Circulation : Les abus des motos-taxis
© Cameroon Tribune : Georges Emmanuel TSAYID | 29 juil. 2019 09:49:00 | 2935Agressivité et incivisme restent présents dans le comportement des conducteurs d’engins à deux roues, qui se retiennent d’autant moins qu’ils sont nombreux et solidaires.
Lieu-dit « Mobil Ndokoti », il y a quelques jours. Un 4x4 flambant neuf est encerclé par des motos- taximen surexcités. A l’aide de projectiles et de gourdins, ils en ont saccagé les vitres et ont arraché l’ordinateur portable du propriétaire, cadre dans une entreprise. Interrogés, certains affirment que le chauffeur a cogné un des leurs. « Je n’ai cogné personne, vérifiez vous-mêmes ! C’est une agression ! », se plaint en revanche le jeune cadre. Alertée, la police a réussi à calmer ce qui ressemblait déjà à de la vindicte populaire.
Quelques semaines plus tôt, au quartier Bonamoussadi, c’est un chauffeur de taxi qui a été délesté de sa recette par une bande de «bendskineurs » qui l’accusaient d’avoir bousculé un des leurs. Scène similaire il y a quelques jours au lieu- dit pont Joss. Une jeune dame a été prise à partie par des conducteurs de motos-taxis portant les mêmes accusations que celles citées plus haut. Le portail de Cameroun en Belgique. La dame, qui niait les faits, n’a été tirée d’affaire que grâce à l’intervention autoritaire d’un passant, obligé d’utiliser le vocabulaire des hommes en tenue. Une attitude qui a fini par dissuader les motos-taximen.
Vérification faite, les accusations portées contre les automobilistes étaient fausses pour la plupart. « Parfois c’est la moto qui vient se frotter à votre voiture et ils sont les premiers à créer l’émeute », témoigne un chauffeur. « Et quand c’est lui qui brise par exemple votre rétroviseur, il prend la fuite et disparaît dans la foultitude de motos. Vous n’avez aucune possibilité de le poursuivre. Vous êtes alors envahi par un sentiment d’impuissance et d’injustice », poursuit notre source. Une situation qui a fini par amener certains à abandonner tout projet d’achat de voiture.
« J’ai bien voulu acquérir une voiture. Mais au regard des risques liés à l’incivisme et au vandalisme des « benskineurs », je le ferai quand je serai affecté ailleurs », explique Jean Marc M., cadre d’entreprise. Si des conducteurs de motos reconnaissent qu’ils ne sont pas des exemples en matière de respect du code de la route, ils estiment mériter une certaine tolérance. Au motif peut-être que les motos « aident à aller vite »… Alors, on commence par se faufiler entre les voitures, doublant à gauche comme à droite, puis on emprunte le sens inverse en cas de bouchon, après on grille les feux rouges à l’envi. Peu à peu, la culture de l’incivisme s’est installée. Aujourd’hui, le nombre de motos ayant explosé, cette culture pose problème .
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