Tous les discours de condamnation des événements de Genève n’apportent aucune solution
© Correspondance de : Venant Mboua | 01 juil. 2019 11:15:00 | 3358Ce danger que nous cultivons.
Tous les discours de condamnation ou de célébration émotives des événements de Genève n’apportent aucune solution aux problèmes de l’heure. En 1990, le dialogue politique nationale a été déclaré sans objet par les tenants du pouvoir.
Depuis au moins une décennie, nous implorons l’organisation d’une transition systémique mais les tenants du pouvoir, leurs adjuvants à la tête de certains partis politiques nous rient au nez. Depuis 2016, le nombre de Camerounais pleurant et suppliant une fois de plus le pouvoir pour un dialogue politique national s’est multiplié par 10 au moins, il nous a été répondu qu’on ne dialogue pas avec des terroristes, qu’il faut aller aux élections et choisir les dirigeants que nous voulons.
Aujourd’hui, fatigués ou empêchés de se battre sur leur propre seuil, les Camerounais si fiers de leur territoire Un et Indivisible se retrouvent (divisés en deux camps nerveux) à se faire la guerre en territoire étranger.
Il est désormais clair qu’il y a trois Cameroun:
- le Cameroun de la conservation du pouvoir (le Rdpc, ses partis alliés, les partis opposés à la détermination de l’opposition pro Kamto, les citoyens apeurés).
- le Cameroun de l’opposition radicale, intransigeante sur ses exigences, et qui, malgré ses divergences, se retrouvent dans le même camps: le MRC et ses alliés, la diaspora activiste (BAS et autre) et le Stand Up For Cameroon.
- le Cameroun anglophone, pro sécession mais qui jubilerait bien pour un Cameroun fédéral. Ce Cameroun est engagé dans la lutte armée qui ne finira pas sans un accord qui lui donne satisfaction.
Pour ceux qui entendent parler des guerres dans d’autres pays africains et qui s’imaginent que ça ne peut pas arriver chez nous, j’ai une mauvaise nouvelle :c’est toujours ainsi que les choses ont commencé chez les autres.
Nous sommes en danger. Véritablement. S’installer dans un bureau et écrire les motions de condamnation; être derrière un clavier et célébrer les actions de la BAS; s’indigner du radicalisme d’un parti ou s’en prendre à “l’ethnofascisme” ne suffisent plus. Il faut agir pour exiger sans concession, une transition systémique. Seule une transition consensuelle pourra nous sauver du danger que nous avons cultivé depuis des décennies.
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