Sur la gifle de la sous-préfète
© Correspondance : Dieudonné Essomba | 24 janv. 2020 16:04:00 | 4776Dans un Etat segmentaire, qu’est-ce qu’un représentant de l’Etat central allait faire dans un lycée qui est une institution de niveau régional ?
Le Cameroun a adopté la décentralisation en 1991 lors de la Tripartite et l’a constitutionalisée en 1996. Et dans cette décentralisation, il est bien dit que l’Etat s’occupe des universités, et les régions s’occupent des lycées et que les communes s’occupent des écoles.
C’est écrit noir sur blanc.
Qu’est-ce qui, en 2020, peut encore pousser une dame, se présentant comme le représentant du président de la République lui-même, autrement dit, de l’Etat central, à aller gifler un enseignant de lycée ? On en devrait avoir aucun lien !
Ce problème relève clairement des autorités régionales élues ayant des comptes à rendre à la population locale du comportement de leurs propres représentants, et non d’une autorité désignée par un président lointain, érigé en divinité et qui, aujourd’hui, est le seul interpellé !
Car, c’est lui qui doit décider de la conduite à tenir, et lui-seul ! C’est lui-seul qui peut maintenir la dame à son poste, la muter, la promouvoir ou la punir !
C’est lui-seul qui peut dire : « Il n’y a rien » et il n’y aura rien ! Et s’il dit qu’il y quelque chose, il y aura quelque chose ! Comment les Camerounais peuvent se contenter d’un modèle constitutionnel, où un seul individu décide de toute leur existence ?
C’est clairement de la folie !
Ce modèle ne garantit pas l’Etat et contrairement à ses soutiens ne valorise pas le président de la République. On ne peut pas imaginer un Etat crédible lorsqu’il est interpellé à chaque bisbille, y compris les choses qui auraient dû relever intégralement des niveaux inférieurs.
A l’époque de la « décentralisation accélérée », les sous-préfets n’ont rien à foutre dans les lycées et dans les Ecoles !
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