Bamenda : Encore un air de boycott
© Mutations : Didier Kamdem | 24 janv. 2017 03:00:24 | 9801Le Minedub et le Minesec appellent à la reprise des cours, tandis que des tracts en circulation indiquent le contraire.
Dans des coins et recoins, des conducteurs de motos servent de distributeurs de tracts qui inondent Bamenda depuis le vendredi 20 janvier 2017. Le contenu de ce document met en garde les parents qui tenteront de laisser leurs enfants reprendre le chemin de l’école ce lundi.
Un appel qui vient en même temps intensifier le mouvement de débrayage entamé le 21 novembre dernier, notamment quand ses rédacteurs, tapis dans l’ombre, souhaitent que les «villes mortes» s’organisent désormais toutes les semaines, de lundi à mercredi, pour protester contre l’interpellation de Me Agbor Mballa et Dr Fontem Neba, principaux leaders du consortium de la société civile du Cameroun anglophone.
Quelle sera la portée d’un tel message, quand on sait que les responsables du consortium sont en difficulté depuis la sortie musclée du gouvernement, la semaine dernière ? Les parents rencontrés ce week-end dans quelques rues à Bamenda souhaitent que « les enfants ne soient plus pris en otage », comme l’indique Alfred Achu, vendeur de pièces détachées.
« Je pense que les syndicalistes ont parlé et le gouvernement a compris. Il faudrait maintenant lever le mot d’ordre de grève pour permettre à nos enfants d’aller acquérir des connaissances. Nous ne gagnons rien s’il y a une année blanche », ajoute son voisin de quartier, John Kum. La position exprimée par ces parents s’inscrit d’ailleurs dans la logique d’un message envoyé à leurs collaborateurs des services déconcentrés par les ministres de l’Education de base et des Enseignements secondaires.
En clair, le Minedub et le Minesec les invite à tout mettre en oeuvre pour qu’il y ait reprise des classes aujourd’hui, en utilisant tout support médiatique pour la sensibilisation des acteurs. «Je suis d’accord avec ces ministres, mais quelles sont les garanties de sécurité des enfants. Si je demande à mes enfants d’aller à l’école, qu’est-ce qui me rassure qu’ils ne seront pas violentés », réagit Ignatius Ngam.
Avant de renchérir : « Et nous les parents, on peut nous en vouloir et nous attaquer par la suite ». D’un bout à l’autre, Bamenda n’est pas une ville tranquille. Les menaces portées par les tracts indiqués renforcent depuis lors la crainte des populations favorables au retour à une vie normale. Les images prises ce jour nous indiqueront si l’école a repris ou pas.
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