Transport en commun : La surcharge fait de la résistance
© Mutations : Rosine Ntolo | 22 mai 2017 10:45:16 | 4776Pourtant réprimée par la loi, les usagers ont fini par s’accommoder à cette pratique.
Au lieu-dit Atangana-Mballa (Yaoundé), dans une petite gare routière de fortune, un petit véhicule ralliant MvogMbi à Ahala, une petite bourgade enclavée des environs, est sur le départ. A l’intérieur, huit adultes, des bagages à l’arrière et au-dessus de la voiture, ce 18 mai 2017. «Ce n’est que normal. Nous n’avons pas le choix. Les routes qui desservent nos quartiers sont mauvaises. Rare sont les véhicules qui acceptent de s’y rendre. Si nous boudons, comment allons nous nous y rendre ?», explique tranquillement une passagère.
Cela se voit pourtant que le chauffeur est mal installé et qu’il doit faire une gymnastique inappropriée pour passer les vitesses. Pour les besoins de la cause, il n’hésite pas à frôler au passage les jambes des clients et pourquoi pas, leur demander de soulever de temps à autre leur fessier pour la manœuvre.
Passer trente minutes devant un arrêt taxi dans la capitale politique permet de constater que la pratique est bien enracinée. Le siège avant du taxi réservé à un seul client en prend deux. C’est ancré dans les mœurs des populations au point où on ne s’en plaint plus.
«C’est devenu une habitude. Il est quasiment impossible de se déplacer, assis seul sur le siège avant. Même si vous proposez une forte somme, les taximen vous «bâchent». Si vous insistez, le chauffeur vous demande de descendre de sa voiture et d’aller acheter la vôtre», déclare Valentin Matoum, étudiant à l’Université de Yaoundé I et habitué des taxis. La situation n’est guère reluisante du côté des motos taxis.
Sur de courtes distances ou sur des distances éloignées, les clients sont mis par trois, quatre, voire plus, lorsqu’il s’agit d’un déplacement familial. «La surcharge sur les motos est une gangrène. Parce qu’il pleuvait, j’ai proposé au conducteur de ne pas me surcharger. Il m’a demandé de payer les autres places. Ce que j’ai fait pour être à l’aise», se souvient Léonie, habitante du quartier Mimboman.
Interpellés sur ce phénomène qui à fait son nid dans le transport urbain et interurbain, les automobilistes rejettent la faute sur les clients, et sur le prix du carburant qui varie sur le marché. «Les clients ne paient pas bien le taxi. Le tarif c’est 250 Fcfa, mais vous verrez certains proposer 100 Fcfa. Pour faire des recettes, nous sommes obligés de surcharger les clients», avoue Désiré Olinga, chauffeur de taxi. Une situation qui tend à augmenter les risques d’accidents dans la capitale.
«La surcharge est à l’origine de nombreux cas d’accidents. Lorsque le chauffeur est en situation de gêne, cela limite les manœuvres en cas de danger. De plus, cela abîme sa source de revenus. Un chauffeur consciencieux prendrait donc soin de son véhicule», explique Benjamin Tchapouong, directeur d’une auto école. Cette infraction est d’ailleurs punie d’une amende de 25. 000 Fcfa pour les contrevena
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