RECIT DE GUERRE : LE COMBAT DE JOSEPH KOULAYA
© AFRIKSURSEINE : Calvin DJOUARI | 04 nov. 2024 23:16:02 | 5136Cette œuvre sera sans doute la plus belle que j’aie écrite au cours de ces dix dernières années, un hommage vibrant dédié à un patriarche qui a su captiver mon admiration et toucher mon cœur par son courage et sa résilience face à la vie. court extrait :
» Pourtant, ceux qui en savaient un peu plus chuchotaient des récits troublants : un peuple puissant voulait s’emparer du monde, et si ce dernier triomphait, il pourrait menacer jusqu’à notre existence même. Puis on nous montra des photographies de Paris et de Marseille, de ces villes lointaines aux rues pavées et aux monuments majestueux. Ce fut là, alors que les premières lueurs du danger s’insinuaient en nous, qu’un homme de haute stature entra dans notre salle de classe. En uniforme militaire, il avait une allure impressionnante qui fit briller les yeux de chacun d’entre nous. Sa tenue impeccable nous fascinait ; il était comme un héros sorti d’un conte.
Il s’avança, prit une profonde inspiration et, d’une voix grave, nous annonça : « J’ai une mauvaise nouvelle. La France a perdu une bataille et a besoin de renfort. Il faut des hommes, des volontaires pour combattre, pour sauver notre patrie. » À cet instant, un souffle moral me traversa l’esprit. Avant même de réfléchir, ma main se leva, instinctive et décidée. D’autres camarades me suivirent, l’ardeur dans le regard. Nous étions désormais huit à nous tenir côte à côte, portés par cette même fièvre, unis par un étrange sentiment de devoir. Lorsque nous sortîmes, nous découvrîmes d’autres jeunes, venus des contrées voisines, qui s’étaient également portés volontaires.
Ils attendaient en rang dans la cour poussiéreuse de l’école, les visages graves, les cœurs battant de ce même frisson d’inconnu. Quelques minutes plus tard, un camion vint nous chercher pour nous conduire au camp militaire, et alors que nous montions, nous sentions déjà nos vies se transformer. Ce simple matin, dans la lumière douce de notre enfance, devenait la porte vers un destin que nous n’avions jamais imaginé. «
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