Pas d’influence sur la justice
© Cameroon Tribune : BADJANG Ba NKEN | 07 juil. 2016 12:04:50 | 5032Paul Biya a usé de ses prérogatives constitutionnelles, après avoir laissé les juges faire leur travail.
Répondant le 3 juillet 2015 à une question de Pierre Boisselet de Jeune Afrique, relative à ce qui pouvait être fait à la suite de la confirmation de la condamnation de Me Lydienne Eyoum Yen par la Cour suprême, le président Paul Biya avait conclu son propos en ces termes : « Je verrai ce que je pourrai faire si tel est le souhait de l’intéressée. Et si la Constitution me donne les moyens de faire quelque chose, c’est de bon cœur que je le ferai le moment venu ».
Afin d’édifier les nombreux journalistes de la presse internationale qui accompagnaient alors le président François Hollande en visite d’Etat au Cameroun sur l’effectivité de la séparation des pouvoirs dans son pays, le président Paul Biya avait souligné que « La justice au Cameroun est totalement indépendante ». Et d’ajouter : « Même s’il arrivait à l’exécutif de vouloir l’influencer, l’exécutif ne réussirait pas. C’est dire que j’ai assisté comme tout le monde à la sortie du verdict concernant cette personne ».
L’affaire Lydienne Yen Eyoum ayant été à tort présentée par certains comme une affaire à connotation politique, le président de la République a saisi l’occasion qui lui était offerte pour la restituer dans son cadre. Celui de la lutte contre la corruption, dont il a fait une des priorités de son action à la tête de l’Etat. Et pour montrer qu’il y a bien eu atteinte à la fortune publique, Paul Biya a fait un bref rappel des faits.
« L’avocate en question avait été chargée de récupérer une somme de deux milliards de F auprès d’une banque pour la déposer au Trésor. Au lieu de déposer les deux milliards de F, elle n’a déposé qu’un milliard de F et c’est là-dessus que les services l’ont poursuivie. La justice a suivi son cours et la Cour suprême a pris une décision ».
Un an après la visite d’Etat de François Hollande au Cameroun, Paul Biya, usant des prérogatives que lui confère la loi fondamentale a, dans un timing dont il est le seul juge, décidé de prendre une décision discrétionnaire.
En accordant une remise totale de la peine restant à purger par l’avocate condamnée par le Tribunal criminel spécial à 25 ans de prison en septembre 2014. Ce qui coupe court aux analyses tendancieuses qui s’acharnaient à victimiser une justiciable de droit commun reconnue coupable de détournement de deniers publics. A l’issue d’un procès juste et équitable.
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