Cameroun: Nous serons ce que nous aurons fait de notre passé, comment allons-nous gérer le lourd héritage de Paul BIYA? Par Prof Vincent-Sosthène FOUDA
© Correspondance : Prof Vincent-Sosthène FOUDA | 30 juil. 2017 18:56:01 | 5982La construction identitaire nationale chez les Camerounais d'aujourd'hui est intimement liée aux changements politiques intervenus en 1982 avec l’arrivée de Paul Biya au pouvoir.
Ce régime long de 35 ans a provoqué un changement de paradigme d'un modèle social et culturel, imprégné d'un nationalisme extrême, à un modèle civique et politique d’un élitisme extrême qui valorise davantage les clans!, provoque de l’intolérance et un manque d'ouverture entre les communautés d’une même nation. L'histoire des peuples du Cameroun ou, surtout, le désir de construire une histoire commune partageant les mêmes valeurs constitue l'ingrédient de base de l'identité camerounaise sur lequel doivent s’appuyer les projets politiques, culturels et économiques du Cameroun de demain, celui de l’après Biya.
Dans ce sens, le manuel d'histoire destiné aux écoles est essentiel car, avec les autres moyens d'éducation et d'(in)formation, il aidera à bâtir la conscience identitaire et contribuera à structurer la mémoire des futurs citoyens camerounais. De plus, parallèlement à la tentative de réaffirmer le besoin politique de construire une identité commune dans le nouvel édifice camerounais, devra surgir le désir d'un travail de démystification du passé.
Il me semble qu’une attention particulière devra être accordée à la problématique de l’unité nationale qui a tant souffert sous les deux premiers régimes, notamment dans la manipulation de l’histoire, la censure politique et l’intervention du politique dans le domaine l’enseignement. Il faudra aussi aider les camerounais à acquérir une culture nationale et l’école et les médias auront un rôle différent de celui qu’ils ont aujourd’hui. Nous serons ce que nous aurons fait de notre passé, comment allons-nous le gérer ?
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