Bafoussam : Avis mitigés sur l’interdiction de la chanson «Coller la petite»
© Mutations : Didier Kamdem | 05 nov. 2015 12:26:53 | 5055L’opinion majoritaire pense que cette mesure devrait s’étendre à tous les artistes «déviants».
Malgré son interdiction, le titre à polémique est toujours audible sur la scène musicale. Le public de la ville de Bafoussam a accueilli diversement la décision prise par le préfet de la Mifi au sujet de de la diffusion du titre «Coller la petite» de l’artiste Franko. Un morceau qui a pris de l’ampleur sur toute l’étendue de son territoire de commandement. Si l’arrêté du préfet ne donne pas les raisons de cette interdiction, on peut aisément supposer que c’est le caractère «déviant» du refrain qui a valu cette sanction. Sur le sujet, les mélomanes rencontrés ont des avis mitigés. Alors que certains saluent la décision de Joseph Tangwa Fover, d’autres la trouvent sévère et injuste.
Dans les discothèques et les boites de nuit, on estime «qu’on n’a pas entendu M. Tangwa lorsque lady Ponce dit que «l’homme c’est le ventre et le bas ventre», ou quand Coco Argentée à dit qu’ «on a fait debout oh on a fait assis », ou encore quand, récemment, elle est revenue dire publiquement : «J’ai envie de faire…». Ou quand «Nioxxer» du Turbo joue dans tous les bars de Bafoussam, la liste n’est pas exhaustive. Sur les réseaux sociaux, les internautes estiment qu’il «faut arrêter cette hypocrisie et cette propension à balancer des sanctions à tête chercheuse».
La restauration de la morale publique recherchée par le préfet de la Mifi, selon des mélomanes, est vouée à l’échec. Au vue de la propension de ce tube sur les réseaux sociaux. De plus, il serait difficile de couper internet dans toute la Mifi. Ou encore d’imposer aux distributeurs par câble de supprimer Trace tv de tout le bouquet satellitaire, à l’heure du numérique. Le partage de la chanson par Bluetooth est pratiquement impossible à télécharger. Malgré tout, les plus avisés ne cessent de penser que cet acte qualifié de réveil du préfet de la Mifi pourrait être le début d’un processus de censure générale concernant les auteurs compositeurs qui intègrent des paroles obscènes dans leurs mélodies.
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