Paul Biya : Le chaos en héritage
© Quotidien Emergence : Hervé Ndombong | 06 nov. 2019 07:57:00 | 3253Le régime de Yaoundé est face à diverses situations d’insécurité auxquelles se greffent de nouvelles crises au fil des jours.
La fin de règne de Paul Biya est très agitée, animée par de multiples facteurs malheureux dus à des décennies de mal gouvernance et de frustrations qui se sont accumulées. L’un des effets de cette mal gouvernance, c’est la catastrophe de Gouache à Bafoussam qui est encore fraîche dans les mémoires. Bilan officiel, 43 morts et de nombreux blessés. Les populations ont construit sur des flancs de montagne, tandis que les pouvoirs publics ont laissé faire, se contentant de ternes mises en garde. Résultat des courses, des familles entières décimées. Le Cameroun refuse d’apprendre de ses erreurs passées, et se contente toujours de venir colmater les blessures, sans jamais les prévenir.
Pendant ce temps, c’est le vivre-ensemble qui est laminé. L’opposition Rdpc-Mrc démontre combien le pays est profondément divisé. La journée du 02 novembre 2019 restera gravée dans la mémoire des populations de la région du Sud, région d’origine du Chef de l’Etat Camerounais. Le mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) y a essayé une percée qui a donné lieu à des scènes de violences entre les responsables du parti politique de l’opposition et les autorités administratives. Pour la circonstance, le Mrc s’est frotté au courroux de la population qui n’est pas allée de mainmorte : jet d’eau, insulte de tout genre, etc. Le parti entend conquérir contre vents et marées un large électorat, en dépit des intimidations du régime qui, une fois encore, a interdit les manifestions politiques du parti de l’opposition à Douala, à Yaoundé et dans la région du Sud.
La violation des droits de l’homme couplée au rejet des libertés publiques, crée un climat de tension permanent, ce, sur fond de tribalisme. A force d’avoir manipulé pendant longtemps la carte tribale, les effets pervers sont en train de pousser le pays dans le gouffre. Le portail des camerounais de Belgique. Les affrontements ne sont plus rares. Ce qui remet également en lumière l’incident des 09 et 10 octobre derniers dans la région du Sud. Sangmélima a justement été le théâtre de violents affrontements intercommunautaires entre les fils du terroir et les communautés Bamoun et Bamiléké. C’est le décès d’un natif du coin et le vol d’une moto qui ont causé une vive confusion entre les différentes communautés, ayant conduit à l’embrasement de la ville.
Les communautés en opposition, toutes aussi remontées les unes contre les autres, ont été à l’origine de la destruction de plusieurs commerces. Une réunion d’urgence a même été convoquée le lendemain des faits.
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