Le meurtre de Mama Mado à Nkongsamba : quand une communauté perd l'une de ses âmes les plus aimées
© Camer.be : Toto Jacques | 25 mai 2026 00:50:07 | 3321La ville dort, ou presque. Dans le secteur dit "Pays-Bas" de Nkongsamba 1er, une femme de 68 ans rentre à pied après avoir participé à une veillée funèbre. Elle connaît le chemin. Elle connaît les gens. Elle n'a pas de raison d'avoir peur.
Mais des individus l'ont repérée. Ils ont attendu le bon moment.
Maman Monoue Madeleine, Mama Mado pour tous ceux qui la connaissent est attaquée par surprise. Elle est frappée à l'arme blanche, poignardée sauvagement, puis dépouillée de ses biens. Ses agresseurs prennent la fuite.
Elle est retrouvée dans un état critique. Elle ne survivra pas.
"Mama Mado" : le portrait d'une femme aimée
Dans le quartier Bonangoh, où elle était installée depuis de nombreuses années, Maman Monoue Madeleine était une figure.
Commerçante de profession, elle faisait partie de ces piliers discrets mais essentiels qui font vivre les quartiers populaires africains. Ceux qui ouvrent tôt, ferment tard, connaissent tous les clients par leur prénom, accordent parfois crédit à ceux qui en ont besoin. Des personnes dont l'absence, le jour où elle survient, laisse un vide que rien ne comble vraiment.
À 68 ans, elle avait traversé des décennies. Elle avait construit quelque chose pas un empire, mais une vie digne, utile, respectée.
La nuit du 22 mai, tout cela a été arraché en quelques minutes. Pour quelques biens matériels.
L'intervention des forces de l'ordre
Alertées rapidement après les faits, les forces de l'ordre camerounaises sont intervenues. Plusieurs suspects ont d'ores et déjà été interpellés dans le cadre de l'enquête ouverte suite au meurtre.
Trois autres individus restent activement recherchés à l'heure où ces lignes sont publiées. Les autorités compétentes de Nkongsamba ont été saisies. L'enquête est en cours.
L'efficacité relative de la réaction policière initiale constitue un élément positif mais pour les proches de Mama Mado, les arrestations partielles ne suffiront pas à combler la douleur.
La question qui hante Nkongsamba
Ce crime pose une question que les habitants de Nkongsamba formulent depuis des années, mais rarement dans les médias : qui protège les personnes les plus vulnérables lorsqu'elles circulent la nuit ?
Une femme de 68 ans. En chemin de retour d'une veillée funèbre. Dans son propre quartier. Assassinée.
Ce n'est pas un fait divers isolé. C'est le symptôme d'une insécurité nocturne qui touche particulièrement les personnes âgées, les femmes, et les commerçants qui circulent dans des zones peu éclairées ou insuffisamment patrouillées.
Nkongsamba, comme de nombreuses villes secondaires camerounaises, peine à garantir la sécurité de ses habitants au-delà des artères principales. Les chemins de traverse, les itinéraires nocturnes, les zones d'ombre entre quartiers autant d'espaces où le risque reste élevé et les moyens de surveillance insuffisants.
Le deuil d'une communauté
Dans le quartier Bonangoh, les réactions sont unanimes : incrédulité, douleur, colère.
Mama Mado était "l'une des nôtres". Elle n'avait rien fait pour mériter ce sort. Elle rentrait d'une veillée un acte de solidarité communautaire, un geste humain fondamental et c'est précisément ce moment de générosité qui lui a coûté la vie.
Pour sa famille, ses enfants, ses proches, le deuil commence dans des circonstances particulièrement traumatisantes. La violence du crime, la brutalité du vol qui a suivi, l'absence encore des trois fugitifs tout cela alourdit une peine déjà insupportable.
Ce que la justice doit faire maintenant
L'interpellation de plusieurs suspects est un premier pas. Mais la justice doit aller à son terme. Les trois individus encore en fuite doivent être retrouvés. L'enquête doit établir clairement les responsabilités. Et le procès, le moment venu, doit rendre compte de la gravité d'un acte qui a ôté la vie à une grand-mère de 68 ans pour quelques biens matériels.
Au-delà du cas Mama Mado, les autorités locales doivent répondre à la question de l'insécurité nocturne dans les zones résidentielles de Nkongsamba. Car si rien ne change, d'autres Mama Mado paieront le même prix.
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