Verdict Ngarbuh : La justice camerounaise face à ses responsabilités militaires
© Camer.be : Toto Jacques | 16 janv. 2026 09:22:41 | 3083La vérité a fini par s'imposer entre les murs du tribunal militaire de Yaoundé. Le 15 janvier 2026, l'institution a rendu un verdict historique en condamnant trois soldats et un milicien peul pour leur implication directe dans le massacre de Ngarbuh. Ce drame, survenu en février 2020 dans la région du Nord-Ouest, reste l'une des cicatrices les plus profondes du conflit séparatiste qui déchire le pays.
Le tribunal a reconnu les accusés coupables de meurtre, d'incendie volontaire et de destruction de biens. Le bilan de cette opération, initialement qualifiée de simple incident par les autorités, est effroyable avec vingt-trois civils exécutés, dont quinze enfants et deux femmes enceintes. Cette condamnation brise enfin le mur de l'impunité qui entourait souvent les opérations de la crise anglophone au Cameroun.
Le chemin vers ce jugement fut long et sinueux. On se souvient qu'au lendemain des faits, le gouvernement avait hâtivement dénoncé des fausses informations. Il aura fallu une pression internationale sans précédent et une commission d'enquête présidentielle pour que l'État admette que des éléments incontrôlés avaient orchestré l'attaque puis tenté de masquer les preuves en brûlant des habitations.
Cette décision judiciaire s'inscrit dans un contexte de surveillance accrue par les instances internationales. Le verdict démontre une volonté de restaurer la crédibilité des forces de défense tout en adressant un signal fort aux groupes armés et aux milices locales. La question de la réparation pour les familles des victimes reste désormais au centre des préoccupations humanitaires.
Bien que les sentences précises ne soient pas encore prononcées, la culpabilité établie des militaires marque une rupture avec la culture du silence. Ce procès pourrait servir de boussole pour les futurs dossiers de violations des droits de l'homme. La transparence de cette procédure sera le baromètre de la réconciliation nationale tant espérée par la population civile.
Le verdict de Yaoundé suffira-t-il à restaurer durablement la confiance entre l'armée et les populations des régions anglophones ?
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