Mayo-Tsanaga : Deux morts dans une attaque de Boko Haram
© Mutations : Jacques Kaldaoussa | 10 juin 2019 12:09:00 | 3276Des témoignages concordants des populations confirmés par les sources sécuritaires et administratives, révèlent que de violents affrontements ont opposé les combattants de la secte Boko Haram aux forces de sécurité camerounaises dans la nuit du 8 juin dernier aux environs de 19h à Nguétchéwé. Cette localité de l’arrondissement de Mayo-Moskota, département du Mayo-Tsanaga est limitrophe d’à peine sept kilomètres avec le Nigeria. Les assaillants lourdement armés et à bord de motos ont fait irruption dans la ville, visiblement dans le but de piller le village. Les soldats du poste avancé de Nguétchéwé, aidés des membres des comités de vigilance leur ont opposé une franche résistance. Des échanges de coups de feu ont été entendus durant presque 30mn.
Face à la puissance de feu des forces de défense qui étaient déjà sur le qui-vive depuis quelques jours, les combattants de Boko Haram ont été énergiquement repoussés par les éléments du 42e bataillon d’infanterie motorisée du poste avancé de Nguétchéwé. Malheureusement, dans le cafouillage qui s’en est suivi cette nuit, deux villageois ont été tués. Il s’agit des nommés Abba Pelé qui a succombé à ses blessures et Digui Jacques mort d’un arrêt cardiaque. Les assaillants ont également emporté deux motos. On dénombre près de cinq blessés parmi les villageois.
Deux combattants de Boko Haram ont été capturés et sont en exploitation. « Nous avons été en alerte et on a signalé à temps leur infiltration dans le village aux forces de défense. C’est ce qui leur a permis de repousser les assaillants », confie un membre du comité de vigilance. La localité de Nguétchéwé est réputée tristement célèbre pour avoir été l’une des premières portes par lesquelles Boko Haram a commencé les incursions en territoire camerounais. Le cas le plus illustratif est l’enlèvement du curé de cette paroisse, le prêtre d’origine française Georges Vandenbeusch dans la nuit du 13 au 14 novembre 2013. Conduit au Nigeria dans la forêt de Sambissa qui est le principal repaire de la secte, il sera libéré le 31 décembre 2013 après négociations.
Nguétchéwé est également connu pour avoir enregistré un attentat kamikaze très tôt le matin du 18 janvier 2018, perpétré par deux terroristes de Boko Haram à la sortie d’une mosquée à Nguetchéwé au quartier Adji, faisant quatre morts et trois blessés graves.
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