Barthélémy Tchaleu : Ces problèmes nous concernent
© Mutations : Rosine Ntolo | 23 janv. 2017 10:31:25 | 3806Le président de l’Addec s’exprime sur la condition des étudiants dans la zone anglophone.
Quel regard l’Association de défense des droits des étudiants (Addec) jette sur la situation de crise qui touche les cop’s dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest?
La situation est préoccupante et les différents entretiens que nous avons eus, nous amènent à estimer que quelque part, les revendications des étudiants sont plus que fondées. Globalement nous avons toujours estimé que, quand des personnes ou une corporation se sentent gênés, elles ont le droit de s’exprimer.
Nous nous sommes sentis très gênés qu’après avoir suivi un long plaidoyer, les parties soient descendues dans la rue et qu’une brutalité s’en soit suivie. Les parties doivent s’écouter et ainsi apporter des solutions de fin de crise.
On ne vous a pas beaucoup entendu ces derniers temps, est ce que cette tiédeur ne peut pas mettre à mal la crédibilité de l’association?
Je ne pense pas. Ce n’est pas le statu quo. Nous travaillons. Nous avons posté une déclaration claire qui condamnait ce qui se passe dans cette partie du pays. En plus, nous avons délégué des membres sur place à Bamenda pour rencontrer toutes les parties prenantes de la crise; rencontrer le procureur pour lui réclamer la libération immédiate des étudiants arrêtés arbitrairement par les forces de l’ordre; et demandé qu’une enquête indépendante soit mise sur pied pour que les personnes à la source de cette barbarie soient traduites en justice.
Nous demandons à l’Etat de mieux s’investir. Nous, en tant qu’étudiants, nous sommes inquiets de la tournure que prennent les choses. Le gouvernement doit être plus ouvert et chercher les voies et moyens de sortie de crise.
Quel est le message que l’Addec veut passer aux étudiants en ce temps de crise?
C’est préoccupant de voir que le gouvernement jusqu'à ce jour ne s’est pas encore ouvert pour résoudre ce problème. Je veux dire aux étudiants qu’en réalité, les problèmes qui sont posés nous concernent tous. Et qu’il ne faudrait pas jeter l’anathème sans comprendre ce qui se passe exactement.
De garder leur calme et de comprendre que l’union fait la force et ce n’est que par l’union qu’on arrive à véhiculer certains messages et à faire plier le gouvernement, même s’il ne le veut pas. Ils doivent savoir qu’en tant que citoyens, ils ont le droit de se mobiliser et de se questionner sur les sujets qui touchent à l’avenir de leur pays.
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