Cameroun: Alice Sadio "Ma réponse au professeur Claude Abe "
© Correspondance : Alice SADIO | 26 nov. 2018 17:02:00 | 6754Ma réponse au professeur Claude Abe qui indexe ceux qui selon lui prétendent être les tenants de l'économie camerounaise alors qu'à la réalité, ils en sont les fossoyeurs car ne s'acquittant pas de leurs obligations fiscales :
Ce sont ceux qui abordent le drame socioéconomique camerounais sous le prisme du communautarisme qui sont hors sujet.
Le problème étant éminemment systémique car le régulateur par excellence de l'ordre sociétal c'est l'État. Il ne saurait donc se prévaloir de ses propres turpitudes. Il ne saurait avoir d'ami encore moins d'ennemis. Or la complicité voire la coaction entre le système gouvernant et certains opérateurs économiques qui est de notoriété publique se fonde sur un malicieux partenariat "gagnant-gagnant" avec pour "principe" la tactique du "tu me tiens je te tiens..."
Aux lendemains des années de braise, on sait exactement et nommément que ceux qui ont eu droit aux redressements fiscaux à tort ou à raison étaient exclusivement ceux qui avaient eu l'outrecuidance d'octroyer une bouffée d'oxygène à l'opposition. Les victimes avaient alors très vite retenu la leçon selon laquelle nous étions dans un État policier.
D'où la course à des postes électifs les plus basiques qui soient...(maires conseillers municipaux, etc.), histoire d'arborer de manière non équivoque sont appartenance au "bon parti". Sans oublier les " contributions" au forceps pour la gloire du Parti-État et la longévité au pouvoir du "Grand camarade"...
C'est à ce point d'achoppement que l'économie du pays amorça sont déclin dont la partie visible aujourd'hui est l'incapacité pour nos entreprises d'être quotés sur des places boursières sérieuses. Car là bas, c'est la performance objectivement quantifiée qui est le dénominateur du classement, loin des micmacs politiciens. Et c'est le développement de tout un pays qui trinque... Depuis bientôt 4 décennies.
À qui la faute ? Au système bien-sûr. Au gouvernant, avec sa tactique du " chat et de la souris " du faux, de la corruption généralisée, des pots de vins, qui ôtent toute sérénité au climat des affaires. Sans oublier la gouvernance de l'attentisme, du doute, du goulot d'étranglement, de la peur permanente de l'écroulement tel un château de carte d'une administration dont un seul mortel a fini par s'imposer comme étant la cheville ouvrière... Tout le monde est suspendu au moindre "coup de tête" du Prince.
Aucune corporation, aucune ethnie en particulier n'en n'est donc responsable.
Ni l'ethnie du "pays organisateur" encore moins l'ethnie préjugée " coupable " de tout ce qui ne tourne pas rond chez nous. Le pays étant bel et bien dirigé ou bien ? Pour parler comme nos frères ivoiriens.
Voilà pourquoi je fais mienne cette pensée de MonoNdjana qui postule qu'il n'y a en fin de compte que deux ethnies au Cameroun. À savoir, "l'ethnie" des laissés pour compte qui n'ont ni eau, ni électricité, ni soins de santé basiques, ni écoles décentes pour leurs enfants, etc. d'une part, et d'autre part, "l'ethnie" les prévaricateurs, des fossoyeurs de la République qui ont droit à un avion médicalisé au moindre petit bobo, qui ne boivent pas de la même eau que tout le reste.
Telles sont les deux " ethnies" qui devraient objectivement, intelligemment se regarder en chien de faïence, instinct de survie obligeant.
Sachant que des originaires de chacune des 260 ethnies anthropologiques se recrutent dans les deux "ethnies" classiales sus citées.
Toute autre lecture ne reviendrait ni plus ni moins qu'à condamner sans jugement discerné la véritable victime qu'est l'ethnie majoritaire, j'ai nommé le peuple d'en bas, les gouvernés. Ce serait alors la condamnation de trop...
Patriotiquement !
Alice Sadio.
Commentaires
Lire aussi
1er octobre : Balla appelle au dialogue et au fédéralisme
Mbanya : le sanctuaire traditionnel au cœur du bras de fer administratif du Canton Akwa
Cameroun-FMI : Se préparer à un nouveau programme d'ajustement structurel
Cameroun : l’éditorial qui dénonce un mandat à l’arrêt
Douala : un hôtel de luxe à 220 milliards dans un pays sans routes
Recensement Cameroun 2026 : le fiasco d'un pays qui ne sait plus se compter
Le piège que Biya s'est tendu avec la vice-présidence
Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de résilience qui masque la misère
Saccage des ambassades : La lettre ouverte Shanda Tonme à certains compatriotes de la diaspora
Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
il y a un mois
il y a un an