Après les changements à l’Assemblée nationale et au Sénat, à quand le nouveau gouvernement ?
© Camer.be : Ben BATANA | 19 mars 2026 12:56:28 | 3068Depuis deux jours, l’actualité est rythmée par les nouvelles configurations des chambres haute et basse du Parlement. Ces changements majeurs laissent présager des modifications au sein de l’appareil de l’État. Dès lors, les regards se tournent vers le président de la République et sa promesse de formation d’un nouveau gouvernement.
Une actualité ciblée, impulsée par le Parlement, où chaque rédaction va de sa sensibilité éditoriale et de sa propre vision des choses. Le constat est clair et se passe de commentaire : le Cameroun entre dans une ère de mutations profondes, notamment dans sa configuration politique. Les analystes parlent d’une redistribution des cartes au sommet de l’État, faisant allusion aux récentes élections des nouveaux bureaux au Sénat et à l’Assemblée nationale. Ces dernières viennent mettre fin à un ordre préétabli depuis 34 ans à l’Assemblée et depuis 8 ans au Sénat. L’équilibre régional, notion de gouvernance chère à Paul Biya, vient de connaître des modifications notables.
C’est notamment le cas pour le pouvoir dans le Septentrion, base électorale du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), au pouvoir à Yaoundé depuis 1982. Intégration, journal paraissant dans la capitale politique, titre : « La fin d’un symbole kirdi, l’ascension de l’élite islamo-peule ». Pour l’hebdomadaire, on croyait la page tournée, mais le remplacement de Cavaye Yéguié Djibril figure politique majeure du Septentrion par le lamido de Rey-Bouba agit comme un révélateur brutal. Au-delà d’un simple changement d’homme, c’est toute une bataille historique pour le leadership régional qui resurgit entre les élites islamo-peules et les communautés kirdis.
Pourtant, la communauté Kirdi de Tokombéré (localité d'origine de Cavaye Yéguié dans le Mayo-Sava) renouvelle son soutien au président Paul Biya. Dans une déclaration rendue publique ce 18 mars 2026, l'élite de cette communauté accueille avec « hauteur de vue et esprit républicain » le changement intervenu à l'Assemblée nationale.
Avec un Parlement ainsi « relooké », commence la redistribution des cartes qui dessinera sans doute l’ossature et le profil des nouveaux dirigeants du pays. Paul Biya lui-même l’avait annoncé lors de son discours-programme, pendant sa prestation de serment à l’ouverture du nouveau septennat. Depuis lors, les Camerounais piaffent d’impatience. Sur le sujet, Le Témoin, un autre journal de Yaoundé, s’interroge : « Où est passé le gouvernement ? ». Le journal explique : « Mardi dernier, le Cameroun institutionnel a offert un double coup de théâtre feutré : de nouveaux visages ont pris les rênes du Sénat et de l’Assemblée nationale, dans une mise en scène maîtrisée du renouveau parlementaire. Un frémissement ? À peine perceptible. Car dans la rue comme dans les cercles d’analyse, l’attention demeure résolument tournée ailleurs : vers ce remaniement ministériel annoncé, commenté, espéré… mais toujours absent. »
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