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GéOPOLITIQUE

Niger : après l’attaque de Niamey, des accusations qui enflamment le Sahel

L’aéroport de Niamey, cœur stratégique du Niger, a été la cible d’une attaque d’une rare audace. Dans la nuit du 28 au 29 janvier, des tirs nourris et des explosions ont retenti pendant près de deux heures près de la base aérienne 101, abritant des drones et le quartier général d’une force militaire régionale. La réponse des forces nigériennes, appuyée par des partenaires russes selon le régime, a fait vingt morts parmi les assaillants.

Plutôt qu’aux groupes jihadistes actifs dans la région, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir depuis 2023, a directement imputé l’assaut à des États étrangers. Dans une déclaration véhémente sur la radio publique, il a nommément désigné les présidents français Emmanuel Macron, béninois Patrice Talon et ivoirien Alassane Ouattara comme les « sponsors » de ces « mercenaires télécommandés ». Le pouvoir nigérien affirme qu’un Français figurait parmi les assaillants tués, une affirmation non étayée par des preuves publiques.

Ces graves accusations, immédiatement rejetées par le Bénin qui les qualifie de « non-sens », interviennent dans un contexte de tensions régionales exacerbées. Elles risquent de torpiller les fragiles efforts de médiation de la CEDEAO et durcissent un peu plus la fracture entre le Niger et ses anciens partenaires occidentaux. Depuis le coup d’État, la junte a expulsé les armées française et américaine pour se tourner vers Moscou.

Le groupe État islamique a finalement revendiqué l’attaque, contredisant la thèse officielle de Niamey. Cette revendication confirme la menace terroriste persistante dans un Sahel en crise, où les attaques ont fait près de 2000 morts rien qu’au Niger en 2025. L’aéroport, qui abrite aussi un important stock d’uranium au centre d’un litige avec la société française Orano, symbolise tous les enjeux sécuritaires et économiques de la région.

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU appelle à un partenariat renforcé pour lutter contre le terrorisme en Afrique, cette crise illustre un dangereux mélange : l’instabilité jihadiste sert-elle de prétexte à un règlement de comptes géopolitique, au détriment de la sécurité des populations ?

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