en urgence<br />- <strong>L&rsquo;impr&eacute;paration juridique</strong> face aux risques d&rsquo;arbitrage international</p>
<p>&laquo; L&rsquo;affaire Olembe d&eacute;passe le simple cadre d&rsquo;un diff&eacute;rend commercial. Elle renvoie aux conditions dans lesquelles les grands projets d&rsquo;infrastructures publiques sont attribu&eacute;s, ex&eacute;cut&eacute;s et, parfois, interrompus &raquo;, analyse Actu Cameroun.</p>
<h2>L&rsquo;image internationale en jeu</h2>
<p>Au-del&agrave; de l&rsquo;impact financier, c&rsquo;est la cr&eacute;dibilit&eacute; du Cameroun comme partenaire &eacute;conomique qui est en jeu. Une condamnation de cette ampleur par le CIRDI organe de la Banque mondiale envoie un signal n&eacute;gatif aux investisseurs &eacute;trangers.</p>
<p>Le gouvernement camerounais pourrait d&eacute;sormais envisager une reprise du chantier &laquo; en r&eacute;gie &raquo;, sous ma&icirc;trise d&rsquo;&oelig;uvre directe du minist&egrave;re des Sports. Une option rare pour une infrastructure de cette envergure, qui t&eacute;moigne de la d&eacute;fiance accumul&eacute;e envers les prestataires internationaux.</p>
<h2>PERSPECTIVE Et maintenant ?</h2>
<p>La d&eacute;cision judiciaire est d&eacute;finitive. L&rsquo;&Eacute;tat du Cameroun n&rsquo;a plus d&rsquo;autre choix que de s&rsquo;ex&eacute;cuter, sous peine de voir les sanctions internationales s&rsquo;accumuler.</p>
<p>Reste &agrave; savoir :</p>
<p>1. <strong>Comment le gouvernement financera-t-il cette charge ?</strong> Un nouvel emprunt, des coupes budg&eacute;taires, ou un r&eacute;&eacute;chelonnement de la dette ?<br />2. <strong>Quel avenir pour le complexe d&rsquo;Olemb&eacute; ?</strong> Le stade, inaugur&eacute; partiellement en 2022, attend toujours son ach&egrave;vement.<br />3. <strong>Quelles le&ccedil;ons tirer pour les futurs grands projets ?</strong> Le Cameroun pr&eacute;voit d&rsquo;autres infrastructures majeures saura-t-il &eacute;viter de reproduire les erreurs d&rsquo;Olemb&eacute; ?</p>
<p>Une certitude : le <strong>stade Paul Biya d&rsquo;Olemb&eacute;</strong>, fiert&eacute; architecturale affich&eacute;e du Cameroun, restera dans les m&eacute;moires comme le symbole d&rsquo;une gouvernance &agrave; la fois dispendieuse et dysfonctionnelle.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-07 12:49:30</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - GBC : 50 agences, une nouvelle ère pour la banque publique]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Quelques mois après la sortie de Société Générale de son capital,
General Bank of Cameroon (GBC) poursuit le déploiement de sa nouvelle
identité. La banque a in...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Quelques mois apr&egrave;s la sortie de Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale de son capital, General Bank of Cameroon (GBC) poursuit le d&eacute;ploiement de sa nouvelle identit&eacute;. La banque a inaugur&eacute;, le 2 septembre 2026, sa 50e agence &agrave; Bonab&eacute;ri, dans le 4e arrondissement de Douala. Une implantation pr&eacute;sent&eacute;e comme un symbole de son nouvel ancrage camerounais.</p>
<p>C&rsquo;est une &eacute;tape symbolique dans la transformation de General Bank of Cameroon. Le 2 septembre dernier, l&rsquo;&eacute;tablissement bancaire a officiellement inaugur&eacute; sa nouvelle agence de Bonab&eacute;ri, portant &agrave; 50 le nombre de ses points de vente &agrave; travers le Cameroun.</p>
<p>Pour le directeur g&eacute;n&eacute;ral de GBC, Victor Noumou&eacute;, cette ouverture rev&ecirc;t une importance particuli&egrave;re. &laquo; Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est notre 50e agence. C&rsquo;est un symbole fort &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute; lors de la c&eacute;r&eacute;monie. Le choix de Bonab&eacute;ri n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas anodin. Quartier industriel et commer&ccedil;ant de Douala, la zone se caract&eacute;rise, selon le dirigeant, par son brassage culturel et sa diversit&eacute;, avec &laquo; un m&eacute;lange de traditions &raquo; et une &laquo; population multiculturelle &raquo;.</p>
<p>GBC disposait d&eacute;j&agrave; d&rsquo;une implantation &agrave; Bonassama. Cette nouvelle agence vient donc renforcer sa pr&eacute;sence dans cet important bassin &eacute;conomique de la capitale &eacute;conomique.</p>
<h2>Un r&eacute;seau de 50 agences</h2>
<p>Avec cette ouverture, le r&eacute;seau de General Bank of Cameroon compte d&eacute;sormais 50 agences, dont 15 &agrave; Douala. La banque dispose &eacute;galement de neuf agences Premium et de deux agences d&eacute;di&eacute;es &agrave; la client&egrave;le patrimoniale. Son dispositif commercial s&rsquo;appuie par ailleurs sur 172 distributeurs automatiques de billets et plus de 16 700 terminaux de paiement &eacute;lectronique. Un maillage que l'&eacute;tablissement entend mettre au service de son ambition de devenir une banque de r&eacute;f&eacute;rence sur le march&eacute; camerounais. Cette expansion intervient dans un contexte particulier pour GBC. La banque est engag&eacute;e depuis plusieurs mois dans une transition majeure cons&eacute;cutive au changement de son actionnariat.</p>
<h2>De Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale &agrave; GBC</h2>
<p>Le 12 mai 2026, l&rsquo;&Eacute;tat camerounais a finalis&eacute; le rachat de 58,08 % des parts d&eacute;tenues jusque-l&agrave; par Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale, pour un montant d&rsquo;environ 129 milliards de FCFA, soit pr&egrave;s de 230,5 millions de dollars.<br />Cette op&eacute;ration, qui faisait suite &agrave; la convention sign&eacute;e en juillet 2025 &agrave; Douala, a port&eacute; la participation de l&rsquo;&Eacute;tat camerounais &agrave; 83,68 % du capital de la banque. Les 16,32 % restants sont d&eacute;tenus par Sanlam-Allianz.<br />GBC rejoint ainsi le cercle des &eacute;tablissements bancaires &agrave; majorit&eacute; publique op&eacute;rant au Cameroun, aux c&ocirc;t&eacute;s notamment de la BC-PME, de la CBC, de NFC Bank et de l&rsquo;UBC.</p>
<p>Mais pour la direction g&eacute;n&eacute;rale, cette &eacute;volution capitalistique ne doit pas &ecirc;tre assimil&eacute;e &agrave; une rupture dans la gestion quotidienne de l&rsquo;&eacute;tablissement. &laquo; Aucun changement dans son fonctionnement au quotidien &raquo;, assure Victor Noumou&eacute;, qui insiste sur l&rsquo;exp&eacute;rience des &eacute;quipes dirigeantes et sur la composition du conseil d&rsquo;administration, d&eacute;sormais renforc&eacute; par des administrateurs ind&eacute;pendants nomm&eacute;s par l&rsquo;&Eacute;tat et Sanlam-Allianz.</p>
<h2>Miser sur les racines camerounaises</h2>
<p>Le principal d&eacute;fi est d&eacute;sormais de construire une identit&eacute; propre apr&egrave;s plusieurs d&eacute;cennies sous la banni&egrave;re Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale. Sur ce point, le directeur g&eacute;n&eacute;ral privil&eacute;gie le registre de la continuit&eacute; plut&ocirc;t que celui de la rupture.</p>
<p>&laquo; Nous devenons une banque locale. Nous voulons puiser dans nos racines, dans ces racines solides, pour pouvoir offrir des services de qualit&eacute; &raquo;, a-t-il expliqu&eacute;.</p>
<p>&Agrave; Bonab&eacute;ri, GBC veut ainsi incarner une &laquo; banque relationnelle de r&eacute;f&eacute;rence &raquo;, avec une strat&eacute;gie pla&ccedil;ant le client au centre de ses priorit&eacute;s.</p>
<p>L&rsquo;inauguration de cette 50e agence appara&icirc;t donc comme bien plus qu&rsquo;une op&eacute;ration d&rsquo;expansion commerciale. Elle constitue un marqueur de la nouvelle trajectoire de GBC : celle d&rsquo;une banque d&eacute;sormais majoritairement d&eacute;tenue par l&rsquo;&Eacute;tat camerounais, appel&eacute;e &agrave; conserver les acquis de son histoire tout en construisant progressivement une identit&eacute; et une strat&eacute;gie propres au march&eacute; local.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Léandre Nzié</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-07 01:22:21</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - La bombe à retardement de la dette camerounaise]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
            <link>https://www.camer.be/94633/12:1/la-bombe-a-retardement-de-la-dette-camerounaise.html</link>
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      <description><![CDATA[La dette publique du Cameroun atteint 15 607 milliards FCFA, mais 2
087 milliards de passifs cachés (SOCADEL, communes, PPP) pourraient
alourdir la facture. 

O...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La dette publique du Cameroun atteint 15 607 milliards FCFA, mais 2 087 milliards de passifs cach&eacute;s (SOCADEL, communes, PPP) pourraient alourdir la facture.&nbsp;</p>
<p>Officiellement, le Cameroun doit 15 607 milliards de francs CFA &agrave; ses cr&eacute;anciers. Mais dans l'ombre, la dette de la SOCADEL (800 milliards), celle des communes envers le FEICOM (121 milliards) et les passifs conditionnels des PPP (4 895 milliards) pourraient un jour basculer sur le budget de l'&Eacute;tat une addition th&eacute;orique de 2 087 milliards de risques.</p>
<p>15 607 milliards de francs CFA. C'est le montant officiel de la dette publique du Cameroun &agrave; fin juin 2026. Un chiffre d&eacute;j&agrave; vertigineux, qui repr&eacute;sente 44,2 % du PIB. Mais ce n'est pas toute l'histoire. Dans l'ombre, des milliards suppl&eacute;mentaires dorment dans les comptes d'entreprises publiques, de communes et de grands projets des passifs qui pourraient un jour devenir la charge du contribuable camerounais.</p>
<p>La SOCADEL, ex-Eneo, tra&icirc;ne une dette estim&eacute;e &agrave; 800 milliards de FCFA. Les communes doivent 121 milliards au FEICOM. Et les partenariats public-priv&eacute; (PPP) repr&eacute;sentent 4 895 milliards de passifs conditionnels. Leur addition donne 2 087 milliards de risques budg&eacute;taires. L'&eacute;conomie camerounaise est-elle assise sur une poudri&egrave;re ?</p>
<h2>15 607 milliards officiels : un chiffre &agrave; relativiser</h2>
<p>&Agrave; fin juin 2026, l'encours de la dette publique du Cameroun s'&eacute;tablit &agrave; 15 607 milliards de FCFA, soit 44,2 % du PIB. Un niveau inf&eacute;rieur au seuil communautaire de 70 % fix&eacute; par la CEMAC.</p>
<p>Mais ce chiffre, publi&eacute; par la Caisse autonome d'amortissement (CAA) le 27 juillet 2026, ne refl&egrave;te pas l'int&eacute;gralit&eacute; des engagements financiers de l'&Eacute;tat. Comme le souligne la note de conjoncture, &laquo; plusieurs passifs restent en cours de recensement, de v&eacute;rification aupr&egrave;s des cr&eacute;anciers ou d'&eacute;valuation &raquo;.</p>
<p>Leur prise en compte &laquo; pourrait faire &eacute;voluer l'encours de la dette et les risques budg&eacute;taires auxquels l'&Eacute;tat est expos&eacute; &raquo;.</p>
<h2>SOCADEL : le passif de 800 milliards qui inqui&egrave;te</h2>
<p>Le cas de la Soci&eacute;t&eacute; camerounaise d'&eacute;lectricit&eacute; (SOCADEL), ex-Eneo, concentre une partie de ces incertitudes.</p>
<p>Lors de la renationalisation d'Eneo en mai 2026, la nouvelle entreprise publique a h&eacute;rit&eacute; d'une dette estim&eacute;e &agrave; environ 800 milliards de FCFA. Ce montant n'est pas compris dans l'encours officiel de la dette des entreprises et &eacute;tablissements publics, &eacute;valu&eacute; &agrave; 923 milliards FCFA.</p>
<p>Le FMI a tir&eacute; la sonnette d'alarme : &laquo; Cette &eacute;volution transf&egrave;re vers le budget national des charges structurelles non r&eacute;solues, dans un contexte o&ugrave; les marges de man&oelig;uvre budg&eacute;taires restent &eacute;troites &raquo;. L'institution souligne que &laquo; l'op&eacute;rateur public d'&eacute;lectricit&eacute; affiche un mod&egrave;le &eacute;conomique d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute; &raquo;.</p>
<p>&Agrave; ce lourd passif s'ajoute un d&eacute;ficit mensuel de 13 milliards de FCFA entre les recettes collect&eacute;es et les d&eacute;penses &agrave; couvrir. Le FMI met en garde : &laquo; en l'absence d'ajustements progressifs des tarifs, la situation financi&egrave;re de l'entreprise restera structurellement d&eacute;ficitaire &raquo;.</p>
<p><strong>Le risque pour l'&Eacute;tat est direct</strong> : si la SOCADEL ne peut plus honorer ses engagements, l'&Eacute;tat devra payer. Le Cameroun en a d&eacute;j&agrave; fait l'exp&eacute;rience : face &agrave; l'incapacit&eacute; d'Eneo &agrave; r&eacute;gler certaines factures, l'&Eacute;tat a d&ucirc; intervenir pour payer NHPC, qui exploite le barrage de Nachtigal.</p>
<h2>Les communes : 121 milliards de dettes envers le FEICOM</h2>
<p>Les collectivit&eacute;s territoriales d&eacute;centralis&eacute;es (CTD) repr&eacute;sentent une autre source de risques budg&eacute;taires.</p>
<p>Les statistiques officielles &eacute;valuent &agrave; 25 milliards FCFA l'encours de la dette des CTD au 30 juin 2026. Mais un inventaire men&eacute; avec le FEICOM, le MINDEVEL et les communes a fait ressortir, sur la p&eacute;riode 2020-2025, <strong>121,2 milliards FCFA de dettes envers le FEICOM</strong>.</p>
<p>Ces 121,24 milliards FCFA correspondent aux sommes que les communes doivent rembourser au FEICOM, l'organisme public charg&eacute; du financement des investissements locaux. Sur ce montant, 76 milliards sont d&eacute;j&agrave; exigibles.</p>
<p>&laquo; Si les communes ne disposent pas des ressources n&eacute;cessaires pour rembourser le FEICOM ou r&eacute;gler leurs fournisseurs, la pression peut se d&eacute;placer vers le budget national &raquo;, pr&eacute;vient la CAA. L'&Eacute;tat s'est d&eacute;j&agrave; substitu&eacute; &agrave; plusieurs reprises aux collectivit&eacute;s pour payer des factures dues au concessionnaire du ramassage des ordures ou r&eacute;gler des d&eacute;penses d'&eacute;clairage public.</p>
<p>Une &eacute;valuation plus exhaustive est attendue &agrave; fin d&eacute;cembre 2026.</p>
<h2>PPP : 4 895 milliards de passifs conditionnels</h2>
<p>Les partenariats public-priv&eacute; (PPP) constituent la troisi&egrave;me cat&eacute;gorie d'engagements &agrave; surveiller.</p>
<p>&Agrave; fin juin 2026, les passifs conditionnels explicites de l'&Eacute;tat sont &eacute;valu&eacute;s &agrave; <strong>4 895,1 milliards FCFA</strong>, soit 13,9 % du PIB. Ce montant correspond aux investissements r&eacute;alis&eacute;s dans le cadre des PPP recens&eacute;s par le CARPA.</p>
<p>Ces engagements ne constituent ni une dette imm&eacute;diatement exigible ni une estimation des sommes que l'&Eacute;tat devra n&eacute;cessairement d&eacute;caisser. Mais ils donnent une indication sur l'ampleur des projets dont les montages financiers, les garanties et les engagements contractuels doivent &ecirc;tre suivis.</p>
<p>Le portefeuille est domin&eacute; par les <strong>PPP concessifs</strong>, qui repr&eacute;sentent 93,7 % des engagements, contre 5,7 % pour les PPP mixtes et 0,6 % pour les PPP &agrave; paiement public. Le risque budg&eacute;taire peut appara&icirc;tre si les recettes attendues ne couvrent pas les charges pr&eacute;vues, si l'&Eacute;tat doit compenser un manque &agrave; gagner ou si une garantie contractuelle est appel&eacute;e.</p>
<p>Parmi les projets majeurs encore &agrave; int&eacute;grer : la future raffinerie de la SNH &agrave; Kribi (environ 540 milliards FCFA) et la centrale &eacute;lectrique de 300 MW du Port autonome de Douala (estim&eacute;e &agrave; pr&egrave;s de 626 milliards FCFA).</p>
<h2>L'addition th&eacute;orique : 2 087 milliards de risques</h2>
<p>L'addition des 800 milliards FCFA de dette estim&eacute;e de la SOCADEL, des 121,2 milliards FCFA dus au FEICOM et des 1 166 milliards FCFA de PPP non int&eacute;gr&eacute;s donne un volume th&eacute;orique de <strong>2 087,2 milliards FCFA</strong>.</p>
<p>La hausse de la dette publique ne r&eacute;sulterait pas de l'addition m&eacute;canique de ces montants, mais de leur transformation &eacute;ventuelle en obligations fermes pour l'&Eacute;tat.</p>
<h2>Le Cameroun est-il surendett&eacute; ?</h2>
<p>Selon Louis-Marie Kakdeu, &eacute;conomiste et analyste, &laquo; le pays reste class&eacute; &agrave; haut risque de surendettement ext&eacute;rieur par l'analyse de viabilit&eacute; de la dette, malgr&eacute; une l&eacute;g&egrave;re am&eacute;lioration &raquo;.</p>
<p>Un signal d'alarme : 87 % des nouveaux pr&ecirc;ts sign&eacute;s en juin 2026 sont non concessionnels, contrairement &agrave; la strat&eacute;gie officielle qui privil&eacute;gie les financements concessionnels. &laquo; Au Cameroun, le service de la dette absorbe une part croissante des recettes publiques &raquo;, explique Louis-Marie Kakdeu.</p>
<p>Autre signal inqui&eacute;tant : le faible taux de mobilisation des ressources (61 %). Entre janvier et mars 2026, l'&Eacute;tat n'a mobilis&eacute; que 1 331,7 milliards FCFA sur un objectif trimestriel de 2 181 milliards.</p>
<h2>Que faire ?</h2>
<p>Les travaux de v&eacute;rification aupr&egrave;s des bailleurs doivent permettre de d&eacute;terminer la part des engagements qui rel&egrave;ve d'un risque potentiel, d'une dette financi&egrave;re ou d'une obligation d&eacute;j&agrave; mat&eacute;rialis&eacute;e. La CAA pr&eacute;voit d'int&eacute;grer certaines de ces dettes dans les statistiques consolid&eacute;es &agrave; fin d&eacute;cembre 2026.</p>
<p>Mais l'enjeu d&eacute;passe la comptabilisation. Comme le souligne le FMI, &laquo; les marges de man&oelig;uvre budg&eacute;taires restent &eacute;troites &raquo;. Et l'absence d'accord avec le FMI pour 2026-2029 pourrait ouvrir &laquo; un v&eacute;ritable cercle vicieux caract&eacute;ris&eacute; par la perte de pr&egrave;s de 94 milliards FCFA de financement concessionnel, la possible d&eacute;gradation de la note souveraine et l'augmentation m&eacute;canique du co&ucirc;t de la dette &raquo;.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-07 00:31:31</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Liste grise du GAFI : le Cameroun joue son avenir financier à Abidjan]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Trois ans après son inscription sur la liste grise du GAFI, le
Cameroun assure n'avoir plus que sept actions à satisfaire mais le
délai est dépassé et les exper...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Trois ans apr&egrave;s son inscription sur la liste grise du GAFI, le Cameroun assure n'avoir plus que sept actions &agrave; satisfaire mais le d&eacute;lai est d&eacute;pass&eacute; et les experts du Groupe d'action financi&egrave;re attendent des r&eacute;sultats tangibles sur le terrain.</p>
<p>Le Cameroun est-il sur le point de tourner la page de trois ann&eacute;es de surveillance financi&egrave;re renforc&eacute;e ? Alors que Yaound&eacute; affirme avoir ramen&eacute; de 24 &agrave; 7 le nombre d'actions encore &agrave; satisfaire, la r&eacute;union cruciale avec les experts du GAFI pr&eacute;vue cette semaine &agrave; Abidjan pourrait sceller le sort du pays. Mais entre l'optimisme affich&eacute; par les autorit&eacute;s camerounaises et la prudence du GAFI, le foss&eacute; reste profond.</p>
<h2>Trois ans de liste grise : un fardeau &eacute;conomique et r&eacute;putationnel</h2>
<p>Le 23 juin 2023, le Cameroun rejoignait la liste grise du Groupe d'action financi&egrave;re (GAFI), l'organisme intergouvernemental mondial de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Une d&eacute;cision qui pla&ccedil;ait le pays sous &laquo; surveillance renforc&eacute;e &raquo; en raison de &laquo; d&eacute;ficiences strat&eacute;giques &raquo; dans son dispositif national.</p>
<p>Trois ans plus tard, le Cameroun est toujours sur cette liste aux c&ocirc;t&eacute;s de l'Angola, de la C&ocirc;te d'Ivoire, de la R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo et du Kenya. Une pr&eacute;sence qui p&egrave;se lourd : sur le plan &eacute;conomique, la liste grise rench&eacute;rit le co&ucirc;t du cr&eacute;dit pour les banques camerounaises et fragilise l'attractivit&eacute; du pays aupr&egrave;s des investisseurs internationaux.</p>
<h2>24 actions, 7 r&eacute;siduelles : le discours rassurant de Yaound&eacute;</h2>
<p>Selon Jean Bertin Meba, directeur par int&eacute;rim de l'Agence nationale d'investigation financi&egrave;re (ANIF), le Cameroun a consid&eacute;rablement avanc&eacute;. &laquo; Sur 24 actions recommand&eacute;es au d&eacute;part, nous sommes &agrave; ce jour &agrave; sept actions r&eacute;siduelles &agrave; satisfaire &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;. Un travail men&eacute; &laquo; sous la supervision du Premier ministre, chef du gouvernement, et la coordination du ministre des Finances &raquo;.</p>
<p>Nomm&eacute; en avril 2026 &agrave; la t&ecirc;te de l'ANIF apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de son pr&eacute;d&eacute;cesseur Hubert Nde Sambone, Jean Bertin Meba est un administrateur civil principal dont l'expertise en mati&egrave;re de coop&eacute;ration avec le GABAC et le GAFI est reconnue.</p>
<h2>Les sept chantiers encore ouverts</h2>
<p>Les sept actions r&eacute;siduelles concernent des domaines sensibles : la supervision des entit&eacute;s assujetties dans les secteurs financier et non financier, le contr&ocirc;le des organisations &agrave; but non lucratif, la gestion des avoirs criminels gel&eacute;s, saisis ou confisqu&eacute;s, ainsi que l'application effective des sanctions financi&egrave;res cibl&eacute;es contre le financement du terrorisme et de la prolif&eacute;ration.</p>
<p>Autant de chantiers qui exigent d&eacute;sormais non seulement l'existence de dispositifs r&eacute;glementaires, mais aussi leur application concr&egrave;te sur le terrain. Un d&eacute;fi de taille, alors que le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; aupr&egrave;s du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye, d&eacute;plorait en f&eacute;vrier 2026 que seules 11 actions sur 24 aient &eacute;t&eacute; ex&eacute;cut&eacute;es soit un taux de r&eacute;alisation de 46 %.</p>
<h2>La r&eacute;union d'Abidjan : un test d&eacute;cisif</h2>
<p>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; Abidjan, cette semaine, que le Cameroun doit d&eacute;fendre son huiti&egrave;me rapport lors d'une r&eacute;union en pr&eacute;sentiel avec les experts du GAFI. &laquo; Le Premier ministre vient d'autoriser le d&eacute;placement d'une d&eacute;l&eacute;gation du Cameroun pour aller d&eacute;fendre le huiti&egrave;me rapport du pays &raquo;, a confirm&eacute; Jean Bertin Meba.</p>
<p>L'enjeu est immense : &laquo; Nous esp&eacute;rons, au terme de cette r&eacute;union, la lev&eacute;e de la majorit&eacute; des actions encore r&eacute;siduelles et sous monitoring &raquo;, a poursuivi le responsable de l'ANIF.</p>
<h2>Le GAFI plus prudent : &laquo; Tous les d&eacute;lais sont d&eacute;pass&eacute;s &raquo;</h2>
<p>Mais le dernier &eacute;tat des lieux dress&eacute; par le GAFI le 19 juin 2026 se montre nettement plus r&eacute;serv&eacute;. L'organisation reconna&icirc;t certes des progr&egrave;s notamment une augmentation de la diffusion de renseignements financiers aux autorit&eacute;s comp&eacute;tentes et une priorit&eacute; accrue accord&eacute;e &agrave; la saisie d'avoirs aux fronti&egrave;res. Mais ces avanc&eacute;es demeurent insuffisantes pour permettre au pays de sortir de la surveillance renforc&eacute;e.</p>
<p>Surtout, le GAFI souligne que &laquo; tous les d&eacute;lais sont d&eacute;sormais d&eacute;pass&eacute;s &raquo;. Le plan d'action initial pr&eacute;voyait une sortie de la liste grise d&egrave;s septembre 2025. Un &eacute;ch&eacute;ancier que le Cameroun n'a pas respect&eacute;.</p>
<h2>Ce que le GAFI attend encore</h2>
<p>L'organisation a identifi&eacute; plusieurs domaines n&eacute;cessitant des progr&egrave;s suppl&eacute;mentaires : renforcer la supervision fond&eacute;e sur les risques des banques, am&eacute;liorer le contr&ocirc;le des institutions financi&egrave;res non bancaires et des professions non financi&egrave;res d&eacute;sign&eacute;es, s&eacute;curiser les &eacute;changes d'informations entre la cellule de renseignement financier et les entit&eacute;s d&eacute;clarantes, et consolider les m&eacute;canismes de saisie et de confiscation des avoirs criminels.</p>
<p>Le GAFI demande &eacute;galement une application effective des sanctions financi&egrave;res cibl&eacute;es li&eacute;es au financement du terrorisme et une approche fond&eacute;e sur les risques &agrave; l'&eacute;gard des organisations &agrave; but non lucratif, sans entraver leurs activit&eacute;s l&eacute;gitimes.</p>
<h2>Le d&eacute;calage des appr&eacute;ciations</h2>
<p>Le principal enjeu de la r&eacute;union d'Abidjan r&eacute;side dans ce d&eacute;calage entre l'optimisme affich&eacute; par Yaound&eacute; et la prudence de Paris. Alors que le Cameroun estime avoir consid&eacute;rablement r&eacute;duit le nombre d'actions restant &agrave; satisfaire, le GAFI attend surtout de constater des r&eacute;sultats tangibles sur le terrain.</p>
<p>La d&eacute;l&eacute;gation camerounaise devra d&eacute;montrer que les sept recommandations r&eacute;siduelles ne sont plus seulement prises en compte &agrave; travers des textes ou des engagements institutionnels, mais qu'elles donnent d&eacute;sormais lieu &agrave; une mise en &oelig;uvre effective et mesurable.</p>
<h2>Une dynamique encourageante, des incertitudes persistantes</h2>
<p>Le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du GABAC, Andr&eacute; Kanga, s'est montr&eacute; optimiste le 29 juillet 2026 : &laquo; La sortie de la liste grise est proche, puisqu'on a d&eacute;j&agrave; r&eacute;alis&eacute; pr&egrave;s de 70 % de ce qui &eacute;tait demand&eacute; &raquo;. Selon lui, 17 des 24 mesures correctives recommand&eacute;es ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;es.</p>
<p>Une progression notable par rapport &agrave; f&eacute;vrier 2026 six actions suppl&eacute;mentaires accomplies en quelques mois. Reste &agrave; savoir si ces progr&egrave;s seront jug&eacute;s suffisants par les experts du GAFI.</p>
<h2>Cons&eacute;quences pour l'&eacute;conomie camerounaise</h2>
<p>La sortie de la liste grise est cruciale pour l'&eacute;conomie camerounaise. La pr&eacute;sence du Cameroun sur cette liste a des r&eacute;percussions concr&egrave;tes : rench&eacute;rissement du co&ucirc;t de la dette, comme en t&eacute;moigne l'&eacute;mission d'un eurobond de 750 millions de dollars &agrave; un taux nominal de 10,12 %. Les banques camerounaises subissent une pression accrue, ce qui fragilise le financement de l'&eacute;conomie r&eacute;elle.</p>
<p>Pour les autorit&eacute;s, l'enjeu est donc autant r&eacute;putationnel qu'&eacute;conomique. La sortie de la liste grise enverrait un signal positif aux march&eacute;s internationaux et faciliterait l'acc&egrave;s du pays aux financements ext&eacute;rieurs.</p>
<h2>Perspective : un d&eacute;nouement en 2026 ?</h2>
<p>Le Cameroun s'est fix&eacute; comme objectif de quitter la liste grise d'ici la fin de l'ann&eacute;e 2026. Un calendrier ambitieux mais r&eacute;aliste, &agrave; condition que les r&eacute;formes engag&eacute;es produisent des r&eacute;sultats mesurables sur le terrain.</p>
<p>La r&eacute;union d'Abidjan constituera un premier test d&eacute;cisif. Si la d&eacute;l&eacute;gation camerounaise parvient &agrave; convaincre les experts du GAFI que les sept actions r&eacute;siduelles sont en voie d'&ecirc;tre pleinement mises en &oelig;uvre, le pays pourrait esp&eacute;rer une sortie de la liste grise dans les mois &agrave; venir.</p>
<p>&Agrave; l'inverse, un constat d'&eacute;chec prolongerait l'isolement financier du Cameroun et aggraverait les difficult&eacute;s &eacute;conomiques d'un pays d&eacute;j&agrave; confront&eacute; &agrave; des d&eacute;fis structurels majeurs.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-09-04 00:36:34</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[ - Communauté Urbaine de Bafoussam : Le  Conseil fait le point sur le budget 2026 et prépare 2027]]></title>
            <category>{&quot;idsousrubrique&quot;:12,&quot;sousrubrique&quot;:&quot;ECONOMIE&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;economie&quot;,&quot;fkrubrique&quot;:1}</category>
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      <description><![CDATA[Avec 23,10 % d’exécution financière et 19,29 % de réalisation
physique au 30 juin 2026, Bafoussam dresse un bilan mitigé mais
explicable. Le Maire de la Ville R...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Avec 23,10 % d&rsquo;ex&eacute;cution financi&egrave;re et 19,29 % de r&eacute;alisation physique au 30 juin 2026, Bafoussam dresse un bilan mitig&eacute; mais explicable. Le Maire de la Ville Roger Tafam veut d&eacute;sormais acc&eacute;l&eacute;rer les chantiers, s&eacute;curiser les recettes et transformer les d&eacute;cisions du Conseil en r&eacute;sultats visibles.</p>
<p>Les chiffres n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; maquill&eacute;s. &Agrave; l&rsquo;issue de la double session ordinaire du Conseil de la Communaut&eacute; Urbaine de Bafoussam, tenue les 27 et 28 ao&ucirc;t 2026 sous la pr&eacute;sidence du maire <strong>Roger Tafam</strong>, l&rsquo;ex&eacute;cutif communautaire a livr&eacute; un &eacute;tat des lieux sans d&eacute;tour de l&rsquo;ex&eacute;cution du budget 2026.</p>
<p>Sur une enveloppe globale de <strong>8 288 716 251 FCFA</strong>, le niveau d&rsquo;ex&eacute;cution financi&egrave;re au <strong>30 juin 2026</strong> s&rsquo;&eacute;tablit &agrave; <strong>23,10 %</strong>, pour un taux d&rsquo;ex&eacute;cution physique de <strong>19,29 %</strong>. Un r&eacute;sultat qualifi&eacute; de mitig&eacute;, mais que l&rsquo;ex&eacute;cutif explique notamment par les difficult&eacute;s persistantes li&eacute;es &agrave; la mobilisation des ressources.</p>
<p>Au m&ecirc;me moment, les recettes recouvr&eacute;es s&rsquo;&eacute;levaient &agrave; <strong>2 163 538 112 FCFA</strong>, contre <strong>2 117 048 749 FCFA</strong> &agrave; la m&ecirc;me p&eacute;riode en 2025. Malgr&eacute; cette progression, plus de <strong>3 milliards de FCFA de centimes additionnels et de droits d&rsquo;accises</strong> restent attendus aupr&egrave;s des diff&eacute;rents organismes concern&eacute;s, notamment le FEICOM et le fisc, avec des ressources du quatri&egrave;me trimestre 2025 toujours en attente.</p>
<p>Dans ce contexte, Roger Tafam assume une ligne de conduite fond&eacute;e sur la prudence budg&eacute;taire : les d&eacute;penses sont engag&eacute;es en fonction des recettes effectivement disponibles. Mais le maire ne veut manifestement pas que les contraintes financi&egrave;res deviennent une excuse &agrave; l'immobilisme.</p>
<p><strong>Neuf d&eacute;cisions pour passer du constat &agrave; l&rsquo;action</strong></p>
<p>La double session s&rsquo;est ainsi achev&eacute;e sur l&rsquo;adoption de <strong>neuf d&eacute;lib&eacute;rations</strong>, dont plusieurs ouvrent des perspectives concr&egrave;tes pour la ville.</p>
<p>Parmi les d&eacute;cisions fortes figure le <strong>jumelage avec Reden&ccedil;&atilde;o, au Br&eacute;sil</strong>, qui doit notamment offrir de nouvelles perspectives professionnelles aux <strong>15 &eacute;tudiants de Bafoussam inscrits &agrave; l&rsquo;UNILAB</strong> et appel&eacute;s &agrave; s&eacute;journer prochainement au Br&eacute;sil.</p>
<p>Le Conseil a &eacute;galement act&eacute; la mobilisation de <strong>214 millions de FCFA dans le cadre du projet REDECA</strong>, au b&eacute;n&eacute;fice de Bafoussam, Bertoua et Garoua.</p>
<p>Autre r&eacute;forme notable : la cr&eacute;ation d&rsquo;une <strong>commission de maturation des projets</strong>, destin&eacute;e &agrave; renforcer la pr&eacute;paration technique des investissements avant leur lancement. Une mani&egrave;re de mettre fin aux projets insuffisamment &eacute;tudi&eacute;s avant leur inscription dans la programmation.</p>
<p>Le Conseil a &eacute;galement valid&eacute; la cr&eacute;ation d&rsquo;une <strong>unit&eacute; de suivi de la fiscalit&eacute; locale</strong>, charg&eacute;e de travailler avec les services fiscaux afin d&rsquo;am&eacute;liorer la mobilisation des recettes.</p>
<p>&Agrave; cela s&rsquo;ajoutent l&rsquo;am&eacute;nagement des emprises publiques avec des partenaires priv&eacute;s et une op&eacute;ration de d&eacute;barras des &eacute;quipements et objets encombrants pr&eacute;sents dans les espaces de la Communaut&eacute; Urbaine.</p>
<p><strong>Les grands chantiers restent sous surveillance</strong></p>
<p>Dans son appr&eacute;ciation des travaux, le pr&eacute;fet de la Mifi a salu&eacute; une performance sup&eacute;rieure &agrave; celle enregistr&eacute;e en 2025, tout en rappelant les attentes fortes des populations.</p>
<p>Quatre dossiers concentrent particuli&egrave;rement l&rsquo;attention : <strong>la biblioth&egrave;que multim&eacute;dia, la gare routi&egrave;re de Njinga, le march&eacute; B et la tribune de la Place des F&ecirc;tes</strong>.</p>
<p>Ces projets s&rsquo;inscrivent dans une dynamique plus large port&eacute;e par Roger Tafam depuis son arriv&eacute;e &agrave; la t&ecirc;te de la ville, avec notamment l&rsquo;accueil d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements d&rsquo;envergure nationale, les mariages collectifs, les consultations citoyennes et plusieurs investissements destin&eacute;s au fonctionnement de l&rsquo;administration municipale.</p>
<p><strong>&laquo; Achever, livrer et rendre compte &raquo;</strong></p>
<p>Au terme des travaux, le maire a r&eacute;sum&eacute; la nouvelle exigence en une formule qui donne le ton de la suite : <strong>&laquo; Achever, livrer et rendre compte. &raquo;</strong></p>
<p>Pour Roger Tafam, la performance municipale ne doit plus &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;e uniquement &agrave; l&rsquo;aune des montants consomm&eacute;s, mais &agrave; partir de ce qui change r&eacute;ellement dans le quotidien des habitants.</p>
<p>Le maire a &eacute;galement plac&eacute; la consultation citoyenne du 20 ao&ucirc;t face &agrave; ses responsabilit&eacute;s : les nombreuses attentes exprim&eacute;es par les populations ne doivent pas rester au stade des discours.</p>
<p>Avec le d&eacute;bat d&rsquo;orientation budg&eacute;taire 2027 et le cadrage budg&eacute;taire 2027-2029 d&eacute;sormais pos&eacute;s, Bafoussam entre donc dans une nouvelle s&eacute;quence : <strong>mieux mobiliser, mieux programmer et surtout mieux livrer.</strong></p>
<p><strong><img src="/storage/photos/shares/Special2/Baf3.JPG" alt="" width="933" height="700" /></strong></p>
<p><strong><img src="/storage/photos/shares/Special2/Baf2.JPG" alt="" width="933" height="700" /></strong></p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Evelyne FEUTO</dc:creator>
      <pubDate>2026-08-30 09:28:41</pubDate>
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      <title><![CDATA[ - Bretton Woods en Afrique : 80 ans de pillage ?]]></title>
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      <description><![CDATA[80 ans après Bretton Woods, l'expert camerounais René Ndouma Fils
dresse un bilan accablant du FMI et de la Banque mondiale en Afrique.
Découvrez ses critiques...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>80 ans apr&egrave;s Bretton Woods, l'expert camerounais Ren&eacute; Ndouma Fils dresse un bilan accablant du FMI et de la Banque mondiale en Afrique. D&eacute;couvrez ses critiques et les alternatives des BRICS+.</p>
<p>Cr&eacute;&eacute;es en 1944 pour reconstruire l'Occident, les institutions de Bretton Woods ont-elles vraiment servi le d&eacute;veloppement de l'Afrique ? &Agrave; l'heure des 80 ans du FMI et de la Banque mondiale, l'expert camerounais Ren&eacute; Ndouma Fils porte un r&eacute;quisitoire sans appel et explore les alternatives que sont les BRICS+ et la finance islamique.</p>
<p>Cr&eacute;&eacute;es en 1944 dans la petite ville de Bretton Woods, dans le New Hampshire, le Fonds mon&eacute;taire international et la Banque mondiale devaient reconstruire un monde d&eacute;vast&eacute; par la guerre. Mais l'Afrique, alors colonis&eacute;e, n'&eacute;tait pas &agrave; la table des n&eacute;gociations.</p>
<p>Pr&egrave;s d'un si&egrave;cle plus tard, le bilan est, pour beaucoup, celui d'un &eacute;chec. &laquo; Ces institutions ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es comme bras s&eacute;culiers des &Eacute;tats-Unis pour diriger le monde, r&eacute;guler le monde du point de vue mon&eacute;taire et financier, pour soumettre davantage les pays africains, les piller davantage de mani&egrave;re intelligente &raquo;, affirme sans d&eacute;tour <strong>Ren&eacute; Ndouma Fils</strong>, docteur en sciences de gestion et sp&eacute;cialiste camerounais de la finance digitale.</p>
<p>Alors que les BRICS+ montent en puissance et que la d&eacute;dollarisation s'acc&eacute;l&egrave;re, l'Afrique dispose-t-elle enfin d'alternatives cr&eacute;dibles pour sortir de ce qu'ActionAid qualifie de &laquo; r&egrave;gne colonial &raquo; ?</p>
<h2>Bretton Woods en Afrique : 80 ans de pillage ? L'expert Ren&eacute; Ndouma Fils dresse un bilan accablant</h2>
<h3>1944-2024 : un syst&egrave;me pens&eacute; sans l'Afrique</h3>
<p>En juillet 1944, alors que la Seconde Guerre mondiale touche &agrave; sa fin, 44 pays se r&eacute;unissent &agrave; Bretton Woods, dans le New Hampshire. Leur objectif : jeter les bases d'un nouvel ordre &eacute;conomique et mon&eacute;taire mondial pour &eacute;viter les erreurs de l'entre-deux-guerres. Naissent alors le Fonds mon&eacute;taire international (FMI) et la Banque mondiale.</p>
<p>Mais l'Afrique, majoritairement colonis&eacute;e, n'a pas voix au chapitre. &laquo; Ces institutions visaient avant tout la reconstruction et le d&eacute;veloppement des pays occidentaux sortis de la Seconde Guerre mondiale, et non la stabilit&eacute; financi&egrave;re ou le d&eacute;veloppement &eacute;conomique de l'Afrique &raquo;, rappelle Ren&eacute; Ndouma Fils.</p>
<p>Ce constat historique est partag&eacute; par de nombreuses organisations. ActionAid, qui a publi&eacute; en 2024 un rapport intitul&eacute; Fifty Years of Failure, estime que &laquo; les institutions coloniales comme le FMI et la Banque mondiale n'ont pas leur place au XXIe si&egrave;cle &raquo;. L'ONG y affirme que, malgr&eacute; des d&eacute;cennies de suivis des conseils du FMI, de nombreux pays africains sont en situation de surendettement ou y font face.</p>
<h2>&laquo; Un continent pill&eacute; &raquo; : le r&eacute;quisitoire de Ren&eacute; Ndouma Fils</h2>
<p>L'expert camerounais ne m&acirc;che pas ses mots. Selon lui, l'opinion africaine a &eacute;t&eacute; entretenue dans l'id&eacute;e que ces institutions &eacute;taient l&agrave; &laquo; <strong>pour faire du bien</strong> &raquo; aux Africains, alors que leur mission r&eacute;elle &eacute;tait, selon lui, de maintenir le continent dans la pr&eacute;carit&eacute; et la pauvret&eacute;.</p>
<p><em> &laquo; Ces institutions ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es comme bras s&eacute;culiers des &Eacute;tats-Unis en particulier pour pouvoir diriger le monde, pour r&eacute;guler le monde du point de vue mon&eacute;taire et financier, pour soumettre davantage les pays africains, les piller davantage de mani&egrave;re, on va dire, intelligente. &raquo;</em></p>
<p>Cette critique rejoint celle du Front pour une R&eacute;volution Anti-imp&eacute;rialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), qui publiait en f&eacute;vrier 2025 un rapport intitul&eacute; &laquo; Bretton Woods : 80 ans d'imp&eacute;rialisme &raquo;. Le document y d&eacute;nonce les politiques d'ajustement structurel (PAS) impos&eacute;es dans les ann&eacute;es 1980 et 1990, qualifi&eacute;es d'&laquo; <strong>armes de destruction massive</strong> &raquo; ayant aggrav&eacute; la pauvret&eacute; et d&eacute;mantel&eacute; les services publics. Le FRAPP y mart&egrave;le : &laquo; Loin d'&ecirc;tre un continent aid&eacute;, l'Afrique est en r&eacute;alit&eacute; un continent pill&eacute; &raquo;, citant une fuite massive de capitaux estim&eacute;e &agrave; <strong>1 400 milliards de dollars entre 1980 et 200</strong>9.</p>
<p>Pour Ren&eacute; Ndouma Fils, la r&eacute;ussite d'une mission financi&egrave;re devrait se mesurer &agrave; des crit&egrave;res simples : l'am&eacute;lioration progressive du pouvoir d'achat des citoyens et la mise en place d'une &eacute;conomie inclusive permettant &agrave; chacun de couvrir ses besoins primaires. Un bilan que les institutions de Bretton Woods ne peuvent, selon lui, pas revendiquer.</p>
<h2>Les Programmes d'Ajustement Structurel : un h&eacute;ritage controvers&eacute;</h2>
<p>Au c&oelig;ur des critiques : les Programmes d'Ajustement Structurel (PAS). Impos&eacute;s dans les ann&eacute;es 1980 et 1990 par le FMI et la Banque mondiale, ils conditionnaient les pr&ecirc;ts &agrave; des r&eacute;formes drastiques : privatisation des entreprises publiques, d&eacute;r&eacute;glementation des march&eacute;s, r&eacute;duction des d&eacute;penses sociales et ouverture des fronti&egrave;res.</p>
<p>Les cons&eacute;quences, selon le FRAPP, ont &eacute;t&eacute; d&eacute;sastreuses : effondrement de l'&Eacute;tat, d&eacute;mant&egrave;lement des services publics les d&eacute;penses de sant&eacute; par habitant ont diminu&eacute; de 20 % entre 1980 et 1991 et d&eacute;pendance &eacute;conomique renforc&eacute;e.</p>
<p>Le rapport de l'organisation ActionAid abonde dans ce sens, soulignant que les institutions ont &laquo; historiquement exerc&eacute; un pouvoir disproportionn&eacute; sur les politiques &eacute;conomiques mondiales &raquo;, souvent au d&eacute;triment des communaut&eacute;s marginalis&eacute;es.</p>
<h2>BRICS+ : une alternative cr&eacute;dible ?</h2>
<p>Face &agrave; ce constat, Ren&eacute; Ndouma Fils voit dans la mont&eacute;e des BRICS+ une opportunit&eacute; historique pour l'Afrique. &laquo; Dans un monde multipolaire, &eacute;videmment, il doit forc&eacute;ment y avoir des &eacute;l&eacute;ments qui permettent de constater qu'il y a &eacute;galement un nouvel ordre mon&eacute;taire et financier qui se met en place &raquo;, affirme-t-il.</p>
<p>Les BRICS+ (Br&eacute;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, rejoints r&eacute;cemment par l'&Eacute;gypte, l'&Eacute;thiopie, l'Iran et les &Eacute;mirats arabes unis) repr&eacute;sentent d&eacute;sormais 41 % de la population mondiale et 31,5 % du PIB mondial en parit&eacute; de pouvoir d'achat.</p>
<p>L'expert cite deux pistes concr&egrave;tes :<br />- <strong>La Nouvelle Banque de D&eacute;veloppement (NBD)</strong> , cr&eacute;&eacute;e en 2015 comme alternative &agrave; la Banque mondiale. Depuis sa cr&eacute;ation, elle a approuv&eacute; plus de 33 milliards de dollars pour des projets d'infrastructure.<br />- <strong>Le fonds de r&eacute;serve des BRICS (CRA)</strong> , alternative au FMI.</p>
<p><em>&laquo; Il y a donc ces possibilit&eacute;s offertes par les BRICS Plus et les institutions financi&egrave;res et mon&eacute;taires au sein des BRICS+ &raquo;, souligne-t-il.</em></p>
<h2>La finance islamique : une autre voie</h2>
<p>L'expert camerounais &eacute;voque &eacute;galement la finance islamique comme une source de diversification, aliment&eacute;e notamment par des fonds &eacute;tatiques arabes. Ce syst&egrave;me, qui interdit l'usure et les investissements dans des secteurs contraires &agrave; l'&eacute;thique, a connu une croissance spectaculaire : ses actifs mondiaux ont d&eacute;pass&eacute; 3 000 milliards de dollars en 2024.</p>
<p>Des instruments comme les <strong>Sukuk</strong> (obligations islamiques) ont d&eacute;j&agrave; financ&eacute; des projets d'infrastructure dans de nombreux pays, de l'Indon&eacute;sie &agrave; l'Afrique du Sud qui a lev&eacute; 500 millions de dollars via ce m&eacute;canisme.</p>
<h2>Vers un nouvel ordre mon&eacute;taire et financier ?</h2>
<p>La d&eacute;dollarisation, processus par lequel les pays r&eacute;duisent leur d&eacute;pendance au dollar am&eacute;ricain, est une autre tendance de fond que les BRICS+ entendent acc&eacute;l&eacute;rer. Plus de 80 pays cherchent d&eacute;sormais &agrave; diversifier leurs r&eacute;serves et leurs &eacute;changes hors du dollar.</p>
<p>Pour Ren&eacute; Ndouma Fils, ces &eacute;volutions sont les signes d'un changement de paradigme. &laquo; Dans un monde multipolaire, il doit forc&eacute;ment y avoir des &eacute;l&eacute;ments qui permettent de constater qu'il y a &eacute;galement un nouvel ordre mon&eacute;taire et financier qui se met en place &raquo;, r&eacute;p&egrave;te-t-il.</p>
<h2>Un appel &agrave; la souverainet&eacute; &eacute;conomique</h2>
<p>Le message de l'expert camerounais est clair : l'Afrique doit <strong>reprendre son destin en main</strong>. Comme l'appelle le FRAPP, il est temps de &laquo; se lib&eacute;rer de l'emprise des institutions de Bretton Woods &raquo; et de construire &laquo; des mod&egrave;les alternatifs, endog&egrave;nes et adapt&eacute;s aux r&eacute;alit&eacute;s africaines &raquo;.</p>
<p>&laquo; <strong>Le temps de la soumission est r&eacute;volu</strong> &raquo;, mart&egrave;le le rapport du FRAPP. Et Ren&eacute; Ndouma Fils, par son expertise en finance digitale, apporte une voix autoris&eacute;e &agrave; ce mouvement de fond qui traverse le continent.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-08-29 01:39:43</pubDate>
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