Guerre contre Boko Haram : La passion de Hadidja Djando
© Mutations : Jacques Kaldaoussa | 24 oct. 2020 11:11:00 | 2262Soupçonnée par l’armée de collusion avec cette secte qui la séquestrait depuis deux ans, elle vient d’être élargie par le Tribunal militaire de Maroua pour faits non établis.
Hadidja Djando, une femme de 45 ans a été prise en otage en juillet 2016 en compagnie de sa coépouse et de sa fille. Elles étaient en train de labourer la terre au moment du kidnapping. Les champs sont situés dans la localité frontalière nigériane de Kerawa, dans l’arrondissement de Kolofata, département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord. Leurs ravisseurs, des présumés combattants de Boko Haram, les ont utilisées pour les travaux domestiques dans un camp de Boko Haram pendant deux années avant qu’elles ne trouvent assez d’astuces pour se soustraire à leurs geôliers.
« Ces individus nous ont d’abord islamisé de force et nous ont casé dans un secteur pour femmes en pleine forêt du côté nigérian. On faisait toutes sortes de travaux ménagers. Les plus jeunes étaient transformées en femmes des Boko Haram dans la nuit. On a donc enduré beaucoup de souffrances et de traumatismes avant que Dieu nous ouvre la porte de sortie », témoigne Hadidja, tout en sanglots. Elle raconte qu’un jour, lors d’un bombardement de la forêt par l’aviation nigériane, il y a eu débandade et elle ne sait pas le sort réservé à sa coépouse et à sa fille.
Arrivée à la frontière en novembre 2018, elle a aussitôt été aperçue par les forces de défense qui l’ont confondue à une adepte de Boko Haram venue en repérage ou en espionnage. «J’ai été interpellée par des militaires et conduite dans leur camp. Ils pouvaient même me tuer parce qu’il n’y avait pas communication entre nous. Je m’exprimais en Kanuri et eux, en français. Ils m’ont conduit à Maroua, et j’ai été traduite au Tribunal militaire. J’ai fait la prison pendant deux ans. Je comparaissais régulièrement devant ce tribunal jusqu’à ce qu’un jour, on me relaxe sans mot dire », confie-t-elle.
De son récit pathétique, on note son quotidien meublé de soucis et de nuits blanches. Mais surtout, ce qui lui fait plus de la peine, c’est d’avoir été totalement isolée des siens, d’avoir été injustement accusée et étiquetée de Boko Haram et d’avoir passé deux années en détention pour se voir libérer sans dédommagements, ni excuses.
Aujourd’hui, Hadjidja a repris une vie normale. Elle bénéficie de l’accompagnement psychosocial d’un organisme non gouvernemental dans le cadre du projet « Jeunesse et stabilisation pour la paix et la sécurité à l’Extrême-Nord du Cameroun (Psps) » à travers ses volontaires. Elle a également bénéficié d’un appui financier pour mener une activité génératrice de revenu, notamment la vente de beignets.
Commentaires
Lire aussi
Yaoundé : deux morts dans un accident de convoi ministériel
Manjo : trois enfants morts dans un incendie
Affaire Vision 4 : : Le CNC défie le Mincom et sommes Canal+ de copier le signal
Pmuc : le Banko fait son grand retour !
Akwa : un retraité accusé d’avoir engrossé la fille de sa belle-fille
Me Zeifman à René Sadi : « Vous n'êtes pas un homme d'État »
Nécrologie/ Football : Le dernier coup de tête de Jean Manga Onguéné
Cerlin Belinga : le magistrat qui monnayait la liberté à Yaoundé
Féminicides / Novembre 2026 : Ces engagements aux lois qui placent le parlement face à l'histoire
BAZOU EXPO DAYS 10 AU 18 OCTOBRE 2026 : LE PARI FOU DU MAIRE BÂTISSEUR DR FRÉDÉRIC DJEUHON
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Église MFD : Deborah Valetudie déchue de toutes ses fonctions
Sacre Akwa : Mbanya s'embrase à 10 jours du couronnement
Dette, détournement, impunité : le triangle camerounais
Coopération Cameroun-Chine : la Ccba ouvre un nouveau cadre d’échanges à Douala
Douala, Yaoundé, Figuil : Le programme « Excellence Scolaire » de CIMENCAM récompense les meilleurs
il y a un mois
il y a un an