La belle-mère de Franck Biya fait jeter un leader d’association en prison
© Hurinews.com : Michel Biem Tong | 01 août 2016 04:54:29 | 24774Augustin Nkoma séjourne depuis jeudi 28 juillet dernier à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé sur la base d’une plainte rédigée par la gouvernante de Mme Baroux, belle-mère du fils du président camerounais Paul Biya. Ce responsable d’une association en charge des questions de développement est accusé d’avoir utilisé le nom de la belle-mère de Franck Biya pour escroquer des autorités camerounaises. M. Nkoma s’en défend et argue de ce qu’il souhaitait mettre certaines autorités camerounaises en contact avec des hommes d’affaires indiens et Mme Baroux s’y est intéressée.
Augustin Nkoma à la case prison. Celui qui se présente comme le promoteur de l’Association pour la promotion des activités de développement (Apad) est détenu depuis jeudi 28 juillet 2016 à la prison centrale de Kondengui après avoir séjourné pendant 4 jours dans une cellule de la Direction régionale de la police judiciaire (Drpj) du Centre à Yaoundé. Il est accusé d’abord d’ « usurpation de titre » puis de « tentative d’escroquerie ».
En effet, il est reproché à Augustin Nkoma de s’être prévalu de partenariats avec des hommes d’affaires indiens pour tenter d’arnaquer des hautes personnalités de la République en utilisant le nom de Mme Baroux née Christine Nyangono, belle-mère de Franck Biya, fils du chef de l’Etat camerounais Paul Biya.
Tout commence en mai dernier. Alors qu’il revient de l’Inde, Augustin Nkoma est présenté à la belle-mère de Franck Biya du côté de Douala par un certain Bako qui est un ami à lui. Mme Baroux est intéressée par son projet de faire venir au Cameroun des partenaires indiens pour y mettre en œuvre des projets de développement notamment dans le domaine des énergies renouvelables.
Cette dernière promet de toucher par l’entremise de son beau-fils Franck Biya les autorités camerounaises. C’est ainsi que Augustin Nkoma entre en contact avec certaines hautes personnalités de la République dont le secrétaire général à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh pour leur parler du projet.
Don aux réfugiés centrafricains
Tout a bien commencé jusqu’à ce que le 8 juillet dernier, à la présidence de la République, l’on se rende compte que le nom de la belle-mère de Franck Biya est mêlé à un projet de partenariat de développement avec des indiens porté par Augustin Nkoma. Mme Baroux nie être mêlé à cette affaire et contacte Nkoma pour lui faire part de son mécontentement de l’avoir associé à cette affaire. Ce dernier s’en excuse à travers des messages téléphoniques et des mails. L’incident est clos. Quelques jours plus tard, Augustin Nkoma qui est aussi un fidèle d’une église pentecôtiste basée à Yaoundé se rend à Garoua Boulaï (à l’est du Cameroun, à la frontière avec la Centrafrique) au nom de cette église en vue d’annoncer une action caritative qui devait avoir lieu dans les prochains jours.
Alors qu’il se trouve à Garoua Boulaï, la belle-mère de Franck Biya téléphone à Augustin Nkoma qui lui fait part de l’imminence d’une action caritative auprès des réfugiés centrafricains. Mme Baroux promet d’apporter sa contribution pour cette œuvre de charité. De retour à Yaoundé, alors qu’il a rendez-vous avec des responsables du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (Hcr), il est appelé au téléphone le vendredi 22 juillet dernier dans l’après-midi par la gouvernante de Mme Baroux. Celle-ci fixe rendez-vous avec Augustin Nkoma au lieu dit Dolce Vita, situé au-dessus de la Boulangerie Elysée, aux encablures de l’ancien cinéma Abbia. La gouvernante est accompagnée d’un des gardes du corps de la belle-mère de Franck Biya, un inspecteur de police en service au Groupement mobile d’intervention N°1 (une unité de la police camerounaise).
Plainte de Mme Baroux rédigée par…sa gouvernante
Au moment où le groupe se rend au Hcr situé au quartier Bastos à Yaoundé, il fait un détour au Groupement mobile d’intervention N°1 (Gmi) situé à l’Ecole de police au quartier Tsinga où l’inspecteur de police dit vouloir récupérer certain de ses effets. C’est ainsi qu’Augustin Nkoma est interpellé et gardé-à-vue au Gmi N°1 sur ordre du commandant de ce corps de la police, le commissaire de police principal Ondo. Ce dernier se saisit d’un papier format A4 ainsi qu’un stylo et les donne à la gouvernante de la belle-mère de Franck Biya qui rédige la plainte au nom de sa patronne qui se trouve en France. Du Gmi, M. Nkoma est transféré à la Drpj jusqu’à son déferrement au pénitencier de Kondengui jeudi dernier.
Augustin Nkoma se trouve en ce moment à la cellule de passage de la prison avant son affectation dans l’un des 14 quartiers de la maison d’arrêt. D’après un de ses proches parents, il s’agit d’un piège qui s’est refermé sur lui : « il était même recherché depuis longtemps », se souvient le pasteur de la mission chrétienne dont Nkoma est le fidèle. Dans une interview accordée à hurinews.com l’année dernière, Augustin Nkoma revenait sur les sévices corporels à lui infligés par la garde rapprochée de Paul Biya sur ordre du directeur du cabinet civil à la présidence, Martin Belinga Eboutou, membre très influent du sérail camerounais. Dans cette interview, ce dernier était accusé par M. Nkoma de lui avoir ravi son projet d’ouvrage sur le cinquantenaire de l’indépendance du Cameroun pour le confier à un de ses proches collaborateurs. Le procès d’Augustin Nkoma s’ouvre le 19 août prochain.
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